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 Zéro - I live in the dark corners. The slaughter house of the human mind.

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Zéro Laufeyson


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▲ Date d'inscription : 05/01/2018
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MessageSujet: Zéro - I live in the dark corners. The slaughter house of the human mind.    Ven 5 Jan - 1:06


Zéro Spurius Laufeyson

I'm untouchable darkness, a dirty black river to get you through this. In the mouth of madness, down in the darkness


Nom : Laufeyson
Prénom : Zéro Spurius
Âge : 1127 ans
Métier : Psycho ? Mais sinon il est membre d'un groupe de musique.
Situation familiale : Actuellement entiché de Seven
Orientation sexuelle : Bisexuel
Particularités : Ses tatouages et humeurs changeantes
Habitudes : Jouer de la musique ○ Jouer avec ses proies ○ S'occuper personnellement de Seven.
Groupe : Vampire
Avatar : Andy Biersack

Anecdotes
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Caractère

At vero eos et accusamus et iusto odio dignissimos ducimus qui blanditiis praesentium voluptatum deleniti atque corrupti quos dolores et quas molestias excepturi sint occaecati cupiditate non provident, similique sunt in culpa qui officia deserunt mollitia animi, id est laborum et dolorum fuga. Et harum quidem rerum facilis est et expedita distinctio. Nam libero tempore, cum soluta nobis est eligendi optio cumque nihil impedit quo minus id quod maxime placeat facere possimus, omnis voluptas assumenda est, omnis dolor repellendus. Temporibus autem quibusdam et aut officiis debitis aut rerum necessitatibus saepe eveniet ut et voluptates repudiandae sint et molestiae non recusandae. Itaque earum rerum hic tenetur a sapiente delectus, ut aut reiciendis voluptatibus maiores alias consequatur aut perferendis doloribus asperiores repellat.At vero eos et accusamus et iusto odio dignissimos ducimus qui blanditiis praesentium voluptatum deleniti atque corrupti quos dolores et quas molestias excepturi sint occaecati cupiditate non provident, similique sunt in culpa qui officia deserunt mollitia animi, id est laborum et dolorum fuga. Et harum quidem rerum facilis est et expedita distinctio. Nam libero tempore, cum soluta nobis est eligendi optio cumque nihil impedit quo minus id quod maxime placeat facere possimus, omnis voluptas assumenda est, omnis dolor repellendus. Temporibus autem quibusdam et aut officiis debitis aut rerum necessitatibus saepe eveniet ut et voluptates repudiandae sint et molestiae non recusandae. Itaque earum rerum hic tenetur a sapiente delectus, ut aut reiciendis voluptatibus maiores alias consequatur aut perferendis doloribus asperiores repellat.

acidbrain




Derrière l'écran
Pseudo : cf Silver
Prénom : cf Bastian
Âge : cf Caleb
Pays : cf Stan
Code du règlement : cf June
Inventé ou scénario : cf Sheila
Commentaires : cf Macéo
acidbrain


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Zéro Laufeyson


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MessageSujet: Re: Zéro - I live in the dark corners. The slaughter house of the human mind.    Ven 5 Jan - 1:07


