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 Now I'm insecure and I care what people think. {Milo

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Milo J. McGuire

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▲ Date d'inscription : 10/07/2016
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MessageSujet: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Dim 10 Juil - 21:57


Milo J. McGuire

I'm untouchable darkness, a dirty black river to get you through this. In the mouth of madness, down in the darkness


Nom : McGuire
Prénom : Milo Jay
Âge : 24 yo
Métier : Etudiant en musique
Situation familiale : Fiancé à Mercy
Orientation sexuelle : Bisexuel
Particularités : Il a de nombreux tatoos, si vous appelez ça encore une particularité de nos jours ? Mais Milo est un personnage particulier dans sa globalité, donc il n'y a pas de réelles particularités à décrire sur sa persone.
Habitudes : Glander 10 minutes dans son lit avant de trouver le courage de se lever, s'il ne s'est pas rendormi ○ Ecrire des chansons quand il se retrouve seul, chansons qui n'aboutissent que rarement à des mélodie depuis que Macéo n'est plus dans les parages ○ Sauter partout et sur n'importe quoi en s'improvisant Yamakasi
Groupe : Kitsune feu
Avatar : Tyler Joseph

Anecdotes

Quand il n'était alors qu'à la petite école il se faisait racketter sa boîte à goûter, il courrait toujours aussi vite qu'il pouvait à travers la cour de récréation mais on finissait toujours par le coincer. Par manque d'option il a fini par balancé sa boite au visage de son ravisseur, manquant tout juste de l'éborgner. Il s'est retrouvé dans un coin de la classe pour comportement violent, c'est depuis ce jour qu'on le qualifie comme tel, et qu'il ne se dérange plus pour l'être quand ça lui est nécessaire. Ø C'est à son entrée au collège où il débuta les cours de musique qu'il se découvrit une passion pour ça. Il aime découvrir les instruments tous autant qu'ils sont, il s'amuse aussi bien avec un Ukulélé, qui est plus cool que vous pourriez l'imaginer, qu'avec une simple guitare ou un piano. Ces trois instruments sont ceux qu'il maîtrise le mieux. Il aime tout autant marier les sons ensemble ou écrire des chansons pour en trouver les mélodies. Voilà toute sa passion, masquée à cause d'un père qui préférait voir son fils unique faire du sport. Ø  Parlons donc de sport. Milo est un génie du basket, et seulement du basket, c'est le seul sport qu'il a appris, et il n'est pas franchement très passionné, bien que très bon. Il a d'ailleurs manqué de passer professionnel à un moment. Il s'est soudainement trouvé une douleur dans le genou cette fois là. Ø Milo est donc doué dans beaucoup de choses, mais il est également nul dans beaucoup d'autres. Les jeux vidéos par exemple. Le seul où il peut espérer s'en sortir à peu près dignement étant Mario Kart. Ø C'est un accro à ces petits biscuit rond que l'on nomme amoureusement "Oreo" il a même fait un remake de la chanson avec sa boite à musique. Ø Il possède de multiples tatouages qui ont tous une signification précise mais sur lesquelles il n'aime pas se confier. Ce sont ses cicatrices à lui elles lui appartiennent tout comme ce qu'elles représentent. Il possède d'ailleurs un en commun avec Macéo. Ø Il est et restera, malgré tous les efforts du monde de ses parents, un grand excentrique qui peine à se fondre dans la masse, le parfait portrait du vilain petit canard mais qui ne deviendra certainement pas un superbe cygne si vous voulez son strict avis. Ø Il a découvert sa bisexualité avec Macéo, son meilleur ami et bien plus encore. Son coming out après deux ans de relation a d'ailleurs eu l'impact d'un génocide pour ses parents qui ont peinés à attendre de trouver une nouvelle résidence aux goûts de madame pour l'emmener loin et séparer les deux compères. Ø Il a finalement fini par se ranger quelques années plus tard et a laissé les griffes de Mercy se refermer sur lui et à qui il est maintenant fiancé. Il reste pourtant encore énormément replié sur lui même et sur le passé qu'il a été forcé de laisser derrière lui.



Caractère

Ø Enthousiaste -/ Digne des plus grands enfants, il est ce genre de personne à pouvoir retrouver le sourire pour quelques petits rien de la vie. Il sait se contenter du peu de ce qu'elle lui offre et se raccrocher à ça pour continuer d'avancer, s'enflammant par la même occasion à chaque bonne nouvelle qui se présente. Vous le trouverez peut être un peu trop excessif, mais ses réactions seront, malgré ce que vous pourrez penser, plus que sincères. Seulement voilà quelques années qu'il ne sait plus vraiment s'enthousiasmer pour quoi que ce soit.

Ø Impulsif -/ Il n'est pas spécialement capricieux, seulement, il a cette tendance à ne pas toujours réfléchir à ce qu'il fait, et particulièrement dans son cas, à ce qu'il dit. Il laisse ses émotions prendre le dessus sur son sens logique bien plus souvent que lui même ne pourrait le penser, ça le dépasse au point qu'il ne sait s'en rendre compte.

Ø Créatif -/ Est-il vraiment utile de le préciser ? Lui qui ne vit que pour créer, laisser son imaginaire l'emporter, se bercer de ses propres mélodies ? Evidemment qu'il l'est. Créatif. C'est son échappatoire quand tout le reste lui semble trop dur à surmonter, il n'aurait plus grand chose sans sa musique, et pourtant il existe bien une personne qui a été capable de lui enlever ça.

Ø Naïf -/ Oui et non. Disons que l'esprit de Milo est un peu plus compliqué que ça. Sa méfiance envers tout être humain foulant cette Terre est bien trop ancrée en lui pour se laisser facilement tromper par quelqu'un. Cependant son ingénuité et innocence enfantine permet de le décrire ainsi. Aussi, sous sa façade se cache une âme pusillanime, un esprit timoré et parfois contradictoire à sa témérité qui laisse à penser qu'il est plus crédule que ce qu'il en paraît.

Ø Sensible -/ Les émotions l'atteignent avec une grande aisance, elles sont capables de le détruire aussi bien que des coups purement physique. Il n'y peut pas grand chose, il a toujours été ce genre de personne un peu trop émotionnelle, bien qu'il s'efforce toujours de le cacher en se cachant derrière des masques qu'il peaufine depuis des années. Son empathie ne l'aide pas à se remettre de ses propres émotions puisque le bien être des autres l'importe bien plus que le sien. Cependant, il a toujours bien réussi à masquer le bordel qui se passe dans son crâne, son cœur ou ses tripes, il s'est forgé une armure qu'il peine à laisser tomber parfois, si bien qu'il lui en est difficile d'expliquer ou montrer son ressenti.

Ø Gourmand -/ C'est un fin gourmet, il ne se goinfre pas de tout et sait faire le difficile, mais les excès arrivent aussi très vite quand ses péchés mignons se trouve sur la table. Il aime ce qu'il aime et ne s'en lasse décidément pas, peu importe pendant combien de temps ou de fois vous le servirez. Il sait pourtant tout aussi bien se passer de nourriture, bien qu'il ne puisse pas vraiment se le permettre lui qui n'est pas vraiment très enflé.

Ø Original -/ Ah, ça, tout le monde aimerait pouvoir l'être, c'est un peu facile, on est tous unique dans notre genre, mais dans le cas de Milo il est toujours mieux de le spécifier. Il est de cette catégorie qui se comporte d'une manière qui n'appartient qu'à elle et qui peut paraître bizarre ou anormale aux yeux des autres. Il est excentrique, extravagant, particulier, et encore une belle ribambelle de synonyme qui laisserait penser qu'il s'affranchit de tous les préjugés, ce serait pourtant mentir de dire que c'est le cas. C'est seulement sa façon d'être, malgré toute sa volonté d'être invisible parfois le reste fini par prendre le dessus et le pousser à être lui même.


acidbrain




Derrière l'écran
Pseudo : Petiot Koko Hachi
Prénom : BURRITOOOOOOS
Âge : Ehm. Je sais que j'ai dit que je devais attendre les 22 bougies sur mon gâteau pour créer un nouveau personnage mais... Aujourd'hui était un jour très dur à vivre....
Pays : LES FUTURS GAGNANTS DE L'EURO WESH ! Soit, on s'est fait biter par le Portugal. Et la loi travail est passée ni vu ni connu. Je décrirais donc mon pays comme un pays de... Merde?
Code du règlement : Ahahahah. Autovalidation, comme toujours :D
Inventé ou scénario : Sorti tout droit de ma petite tête et d'une foutue vidéo Joshler.
Commentaires : Si vous avez des choses à redire, retourner à la ligne "âge". Ou postez à la suite, mais je promets pas de répondre de mes actes nah. F*ck you bitchies.
acidbrain


Dernière édition par Milo J. McGuire le Dim 4 Juin - 20:38, édité 14 fois
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Milo J. McGuire

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Dim 10 Juil - 21:59


PREMIER ACTE




| The world around us is burning but we’re so cold. /

La famille McGuire était une famille réputée dans ce quartier riche de la cité des anges. Les jeunes mariés qu’ils étaient, lorsqu’ils avaient emménagé sur les lieux, avaient su instaurer leur réputation. Mais les années qui passèrent sans voir d’enfants courir dans le jardin commençaient à éveiller la curiosité de certains. Le couple allait-il si bien qu’il pouvait le laisser prétendre ? Oh que oui, il semblait toujours aller pour le mieux, à l'exception de madame McGuire qui était  un peu plus morose au fur et mesure qu’elle prenait de l’âge sans pouvoir voir son ventre s’agrandir. Ceci ne lui arriva jamais. Et le chef de famille s’était donc engagé personnellement pour offrir un enfant à sa douce. Il réussit, en toute illégalité, mais l’argent permet tout de nos jours, vous savez ? Ainsi neuf mois et quelques complications budgétaires plus tard, un petit Milo a vu le jour. Petit, c’était peu dire, l’être semblait minuscule et beaucoup trop frêle aux yeux du père. Aurait-il mal choisi la génétique de la porteuse de son enfant ? Mais ce qui importait était le sourire rayonnant de sa femme. Sourire qui était désormais de retour face à ce cadeau qu’il lui avait fait. La femme qui venait d’accoucher semblait tout aussi heureuse, sans que l’homme fraîchement devenu père ne sache que ce n’était pas pour les nombreux billets verts qu’il lui offrirait. Non. Cette femme était radieuse de pouvoir savoir que cet enfant ne manquerait de rien, qu’il serait heureux. Mais ce n’était que sa simple imagination de l’avenir que pourrait avoir Milo. Ce n’était pas la vérité, car la vérité est toujours plus dure et froide que ce qu'on préfère s’imaginer.

Le nouveau-né était choyé par ses parents, il leur facilitait la vie, toujours silencieux, faisant parfaitement ses nuits, il ne garda pas longtemps ses couches sales, il n’était pas compliqué à nourrir non plus. Qu’est-ce que les jeunes couples fraîchement parents les avaient envié pour avoir un enfant si calme. Les premiers pas se firent avec tout de même de multiples accidents et allers-retours à l’hôpital, cependant un point venait entacher ce tableau si parfait. L’enfant ne parlait pas. Il était très rare de l’entendre pleurer, et pour ce qui était de se tenter à s’exprimer, il y avait clairement des absents. Ce n’était pas si dérangeant aux yeux du couple aux premiers abords, il était tellement en avance pour tout le reste, il prenait tout simplement son temps pour cela, là était leur seule explication. Ce fut à sa première rentrée pour l’école qu’il daigna enfin exprimer un mot bien distinct. « Non. » Il secouait la tête de gauche à droite sans relâche, tout en serrant la main de sa mère un peu plus fort alors qu’ils se trouvaient devant le petit portillon de l’école où déjà des enfants par dizaine courraient dans tous les sens. « Non. » Répéta-t-il sans cesser les mouvements sa tête malgré les tentatives vaines de sa mère pour lui expliquer que si, il se devait d’aller s’instruire, que ce serait comme ça qu’il grandirait, deviendrait quelqu’un. N’était-ce pas tout ce qui importait les enfants ? Se dépêcher de devenir adulte ? Mais lui ne s’y intéressait pas, il voulait simplement rentrer chez lui, à l’abri de toute cette foule violente et bruyante que lui semblait être cette école. Mais on ne lui laissa pas le choix, pour la première fois, ses parents l’avaient forcé à faire quelque chose qu'il refusait de faire de tout son être. Ce n’était rien qu’une journée à l’école, ça arrivait parfois, c’était normal, l’inconnu ça faisait toujours peur. Ses parents avaient accompli leur devoir en le laissant entre les mains de la maîtresse avec ce sentiment d’abandon. Et s’il se renferma dans un profond mutisme à nouveau suite à cette journée, même si sa mère revenait toujours le récupérer à la fin de la journée, il s’était finalement résigné à se plier aux exigences de ses parents. Ce fut d’ailleurs ce qu’il fit tout au long de sa vie.

| Quiet is violent. /

« Reviens ici McGuire ! » L’intéressé courrait à en perdre haleine à travers la cour de l’école. Milo avait bien grandit, quoi que toujours assez petit pour son âge, et tout aussi svelte. Son silence et son incapacité à se mêler aux autres avait fait de lui leur bouc émissaire. Il ne comptait que sur ses jambes et sa taille pour pouvoir leur échapper, se faufiler là où il ne pourrait pas les trouver, les semer. Mais comment se faire oublier alors qu’il était lui-même renfermé dans un espace clos ? Et ce fut quand il passa dans l’ouverture du préau qu’il percuta quelqu’un et qu’il comprit qu’il était fichu, une fois de plus. Les trois autres bourreaux arrivèrent dans les deux secondes qui suivirent, essoufflés, ce qui ne rendit pas peu fier leur future victime. Mais les mouvements du petit écolier étaient moins certains plus maladroits et la seule chose qu’il se vu capable de faire était de reculer, reculer encore avant que le mur ne lui rappelle qu’il était simplement pris au piège. Si seulement il avait pu s’enfoncer dans ce mur et disparaître à jamais, il n’aurait jamais souhaité quelque chose d’autre aussi fort. Mais ce ne fut pas dans le béton qu’il disparu, mais dans la poubelle de la cantine. Ses hurlements couverts par les rires de ceux qui le gardaient enfermé, ses poings frappant contre le couvercle de sa prison dans de vaines tentatives pour l’ouvrir, mais quelles chances avait-il contre le poids des quatre garçons assis au-dessus ? Alors il abandonna, attendant simplement que ce moment termine, ça finissait toujours par s’arrêter, il finissait toujours par s’en sortir, par être délivré. Il lui suffisait d’attendre, tel qu’il était, recroquevillé, ses bras autour de ses jambes collées contre son torse, tentant de calmer ses sanglots et de passer outre l’odeur nauséabonde des restes du repas qu’on leur avait servi le midi même. Il avait eu raison d’attendre, car la sonnerie qui signalait aux élèves qu’ils devaient retourner en classe avait fini par retentir, après ce qui lui avait semblé une éternité. Il jeta un coup d’œil par l’embrasure pour voir s’il pouvait bel et bien sortir sans risques. L’habitude. Combien de fois avait-il été trop confiant et s’était retrouvé avec les phalanges écrasé dans l’ouverture de la poubelle. Il commençait à connaître ses supplices et s’y faire, l’adaptation, c’était le quotidien de Milo depuis ses premiers jours à l’école.