Histoire




Chapter 0

Il était posé là, debout face au jardin de cette maison qu'il lui arrivait de squatter. Cette maison qu'il avait découverte grâce à la crémaillère des cinq colocataires qui y vivaient. Il n'en connaissait qu'un, un certain Ted, un humain, une proie apparemment utile bien qu’il ne sache même plus comment il l'avait rencontré... Dans un bar, probablement, Zéro n’était assuré que d'une chose, le caractère du garçon lui plaisait pour qu'il soit resté dans son carnet d'adresses. Lui plaisait... Non sûrement pas. Qui lui convenait plutôt. Un garçon qui cachait bien son jeu, sa passion intime et secrète, mais à laquelle il devait des soirées sympathiques en la compagnie de ce Ted, celui à qui il devait, ce soir, un bien bon repas et un certain calme.
La nuit s’atténuait lentement, une douce brise annonçant le début d’une journée ensoleillée effleurant sa peau noircie par ses innombrables tatouages. Il était là, posé sur un muret, fixant le ciel, le regardant effacer lentement ces étoiles qu’il avait contemplées un peu plus tôt. Son ouïe se laissait aller aux aléas du silence du quartier encore endormi, analysant les moindres sons, cherchant elle aussi à apaiser son hôte. L'odeur métallique et vivifiante du sang lui caressait les narines, inondant son esprit et chassant doucement ses pensées. Ce sang qu'il avait dégusté à même la jugulaire de ses proies, de ses jouets comme il aimait les appeler. Ses proies. Ses repas, les termes ne lui manquaient que rarement. Ce sang qui jonchait aussi les murs et le sol de la pièce qu'il venait de quitter, se débarrassant en chemin de son haut à moitié déchiré. L'une s'y était fermement accrochée, surprise et apeurée ses cris lui avaient tout particulièrement plu, ces lamentations effarouchées qu’il s’était plu à faire changer de tonalité, la voyant se débattre alors que ses soupirs et regards le suppliaient du contraire. L'un avait étouffé un gémissement de plaisir en déchirant sous sa poigne son col, un autre qui n’assumait pas sa dépravation, il avait tant fait sourire le vampire, se plaisant souvent à dire qu’il aidait en soit ses compagnons à se découvrir et se dévoiler. Bien que d’autres soient bien moins enclin à telles révélations. En effet, un autre s'était débattu, lui lançant son verre en espérant s'échapper, son vin rouge aux teintes boisées et acidulés venant le tacher, vu le prix de ce bout de tissu, Zéro aurait pu s’emporter, mais contre toutes attentes, c'était avec celui-ci qu'il s'était le plus amusé, le privant d'hypnose, le privant de mouvement, le privant de plaisir, l'enivrant de douleur et de frayeur. Et ses cris, diable qu’il les avait dégustés… Après tout, c’est l’une de ses sources préférées de plaisir et de contentement. Les deux derniers s'étaient laissé hypnotiser bien trop ennuyeux lorsqu'ils avaient tout leur esprit, leurs doigts ayant timidement froissé quelques endroits de son haut encore lisses et propres. Puis, le jeu avait vraiment commencé et alors le sang avait fini le travail, le tissu lui collant bien trop à la peau l'appréciant bien moins que les caresses de ses compagnons de jeu, finissant de le détruire.