Ses parents ne s’étaient finalement interrogés que lorsque ce fut Milo qui dût répondre de ses actes. Leur enfant n’était pas violent, ils en étaient certains, il ne ferait pas de mal à une mouche. Il était doux, toujours aussi silencieux et calme, il s’était forcément passé quelque chose d’important pour qu’un dérapage pareil se produise. Et il était inconcevable qu’ils n’aient pas pu s’en apercevoir. Son père était furieux, sa mère condescendante. Payons donc les dommages et intérêts aux parents des autres gosses et n’en parlons plus. Envoyons le chez le meilleur psychiatre de la ville pour le réparer et continuons d’avancer. Mais si désormais Milo s’était décidé à rendre les coups, il n’était toujours pas décidé à parler plus qu’il ne lui était nécessaire. Les visites ne servaient à rien, mais tant que vous continuez de payer, qu’est-ce que ça lui fait à lui, le psychiatre, que Milo ne lui décroche pas un mot de toute l’heure ? Alors ils avaient continué ainsi, à faire semblant que Milo progressait, que Milo irait mieux, qu’il redeviendrait ce petit être innofensif, jusqu’à ce fameux jour où ils n’eurent, patient comme docteur, plus besoin de faire semblant. Il y avait ce type, qui sortait de la séance qui précédait celle de Milo. Sa mère était en retard pour venir le chercher lui aussi. Celle de Milo était toujours en retard, il avait pris pour habitude d’écouter sagement les histoires de l’assistante, histoires toutes aussi farfelues les unes que les autres. Milo l’aimait bien, il aimait toutes ces aventures qu’elle lui contait, l’enviant de pouvoir affronter le monde sans se soucier du regard de qui que ce soit. Et ce fameux patient, qui attendait lui aussi, avait fini par les rejoindre à leur petit rituel. « Dis c’est quoi dans ton sac qu’il y a ? » Curiosité pour le premier. Surprise pour la deuxième. Amusement pour le dernier. Il était rare d’entendre le son de la voix de Milo encore plus si c’était pour briser le silence, c'était la première fois à vrai dire. C'était le cas bien plus souvent pour l’inverse, il ne s’était toujours contenté de réponses courtes et fermées. Mais le nouveau venu n’en savait rien, et ce fût bien pour cela qu’il lui répondit sans même relever cet événement si spécial. Une guitare. Les yeux du plus jeune s’étaient écarquillés d’émerveillement face à cet instrument. Le son qui s’en échappait lorsque les doigts habiles du musicien venaient pincer les cordes l’émerveilla un peu plus encore. Alors Milo apprit. Chaque séance chez le docteur était devenue une partie de plaisir, chacune d’entre elles étant suivies par quelques grattages de cordes et de vocalises. Milo ne s’adonna qu’à ça. C’était le point central de son petit monde, la chose qui lui permit de s’ouvrir un peu plus sans qu’il ne s’en rende réellement compte.

| Out of control. /

Mais arriva un jour où son professeur de musique attitré ne vint plus. Milo avait continué à consulter tout en gardant l’espoir qu’il finirait par pointer le bout de son nez. Il était peut être parti en vacances ? Il avait toujours parlé de partir au Japon, un pays qui, après toutes ces histoires à son sujet, avait paru fantastique aux yeux du petit garçon. « Veux une guitare. » Voilà donc d’où venait cet élan de progrès de leur fils. La musique. Oh non pas question que son fils finisse comme ces junkies rockeur que l’on pouvait parfois retrouver à faire la manche aux périphéries de leur quartier. Le piano semblait une bonne alternative, cours de solfège comme un bon petit garçon droit et discipliné. Milo continua d’apprendre, à sa façon, la musique avait endurci l’âme du gosse tout comme ces nombreuses années de mutisme, créant ainsi une sorte d’explosion dévastatrice en lui et ce qui l’entourait. Les touches des pianos exprimant son ravage, sa folie grandissante, et cette mélodie qui se voulait non conforme à ce qu’on essayait avec peine de lui inculquer. Alors il envoya tout valser, sous la douce protection de sa mère qui encourageait ce côté extraverti qui grandissait en lui, l'épargnant de la colère noire de son père qui ne comprenait pas d’où venait ce vif changement. Et tout empira avec l’âge, le collège fut l’opposé de la petite école. Le petit garçon effacé devint l’artiste non conforme que l’on enviait, regardait de travers, détestait parfois, souvent, pour revendiquer tout ce sur quoi se basait leur monde de bobos. Les cours de musique que l'on donnait là-bas l’inspiraient bien plus que ce qu’il avait pu connaître jusqu’ici, son professeur était sûrement le type le plus cool qu’il avait pu rencontrer, tirant son élève vers le haut, fier d’avoir un membre de sa classe aussi investi malgré la particularité de son style. « Mom regarde ! » Deuxième essai. Sa mère seule ne pouvait lutter face au regard suppliant de son fils, depuis le temps qu’il la voulait sa guitare, elle pouvait bien lui faire plaisir. Combien de fois elle l’avait vu loucher sur les vitrines des magasins de musique alors qu’elle tentait en vain de lui attribuer un style vestimentaire correct. Mais elle finissait toujours par céder à ses envies à lui. Ce n’était pas un garçon capricieux, il n’insistait jamais, mais les étoiles qu’elle apercevait dans ses yeux quand il trouvait quelque chose qui lui plaisait... Elle ne pouvait s’empêcher de céder devant cet air heureux. Air qu’elle avait longtemps guetté avant que l’enfant ne s’ouvre enfin. Mais le nouveau joujou de Milo fit vite polémique au sein de la petite famille, car quand son père rentra du travail et vit son fils débout sur son nouvelle ampli dans sa chambre, croyez-le ou non, mais le père gueula plus fort que le son de la guitare électrique du gamin, et c’était loin d’être une musique douce qu’il nous inventait là. Bam. Il se prit sa première gifle par son père. Une gifle qui se transforma en un poing la seconde fois que sa main vint rencontrer sa joue. Il ne compta pas les suivantes. Alors que les mots qu’il vociférait étaient tout aussi violents, et incompréhensibles pour Milo qui ne connaissait lui-même pas le secret de sa naissance. La femme de la maison s’interposa en larmes, larmes que Milo n’avait pas, attendant simplement que le supplice finisse. Ça finissait toujours par s’arrêter. Il était convaincu que sa mère le protégerait et si Milo apprécia un instant le geste de cette dernière, il  le regretta aussitôt. Une claque tomba mais ne fut pas pour le plus jeune cette fois ci. Les yeux ronds et terrorisés du collégien ne pouvaient plus s’empêcher de fixer son père qui se lamentait déjà en excuses auprès de sa femme qui s’était redressée péniblement. Sa lèvre était ensanglantée et elle ignora son mari pour prendre son fils dans ses bras. Les affaires de Milo s’étaient retrouvées pèle-mêle dans son sac de voyage sans que sa mère ne sache vraiment ce qu’elle y mettait, Milo se contentait de la regarder, immobile, de nouveau muet, incapable de dire quoi que ce soit, plus parce qu’il ne comprenait pas que par la douleur qui lançait sa mâchoire.  

Ils étaient longtemps restés dans le cottage de ses grands-parents, Milo les aimait bien, ils étaient fun et décalés, encourageant vivement la voie que Milo s’était apparemment choisie. Il avait sa chambre à lui tout seul malgré la petite taille de la maison, que son grand-père avait veillé à insonoriser pour ne pas être dérangé par les concerts privés de son petit-fils quand celui-ci se décidait à faire des concerts privés à coups de guitare électrique ou de synthé. La vie n’était donc pas vraiment horrible pour Milo depuis que sa mère avait trouvé refuge chez ses parents dans le Minnesota. Le seul ennui était la distance qui le séparait de son collège et de ses cours de musique en particulier. Les cours étaient redevenus une corvée à ses yeux, entouré par des gosses qui regardaient de travers ceux qui osaient ne serait-ce qu’être un peu différents. Autant dire que Milo avait le droit à sa dose chaque jour. Il s’y était parfaitement adapté, ses folies lui suffisaient et il trouva même une paire d’amis aussi tarés que lui. Se plaisant à partir dans de nombreux délires, musicaux ou non, avec eux. Tout commençait à devenir parfait pour lui. Mais c’était trop beau pour durer, comme toute chose dans la vie. Il le sut à l’instant même où la porte s’ouvrit sur son paternel, que les haussements de voix avaient surgis du salon suivis des pleurs de sa mère. Il était renfermé dans sa chambre, ne voulait pas le voir, ne voulait pas rentrer, car il savait que c’était ce qu’il allait arriver. Il allait devoir rentrer à LA et dire adieu à sa musique, c’était certain. Et il avait eu raison sur toute la ligne, ils plièrent bagages dans l’heure qui suivie laissant guitare, ampli et synthé derrière eux. Milo ne dit pas un mot du trajet, front collé contre la vitre, écouteurs enfoncés dans les oreilles, regardant les kilomètres qui le séparaient de ses jouets favoris défiler.


| Be who they want you to be. /

Le lycée se présentait déjà sans que d’autres accrocs ne se produisent depuis leur départ du Minnesota. Milo avait fini par se lasser de sa rébellion contre son père, se convaincant que les événements passés n’avaient été qu’un accident. Il eut l’occasion de visiter une quantité impressionnante de lycées, mais cette foutue structure catholique avait tapé dans l’œil de ses vieux. Il savait qu’après ça, le choix ne lui revenait plus, mais voyons l’essentiel, la salle de musique était gigantesque bien que très branchée classique. Le gigantesque piano qui y trônait lui avait fait rapidement de l’œil. Mais il lui fit seulement de l’œil, parce que son père avait bien fait en sorte que son fils n’y mette jamais les pieds, l’inscrivant au cursus de basketball au détriment de la musique. Et ainsi se fit sa rentrée. La voiture de sa mère se gara devant la grande grille de la bâtisse. Milo avait traîné des pieds toute la matinée, remplissant son sac de sport avec une certaine rancœur. Il avait passé tout le trajet à jouer avec sa boîte à rythmes installée sur son téléphone, sa mère avait éteint la radio pour le laisser profiter, se laissant même jusqu’à apprécier le son que créaient les doigts de son fils. Elle aimait le voir faire, elle aimait la façon dont ça le rendait heureux. Il avait éteint l’appli à grand regret, fixant la grille sans vouloir pour autant la passer. Ses yeux se baladèrent sur les environs à travers la vitre, observant les élèves qui traînaient encore à rentrer, beaucoup de petits riches hautains, comme Milo avait déjà eu l’habitude de fréquenter dans ses anciens établissements. Son regard s’arrêta sur quelqu’un en particulier, skateur, fringues noires, et cheveux colorés, vraiment colorés. Peut-être que le lycée ne serait pas aussi nul que ce qu’il avait pu se l’imaginer. Sa mère l’appela et il tourna vivement la tête en se rendant compte qu’il s’était mis à le fixer. « Oui s’tu veux mom. » L’enthousiasme sur le visage de sa mère avait disparu devant la réponse du plus jeune. Elle s’en voulait de ne pas lui avoir le laisser aller là où il avait vraiment eu envie. « Et on ira au Music Center si tu veux mais… » Commença-t-elle. « Tu dis rien à ton père. J’sais mom. » Finit son fils pour elle. Il attrapa son sac de sport sur le siège arrière avant de sortir de la voiture dans un bref « à ce soir » alors que les élèves étaient déjà rentrés. Voilà qu’il était en retard. Quand il vit la cours vide il se pressa jusqu’au panneau d’affichage qui affichait les classes. 208-C. Et aucune traduction à côté. Fort pratique comme système. Milo regarda autour de lui en réfléchissant que le temps d’une seconde, avant de courir jusqu’au bâtiment C et d’escalader les escaliers toujours au pas de course. La salle 208 se trouvait juste en haut des escaliers, quelle chance. La porte était fermée en revanche, la poisse. Il frappa et entra dès qu’il y fut invité, s’attirant tous les regards, et donc vingt-huit paires d’yeux de merlans frits sur lui. Vingt-neuf avec celle du prof. Joie. Seuls les premiers rangs étaient libres. Bonheur. Il n’eut pas d’autre choix que de s’y asseoir. Posant son sac de sport près de sa table et déballant ses affaires de son Eastpack sans vraiment écouter ce qu’avait à dire l’adulte. Il ne l’écouta pas plus quand il finit, penché sur son bloc en dessinant distraitement quelques partitions. La pause fut une libération. Moment où il pourrait extérioriser son énervement d’être resté assis près de deux heures à dessiner des notes qu’il ne pourrait jouer. Il avait pris soin de repérer le gymnase au préalable pour ne pas se retrouver à nouveau en retard pour jouer du ballon puisque on lui avait bien fait remarqué que la prochaine fois qu’il se retrouvait devant une porte clause il ne pourrait pas rejoindre le cours, et se perdre dans leur labyrinthe n’était apparemment une justification. Il se retrouva face à un surveillant clope au bec, prêt à l’allumer une fois qu’il aurait rejoint le coin fumeur. Mais pour l’instant, on lui barrait le chemin. « T’es en première année. Les premières années ne passent pas la grille. Interdiction de fumer. » Milo le dévisagea, il aurait bien rit à la vanne si son interlocuteur n’avait pas cet air sérieux sur le visage. Il fit demi-tour sans même répondre, pestant dans quelques marmonnements. Il rabattu sa capuche, assis sur un banc dans un coin de la cours, en jouant avec sa cigarette sur laquelle il ne pourrait pas tirer avant ce soir. Son regard s’attarda sur les petites bandes qui s’étaient déjà formées, fashionistas, amoureuses des potins, geeks, culs serrés, les gros bras et le gang des beaux gosses qui faisaient généralement la Loi dans ce genre d’endroit, il y en avait pour tous les goûts. Son regard chercha inconsciemment celui qu’il avait aperçu plus tôt ce matin. Disparu. Et après un quart d’heure à ruminer, il dû se résoudre à se diriger vers les vestiaires. Tours de terrain et étirements au programme puis match d’entraînement pour évaluer le niveau de chacun, pour le plus grand malheur de Milo, qui était bel et bien doué pour ce sport. Il fallait remercier son père pour ça, accro à cette discipline il avait forcé son fils à l’apprendre. Si bien qu’il s’était retrouvé avec un excellent niveau pour son âge. Niveau qui lui attira tous les regards pour la deuxième fois de la journée. Plus la journée passait et plus il commençait à s’imaginer les milles et une façons du comment il pourrait se faire virer de cet endroit. Mais une chose plus importante que s’échapper d’ici envahie ses pensées, son estomac gronda, exprimant son mécontentement. Il prit donc sa douche en vitesse pour pouvoir profiter pleinement de sa pause déjeuner. Peut-être qu’au moins la nourriture était bonne. La file d’attente pour s’engouffrer dans le self calma son enthousiasme. S’achetant un simple paquet de biscuits au distributeur avec les quelques pièces qu’il trouva dans ses poches. Il ne se dérangea pas pour s’allonger sur un banc pour savourer son repas, écouteurs dans les oreilles, battant le rythme du pied. Il jeta un coup d’œil à son téléphone qu’il lui indiquait encore une longue heure d’attente avant le début de son prochain cours. Il abandonna son banc pour retourner au seul endroit qu’il avait apprécié lors de sa première visite. La salle de musique. Regard à droite, regard à gauche. Le couloir était vide. Tout comme la salle. La porte était ouverte, comme une invitation à ce qu’il entre pour s’asseoir derrière ce piano qui lui avait fait tant envie. Il attrapa les partitions qu’il avait faites le matin même, installant son téléphone près de celles-ci, lançant quelques rythmes qu’il avait déjà fait, et laissa finalement ses doigts aller sur les touches. Un pur bonheur. Il n’avait rien perdu et ça lui avait putain de manquer. Tout le reste avait disparu autour de lui, juste le son de la mélodie et les touches sur lesquelles pianotaient ses doigts existaient. Sa voix s’échappa de ses lèvres sans paroles constructives, puis elles vinrent vraiment, impulsivement, dans une sorte de transe innommable. Transe qui ne le fit pas s’apercevoir que quelqu’un l’observait.

Son spectateur ne l’interrompit pas, et c’est bien pour ça que Milo ne se rendit compte de sa présence qu’une fois les dernières notes jouées. Il reconnut l’intrus, bien que c’était plus Milo, l’intrus, que l’autre garçon, pour avoir cherché sa silhouette des yeux à plusieurs reprises. Et voilà qu’il réapparaissait comme s’il avait toujours été là. Ses doigts encore sur le clavier, Milo ne bougea pas d’un pouce, comme si cela lui permettrait de disparaître. Seule sa boîte à rythme scandait son existence. « Désolé, c’était ouvert et… » Il regardait désormais le piano comme si tout était entièrement de sa faute. Trop tentant. Mais son interlocuteur ne paraissait pas vraiment réclamer de justifications. « C’était cool. » Milo sourit, cela faisait bien longtemps qu’on ne lui avait fait de compliment sur sa musique, qu’on s’y était intéressée. Milo s’apprêtait à filer pour laisser la place dans un « merci » sans demander son reste. Il avait encore du mal à se mêler aux autres avec aisance et le fait que l’on venait de le surprendre au beau milieu d’un endroit où il n’était pas censé être ne l’aidait pas vraiment à entamer la conversation. Si son père l’apprenait il était cuit, mort, pendu, avec surement un tas de tortures moyenâgeuses au préalable. Si peu. Mais il allait certainement passer un très mauvais quart d’heure, si ça ne se résumait qu’à un quart d’heure d’ailleurs. Le voilà qu’il réfléchissait trop alors qu’il devrait plutôt filer pour se contenter de poireauter devant sa prochaine salle de cours pour ne pas y être en retard, programme beaucoup plus sûr pour sa survie. Mais un autre programme s’offrait à lui. Des plus tentants. « Tu permets que j’essaye quelque chose ? » L’intéressé n’eut pas à répondre pour que l’autre s’empare de baguettes dans son sac et s’installe derrière une caisse, s’emparant d’une poubelle et du tabouret du piano dans la foulée. Milo fronça des sourcils, intrigué, sa curiosité remportant sur ses bonnes résolutions prises la seconde d’avant. Mais il ne regretta pas d’être resté écouter. Jamais il ne le regretterait. Il reconnut la mélodie qu’il avait lui-même joué quelques minutes plus tôt. Milo resta bouche bée et immobile devant ce spectacle, ce talent, jusqu’à ce que l’envie de l’accompagner qui lui démangeait les doigts l’emporta sur cette admiration. My brain has given up. White flags are hoisted. I took some food for thought, it might be poisoned. The stomach in my brain throws up on to the page. Does it bother anyone else that someone else has your name ?! Juste le temps d'une chanson, une fois de plus, Milo se sentit libre, se laissant bercer sur la nouvelle rythmique qui l'accompagnait. Il aimait cette rythmique, son jeu, son originalité, sa capacité de créer du son à partir de simples objets. Les dernières notes retentirent en même temps que la voix de Milo faiblissait. Essoufflé, mais bienheureux, cela ne faisait que trop longtemps qu’il n’avait pas pu se défouler comme ça, qu’il n’avait pas pu partager ça avec quelqu’un. Ils restèrent ainsi à jouer pendant un bon moment. Suffisamment longtemps pour que la cloche retentisse sans qu’ils ne s’y attendent. Leurs regards se croisèrent alors que déjà une prof qui les avait trouvés là leur beuglait dessus et les envoyait dans le bureau du directeur. Pas terrible pour un premier jour, mais la présence seule du garçon aux cheveux colorés suffisait à rassurer Milo. Pourquoi ? Il n’en savait trop rien, car peu importait s’il était seul ou accompagné, la dérouillée qu’il prendrait en rentrant pour cet affront serait la même. Mais pourtant ils parlèrent comme s’il s’agissait d’une simple visite de routine, du moins jusqu’à ce qu’ils posent leurs fesses sur les chaises dures et froides face au directeur. Dossiers ouverts, comme s’il les avait attendus, qu’on l’avait prévenu par radio de leur arrivée. Pas effrayant du tout. « Monsieur Cubbins, Monsieur McGuire. » Mains croisées sous son menton tout en les jaugeant du regard, le chef d’établissement avait presque l’air d’un pervers sadique vu comme ça. Milo se regarda pour voir ce qui faisait tâche. Après réflexion, et un bref coup d’œil à ses vans, son jean noir et son sweat tout aussi noir et qui avait connu des jours meilleurs, il comprit que la tâche était lui-même, dans sa totalité. C’était évident au milieu de ce décor classique, propre et organisé. Froid. « Pouvez-vous m’expliquer ce comportement ? » Milo aurait bien aimé connaître la notion précise de ce dernier mot, il n’avait fait que jouer de la musique, pas tagger des murs, sécher les cours ou jeter des pétards dans les toilettes. Agacé, il finit par lui répondre. Foutu pour foutu. « L’explication n’est pas compliquée à avoir m’sieur. Vous avez une salle de musique à disposition des élèves. On est des élèves de ce lycée, on l’a utilisé. » Il se laissa retomber contre le dossier de sa chaise. Son manque de nicotine jouait peut être également d’un iota sur ses nerfs, mais s’imaginer la réaction de son père s’il avait assisté à ça, suffisait à l’abstenir d’en rajouter une couche. Après un coup d’œil à son dossier le directeur planta de nouveau son regard dans celui de Milo. « Monsieur McGuire, vous avez tout à fait raison, cette salle est à disposition de nos élèves qui ont cependant été inscrit à cette option. Ce qui est seulement le cas de votre camarade. Et cela n’explique pas votre retard à chacun de vous pour votre première heure de l’après-midi. » Le brun voulu s’enfoncer dans sa chaise et disparaître, mais la seule réaction qu’il eut fut un regard envieux en direction de son voisin de droite sans qu’il n’écoute réellement la dernière phrase de l’adulte. « Oh aller, on n’aurait pas été si en retard si on nous avait pas envoyé ici pour avoir simplement joué un peu de musique. Et il n’était là seulement parce que je l’y ai invité. » Milo s’apprêtait à protester, refusant que le dénommé Cubbins paye pour eux deux, pour lui tout seul même, mais le regard de son défenseur l’en dissuada, et il se décida à lui faire confiance. Le directeur croisa ses bras contre son torse, il n’avait pas l’air d’apprécier l’air détendu du batteur. « Vous n’avez pas lu le règlement Messieurs ? » Il leur demandait sincèrement s’ils avaient lu le gros pavé composé des nombreuses règles qu’ils se devaient de respecter alors que même ses propres enseignants n’avaient pas eu le courage de leur lire ? Milo aurait voulu répliquer mais se ravisa quand il vit l’autre hausser des épaules d’un air toujours aussi peu inquiet, curieux de ce qu’il pourrait encore répliquer. « Votre pavé aux mille et une règles ? Ce n’est que le premier jour monsieur, il va falloir plus de quelques heures pour toutes les lires et les ingérer… » Il l’amusait et se surprit même à sourire, espérant que le plus âgé ne l’avait pas remarqué, il avait définitivement eu raison en pensant ce matin que lui serait différent de tous ces autres fils à papa pour qui la vie ne se résumait qu’à des billets verts. Et si Milo avait souris, le directeur réagit de manière inverse, mais le garçon aux cheveux bleus ne le laissa pas intervenir, n’en ayant apparemment pas fini. « Puis, le but du lycée n’est-il pas de faire de nouvelles connaissances ? Vous allez pas nous le reprocher non ? » Milo se tassa sur sa chaise alors qu’il voyait le dirlo virer au rouge. « Vous ne semblez pas avoir bien compris l’intérêt du lycée jeune homme. Vous n’êtes pas là pour faire des amis mais pour étudier. A en croire votre dossier je ne pense pas à avoir me plaindre de nouveau de vous Monsieur Cubbins, en espérant que vous fassiez le nécessaire pour rester parmi nous. » Milo voulu s’enterrer milles pieds sous terre quand il senti le regard du directeur glisser vers lui. Le sien était loin d’être rayonnant, s’étant fait référencé dès la petite école. « Monsieur McGuire j’ai entendu dire que vous seriez un bon élément pour notre équipe de basketball cette année, ce qui serait bénéfique pour notre établissement. Et je peux donc passer sur cet incident pour cette fois. » Si Milo aurait cru un jour que le basket le sauverait un jour, il y aurait certainement mis plus d’enthousiasme. Ce fut donc rassuré qu’il s’apprêtait à quitter le bureau avec son compère alors que le chef d’établissement les y avait invités. Mais au moment où il s’apprêtait à leur ouvrir la porte il ajouta dans un regard entendu : « Vos parents à tous les deux seront tout de même prévenus de votre comportement. » Le brun blanchit un peu à cette dernière phrase. Finalement, ce sport ne lui aura servis à rien, une fois de plus. Lorsqu'ils se retrouvèrent tous les deux dans le couloir, Milo faisait déjà carburer ses méninges pour savoir quelle excuse valable il pourrait fournir, mais une voix vint se frayer un chemin parmi ses pensées. « Désolé. » Milo tourna la tête vers celui qui s’excusait, lui adressant un sourire, ce sourire enfantin, innocent qui pouvait masquer tous les malheurs d’une vie entière. « T’en fais pas, ce sera qu’un moment à passer ! Merci d’avoir essayé euh… » Il ne connaissait pas son nom, s’en rendant compte qu’à la dernière seconde, et il n’allait certainement pas l’appeler monsieur Cubbins, merci bien. « Macéo. » « Milo. »

| Spooky. /

Il n’avait pas recroisé Macéo à la sortie des cours, il devait bien avouer qu’il ne l’avait pas cherché, sa mère était passée prioritaire. Elle était au bord de l’implosion, hystérique et folle de panique, elle lui avait rabattue les oreilles qu’il allait la tuer à continuer à n’en faire qu’à sa tête, que son père était furieux, qu’il fallait qu’il grandisse. Si grandir voulait dire abandonner sa musique, Milo voudrait ne jamais grandir, il l’avait dans la peau, vivait pour elle. Il put bien évidemment faire une croix sur la sortie en ville de prévue avec sa mère, et donc sur sa balade dans son magasin de musique préféré. Quand ils arrivèrent à la maison, la voiture de son père était déjà garée dans l’allée, quelle chance qu’il avait d’avoir un père si attentionné, rentré du travail plus tôt pour mettre une raclée à son fils en bonne et due forme. Et ça ne manqua pas, bien que Milo ne s’était pas attendu à ce que le premier coup tombe dans la seconde où il avait franchi le seuil de la porte. La mère couina dans un sursaut de surprise alors que le gamin se faisait déjà trainer par les cheveux jusque dans sa chambre. Des hurlements se faisaient entendre depuis celle-ci, mais également d’autres bruits bien plus significatifs. Et malgré que son corps rencontrait chacun des meubles de sa chambre et à plusieurs reprises, Milo serrait les dents, attendant qu’il en termine, priant pour que sa mère, qui martelait la porte de l’autre côté, ne réussisse pas à l’ouvrir. Et quand la poignée finit par tourner pour s’ouvrir sur un chef de famille furax et presque pas assez détendu pour quelqu’un qui s’était autant défoulé, la femme de celui-ci sursauta, attendant qu’il s’éloigne pour se précipiter vers son fils, tremblant, recroquevillé sur son matelas. La femme retira doucement le sweat de son fils pour observer l’étendue des dégâts. De nombreux hématomes commençaient déjà à se former le long de son dos qu’elle se mit à caresser pour apaiser son petit garçon. Ce dernier se crispa à ce premier contact avant  de se détendre lentement devant la douceur du geste, et ce fût ainsi qu’il s’endormi, la gorge serrée, le corps endoloris, mais le cœur un peu plus apaisé. Et puis après tout, le jeu en avait valu la chandelle, il aurait été prêt à remettre le couvert si cela lui permettait de repasser un moment comme il l’avait passé avec Macéo.

Quand le jour vint se montrer à la fenêtre de sa chambre, ses yeux peinèrent à s’ouvrir, son corps tout entier était ankylosé par la douleur. Sa mère était déjà là, sachant que ces matins lui étaient toujours difficiles, ou alors était-elle restée ici toute la nuit ? « Milo, lève-toi chéri, il ne faut pas que tu sois en retard. » Pour sûr qu’il ne devait pas l’être, ce serait sa fête non seulement au lycée, mais aussi à la maison, encore une fois. Il fronça des sourcils dans une lutte intérieure pour se forcer à se lever, une douleur vint traverser son œil gauche, merde. « Chéri s’il te plaît, ton père est toujours furieux, j’ai essayé de… » Elle s’arrêta en apercevant les yeux de son fils qui désormais la fixaient. Non, elle n’était pas restée toute la nuit dans sa chambre, Milo savait toujours ce qu’il se cachait derrière ces mots, et il détestait ça, il en voulait à sa mère de subir ça pour plaider une cause qui n’était pas la sienne. Le garçon se redressa dans une grimace alors que son estomac, pas le moins dérangé que son hôte puisse souffrir suffisamment, criait déjà famine. Sa mère esquissa un sourire quand elle l’entendit, lui caressant la joue avant de se hâter vers la cuisine. Milo resta un moment sous l’eau chaude, voulant s’y noyer, mais la journée devait continuer. Voilà pourquoi il en était sorti, s’était dépêché de s’habiller, et avait engloutit son petit déjeuner. Sa mère le déposa devant la grande grille, lui lançant de nombreux regards inquiets depuis le début du trajet. Il n’avait pas touché à la radio, n’avait pas pianoté sur téléphone, incroyablement silencieux, elle haïssait lorsque le silence émanait de lui de cette manière, elle ne l’avait que trop subit. Mais le baiser qu’il déposa sur sa joue avant de quitter l’habitacle de la voiture suffit à la rassurer. Les choses finiront par s’arranger, la roue tournerait à nouveau. N’est-ce pas ? Milo baissa un peu plus la visière de sa casquette pour cacher ses yeux, prenant le temps de fumer la seule cigarette de sa journée avant la sortie des cours. S’il avait bien un point en commun avec son père, c’était son aspiration envers cette derrière, il se cachait, bien évidemment, il ne valait mieux pas que celui-ci l’apprenne. Et comme un signe du destin, ce fut bien grâce à Macéo qu’il arrêta cette addiction stupide. Ce dernier était arrivé, et même si la moitié du visage de Milo était masqué, il l’avait reconnu, faisant sursauter le brun au point d’en lâcher sa clope qui se fit écrasé par l’un des membres de la petite foule qui s’entassait devant la grille. Tant pis. Son regard se posa sur Macéo qui ne paraissait qu’à moitié désolé, ce ne fût que plus tard que Milo comprit, il se devait d’affronter ses démons, pas s’en créer d’autres. « Tes parents t’en ont pas trop fait baver alors ? » Son inquiétude lui fit plaisir, et il ne mentit qu’à moitié quand il lui répondit dans un sourire qui se voulait rassurant. « Pas plus que d’habitude. On devrait vraiment remettre ça. » Milo en avait vraiment envie, qu’importe les conséquences, mais il ne sût pas si c’était son cas à lui aussi, puisque que son œil n’était apparemment pas si bien caché. « C'est ça pas plus que d'habitude ? » Lui demanda-t-il en désignant son visage. Milo porta sa main à son oeil encore douloureux par réflexe et servit l'excuse habituelle, celle à laquelle tout le monde avait acquiescé sans jamais poser plus de questions. « Oh, ça ? Non, juste un accident en jouant au basket hier. » Il n'avait pas vraiment eu l'occasion d'observer sa blessure ce matin pour voir si l'excuse était crédible ou pas. En tout cas, elle ne l'était pas aux yeux de Macéo, qui fronça légèrement des sourcils en l'observant. « J'aurais jamais cru que le basket puisse être un sport de combat. » Milo frémit et ce n'était certainement pas à cause du froid sous cette chaleur pesante qui avait été là dès le petit matin. Ce n'était jamais arrivé qu'on suspecte autre chose que ce qu'il racontait, la surprise se lisait sur le visage de Milo sans qu'il ne puisse répondre, il n'avait jamais eu à prévoir d'autres réponses. Alors il finit par lui donner raison. « S'il te plaît, dis rien. Personne doit savoir. » Souffla-t-il. Non, tout ne ferait qu’empirer. Et pour son plus grand soulagement, il acquiesça sans pour autant l’abandonner là. Et les journées s’assemblèrent, se ressemblèrent, sans jamais que l’un ne soit sans l’autre, d’autant plus lorsqu’ils devinrent Sophomore l’année suivante et qu’ils se retrouvèrent dans la même classe. Ses prouesses en basketball lui permirent d’avoir un père plus conciliant notamment avec la musique qu’il pouvait enfin jouer un peu plus librement. Milo n’avait pas vraiment compris comment la simple arrivée de Macéo dans sa vie l’avait complètement remise dans l’ordre. Les coups se faisaient moins nombreux, même si toujours présents, et il savait désormais compter sur cette échappatoire que lui offrait Macéo, lui, sa maison, leur musique. Ils avaient même l’occasion de squatter le garage de Milo pour y jouer, quand son père était absent, ou trop de bonne humeur pour trouver quelque chose à y redire. Ça arrivait souvent. Bien que Milo trouvait ça surprenant, inattendu, et encore une multitude d’adjectifs du même champ lexical, il ne voulait pas s’en soucier, préférant largement en profiter. Macéo était devenu Spooky sans prévenir, ce qui était supposé être une simple boutade d’Halloween resta plus longtemps, et après tout, ce nom lui allait tellement bien. Personnage étrange et particulier tout en étant purement inoffensif qu’il était. Comme ce petit fantôme qu’il avait vu, enfant, dans les vieux comics que sa mère se plaisait à lire. Pas Casper, non, Milo ne l’avait jamais trop aimé celui-là, Spooky, lui, était ce petit fantôme qui voulait rejoindre cette organisation qui lui refusait l’entrée pour ne pas être suffisamment méchant. Mais il avait gardé ça pour lui, sa raison, celle que personne ne comprendrait jamais, parce que c’était son Spooky à lui, et à personne d’autres. Milo s’aimait à penser qu’il lui appartenait et inversement, devenu complètement dépendant de leur amitié, il était bien trop difficile à vivre ne serait-ce qu’une journée sans le voir, aligner les délires avec lui, ou tout simplement mêler sa musique à la sienne. Mais ce soir-là, alors qu’il bossait ses devoirs de Junior, il ne savait pas que la tournure des événements allait changer son quotidien tout comme celui de Spooky, les rapprocher un peu plus, tout en les destinant à une inévitable séparation.