La nuit lui semblait être vite passée. Le cosmos l’avait surplombé bien trop vite à son goût et ce même si une partie de son être s’en réjouissait silencieusement. Ces nébuleuses, astres et autres étoiles scintillantes l’observant dans l’infinie noirceur de cette mer calme qui les recouvrait, le jugeant dans un mutisme pesant et il avait soutenu leurs regards accusateurs et sentenciés, comme toutes ces sorgues qu’il avait passé en leur présence radieuse et glaçante. Ses occupations paraissaient parfois dévorer le temps. Oh combien au fond cela l’arrangeait d’être ainsi affairé, parfait accro à ces jeux sordides, sadiques et sanglants. Il vivait pour cela, pour ces ébats, ces passe-temps singuliers, ces activités fourbes et espiègles, car même après son millénaire d’existence, s’il était possible de parler ainsi le concernant, Zéro n’avait aucun but ni objectif. Rien ne l’inspirait. Rien ne l’aspirait à entreprendre quoique ce soit. Faire du mal lui convenait. La destruction de ce qu’il entourait, mais peut-être plus particulièrement sa propre annihilation. La mort ? Il savait parfaitement ne pas la mériter, et ce, dès ces premiers souffles sous cette nouvelle nature, alors qu’il s’était contemplé pour la première fois de ses yeux ponctués de vermillons et d’ébène. Le repos éternel que certains semblent accueillir à bras ouverts, lui n’avait cessé de se le refuser. Pourquoi ? Pour ces multiples raisons qui rongent, désagrègent et dissolvent depuis toujours son âme, la réduisant à chaque souffle un peu plus à néant, la faisant ainsi s’évanouir dans ses noirceurs, sa fureur, sa démence, son aliénation et l’aversion secrète qu’il s’accordait. Encore aujourd’hui, ces pensées le dévoraient, sans que personne ne s’en doute. Comme à cet instant, tous ne voyaient qu’un homme charmant, mais curieux, attirant bien qu’effrayant, cet être semblant sculpté sur ce muret, son immobilité perturbante portant à confusion, cette énigme à apparence humaine posée dans un décor paisible et chaleureux dans lequel elle ne parvenait à se fondre, à se faire oublier et s’effacer, son aura mauvaise n’échappant à personne. Un être sibyllin et obscur aspirant à la fois la méfiance et l’adoration. Mais jamais personne ne s’était réellement préoccupé de savoir ce qu’il cachait, ce qu’il renfermait, ce qu’il était de plus... De comprendre cet éclat dissimulé dans son regard, cette lueur malmenée à peine perceptible à travers ces éclairs malsains, froids et meurtriers qu’il accordait continuellement. Jamais personne ne s’était préoccupé réellement de lui. Mais toute règle a son exception. Elle avait été la sienne pendant un temps. Son exception. Une ère qui, même pour lui, semblait désormais lointaine. Le temps est meurtrier, il se permet de tout changer, de les pervertir tous…
Il se redressa, étendant son corps pâle la brise fraîche, prenant une longue inspiration à ces songes. Une nuit d’occupation, quelques minutes de plénitude, et voilà que le cercle vicieux qu’était son quotidien reprenait son cours, inarrêtable, lassant à souhait. Sa punition, sa sentence, sa peine à perpétuité… Il quitta la voûte céleste du regard pour le déposer sur ses mains couvertes de diverses teintes de rouge. Bordeaux, amarante, carmin, écarlate, grenat, pourpre, garance ou encore vermillon, il savait désormais toutes les définir, que trop accoutumé à être en sa présence. Sec, passé, rouillé, son odeur perdait de son parfum exquis et enivrant, le faisant soupirer longuement. Mais il resta là, à fixer ses mains s’apparentant à ses yeux et à cet instant à des griffes acérées et assoiffées, désireuses de bien plus de violences, de tensions, de peine, de luttes, de sensations… Tout ce qui lui permettrait d’apaiser son crâne torturé par ses siècles d’existence, son être aspirant dans son entièreté à faire du mal dans l’unique dessein de nourrir cette noirceur qui n’avait eu cesse de détruire toute humanité qu’il avait pu avoir autrefois. Humanité… Plus un seul être sur cette terre déchue et damnée ne se souvenait de lui ainsi. Après tout, il avait lui-même fait en sortes de tous les faire disparaître, la simple idée de croiser quelqu’un de son passé l’écœurant et le plongeant dans cette rage animale et destructrice.