| Feel you burn. /

« Mom ? » Appela-t-il alors qu’il entendit un bruit sourd au rez-de-chaussée. Son père était rentré, après un bref coup d’œil à son réveil, Milo devina ce qu’il se passait. Il descendit quatre à quatre les marches qui le séparaient de ses parents. Sa mère jonchait sur le sol, la bouche en sang, et celui de Milo ne fit qu’un tour, poussant son père qui dégageait une profonde odeur d’alcool, mêler à autre chose, un parfum, que Milo ne saisissait pas, mais peu lui importait. Il s’agenouilla près de sa mère pour l’aider à se relever. Trop lent. Il était devenu la nouvelle cible. Il aurait pu répliquer, il n’était plus cet enfant si fragile, bien que toujours aussi svelte et bien loin de pouvoir concurrencer avec la masse musculaire de son père. Mais tant qu’il s’intéressait à lui, il ne s’intéressait pas à sa mère. La femme à genoux sur le sol pleurait, mélangeant ses sanglots à ses hurlements qui priaient son mari d’arrêter. Mais il ne s’arrêta pas, l’alcool et l’adrénaline s’ajoutant à cette colère refoulée qu’il déversait sur son fils qui finit par tenter de le repousser. L’homme tituba avant de revenir. Le court laps de temps que ça avait pris permit à Milo de soulever sa mère pour l’éloigner, peine perdue, son père l’agrippa pour le traîner à sa suite et Milo se retrouva renfermé dans la pièce d’à côté. Il s’acharna contre la porte alors qu’il pouvait entendre clairement les gémissements de sa mère malgré le grondement du tonnerre qui se manifestait, là, dehors, tout près. Il ne sut pas vraiment d’où vint le craquement, mais le devina quand le bruit changea en un crépitement, il entendu un cri surpris, surement son père, puis plus rien, le silence absolu en dehors du doux son que produisait les flammes qui se nourrissait de la maison. Milo cessa bien vite de s’acharner contre la porte qui ne daignait pas s’ouvrir, l’air lui manquait quand la fumée prenait sa place, le faisant suffoquer lentement tandis que les flammes commençaient à entrer dans la pièce, le narguant, dansant devant lui sans lui laisser de porte de sortie. Ses pensées allèrent pour sa mère, le forçant à garder les yeux ouverts pour la trouver. Elle était là, les yeux clos, presque paisible, il aurait voulu la rejoindre, mais le noir vint prendre la place qui lui revenait et son corps entama sa chute alors que son esprit était déjà loin. Il se réveilla en sursaut, attaché sur un brancard, dans sa panique, son premier réflexe fut de lutter contre ses entraves, un pompier vint pour le rassurer, mais que dire à un gosse pour le calmer alors que sa maison était partiellement en cendres et que sa mère ne se réveillerait peut être jamais. Milo cherchait désespérément cette dernière des yeux mais elle était introuvable, on lui expliqua qu’elle avait déjà été emmené, qu’il avait eu bien plus de chance qu’elle. Milo s’en fichait de cette chance, Il aurait mieux fait de lui donner à elle, cette chance. Milo n’avait pas compris que tout ça n’avait rien avoir avec la chance, que tout était une question de gênes, mais il considéra cet incident comme sa responsabilité, et rien ne pouvait lui enlever cette pensée, certains s’amuseraient même à s’en servir contre lui. On le traîna à l’hôpital où il dut se soumettre à une auscultation puis à de nombreux tests pour satisfaire la curiosité des médecins. Après ça seulement, on l’autorisa à voir sa mère. Cette dernière était branchée à tout un tas de machines dont Milo détestait les rythmiques. Son corps était carbonisé, rongé par le feu, au point qu’elle était à peine reconnaissable, elle était considérée comme miraculée, bien que les pronostics ne soient que très peu optimistes. Milo s’était endormi là, rendant les armes à la fatigue qui l’avait envahi, mais son père qui arriva l’heure d’après n’eut pas la délicatesse des médecins. « Milo, debout, on rentre. » Dit-il en le secouant sans ménagement. Le trajet dans la voiture se fit dans un silence de plomb. La voiture s’arrêta devant une petite maison aux apparences chaleureuses, elle n’avait rien avoir avec celle où Milo avait vécu, mais elle valait toujours mieux qu’un tas de cendres, n’est-ce pas ? Son père avait déjà rassemblé les affaires de son fils que les pompiers avaient pu sauver et les avait déposées dans la pièce qui lui servirait de chambre. Milo voulu s’y enfermer et ne plus jamais en sortir. Mais il devrait aller au lycée dans près de quatre heures. Il aurait très bien pu s’en dispenser, possédant une très bonne excuse, mais attendre là dans cette petite chambre, avec son père qui pouvait manquer de péter les plombs à tout moment ne le rassurait pas. Il préférait bien plus aller au lycée, s’enfermer dans cette petite bulle ou le monde autour de lui était bien plus joyeux, et pourquoi pas s’approprier la salle de musique avec Macéo. Macéo… Celui qui lui permettait de garder pied, de ne pas se noyer, pétrifié qu’il était dans ce courant d’eau auquel s’apparentait sa vie. Ce fut avec cette certitude qu’il s’endormi, et qu’il se réveilla. Forcé de prendre le bus pour aller au lycée, il resta dans son coin, sa musique qui retentissait dans ses oreilles lui faisant oublier le brouhaha qui l’entourait, et les coups d’œil indiscret de ceux qui le connaissait suffisamment pour savoir qu’il s’agissait de sa maison qui était passée aux infos la veille.

« Spooky ! » Il était là, avait certainement vu les infos matinales aussi, mais son regard n’était pas curieux comme ceux des autres, ni rempli de pitié, ou encore réprobateur. Il semblait juste content de le voir, laissant le plus jeune tourner sa soirée en dérision, lui prêtant ses cours et devoirs pour qu’il les recopie, lui achetant un sandwich parce qu’il avait, encore une fois, oublié son argent. Milo n’avait pas ressassé une seule fois au sujet de sa mère ou des évènements de la veille grâce à lui, il avait passé une journée normale, bien que Macéo se doutait probablement que le déni n’était pas vraiment ce qu’il y avait de mieux pour lui. Il s’en rendit certainement compte à la fin de cette fameuse journée, où Milo se rendit compte que personne ne l’attendait de l’autre côté de la grille. Mais il ne dit rien, restant silencieux et immobile, se souvenant tout juste d’où il habitait depuis à peine vingt-quatre heures. Spooky était toujours là, Spooky le força à bouger, à le suivre, Spooky passa un bras autour de ses épaules, réveillant quelques douleurs de coups vieux de la veille. Spooky serait toujours là. Qu’est-ce qu’il l’aimait son Spooky. « Tu pourrais dormir à la maison ce soir. On n’a même pas eu le temps de squatter la salle de musique aujourd’hui. » La tête de Milo, restée basse jusque-là, se releva avec un sourire sur le visage, contrastant avec ses yeux qui transparaissait son mal être, sourire sincère cependant, sourire à réchauffer les cœurs, alors que le sien se faisait déjà plus léger d’être à ses côtés. « Je vais finir par user ton vieux synthé tu sais. » Et c’est en prenant le pari que Macéo l’entraîna jusqu’à chez lui, lui faisant découvrir à quoi ressemblait réellement une vie de famille. Ils ne mirent cependant pas de temps pour filer dans la chambre de Macéo après le dîner pour retrouver leurs instruments, puisque, un pari étant un pari, Milo était bien décidé à crever le malheureux synthé de son meilleur ami. Ils jouèrent ainsi pendant une bonne partie de la soirée et de la nuit, jusqu’à ce que l’épuisement ne puisse plus être ignoré. « Tu crois qu’on pourrait rester ici demain ? » Demanda Milo tout en enlevant son t-shirt avant d’aller s’étaler sur le matelas. Mais seul le silence lui répondit. Il alla pour se tourner vers lui. « Spoo-…? » Il s’arrêta dans son geste alors qu’une main était venue glisser le long de son dos, le faisant frissonner plus que grimacer. Il aurait aimé pouvoir apprécier le geste s’il ne s’était pas rendu compte qu’il venait de lui dévoiler les différents hématomes qui étaient ressortis la veille alors que de plus vieux peinaient encore à disparaître.Il aurait voulu se cacher, il avait honte de ces marques qui démontraient ses faiblesses, qui le réduisait à l’état de rien, qui l’avait fait jusqu’à douter de son droit d’exister. Il enfouit son visage dans l’oreiller de Macéo, son odeur rassurante envahissant ses narines. Il parla à travers l’oreiller sans oser le regarder, ayant peur de ce qu’il trouverait dans son regard. Pitié, dégoût, colère ? Mais il sentait toujours sa main glisser le long de son dos. Il lui expliqua, brièvement, les pics de colère de son père, la dévotion de sa mère, et enfin, les évènements de la veille, alors que l’oreiller commençait à se remplir peu à peu d’eau salée. « Pourquoi tu ne m’as rien dit ? » Milo le devinait un peu vexé qu’il ne lui ait jamais confié ça, mais à quoi bon ? Milo n’avait jamais voulu d’aide, à quoi bon en parler s’il ne voulait pas de soutien ? Il savait que sa mère ne pourrait avancer sans son mari, aussi violent soit-il. Il ne pouvait pas lui faire subir ça, il ne pouvait être égoïste avec elle alors qu’elle ne l’avait jamais été avec lui. Aujourd’hui plus qu’avant, elle avait besoin des deux hommes de sa vie ensemble, et c’est ce qu’il ferait, peu importait combien il lui en couterait. « Parce qu’il n’y a rien à y faire ? » Son visage était sorti de l’oreiller pour fixer Macéo, bien qu’effrayer de ce qu’il pourrait déchiffrer sur son visage. « Il finit toujours par s’arrêter. » Ces mots ne semblaient pas lui plaire, mais Milo ne sût en trouver d’autres, il avait peur de son père c’était vrai, son corps faiblissait toujours plus face à ses coups, c’était également vrai. Mais il n’y avait qu’à voir le résultat de sa première tentative de résistance, sa mère se retrouvait entre la vie et la mort, défigurée, et sa maison avait été partiellement réduite en cendres, Il ne devait pas vraiment être content de lui là-haut. Macéo n’était pas du même avis, le prenant dans ses bras, Milo se laissa faire, opinant doucement à ses mots, essayant de se convaincre lui-même qu’il en serait capable. « Promets-moi de plus jamais le laisser recommencer, de m’appeler si ça venait à arriver. Et surtout, me cache plus jamais un truc pareil. » Milo releva son visage vers celui de Macéo pour lui adresser un faible sourire, et ce fut à ce moment qu’il commença à réfléchir, réfléchir au pourquoi son rythme cardiaque augmentait à chaque fois qu’il posait les yeux sur lui. Son téléphone vibra cette nuit-là, mais le sommeil auquel il avait cédé était trop lourd pour qu’il ne puisse le réveiller, et les messages continuaient d’arriver, exprimant toujours un peu plus l’énervement grandissant de l’envoyeur. Jusqu’au dernier message qu’il eut le courage d’envoyer et qui resta afficher sur son écran d’accueil : « Je te jure que demain si je te chope, ça va chauffer pour ton matricule. ». Pas besoin de lire le nom qui s’affichait au dessus des messages pour savoir qui en était l’auteur. Milo s’insulta intérieurement dès le réveil pour ne pas avoir attendu l’autorisation, à quoi est ce qu’il avait pensé en s’imaginant que son paternel accepterait son absence pour la nuit ? Pourtant il en voulait encore, la chaleur que produisait le corps contre lui avait un effet apaisant, bienfaiteur, rassurant, quelque chose qu’il voulait ressentir tous les matins quand il se lèverait. Il sortit des draps laissant son meilleur ami terminer sa nuit, lui empruntant au passage un t-shirt pour ne pas reproduire la même erreur avec les parents de Macéo qu’il avait fait la veille avec ce dernier. Il descendit à la cuisine pour proposer son aide, n’aillant pas pour habitude de ne rien faire. Mais il sursauta quand il vit la flamme de la gazinière s’agrandir un peu plus dans le même temps qu’il s’approchait. La mère de Macéo le remarqua, pensant plus que c’était dû au traumatisme qu’avait pu lui causer l’incendie, qu’au fait que la flamme avait bel et bien réagit à la présence du garçon. Elle le congédia, lui promettant de l’appeler quand le petit déjeuner serait près, et il n’insista pas, il s’engouffra dans la seule pièce qui lui permettait de se vider la tête. Remember the moment you know exactly where you're going, 'cause the next moment, before you know it, time is slowing and it's frozen still, and the window sill looks really nice, right? You think twice about your life, it probably happens at night, right? Fight it, take the pain, ignite it, tie a noose around your mind loose enough to breathe fine and tie it, to a tree, tell it, "You belong to me, this ain't a noose, and this is a leash. And I have some news for you, you must obey me." La porte s’ouvrit alors qu’il laissait ses mains en suspens au-dessus du piano, un éclair rose passa à travers l’ouverture de la porte, Macéo. « Tu t’arrêtes jamais toi. » Milo lui adressa un large sourire, secouant de la tête à la négative. « Bon matin à toi aussi Spooky Jim Cubbins. » Répliqua-t-il tout en pianotant les touches distraitement. L’intéressé s’apprêtait à répondre quand sa mère l’interrompit pour leur annoncer que le petit déjeuner était servi. Ils descendirent tout deux sans chercher à savoir qui des deux aurait eu le dernier mot si l'appel de la nourriture n'avait pas été si fort. Ce qui n'empêcha pas une chamaillerie au sujet de comment manger ses pancakes, provoquant nombreux rires et fausses moqueries au sein de la petite famille. Milo resta un moment-là, plusieurs jours à vrai dire, Macéo y avait tenu, et plus les jours passaient plus Milo appréhendait son retour à la maison. Alors il le repoussa toujours plus loin.






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Macéo J. Cubbins


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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Dim 10 Juil - 23:19

M'en fout, un an avant le mariage, le temps de venir foutre la merde:
 

ECRIS MOI CETTE FICHE PARCE QUE JE VEUX LA LIRE PARCE QUE JE SENS QUE JE VAIS PAS REUSSIR A DORMIR SANS CA ET SI JE MEURS DE NON SOMMEIL IT WILL BE YOUR FUCKIN FAULT !!!!!! SO WRITE THIS BEAUTIFUL CHEATER !!!
Que mon bibichou n'a moi il puisse le faire changer d'avis rapido avant qu'il ne soit trop tard... Enfin surtout, que ça devienne trop compliqué... Parce qu'il ne sera jamais trop tard...



Puis qu'avant je les shippais pas du tout et que tout ça c'est ta faute alors pour le coup tu dois l'écrire d'autant plus vite que tu viens de rendre ma vie d'autant plus complexe qu'elle ne l'était. Sinon tu me payes un burrito... ou un taco... ou les deux tiens... (que maintenant je vais avoir la musique en tête et que je veux l'apprendre parce qu'elle doit bien être l'une des plus classes qu'ils aient écrites... et des plus touchantes bien sûr...)

Bref. Je te nem

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Lun 11 Juil - 13:18



Bon, j'avoue vous avez de bons goûts et l'art de me faire gueuler dès que je me connecte alors que j'étais sensée me calmer pour ma petite sieste...
J'AIME LE DEBUT ! JE KIFFE SA MERE LES GIFS ! JE VEUX PUTAIN DE TOUT SAVOIR !!!! Même si j'ai pas oublié Barry dis donc toi... *craquage de doigts et claquage de fouet... à piques...*

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Milo J. McGuire

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Lun 11 Juil - 13:37

Ehm ehm. Ma très chère épousée, disons que j'ai un petit document word tout au chaud avec toute la bonne trame de l'histoire (enfin surtout du lien vu que j'étais censé faire un scénari mais que forcer la licorne à créer Josh était tellement mieux). Mais vois tu, je sais pas encore si je dois partager.

Tout dépendra de ce que la vilaine Sam à l'intention de faire à MON bébéchou je pense.

Bref, ne t'en fais pas. Nos crânes sont en pleine éruption depuis hier donc ça va être rapidement écrit. Et je n'oublie pas Barry ne t'en fait pas !






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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Sam 16 Juil - 14:49

Bon, elle est toute belle ta fiche, il est tout bibinou ce Milo (j'aime son prénom) même si ça va être un vilain parce que COMMENT SE FAISSE QU'IL ARRIVE A SE FIANCER A QUELQU'UN D'AUTRE ?! Et d'ailleurs pourquoi toi t'as droit à des bisous d'autres et pas lui ? *essaie à peine de négocier son lien avec Macéo* en plus il sera entre de bonnes mains...

Mais sinon continue d'écrire parce que j'ai cru comprendre que tu bloquais un peu la suite de tout le monde ! Et je t'aime quand même mon épousée hein... *olives en avalanche*

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Macéo J. Cubbins


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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Sam 16 Juil - 14:52

T'aurais quand même pu faire un effort, ça a pas marché ton message ! Maintenant elle boude !
Et si je puis me permettre une remarque... Les seules mains que Macéo il n'aime ce sont celles de son Milo quand même... C'est différent les mains d'un homme et d'une femme tout de même... Puis d'un Milo et d'une Sam... Elle est bibi mais faut qu'on discute d'un lien plutôt neutre...

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Sam 16 Juil - 16:24

MAIS J'EN VEYX UN POSITIF !!!! pas de l'amour, tu connais le phénmène Sam,mais des parties de jambes en l'air quoi non ? Histoire de consoler tn pauvre toi !!! PURQUOI PERSONNE VEUT QUE JE M'OCCUPE DE TOI ET FASSE UNE BONNE ACTION ?????

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Sam 16 Juil - 16:27

Y a pas de bonne action à faire à part rester pas trop près de lui.

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Dim 17 Juil - 0:43

Et la confiance en ce bibichou de moi qu'est Macéo naméoh ???! *Macéo va rebouder, sous sa couette avec du chocolat*

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Dim 17 Juil - 10:11

*pat pat* C'est pas contre toi, c'est en lui j'ai pas confiance !

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Dim 17 Juil - 14:41

EN MOI ?! ?! T'as bien raison...
Mais je tiens à votre histoire d'amour alors tu peux être rassuré, ça j'y touchreais pas !

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Milo J. McGuire

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Jeu 21 Juil - 1:25


SECOND ACTE





| Our brains are sick but that's okay. /

Vivre sous le même toit avait rapproché les deux garçons, un lien fraternel, ou peut-être quelque chose de bien plus fort que pourrait penser Milo. Mais il n’y réfléchit pas, comment nommer sa relation avec Macéo ne l’intéressait pas, c’était sa compagnie qui lui importait. Il n’avait jamais été aussi heureux de toute sa vie, été lui-même sans avoir peur de l’image qu’il projetait à ceux qui l’entourait, seul son regard comptait et il ne le craignait pas. Il se l’était promis, de plus jamais se lâcher, et Milo y croyait dur comme fer. Mais quelque chose faisait toujours vide en lui, sa mère, et c’est bien pour ça qu’il retourna la voir, souvent, tout en évitant soigneusement son père, cela faisait des semaines maintenant qu’il l’évitait, qu’il ne l’avait pas revu. Et Dieu savait ce qu’il prendrait si cela venait à arriver, mais Milo avait bonne mémoire, connaissait les emplois du temps de son père jusqu’au bout des ongles et s’en sortait toujours bien. « Dis Mom. Pourquoi tu l’aimais autant, hein ? Et comment qu’on sait quand on aime quelqu’un comme ça ? Pourquoi tu veux pas te réveiller Mom… On partirait loin d’ici, sans lui, si tu savais à quel point c’est mieux la vie sans lui. » Il resserra son emprise autour de sa main, haïssant le silence qui lui répondait en retour, il s’était habitué aux bruits des machines, si bien qu’ils ne le gênait plus, il les oubliait presque. Seule la respiration difficile de sa mère à travers ce tuyau d’oxygène était toujours aussi dure à entendre. Quand il s’apprêta à quitter la petite chambre d’hôpital, il se pétrifia sur place en apercevant son père, là juste de l’autre côté de la porte, qui discutait avec une infirmière. Milo fit un pas hésitant en arrière mais il était réellement coincé, avec aucun endroit pour s’enfuir ou se cacher. Il sorti son téléphone pour prévenir Macéo, lui dire de ne pas l’attendre, trop tard, il était déjà là, dévisageant son fils à qui il avait promis bien des horreurs s’il ne rentrait pas. Alors Milo ferma les yeux, attendant un coup qui ne vint pas, remplacé par une accolade bien trop chaleureuse pour être vrai, ses yeux se rouvrirent avec étonnement. Croyant nager en plein rêve, il y avait forcément quelque chose là-dessous, mais après tout, tout le monde finissait par changer un jour non ? Ce fût-ce que Milo décida de croire. Et il y cru encore un peu plus quand son père l’autorisa à rester plus longtemps chez Macéo, qu’il comprenait. Et alors son père s’immisça un peu plus dans sa vie, sans que Milo ne cherche à le freiner, sa méfiance et sa crainte s’envolant chaque jour qui passait sans qu’il n’ose toujours pas quitter le quotidien qu’il s’était instauré avec Macéo. « Dis Spooky, tu crois que maintenant que les aliens lui on laver le cerveau et qu’il est devenu gentil, je devrais retourner chez lui ? » Les aliens. C’était ce que Macéo lui avait dit la première fois, la seule chose qui avait pu expliquer un tel comportement de la part de son paternel, ça l’avait fait rire, et ils avaient gardé cette idée, aussi puérile qu’elle pouvait être. « T’es pas obligé. » Fut sa seule réponse, Milo fronça du nez, pas vraiment satisfait de la réponse. Ca ne l’aidait pas à faire un choix, sa maison avait été rénovée depuis plusieurs jours maintenant, mais sa maison était aussi là, sur ce lit, à jouer à Happy Wheels Adventure, ou bien dans la pièce d’à côté, à aligner les notes, ou encore en bas, avec les deux parents de Macéo, ces derniers étant si gentils. Il n’avait jamais connu des jours comme il les avait connus ici, chez son meilleur ami, mais est ce qu’il avait vraiment le droit de s’approprier une famille qui n’était pas la sienne ? « T’es sur de toi ? T’en as vraiment envie ? » Oh que non il n’était pas sûr de lui, voilà pourquoi il lui posait la question, il ne savait simplement pas où il devait se trouver, où était réellement sa place. Il secoua la tête silencieusement, mais Macéo ne le regardait plus, arrachant une mine soucieuse à Milo, avait–il dit quelque chose qui n’allait pas ? « T’es pas bien ici ? » Bien sûr que si, il l’était, peut-être un peu trop pour ce qu’il pensait mériter. Mais était ce ça qu’il devait choisir ? Un endroit où seul son bonheur comptait et ce, même si son père semblait faire tous les efforts du monde pour retrouver une famille ? Tout ça le perdait bien plus qu’il ne l’était déjà. Mais sa mère lui avait toujours enseigné une chose, une chose que son père avait toujours détesté qu’elle lui enseigne, mais s’il avait vraiment changé, peut être comprendrait il ça. Milo secoua alors les cheveux colorés de son meilleur ami. « Je resterais tant que tu voudras de moi, deal ? » Milo roula sur le dos, et contempla le sourire qui était revenu sur le visage de Macéo. « Deal. Et si je veux de toi toute ma vie ? Tu vas rester mon prisonnier ? » Milo laissa échapper un rire alors que la tentation se lisait déjà dans ses yeux. Une proposition qu’il ne pourrait jamais refuser, ils se l’étaient promis, semblables à deux gosses qui se serait l’auriculaire pour prêter serment de ne jamais s’abandonner l’un l’autre. « Pourquoi pas, ça m’a l’air cool d’être prisonnier avec toi. » Lui répondit le brun en captant son regard, s’humectant les lèvres inconsciemment. Milo le regarda se redresser tandis que son meilleur ami le contredisait. « Qu’est-ce que t’en sais ? Si ça se trouve je serai un geôlier terrible… » L’air curieux de Milo passa très vite à un air de défi, il le connaissait bien, et s’attendait déjà  à une traîtrise de sa part, traîtrise qui ne fit que se confirmer quand il sentit sa main bloquer ses poignets au-dessus de sa tête pour le faire prisonnier, littéralement. « Après tout je connais ta faiblesse… » Milo n’était pas du tout gêner par leur posture, pas plus lorsque Macéo s’installa à califourchon au-dessus de lui, mais il gigotait déjà pour essayer de se libérer de son emprise, sachant dès cet instant ce qui l’attendait. Mais il était trop tard puisque sa main libre vint aussitôt lui chatouiller les côtes, les reins, et tout ce qui pouvait se présenter là, mais toujours attentif à ne lui faire aucun mal, Macéo y veillait toujours sans que Milo ne le remarque vraiment, trop occupé à calmer son rire qui n’en finissait plus. Rire trop présent pour lui laisser le temps d’aspirer suffisamment d’air, mais Macéo s’arrêtait toujours à temps, et à peine sa main eu-t-elle finit de parcourir son corps qu’il s’efforçait déjà de calmer sa respiration. Respiration qui fut coupée par tout autre chose, puisque Macéo scella ses lèvres aux siennes sans prévenir, et si les yeux de Milo s’écarquillèrent de surprise au départ, ils se refermèrent pour intensifier le baiser. Il se sentait fiévreux sans savoir pourquoi, son cerveau l’avait lâchement abandonner alors que ses mains étaient toujours prisonnières, l’empêchant de faire durer l’étreinte plus longtemps. Mais il n’eut pas d’autre choix que de s’y résoudre, et s’il mourrait d’envie de recommencer à nouveau, il ne savait plus vraiment si c’était la meilleure chose à faire désormais. Il avait senti le sursaut qu’il avait eu, regrettait-il son geste ? Il senti également son regard fuir ses lèvres, et Milo commença à ressentir de la gêne, de l’embarras, si ce n’avait été qu’une erreur alors pourquoi avait-il autant aimé ça ? Son rire nerveux ne fit que l’augmenter alors que Milo continuait de le dévisager, silencieux, perdu, comme s’il avait complétement perdu le fil des évènements. « Et merde… » Et si Macéo avait libéré ses poignets pour se frotter le visage de ses mains, Milo ne bougea pas pour autant. Silencieux, hésitant, attendant quelle serait la bonne réaction à avoir, lui qui était d’ordinaire beaucoup plus impulsif, voilà que son coté effacé reprenait violemment le dessus. « Je suis désolé… » Il bafouillait, se perdant dans ses mots et Milo se redressa sur ses coudes, cherchant à capter son regard sans y parvenir, il s’apprêtait finalement à parler, pour le rassurer, bien qu’il ne savait toujours pas la bonne chose à dire, peut être que dire ce que lui-même en pensait suffirait ? « Enfin, non, mais un peu quand même… » Et c’est à ce moment qu’il eut sa réponse, et malgré sa posture peu stable, ce fut à son tour de venir l’embrasser, moment bref, hésitant, court et maladroit, mais suffisamment confiant pour exprimer sa sincérité. « Je préfère mille fois plus ce genre de torture que les chatouilles tu sais ? » C’était maladroit, mais il l’avait toujours été un peu devant un Macéo sérieux, ça arrivait rarement, mais ça arrivait, et c’était le cas à ce moment, tout comme Milo, qui pensait encore un peu naïvement que l’amour ne se commandait pas, qu’il vaincrait tout, et que ce serait le cas pour eux deux. Milo fut comblé de le revoir sourire, tellement qu’il lui rendit, son palpitant peinant à garder un rythme régulier, et il allait avoir de nouvelles difficultés. « Je sais pas si tu fais bien de me dire ça… tu pourrais finir par le regretter… » Son pouce vint caresser la lèvre de Milo avec envie et devança ce dernier qui mourrait d’envie de rétablir un contact. Le baiser bien plus intense que les deux premiers, la main du plus jeune redessinant chaque courbe du dos de celui qui l’avait à nouveau plaqué entre lui et le matelas. Il serra instinctivement la main qui était venue rejoindre la sienne, se promettant de ne jamais la lâcher, de ne jamais perdre ça. Son souffle s’était perdu alors que déjà les lèvres de Macéo le quittait, son corps tout entier à l’exception de leurs paumes serrées l’une contre l’autre et du contact qu’ils avaient établi d’un simple regard. Son choix était alors déjà tout fait.