Ted s’était éveillé avant les autres, sa main squelettique et pâle s’était de suite portée sur l’une de ses plaies, celle à son cou, un sourire étirant lentement ses lèvres en les sentant légèrement cicatrisées. Il le savait, la seule goutte de sang que lui avait accordée son amant n’aurait su le guérir entièrement, mais le jeune homme savait aussi parfaitement que jamais le vampire ne lui aurait accordé plus, bien trop satisfait de voir ses œuvres se dessiner sur les corps fébriles de ses compagnons de jeu. Il s’était redressé avec peine, son crâne vibrant malgré tout, son regard détaillant la pièce, passant sur ces colocataires toujours endormis. Et pourtant, ce n’était pas eux qu’il cherchait à cet instant. Mais plutôt lui. Il enfila son boxer en avançant dans la pièce, retenant avec peine son envie de l’appeler pour le trouver. Il l’avait déjà fait, et cela lui avait coûté… L’aube a toujours été un instant précieux pour Zéro, il n’en ferait plus jamais l’erreur. Il passa devant la baie vitrée et son sourire s’élargit alors qu’il détaillait au travers sa silhouette. Il sortit pour le rejoindre silencieusement, sachant parfaitement que l’être surnaturel l’avait perçu dès son réveil, mais ne gâchant pas sa quiétude de sa voix, l’air frai le faisant frissonner, mais en rien rebrousser chemin. Il fila nus pieds dans l’herbe pour se glisser dans son dos, remarquant du coin de l’œil cette bague à pierre d’un bleu clair à profond parsemé de paillettes dorées, l’inquiétude le tiraillant alors qu’il fixait le ciel, surveillant les rayons du soleil, venant entourer son corps de ses bras, son poil se hérissant de plus belle au contact de sa peau glaciale, il resta ainsi malgré son soupir alors qu’il sentait son regard se poser sur ses mains jointes contre lui. Mourir ne lui faisait plus peur, plus depuis longtemps. Un éclair de chaleur à peine perceptible le fit brusquement relever la tête pour plisser des yeux face au tout premier rayon de soleil « Zé-… » Le regard noir et meurtrier de celui-ci le priva de voix en un instant, mais il ne détourna pas ses yeux suppliant pour autant, le priant silencieusement alors que l’odeur de brûlé venait lui chatouiller lentement les narines, le rayon encore fin et faiblard étant déjà venu caresser le bas du ventre du vampire. Nouveau soupir qui stressa de plus belle l’humain, mais les longs doigts du vampire vinrent jouer avec l’anneau argenté avant de le passer à nouveau, le soulagement immergeant le cœur et les traits du dit Ted. Un sourire vint une nouvelle fois étirer ses lèvres alors que les doigts de son vampire vinrent parcourir son visage, une caresse à peine perceptible, lente mais d’une certaine douceur. Jamais il ne lui avait accordé tel traitement, si bien qu’il ne parvint pas à retenir ses larmes, la joie l’inondant de plus en plus alors que le visage envoûtant de l’homme face à lui se rapprochait. Son cœur le brûlant, semblant s’affoler et prêt à déchirer sa cage thoracique pour ne plus être ainsi oppressé. Leurs lèvres s’effleurèrent, faisant tressaillir l’humain et sourire froidement le monstre face à lui donc le regard c’était noirci en un éclair, ses doigts s’enfonçant plus violemment dans sa peau « Tu m’ennuies… » Siffla-t-il sans le quitter des yeux, et alors qu’une larme étincelante venait s’écraser sur sa joue, le cou si fin et si faible de Ted céda sous les doigts qu’il aimait tant, dont il rêvait les nuits ou il se retrouvait seul, qui l’avait fait tant ressentir à chaque instant passé en sa présence. Pourtant, ce ne fut pas l’horreur qui pu être lue sur le visage du défunt quelques heures plus tard, alors qu’on le découvrait pendu dans sa chambre, mais une joie indescriptible et incompréhensible. Ses colocataires n’avaient pu aider les enquêteurs à expliquer ce qu’il s’était passé, se souvenant uniquement de leur beuverie de la veille, ayant oublié que quelques heures plus tôt, le vampire les avait guéris, hypnotisé et regardé nettoyer et mettre en scène le suicide sous leurs regards horrifiés et paniqués alors qu’ils réalisaient qu’ils ne se contrôlaient plus… Ils l’avaient vu partir une fois qu’il fut satisfait de sa scène et de leur travail, ne sachant s’ils se devaient d’être soulagés, touchés ou attristés par son départ. Mais à peine la porte fermée, cet homme infâme et envoûtant s’était volatilisé de leur esprit. Du moins, pour l’instant…



Chapter I

L’orage zébrait froidement le ciel, les Dieux semblant y mener une guerre sans fin, la beauté de ces traits secs et brillants ne manquant en rien de faire sursauter la plupart des habitants de cette petite bourgade romaine. Les enfants hurlaient de peur, les parents tentaient au mieux de les apaiser, les serviteurs des entités priaient les cieux de les pardonner de leurs pêchés, les illuminés se flagellaient en espérant que leurs supplices contentent ceux auxquels ils étaient dévoués, tandis que trois hommes aux regards froids et aux murmures incompréhensibles traînaient une brebis dont les bêlements martyrisés par l’insanité résonnaient en écho à l’apocalypse qui semblait s’abattre sur Terre. La pluie battait froidement les dalles des allées, fouettant sèchement les battants de bois, s’accumulant dans les sous-sols, elle pouvait sentir la terre sous ses pieds s’engorger d’eau, mais son attention était ailleurs, cherchant à étouffer ses hurlements, ne les échappant que lorsque les foudres rugissaient dans le ciel. Elle ne sentait pas même ses ongles s’arracher lentement à chaque fois qu’elle cherchait à s’agripper à la terre, elle ne réalisait même pas ces murmures d’encouragement que ces femmes glissaient à ses oreilles. Seule la douleur l’accompagnait ce soir-là, une souffrance comme jamais elle n’en avait connue, semblant la déchirer, l’écarteler, la pincer, la couper, elle ne savait comment la définir. La peur qui faisait vibrer ses iris et son cœur ne lui facilitant en rien la tâche. La lumière blanche d’un nouvel éclat déchirant le ciel vint ricocher contre son regard mouillé. Le regret pouvait s’y lire. La haine de cet être qu’elle n’avait pas voulu et qu’elle haïssait déjà bien avant sa naissance. Le dégoût de cette chose qui lui avait voulu bien des coups et des moqueries. L’aversion qu’elle ressentait face à cette chose qui avait survécu et qui n’allait pas tarder à hurler à son tour.
Elle n’avait plus rien de cette belle jeune demoiselle qu’elle avait pu être. Celle qui avait été attachée, dénudée au centre du forum avec ces camarades de la même espèce, pas la plus jeune, mais sa beauté ne manquait pas d’arrêter les acheteurs sur leur route. Combien lui avaient redressé froidement le menton pour l’inspecter, l’avaient forcée à ouvrir ses lèvres pour examiner sa dentition, à écarter ses cuisses pour leur simple plaisir salace, parcourant sa peau sucrée et pâle de leurs doigts huileux et curieux ? Elle n’avait su les compter, leur souffle perverti et avare lui donnant la nausée. Combien avaient tiré sur ses longs cheveux d’un noir de jais ? Les épouses se moquant bien de lui en arracher, s’en félicitant presque avant de lui cracher dessus ou de la frapper lorsqu’elles croisaient son regard, ses yeux brillants exprimant bien plus qu’elle ne l’aurait voulu. Elle n’avait pas choisi sa beauté, elle ne savait même plus de qui elle avait hérité son regard intense, ses formes attirantes et ses sourires ravageurs. Elle ne l’avait jamais su et pourtant, chaque jour, elle maudissait ceux qui l’avaient rendue ainsi. Ceux qui avaient fait d’elle ce qu’elle était à ce jour. Ceux qui lui avaient refusé d’être l’une de ces épouses bien trop en chair, mais dont elle enviait les sourires. Ceux qui l’avaient condamnée à avoir les traits tirés, à assécher ses lèvres et les parsemer de coupures. Ceux à cause desquels elle allait être bien plus vite marquée par le souci et la peur que n’importe quelle jeune demoiselle de tout juste quinze années telle qu’elle. Ceux qui lui avaient refusé son titre et abandonnée, espérant silencieusement que la chaleur ardente de ce jour finisse d’écraser son petit cœur d’enfant.
Le destin en avait décidé autrement. Elle n’était rien d’autre qu’une esclave aux yeux de tous désormais. Une esclave, pas une femme. Une aliénée, pas un être humain. Une domestique, ne méritant rien. Un de ces pantins qui n’avait d’utilité que d’être asservis à d’autres. A ces puissants. Ces êtres pourris jusqu’à la moelle qui se plaisaient à assujettir tous ceux les entourant. Ces monstres qui défilaient sous ses yeux d’enfant apeurée, attendant silencieusement son sort. Un simple cri de surprise s’échappa de ses lèvres frêles alors qu’une poigne dure et puissante s’abattit sur son poignet fébrile. Elle le revoyait lécher ses larmes dans un rire gras, celui qui l’avait achetée, celui qui devenait ainsi son maître. Elle se souvenait avoir stupidement supplié une ultime fois son marchand du regard, celui qui ne lui accordait plus aucun intérêt, ses lèvres s’étirant sur des dents noircies, une grimace écœurante ne s’apparentant en rien à un sourire, ses yeux injectés de sang dévorant la bourse en cuir brun qu’il venait d’acquérir, la soupesant avec avidité.
Lui était l’un de ces puissants. Du moins, se considérait-il comme tel. Il était bien l’un de ces aristocrates qui se prenaient pour des Dieux de l’Olympe. Durs, sévères et impitoyables. Rabaissant, fiers et écœurants aussi bien physiquement que moralement. N’ayant aucun autre mérite que son titre et son patronyme. Mais qu’avait-il fait de son existence ? Rien. Seulement vieillir sous la puissance de ses parents, en hériter et continuer de s’engraisser en rythme avec l’écoulement du temps. Il n’avait aucun charme, ruisselant de gras, beuglant pour s’exprimer, même son rire affadissait les êtres ayant le malheur de faire parti de son existence.  