| You should take my life, you should take my soul. /

Il resta, ne voulant plus jamais en être séparé pour quelconque raisons que ce soit, ils devinrent seniors, préparant leur diplôme se projetant ensemble sur la future université où ils seraient, ensemble, évidemment. Et ce, même si Milo dût faire face à un léger changement de programme à la dernière minute quand il apprit les futures bourses que pouvaient lui offrir les différents recruteurs en recherche de membres pour leur équipe de basket. Feignant une blessure au genou, refusant une seconde chance, il ne souhaitait pas intégrer une école où il serait de nouveau forcé de laisser la musique de côté en faveur du sport. C’était une belle opportunité, certes, son père l’avait encouragé vivement dans cette voie, son père qui était toujours présent pour lui, sans savoir réellement qui était son fils. Milo avait tût sa relation avec Macéo, tout comme il avait caché ses projets de rentrée à l’option musique moderne que proposait Stanford, bien qu’il finirait bien obligé par annoncé la nouvelle, la première comme la deuxième, vu qu’elles faisaient toutes deux partie de ses projets d’avenir. Et à défaut de présenter Macéo à son paternel, il le traîna jusque dans le Minnesota pour lui présenter ses grands-parents presque aussi timbrés qu’eux-mêmes étaient. Ils étaient heureux pour eux, dénués de tout préjugés, stéréotypes, phobies, la religion, aussi importante soit elle dans la famille de Milo, avait évoluée, et ses grands parents avaient encouragé cette évolution. Ce qui n’était pas le cas de son père, dont la réaction lui faisait toujours peur. Et quand Milo s’inquiétait pour quelque chose, ça pouvait le hanter pendant des jours entiers, des semaines, des mois, aussi longtemps que ça pouvait durer, jusqu’à ce que la solution se présente à lui, mais il y avait quelque chose qui le rassurait toujours, ou plutôt quelqu’un. « Spooky... » Il était étalé sur lui, formant deux corps parfaitement perpendiculaires, les vacances touchaient bientôt à leur fin, les examens approchaient dangereusement, mais il ne s’inquiétait pas pour ça, son père avait accepté sans même cillé son choix de parcours, à son plus grand étonnement, mais aussi pour sa plus grande joie. Il finissait réellement par se convaincre qu’il avait changé, qu’il pouvait lui faire de confiance de nouveau, ou plutôt pour la première fois. Mais il avait toujours la crainte de sa réaction, la certitude de tout brisé par ce simple fait, cette simple partie de lui, de ce qu’il était. Brisé cet équilibre encore précaire qu’il avait créé avec sa figure paternelle, sa mère glissant doucement vers le bas, il ne voulait pas perdre ça. Il observa Macéo lever les yeux de son manuel de Mathématiques qu’il semblait détester de jours en jours, Milo lui sourit, amusé, avant de retrouver son air soucieux en se remémorant le pourquoi il l’avait sorti de ses révisions. « Qu’est-ce qui te tracasse Milo ? » Milo était calé sur ses coudes la tête de Macéo toujours posée sur lui, il cherchait ses mots, si vouloir en parler était une chose, le faire réellement en était une tout autre. Il l’aimait de tout son être, et ne voulait pas le blesser avec des mots trop maladroits. « Je veux lui dire, mais rien que l’idée qu’il explose me fait complètement flippé. » Il avait craché sa Valda, se dégoûtant lui-même de penser que le simple fait d’aimer Macéo puisse poser problème. Il n’avait pas vraiment quelque chose à faire de ce que les autres pouvait en pensé, son père inclus, mais tout serait mieux s’il savait et l’acceptait, il voulait pouvoir s’afficher partout où il voulait avec Macéo, le crier sur tous les toits, et certainement pas se cacher de son père. C’était plus fort que lui, il fallait que ce dernier influence encore et toujours sa vie, et il ne croyait pas sonner aussi juste en pensant ça… Il laissa sa tête retomber sur l'oreiller. Détaillant le plafond comme si ce dernier lui accorderait une réponse.Le silence s’installa doucement, interrompu seulement par un léger soupir de Macéo alors qu’il roulait sur le ventre pour mieux l’observer, cherchant quelle réponse il pouvait donner à Milo. Ses doigts quittèrent son bras pour venir s’entremêler aux siens. « Si tu y tiens vraiment alors on peut y aller ensemble. Comme ça s’il explose, tu ne seras pas seul avec lui. » Milo n’aimait pas cette réponse, cela se lisait au travers de chacun des traits de son visage, et Macéo pouvait certainement le constater quand le premier s’était redresser pour le regarder. « Et qu’il t’explose dessus ? Ça te va pas les tendances suicidaires Spooky. » Non. L’emmener avec lui n’avait jamais été une option. Milo se le refusait, rien ne lui ferait plus mal encore que de voir Macéo souffrir, de quelque façon que ce soit, d’autant plus à cause de lui. Milo se redressa un peu plus pour s’emparer du livre de Maths, les questions restaient toujours sans réponses, mais il y en avait bien auxquelles il pouvait répondre. Préférant changer la direction que prenait la conversation, repoussant les problèmes encore un peu plus loin encore même s’ils restaient toujours là, dans un coin de sa tête, à lui empoisonner le cerveau. « Tu sais quoi ? On va attendre d’être diplômé avant de négocier une bagarre avec ce qui est censé être ton futur beau père. » Parce que c’était déjà tout tracé pour Milo, son père était une bombe à retardement, son petit ami le détestait, l’issue serait bien trop inévitable, et Milo comptait garder son Macéo pour un très long moment encore, toujours en fait, il ne s’imaginait même plus en être séparé, et si cela venait à arriver, alors son existence ne se résumerait plus à vivre, mais à survivre. Le rire de Macéo qui lui répondit redonna le sourire à Milo, même si dans le fond, ce dernier savait que ce simple rire affirmait ses dires, ça finirait par des coups. Il avait beau se sentir terriblement bien sous cette aura protectrice que lui apportait Macéo, la dernière personne qui avait voulu s’interposer entre lui et son père était couchée, inconsciente, dans un lit d’hôpital depuis un an. Milo secoua la tête pour chasser toutes ces pensées qui se bousculaient dedans, plissant les yeux pour se concentrer sur des formules arithmétiques toutes aussi amusantes à apprendre qu’à savoir utiliser. Il n’aimait décidemment pas plus les maths que Macéo les aimait. Les bras de ce dernier qui vinrent l’entourer pour se serrer contre lui, son nez venant chatouiller son torse, n’aidait pas à la concentration non plus. Alors Milo relâcha le manuel, l’abandonnant à côté de lui pour aller caresser d’une main la nuque de son amoureux, l’autre préférant redessiner les muscles de son dos. « Puis tu es mon prisonnier tu te souviens ? Tu ne m’échapperas pas aussi facilement. Essaie juste…» Milo ne risquait certainement pas de le faire, ou ne serait-ce que d’essayer, de le vouloir, il s’aimait à dire qu’il était irrémédiablement atteint d’un important syndrome de Stockholm. Alors oui, vous direz qu’une fois le patient sait qu’il est atteint de ce syndrome celui-ci n’a plus d’effet, mais vous savez ou vous pouvez mettre votre science à deux francs six sous, il était amoureux. « J’en ai pas l’intention. Jamais. » Et c’était sincèrement le cas. Si seulement il pouvait le hurler aujourd’hui, qu’il a toujours été là, qu’il l’a toujours été, que son monde gravitait toujours autour de lui, qu’il n’aurait jamais dû passer seul le seuil de cette porte qui s’ouvrait sur son ancienne maison. « Y a intérêt… » Milo le regarda, amusé, inconscient que ses propres mots n’étaient qu’illusions, ça lui était impensable, même pour lui qui réfléchissait parfois beaucoup trop. Il ferma les yeux alors que les lèvres de Macéo vinrent rencontrer les siennes, enveloppant de ses bras son corps qui se collait contre le sien pour ne plus qu’il lui échappe. Et si elle venait déjà de se faire pincer par les dents avides de Macéo, Milo se mordit la lèvre inférieure d’un air envieux, alors que son regard ne quittait le sien seulement pour s’attarder  sur ses lèvres. « Je t’aime. » Ces mots lui faisaient toujours un drôle d’effet au fond de ses tripes et dans sa poitrine, il n’avait jamais su les dires, il ne les avait réservés qu’à une seule et unique personne, celle qui se trouvait là à quelques centimètres de son visage, et c’était bien une chose qui ne changerait jamais. Ô grand jamais.

| Time to say goodbye. /

Ce que j’aimerais que tu ne m’en veuilles pas, mais je crois qu’il est un peu tard pour les excuses hein ? Ma chambre n’a pas changé tu sais, les murs y sont toujours blancs, la moquette est toujours grise, mon sommier grince toujours et il n’y a toujours aucune trace de piano ou de guitare dans le coin. C’est comme si rien n’avait brûlé, comme si tout ce qu’il s’était passé depuis mon entrée au lycée n’était jamais arrivé. Et pourtant je m’y accroche toujours, j’écris pour me rappeler, et pour que tu te souviennes, j’écris pour m’échapper, j’écris pour te parler, tu me manques. Comment ai-je pu penser qu’il avait changé ? Je suis sûr que tu te le demandes, tu n’y a jamais cru, j’aurais dû t’écouter, j’aurais dû le faire beaucoup plus souvent… Il me tarde demain que je puisse te revoir, premier jour à l’université, ça devait être un grand moment hein ? S’afficher main dans la main, toi, moi et notre musique. Je la laisserai de côté pour toi tu sais, elle n’a pas de sens sans toi, elle n’existe pas, je veux juste ressentir de nouveau le contact de ta paume contre la mienne. Dis-moi, tu le feras ?
Milo renifla, chiffonnant sa feuille qu’il mit dans son sac de cours, il était en avance, il n’avait pas dormi, et ce n’était pas sa première nuit blanche à en croire les cernes qui soulignaient ses yeux. Il sentait son sang frapper contre ses tempes, lui filant la migraine et le tournis, il s’en foutait, il allait le revoir, qu’il lui en veuille ou non d’avoir retrouvé ces marques qu’il n’avait eu que trop souvent sur ses bras et son dos, il pourrait poser les yeux sur lui en se remémorant les sensations que ses lèvres avaient sur son corps. Il s’arrêta devant la porte de la chambre d’à côté, silence, toquant avec douceur à la porte, il rentra la seconde suivante pour aller embrasser sa mère toujours amorphe dans son lit. Elle n’en bougeait presque jamais depuis son retour de l’hôpital il y a de ça un mois, ce même jour où Milo était revenu. Il était revenu pour elle, il avait déçu Macéo pour elle, faisant face à son père seul, et il avait eu raison, il avait explosé. Plus que jamais auparavant, jusqu’à ce que la douleur soit trop insupportable pour continuer à rester conscient. Il avait voulu fuir, mais des volets condamnés et une serrure à la porte étaient venus se rajouter à la décoration de sa chambre. Son père, excessif ? Si peu. Mais il n’avait pas pu le garder enfermé là pendant longtemps, alors la stratégie fût changée, manipulant la mère pour mieux atteindre le fils. « C’est ta faute. Ta faute. Ta faute. Ça aurait dû être toi. Assassin, menteur, traître, erreur de la nature. » Les mots s’étaient répétés en boucle jusqu’à ce que le garçon ne puisse plus penser l’inverse. Alors l’ombre s’installa en lui doucement, prudemment mais avec aisance, le garçon n’avait plus rien à sauver, plus rien en quoi croire. Seul le doux souvenir d’un baiser qui le réveillait au beau milieu de la nuit, souvenir qui se floutait doucement, le gardait encore lucide, ou était-ce là aussi un symptôme de sa folie grandissante ? Tout était flou, il l’était lui-même, alors il avait écrit, il y passait des heures, des souvenirs, des mots pour lui, quelques chansons, des brides par ci, par-là, mixées par quelques battements de crayons. Il aimait le son, ça l’apaisait, à travers lui ses souvenirs s’intensifiaient, des caisses, des baguettes, des cymbales, des cheveux colorés… « A ce soir Mom. » Il descendit les marches au pas de course. Ne pas le voir, ne pas le voir, ne pas le voir. La porte de sortie ne quittait pas son champ de vision mais on le stoppa dans sa lancée, son père lui agrippait déjà le bras avec force, n’ayant que faire des traces que ses doigts pourraient y laisser, il aimait voir le garçon s’efforcer de les cacher, en avoir honte, lui faisant bien plus mal que les coups en eux-mêmes. « Essaye ne serait-ce que de penser à ne pas rentrer et tu le regretteras amèrement mon garçon. » L’intéressé, hocha lentement la tête tout en gardant le silence, attendant juste d’être libéré pour enfin aller dehors.