Elle était l’une de ses choses. Il était son maître, ne la regardant que de haut et la traitant comme une chienne sans véritable intérêt autre que de savoir travailler, obéir, recevoir ses coups et écarter les cuisses lorsque le désir le prenait. Elle n’était pas la seule dans cette situation, elle n’aurait très certainement pas survécu aussi longtemps si tel avait été le cas, mais la demeure comptait bien plus d’une dizaine d’esclaves permettant à leur maître de ne rien faire, ni même tirer les draps de son lit, se démanger ou bien encore déloger une nuisance installée entre deux de ces dents jaunâtres. Maltraitances, humiliations, cris, fouets, marquages au fer, chaînes, viols, pendaisons, tel était le quotidien des malheureux arrivés sous le toit de cet être répugnant et infâme. Mais tel était son plaisir, il n’avait cesse de jouir du mal et désespoir qu’il semait autour de lui. Baignant dans la démence, il ne connaissait aucune limite.
Deux personnes bien banales à telle époque et pourtant, c’est ensemble qu’ils allaient créer la vie, cette vie, sa vie. Ce petit être frêle et pâle qu’elle voyait naître sous son regard horrifié, qui criait malgré ses prières de le voir naître sans vie, qu’elle repoussait alors que ces femmes, qui l’avaient aidée, lui tendaient l’enfant. Elle refusa de les écouter alors qu’elles l’imploraient de le nommer, un enfant ne pouvait venir au monde sans nom. « Spurius. » Cracha-t-elle de sa voix déchirée en regardant le petit être avant de se recroqueviller sur elle-même pour ne plus l’entendre, espérant toujours pousser son dernier souffle. Sa fin ne vint pas de suite, celle de cet enfant qu’elle avait nommé ‘Bâtard’ non plus, il avait été pris en charge par ses compagnes de geôle, mais elle se voyait parfois forcée de s’en occuper, ne manquant jamais de le maudire dans des murmures froids, fixant ses yeux bleus n’ayant cesse de lui rappeler ceux de son violeur, la répugnant de plus belle. Les années passant, bien qu’enfant, Spurius n’était pas dupe, il ressentait la haine et l’horreur de sa mère à son égard, il savait qu’elle ne l’aimait pas, il ne savait tout simplement pas pourquoi. Il restait un enfant, persuadé qu’elle finirait par l’apprécier, lui adresser un sourire, un regard doux, une esquisse, quelque chose… C’est pour cela que, lorsqu’il comprit l’aversion de sa mère pour leur maître, il décida de la venger, de lui faire du mal à lui aussi. Du haut de ses cinq années, il s’extirpa des caves insalubres où s’entassaient ceux de son espèce, il remonta les marches raides rejoignant le patio, il attrapa l’une de ses petites pierres tranchantes qu’il avait repéré un peu plus tôt dans les cuisines ainsi que quelques morceaux de pain aux graines, le garçon fila dans les pièces, sans un bruit, habitué à se rendre invisible pour ne pas attirer les foudres du maître, de ses invités et encore moins de sa mère, enfin il les trouva. Sept de ces petits animaux aux différentes couleurs qu’il semblait chérir même s’il les laissait continuellement en cage. Spurius déposa quelques miettes dans sa paume pour en attraper un premier, souriant au contact de ses plumes soyeuses contre sa peau déjà durcie par le travail, le caressant une seconde avec le même sourire, faisant glisser la pierre contre son encolure, le sang collant quelques plumes à ses doigts, son sourire toujours présent alors qu’il le regardait tomber au fond de l’enclos, appelant un autre oiseau…
Ce furent des cris de colère qui réveillèrent les esclaves, les faisant frissonner de peur sans comprendre, puis l’histoire se propagea, un coupable fut cherché et un jeune des cuisines fut puni. Mais Spurius n’avait d’yeux que pour sa mère, espérant déceler une once de joie suite à la peine de ce maître qu’elle haïssait plus que tout. Son regard se posa sur lui, l’espoir faisant vibrer tout son petit corps, son sourire s’élargissant, mais elle ne le regardait pas, si ce n’est ces quelques traces rouges restantes sur les doigts de cette chose qu’elle avait mise au monde. Elle releva les yeux vers lui, le faisant pencher la tête sur le côté sans comprendre pourquoi il ne lisait pas en elle de la gratitude ou de la fierté, mais une certaine horreur teintée de cette haine bien plus intense qu’autrefois. Ce fut au tour du regard de l’enfant de changer, un éclair de colère électrisant le bleu de ses iris, faisant détourner les yeux de sa mère qui vint finir de nettoyer ses mains, évitant de croiser son regard alors que lui n’avait cesse de la fixer. Déçu. Mais sa déception n’allait être que plus grande quand, quelques mois après cela, les cris de sa mère ricochèrent à nouveau contre les pierres brutes de la cave.



Chapter II




Chapter III




Chapter IV




Chapter V




Chapter VI




Chapter VII


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N. Seven Nicholson


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Zéro Laufeyson


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