Tu te souviens quand je t’ai raconté comment je m’étais perdu dans le lycée, comment je t’avais cherché dès le premier jour. J’avais l’impression d’y être ce matin, mon sens de l’orientation toujours aussi mauvais, toujours obsédé à trouver cette chevelure colorée qui te va si bien. Je ne t’ai pas trouvé, mais si on doit suivre l’ordre des choses, c’est à toi de me trouver, pas vrai ? Est-ce que tu le feras ? Je ne sais pas si je dois y croire ou pas. Je sais pas si tu as déjà lu cette feuille que j’ai glissé dans ton casier ce matin en arrivant, il y avait déjà tout tes papiers de rentrée qui étaient là, je sais que ce n’est pas le genre de documents qui te passionne. Qui est ce que ça passionne, hein ? L’amphi est trop grand, j’ai beau cherché, je te vois pas, j’ai envie de reposer mes doigts sur un piano, et encore plus de les poser sur toi.
Midi. Milo sécha la cafétéria, se moquant bien de ce que pouvait en dire son estomac, il trouva la salle de musique bien plus facilement que l’amphithéâtre de ce matin. Milo sourit en voyant le piano face à la batterie, qu’il perdit en se rappelant que plus personne ne viendrait occuper cette place derrière les caisses. Alors il s’empara du synthé qui se trouvait un peu plus loin, le posa sur le piano et aligna les notes, aux notes vinrent s’ajouter les mots, des mots sincères, où l’on pouvait y sentir l’émotion de celui qui les chantait sans qu’ils n’y perdent leur justesse. I know where you stand. Silent in the trees. And thats where I am. Silent in the trees. Why won't you speak, where I happen to be? Silent in the trees. Standing cowardly. Ses yeux ne quittaient pas la place vide en face de lui, il n’accorda pas un regard à son clavier, ses doigts voyageant dessus à leur bon gré. Ses yeux se fermèrent, essayant de se l’imaginer avec lui, son regard expressif, son sourire qui pouvait réchauffer le plus frileux des cœurs, il lui manquait, ce manque le tuait. I can feel your breath. I can feel my death. I want to know you. I want to see. I want to say… Hello… Le dernier mot se répéta, une fois, deux fois, trois fois, jusqu’à ce que la grosse caisse lui fasse rouvrir les yeux, les cymbales frémissement, Milo était surpris, heureux, il était là. Et il continua, ne voulant jamais rompre ce moment, trop heureux de retrouver ça, leur musique, la plus grande preuve qu’ils étaient faits pour être ensemble. Et la chanson s’improvisa, sans paroles supplémentaires, elle se poursuivit simplement, parce que c’était ce qu’ils voulaient tout deux. Le rythme change, varia, sans perdre son sens. Milo retrouvant cette folie qui l’habitait quand il venait à interpréter, mais jamais ses yeux ne lâchèrent Macéo, comme s’il voulait imprimer ce moment à tout jamais dans sa mémoire si jamais il venait à disparaître à nouveau. Non, il ne laisserait pas ça arriver de nouveau. Il ne pouvait simplement pas. Il se promit de tout faire pour Macéo et d’agir seulement dans son intérêt à lui. Quand la chanson s'arrêta Milo était devant lui, planté là, le fixant, essoufflé. Son sourire ne voulait plus quitter son visage. « Hello. » Son cœur frappait contre sa poitrine à lui en faire mal, son souffle était erratique, mais le plus douloureux était cette paire d’yeux qui le fixait en silence. Il ne cilla pas, et Milo non plus, attendant, la peur se mêlant à l’impatience, mais il garda le silence. Il le garda alors qu’il le voyait se lever, contourner la batterie, lui faire face, il ne broncha pas, ne pipa mot, silencieux, ne pouvant s’empêcher de fermer les yeux dans un mouvement craintif alors que ses mains se levaient… Mais la claque ne tomba pas, au lieu de ça ses deux mains s’étaient placé doucement de chaque côté de son visage. Jusqu’à ce que ses lèvres vinrent rejoindre les siennes. Ses poumons brûlaient par le manque d’air, mais Milo préféra se resserrer contre ce corps qui lui avait tant manqué dès l’instant où il avait réalisé qu’il ne rêvait pas. A bout de souffle, leurs lèvres finirent par se séparer, Milo retrouva le courage de rouvrir les yeux, fixant les prunelles de Macéo. « On devrait vraiment remettre ça… » Il sourit timidement, reconnaissant ces propres mots il y a maintenant des années de ça. Déjà à ce moment, il aurait tout donné pour rejouer avec lui, il aurait été prêt à subir les pires conséquences pour connaître ça à nouveau. Ils ne se connaissaient que depuis un jour cette fois là, il avait eu raison, et maintenant qu'il le retrouvait il ne se sentait pas prêt de le perdre à nouveau. Il ne voulait plus le lâcher, plus jamais. Et ce fut donc les yeux humides qu’il lui sauta dans les bras, ses bras entourant son cou, s’accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage. « Je suis désolé... » Souffla-t-il, plissant des yeux pour s’empêcher de pleurer. . Macéo redressa la tête, ça n’était pas réellement ce qu’il avait souhaité entendre, il plongea son regard dans celui de Milo qui s’efforçait toujours de retenir ses larmes. Il n’avait pas à pleurer, pourquoi le ferait-il ? Il était là, il avait retrouvé la sensation de ses lèvres contre les siennes, il avait retrouvé l’osmose de sa musique avec la sienne. Mais s’il ne pouvait s’en vouloir qu’à lui-même pour avoir perdu ça pendant tout ce temps. « Je t’interdis ne serait-ce que d’y penser. C’est moi qui suis désolé d’avoir été con. J’aurais dû deviner, venir te… » Milo ne comprenait pas, pourquoi était-il si empathique, gentil, pourquoi n’était-il pas en colère, pourquoi est-ce qu’il rejetait la faute sur lui ? Sans que la réponse ne vienne, l’embarras vint balayer ces questions d’un seul geste. Le visage qui faisait face à Milo s’’était tendu, son regard longeant sa clavicule pour remonter jusque sur son épaule. Milo l’avait vu faire, avait senti son doigt l’effleurer alors qu’il tirait sur son col, il savait ce qu’il regardait, et même si la honte lui brûlait les oreilles et les joues, il ne bougea pas. « …te sauver. » Milo ferma les yeux le temps d’une seconde appréciant chacune des caresses qu’il lui accordait du bout de ses lèvres, ses doigts vinrent se glisser d’instinct sur son torse. Mais il peinait toujours à se faire à l’idée que Macéo puisse culpabiliser, ce scénario n’avait jamais été une probabilité pour le plus jeune. « Tu n’aurais pas pu y faire grand-chose Spooky. Sa prison était beaucoup plus sécurisée que la tienne. » Murmura Milo en essayant de garder un ton léger. Mais cela se voyait, Milo n’avait jamais eu la peau très blanche, encore moins lorsqu’il sortait des vacances d’été, mais le mois qu’il avait passé dans pénombre de sa chambre ne lui réussissait pas au teint. Son front se posa contre son épaule, de là, il posait sentir son parfum, son déo, l’odeur de sa lessive ou bien était ce tout simplement naturel chez lui ? Peu importe, Milo adorait cette odeur. « Partirais plus sans toi… » Il opina. « Vu ce qu’il t’arrive quand tu n’es pas avec moi, je ne te laisserais plus jamais t’éloigner de moi. » Et sur ces mots, les habitudes de Milo revinrent comme si le mois passé n’avait jamais exister. Il voulait l’oublier, l’effacer de sa mémoire, et la proximité de Macéo fut en grande partie responsable de cette réussite. Les cours de l’après-midi n’étaient devenus qu’un bruit de fond sur leur débat acharné qu’avait débuté Milo. Soit l’absence de tacos à la cafétéria. Comment pouvait-on prétendre à faire des sandwichs en wrap sans proposer de tacos ? Discrimination totale, à croire qu’ils avaient mal choisi l’endroit pour faire leurs études. Mais quand la fin des cours fût annoncée Milo s’était pétrifié à peine sorti du bâtiment, les mots que son père lui avait adressé le matin même lui revinrent en pleine tête. Il ne fallait pas qu’il traîne, mais il n’avait pas envie d’y retourner, il venait tout juste de retrouver son Spooky. Ses doigts vinrent chercher les siens, les serrant d’une légère pression, s’il ne rentrait pas, il le regretterait, s’il rentrait, il aurait le droit de revenir le lendemain, le calcul pouvait être vite fait. Et puis les parents de Macéo ne le pardonneraient peut-être pas aussi facilement que leur fils.  « Tu te souviens ? Tu ne pars pas sans moi Milo. » Son cœur se serra, oui, ils l’avaient dit chacun à l’autre il y a quelques heures, alors qu’est ce qui avait changé pour qu’il puisse déjà se penser incapable de tenir parole ? La crainte certainement, celle dans laquelle il avait toujours vécu, celle qui lui avait rongé le cœur et qui l’avait empêché de vivre. Mais Macéo était là, il valait tous les efforts du monde, alors il se battrait. Il releva les yeux timidement vers lui alors qu’il reprenait déjà la parole, l’écoutant sans vouloir l’interrompre, sa voix avait un effet apaisant. « Tu choisis, mais on reste ensemble. Je reste avec toi. Je m’en fous. » Sa main lâcha celle de Milo, qui se sentait déjà perdu sans ce contact, pour venir se tendre vers lui alors qu’il continuait. « Je te raccompagne chez toi, même si l’on risque de faire des détours qui dureront probablement toute la nuit. » Milo se retint de rire jaune, rentrer chez lui avec Macéo était du grand suicide. Il voyait déjà son père sortir la carabine et tirer sur eux sans un seul remord. Mais déjà sa main gauche se présenta à Milo. « Soit je te ramène chez moi, ta présence y a manqué, et ton oreiller a perdu ton odeur… » Un pâle sourire se dessina sur les lèvres du pianiste alors qu’une douce chaleur s’installa dans sa poitrine, vivre chez Macéo lui avait manqué aussi. Beaucoup trop. Alors il prit cette main-là. « Deal. » Il serra cette main de toute ses forces avant d’aller conquérir ses lèvres, peu importe les nombres de regards qui étaient venus se poser sur eux à cet instant. Au moins sauraient-ils qu’il était à lui. « Mais c'est toi qui feras le matelas cette nuit. » Sourit-il.Sourit-il. Entendre le rire de Macéo lui fit un bien fou, et il n’avait apparemment pas fini de lui en faire vu la réponse à laquelle il eut le droit dans un clin d’œil. « Pour ça, il faudra déjà que je te laisse dormir Milo... » Ce fut au tour de Milo de lâcher un rire, il n’était ni nerveux, ni moqueur, disons plutôt impatient. Milo ne lâcha pas sa main du trajet, et ce fut chacun avec un grand sourire sur les lèvres qu’ils passèrent le seuil de la porte. Milo avait un petit peu appréhender la réaction des parents de Macéo, ils étaient loin d’être des parents comme ceux qu’avait connu Milo, mais il était conscience d’avoir blessé leur fils et si lui-même s’en voulait déjà tant pourquoi eux lui pardonneraient-ils ? Mais retrouver cette maison, son atmosphère apaisante, celle où on ne lui avait rien demandé d’autre que de sourire, la retrouver lui retira les nombreuses questions qui tournaient en boucle dans sa tête, jusqu’à disparaître complétement au moment où la mère de Macéo le serra dans ses bras. Il répondit à l’étreinte comme s’il s’agissait de sa propre mère, il avait longtemps envié Macéo pour ça. Mais ne disait-on pas que ne choisissait pas sa famille ? Pour Milo ce n’était pas vraiment vrai, elle ne s’arrêtait tout simplement pas au lien de sang, et jamais il n’aurait cru être autant dans le vrai à cet instant. La discussion passa très vite sur leur première journée de cours pour atterrir sur des sujets comme la nourriture et donc décider ce qui était meilleur entre les oreos et les Reese’s ou encore devant quel film la soirée se terminerait. Ils finirent donc par fuir le film français que la femme de la maison avait choisi puisque aucun des deux ne semblait vouloir se mettre d’accord et parce qu’elle savait parfaitement qu’ils ne resteraient pas jusqu’à la fin. Ils lui avaient donné raison.

| It's carthartic. /

Milo s’était débarrassé de son T-shirt, il s’était toujours senti plus à l’aise sans, bien qu’il évitait en public vu le nombre important de marques dont son corps était couvert. Seulement, il ne pouvait pas rester éternellement vêtu du même T-shirt toute sa vie, et il l’avait toujours fait par habitude au moment de se jeter dans son lit après manger. Il se rendit compte que ce n’était pas son lit mais celui de Macéo et que celui-ci se trouvait dans la même pièce à ce même moment bien après l’atterrissage. Il espérait simplement que Macéo ne s’arrêterait pas dessus trop longtemps et se redressa en tailleur sur le matelas pour observer, le temps d’une seconde, son Spooky qui lui avait tant manqué. Ce dernier s’approcha de lui, se déchaussant, pour s’installer à genoux devant lui, Milo peinait à ne pas trop le dévorer des yeux, les courbes de ses lèvres lui faisaient pourtant terriblement envie. Il ne bougea pas lorsque sa main vint caresser sa joue, se laissant simplement faire tout en étant dévorer par l’impatience de pouvoir de nouveau goûter ses lèvres. Il finit par mettre fin à son supplice, l’embrassant de façon tendre mais trop courte. « Putain, qu’est-ce que tu m’as manqué… » Un sourire se dessina discrètement sur le visage de Milo. « A moi aussi. » Déclara-t-il. Ce genre de réponse faisait peut être niais, il s’en fichait, il ne se serait jamais douter que quelqu’un puisse lui manquer autant dans sa vie, que son absence puisse le détruire à ce point, qu’une personne puisse envahir autant ses pensées, son quotidien. Il rencontra de nouveau ses lèvres, avec plus d’ardeur, plus passionnément alors que ses bras s’accrochaient autour de son cou. Son coeur battait la chamade, il avait cru l'avoir perdu hier encore et voilà qu'il était de nouveau là, dans ses bras. Il l'attira encore un peu plus à lui, une main s'étant décidé à redécouvrir son torse sous son t-shirt, et mordillant sa lèvre inférieur pour lui rappeler ses avances d'il y a quelques heures. « Ça t’amuse de me torturer hein… » Milo laissa échapper un doux rire sans détacher son regard du sien. Oh que oui, il aimait voir cette lueur envieuse dans son regard, lueur qui était déjà là. « C’est toi qu’à commencer je te signale. » Lui murmura Milo alors qu’il l’observait enlever son T-shirt, le laissant profiter de la vue. Ce ne fut que l’affaire d’une seconde puisque Milo atterrissait déjà sur le dos, prisonnier entre le matelas et le batteur. Ce dernier vint lier ses lèvres aux siennes, mordant cette même lèvre qui l’avait nargué la seconde auparavant, mais Milo n’en prenait pas moins de plaisir. Le contact du corps de Macéo contre le sien était divin, lui qui en avait tant rêvé, ces derniers jours, ces dernières semaines. La caresse des lèvres de Macéo, la chaleur qui prenait ses reins, ses doigts traçant des arabesques dans le bas du dos de son tortionnaire, le frisson qui lui secouait l’échine alors qu’il pouvait sentir ses lèvres jouer avec la peau de son cou. « Eh. » Protesta Milo en sachant parfaitement ce qu’il était en train de faire. « Ça se mérite ce genre de chose… » Dit-il, alors qu’il pressait sa main dans le creux de ses reins pour se serrer un peu plus contre lui tandis que l’autre l’incitait à ramener son visage à hauteur du sien. Macéo se laissa conduire, et Milo pu voir un sourire sur le visage de celui qui lui faisait face alors qu’il répliquait déjà. « Je ferai dire à monsieur, que je l’ai assez sagement attendu pendant un mois, alors j’ai bien le droit de laisser ma marque sur mon Milo. Na. » L’intéressé haussa des sourcils, certes, c’était un argument qui se tenait, créant donc une fausse moue boudeuse à ce très cher Milo qui n’avait plus rien à redire, pour une fois. Bien heureusement que t’as attendu sagement, manquerais plus que ça naméoh. Pensa-t-il tout de même en silence. Il l’observa d’un regard perçant, dont toute la crédibilité s’était envolée au même moment qu’un sourire qu’il n’avait pas pu retenir naquit sur ses lèvres. Macéo s’était appuyé sur un coude et l’observait, en laissant à l’autre une vague impression d’être passé au rayon laser. Les doigts de Milo s’étaient perdu dans les cheveux de Macéo, il n’aimait pas cette couleur foncée, il les avait toujours préféré colorés, bien que ça ne le rendait pas moins beau, cela faisait partie de sa personnalité. Milo sentit un doigt parcourir son torse, se baladant faisant des détours, lui arrachant quelques frissonnements, le forçant parfois à se contracter pour ne pas rire sous les tentatives de Macéo. « Et je compte bien en laisser encore quelques-unes… » Rajouta ce dernier tandis que son regard s’était relevé vers Milo. Nouvel haussement de sourcils, provocateur, les yeux de Milo le dévisageait, le défiant d’essayer tout en crevant d’envie qu’il lui montre comment il compterait s’y prendre. Macéo l’embrassa pour toute réponse, alors qu’il pouvait sentir son jean se desserrer autour de sa taille sous la main habile de Macéo. Milo ondula lentement ses hanches  pour l’inciter à continuer, ou se dépêcher, il ne savait plus trop, alors qu’il entreprenait lui aussi de mettre Macéo au même niveau d’une main un peu plus fébrile, tandis que l’autre ne voulait toujours pas quitter ses cheveux. Il quitta ses lèvres un instant, mordillant le coin de sa mâchoire avant de s’attarder sur la peau de son cou. « Un partout, la balle au centre. » Finit par déclarer Milo après avoir fait rouler la chair sous ses dents avec un plaisir non dissimulé. Il vint déposer un bref instant ses lèvres contre celle de son amoureux dans un petit sourire victorieux. « Je t’aime. » Et dans un froncement de sourcil il ajouta. « Ce qui est moins le cas de ton pantalon. » Braguette à la con. La réflexion fit rire Macéo qui se cacha le visage dans le creux du coup de Milo pour pas que ce dernier se vexe, ce qui ne fut pas vraiment le cas vu que celui-ci riait lui aussi doucement à ses propres conneries. Heureusement pour lui Macéo s’occupa de se débarrasser de son jean lui-même, Milo ne se dérangeant d’ailleurs pas pour se rincer l’œil et profiter du spectacle avant que ne vienne son tour. Déjà Milo se redressait un peu pour venir chercher le contact de Macéo qui ne se fit pas attendre pour venir de nouveau contre lui, sa main glissant sur sa peau, descendant toujours plus bas maintenant que plus rien n’était là pour l’arrêter, passant la ligne de son bassin pour venir s’occuper de cette partie lui qui n’avait que trop attendu. Les ongles de Milo s’enfoncèrent dans la chair de son dos aux rythmes de ses caresses, alors que les baisers se faisaient plus durs et fiévreux à la fois, il accrocha ses lèvres de ses dents à plusieurs reprises. L’autre main de Milo était faite prisonnière par celle que Macéo avait de libre, s’agrippant avec force à ses doigts. Et si les choses sérieuses s’apprêtaient seulement à débuter, elles furent très vite interrompues, dans la seconde qui suivie pour être précis. « Bonne nuit les garçons ! » Milo sursauta, avant de complètement se figer. Pas très intelligent de se pétrifié alors qu’il savait parfaitement que la mère de Macéo avait souvent l’excellente idée d’aller dire bonne nuit à son fils, en personne. La peur faisait faire des choses idiotes parfois. Heureusement pour eux, Macéo avait de meilleurs réflexes et ils se retrouvèrent sous le doudou-couverture de Macéo dans l’instant qui suivit. Frustré et énervé, Macéo gueula à travers la porte tandis que Milo se mordait à présent la lèvre pour ne pas rire. « OUAIS BONNE NUIT MAMAN ! » Silence. Les deux attendirent mais personne ne vint, et Milo éclata de rire. Il avait eu plusieurs crampes cette nuit-là, la plus agréable restant celle d’avoir trop rit malgré le regard vexé de Macéo.




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But you. Oh god, I loved you so much. I forgot what hating myself felt like. 
And I'd like to thank you for that.

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Dernière édition par Milo J. McGuire le Lun 27 Fév - 22:10, édité 16 fois
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Milo J. McGuire

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Dim 24 Juil - 2:43


TROISIÈME ACTE




| Everybody's fucking sorry. /


Personne n’était venu, et Milo avait fini par ne plus se soucier de son père, ne s’attendant plus à des conséquences pour avoir désobéi à ce dernier. Tout était redevenu bonheur à l’état brut, ça ne pouvait que l’être puisque Macéo se trouvait à ces côtés, et ce n’était que tout ce qu’il demandait. Tout le reste n’était que facultatif. Jusqu’à ce que le rêve vire une fois de plus au cauchemar. Encore. Cycle éternel. On finit par s’y faire, question d’habitude. Ce jour là avait pourtant bien débuté, il mélangeait partitions et notes de cours sur sa feuille dans un coin de l’amphithéâtre, Macéo près de lui tapotant ses stylos sur la table avec ennui, il pouvait sentir sa jambe bouger contre la sienne tandis qu’il battait le rythme du pied, un rythme à lui, dans sa tête, mais que Milo saisissait parfaitement. Ce foutu tempo lui donnait envie jouer et l’empêchait de saisir ce que racontait le prof un peu plus bas. La concentration n’était pas tellement son fort quand il s’agissait des cours. Il saisit un des crayons de Macéo au vol avant de le débouchonner pour lui tendre de nouveau dans un clin d’oeil. Mais Macéo continua tout de même de le fixer de son air faussement énervé face à cet affront que lui avait fait Milo en l’interrompant. Milo manqua d’éclater de rire, et s’apprêtait à commenter quand quelqu’un entrant dans l’amphi, coupant le prof dans son discours monotone sur la façon dont Artusi avait attaqué Monteverdi à travers un pamphlet. Vous comprenez maintenant que Milo peinait à suivre ? Bien. Le professeur opina à ce qu’on lui dit avant de se retourner vers son public. « Milo McGuire ? » L’interpellé sursauta, il n’était pas du genre parano, mais l’idée que ce soit son père qui finisse par revenir à la charge lui traversa l’esprit, et l’effraya catégoriquement. Il regarda Macéo d’un air désemparé avant de finalement se lever avant que le professeur n’ait à se répéter. Descendre ses marches en sachant parfaitement qu’elle ne le mènerait que trop loin de Macéo lui procurait une sensation étouffante dans la poitrine, on ne lui accorda pas le moindre regard alors qu’il passait la porte. L’homme se contenta d’avancer, Milo aurait tout aussi bien pu s’enfuir, courir à travers les couloirs, se cacher, attendre Macéo. Il jeta un coup d’œil en arrière, regardant une dernière fois la porte qui s’était refermé sur lui. « Veuillez me suivre Monsieur McGuire. » Lui ordonna l’homme plus qu’il ne demanda, il ne semblait pas d’humeur à patienter, bien que Milo perçut une lueur de pitié, dans ses yeux, compassion, quelque chose qui y ressemblait sans que Milo puisse mettre un mot dessus. Alors il finit par le suivre, fixant ses vans, demandant où ils allaient sans qu’il n’ait de réponse différente que le silence. Les questions qui secouaient son cerveau finirent par le pousser à l’énervement, et en rentrant le bureau qu’on lui indiquait ses doigts tremblaient déjà à l’unisson. Mais son père n’était pas dans la pièce, alors sa cage thoracique se desserra doucement, une femme à la stature imposante était assise dans un coin de la pièce, et le responsable de section était assis derrière son bureau, l’air grave. « Bonjour Milo, sache d’abord, que nous savons que tu es un élève assidu et doué, mais tu bénéficie de tout le temps dont tu auras besoin pour digérer cette nouvelle. Et bien évidemment, toute l’équipe ainsi que moi-même sommes désolés pour ce que tu traverses. » Milo fronça des sourcils, désolé de quoi, pourquoi il était là si ce n’était pas pour que son père lui foute la branlée de sa vie ? Mais au fond de lui il savait, il ne voulait simplement pas que ça le soit, tout, n’importe quoi, mais pas sa mère. « Ta maman a succombé ce matin. » Une douleur vive lui prit dans la poitrine, la sensation d’être vidé de l’intérieur, le sol ne semblait plus droit et sa vision se troublait alors que les larmes montaient. Sa tête allait exploser tandis qu’il s’efforçait d’expliquer cette mauvaise blague, mais seulement une phrase vint tourner dans son esprit, le hantant. « Essaye ne serait-ce que de penser à ne pas rentrer et tu le regretteras amèrement mon garçon. » Sans demander l’autorisation à personne il sortit de la pièce qui semblait l’étouffer, puis il sortit, le premier sanglot, celui qui était si dur à retenir, mais que tant qu’on le gardait là, dans le fond de sa gorge, on pouvait encore croire que tout ça n’étaient que des conneries. Qu’est ce qu’il avait encore fait ? Les larmes continuèrent de couler, les sanglots s’alignaient sans plus aucune retenu, et on l’avait laissé là sans oser l’approcher, on lui avait laissé l’air qu’on pensait qu’il avait besoin, gardant un œil sur lui de loin. Mais ils avaient tort, ce n’était pas ce dont il avait besoin, le seul qui pouvait encore le consolait venait seulement d’arriver, il l’avait aperçu dans hoquet, l’avait reconnu à ses cheveux bleus-gris, et il n’hésita pas une seule seconde pour se jeter dans ses bras, sa respiration haletante mêlée aux sanglots qui ne semblaient toujours pas vouloir cesser l’empêchait de parler. Mais il finit tout de même par lâcher ces mêmes mots qu’il ne pouvait s’arrêter de se répéter. « C’est ma faute. » Sa voix s’était étranglée quand il articula les mots, il était encore plus dur à supporter de les dire à voix haute. Il le répéta en boucle, tel un automate, un ancrage qui le tirait toujours un peu plus vers le bas, s’accrochant au T-shirt de Macéo, trempé par ces larmes qui ne cessaient de couler. Les murmures de Macéo l’apaisait mais il peinait toujours à sortir de cette crise de larmes, plus il se concentrait sur sa respiration et plus elle s’accélérait. Ses yeux étaient rouges mais bien plus sec qu’au départ, mais ces mots l’obsédaient toujours.  Il ne voulait plus le lâcher, il voulait rester là dans ses bras sans plus jamais en sortir. Pitoyable. Sifflait sa propre conscience. Qu’est-ce qu’il y peut lui que ta pauvre mère soit morte ? Laisse le tranquille, ferme-la et encaisse. Va tuer le responsable si tu veux te soulager, débarrasse toi de ton père, saute d’un pont, bouge toi. Milo renifla, il n’avait pas tort, il ne faisait que causer du souci à Macéo, du souci pour des choses dont il était l’unique responsable, la fermer et assumer les conséquences semblait presque acceptable. Il s’en rendit compte quand Macéo prit son visage entre ses mains pour le forcer à le regarder. Mais tout ce que réussi à faire Milo face à ce regard inquiet fut de baisser la tête. « Milo, ce n’est pas ta faute. » Il le contredit, répondant d’un signe de tête, la secouant lentement d’avant en arrière. La parole était de nouveau devenue difficile mais son souffle revenait doucement, desserant un peu plus sa gorge. « Je l’ai pas sorti de l’incendie Spooky, j’ai rien fait. Je suis parti, je l’ai laissé avec mon père. » Sa voix trembla un peu en prononçant la dernière phrase. « I-il m’avait dit que si je rentrais pas je le regretterais. C’est ma faute. Elle est morte à cause de moi. » Finit-il en appuyant sur les derniers mots. Une larme traîtresse roula le long de sa joue, mais il l’essuya d’un revers de manche, en colère contre lui-même. « Je t’interdis ne serait-ce que de penser ça Milo. » La prise autour du visage du garçon se raffermit, et il finit par lever les yeux vers lui, des yeux perdus, désemparés et coupables à la fois, pourquoi est-ce qu’il ne pourrait pas ? C’était pourtant la simple vérité. Il aurait dû le savoir, comment pouvait-il réparer ça maintenant ? « Milo, écoute-moi. C’est de sa faute… Il est allé trop loin. » Milo se débattu un peu contre la prise de Macéo pour aller nicher son visage dans son cou pour une ultime étreinte. « Veux rentrer. » Souffla-t-il, fatigué de réfléchir, sa tête lui faisait affreusement mal et il mourrait d’envie de s’abandonner au sommeil, là tout de suite, dans ses bras à lui. Il s’y sentait bien, protéger de tout. Mais une main se posa sur son épaule le faisant sursauter. Il regarda la femme de travers alors qu’elle lui souriait gentiment, niaisement, quelque chose ne lui plaisait pas chez elle, il ne savait pas encore quoi. « Il va être temps d’y aller Milo. » L’intéressé la dévisagea un peu plus alors qu’elle poursuivait déjà. « J’étais une amie de ta mère, ta famille ma chargée de te récupérer pour te ramener, comprends bien que je ne peux pas rentrer sans toi. Et tu veux sans doute dire au-revoir à ta mère. » Milo ne comprenait pas, il ne l’avait jamais vu, si elle avait été une amie de sa mère, alors pourquoi il ne l’avait jamais vu ? Et qu’entendait-elle par sa famille ? Ses grands parents ? Si c’était le cas, il pouvait lui faire confiance, ces derniers avaient toujours pris soin de lui, avaient accueillis Macéo les bras ouverts. C’était certainement ça, c’était surement le pourquoi elle n’avait pas cherché à le séparé de Macéo, ils étaient beaucoup plus à cheval sur les principes du côté de son père. Cependant il ne voulait pas être éloigné de Macéo pour autant et il ne voulait pas voir sa mère non plus, l’idée de voir son corps sans vie n’était pas dans ses projets. « Elle est morte. » Cracha Milo. « C’est trop tard pour dire au revoir. »  Il sentit la main de Macéo se resserrer autour de la sienne, caressant doucement le dos de celle-ci du pouce, ça le tranquillisait. « Il ne semble pas avoir envie de vous suivre. Je vais m’occuper de lui. » Et Milo opina, pressant brièvement sa paume contre la sienne alors que la femme semblait surprise de l’intervention de Macéo qui ne se dérangea pas pour poursuivre. « Milo est entre de bonnes mains… C’est tout ce qui importe non ? » La femme retrouva le sourire rapidement, ce même sourire figé, comme automatisé. « Oh, mais je n’en doute pas. Tu dois être le fameux Macéo. Ecoutez les garçons, je sais que vous tenez beaucoup l’un à l’autre, mais il faut comprendre que tu dois aller voir ta famille, Milo. Tes grands parents viennent de perdre leur fille unique, ils ont besoin de te retrouver, partager leur peine avec toi, tu comprends ? » Son ton était doucereux, et Milo ne comprenait toujours pas. Enfin si, elle voulait l’embarquer c’était sûr, mais depuis quand il fallait un décès dans la famille pour organiser une réunion familiale ? Il se détendit un peu à l’évocation de ses grands-parents, et semblait à présent perdu sur la décision à prendre. Et la femme reprit de plus belle, toujours d’un ton doux, patient, maternel, elle lui rappelait ce psychiatre qu’il avait vu étant enfant, il parlait de la même manière. « Et rien n’empêchera de vous retrouver demain à la cérémonie. » Elle avait relevé les yeux vers Macéo, consciente que Milo ne daignerait pas répondre sans avoir l’avis de ce dernier. C’était lui, la personne à convaincre. « Tes grands-parents ont besoin de toi… Mais je peux t’accompagner, Milo, tu sais ? » Milo hocha de la tête, enregistrant l’information, tournant la tête vers la femme pour savoir si oui ou non, cette option était à prendre en compte. Vu son expression grimaçante, elle ne semblait pas l’être. Oh aller quoi. Secoue-toi. C’est ton copain, pas ta mère il va pas te tenir par la main pour y aller quand même. Milo se mordit la lèvre, toujours hésitant, il vint déposer un bisou sur la joue de Macéo. « Appelle-moi ce soir. Et demain, c’est avec toi que je rentre. » Il inspira doucement, gonflant ses poumons d’air comme pour se donner du courage, avant de lâcher sa main et de suivre la femme qui semblait satisfaite du déroulement des choses. Macéo avait opiné, Milo s’en était contenté, se rassurant en se disant que c’était l’affaire que d’une nuit.

Milo était habitué à porter du noir, les deux tiers de son armoire étaient remplis de vêtements de cette couleur. Autant dire qu’il avait eu de quoi faire, pour ce jour d’enterrement. Mais sa nouvelle maman autoproclamée s’était tout de même apprêtée à l’habiller de la tête au pied pour l’occasion, et ce sans qu’il ne puisse dire quoi que ce soit vu le regard de son père qui ne le lâchait jamais d’une semelle. Milo avait attendu sa sentence dès qu’il avait vu son père alors qu’il comprenait lentement le stratagème entamé par ce dernier dès l’annonce du décès de sa mère, mais ses grands-parents étaient là, même si la femme ne lui avait raconté que des mensonges à l’université, il avait supposé juste, elle n’avait pas menti là-dessus. Et ces derniers avaient bien remarqué l’air effrayé de Milo à chaque regards échangés avec son père, ils avaient compris ce silence quand ils lui demandèrent des nouvelles de Macéo. Ce fut pourquoi ils avaient autant insisté à prendre le garçon avec eux, sans succès. Milo ne leur en voulait pas, ils avaient essayé, ils se faisaient mieux, son grand père s’affaiblissait, et la perte de leur fille n’aidait en rien. Et son père avait attendu ce moment, celui où la porte se refermerait sur eux, ce même moment où Milo se précipita dans les escaliers pour se planqué dans sa chambre, son père était rapide et en était bien plus près que lui. Mais il avait tenté sa chance, bien que ratée, il s’était étalé dans les escaliers quand son père l’avait tiré en arrière, les déboulant marche par marche avant de terminer sa chute dans les pieds de son bourreau. Il avait attendu que ça passe, sans que ça ne semble vouloir s’arrêter, il avait il avait tenté la fuite, mais il était déjà devenu trop lent pour son père qui le surplombait de toute sa taille. « Aller, aller, ça suffit mon chéri. » Finit par intervenir la femme de l’université, Kate, l’amante de son père. Milo fila dans sa chambre sans demander son reste, sans un regard en arrière pour savoir si son père en avait vraiment fini, il semblait que c’était le cas, puisqu’il put enfin s’écrouler dans son lit. Il ne sut pas vraiment depuis combien de temps il était là, s’il avait dormi ou s’il avait simplement attendu là, pétrifié, sur son lit, fixant la porte, mais son téléphone qui vibra dans sa poche le força à sortir de sa léthargie. Il se redressa, sortant son téléphone de sa poche, remarquant au passage que du sang avait été s’abandonné sur l’oreiller, il ne savait même pas à quoi il ressemblait. « Spooky. » Sa voix était comme rouillée, brisée, mais son ton était soulagé.« Milo… Qu’est ce qu’il se passe ? Qu’est ce qu’il t’as fait ? » Son cœur se serra, voilà qu’il allait se faire un sang d’encre, peut-être aurait-il mieux fait de ne pas répondre ? Non, il se serait d’autant plus inquiété, et Milo avait besoin d’entendre sa voix. « Je n’aurais jamais dû te laisser partir… » Milo grimaça, et lui il aurait mieux fait de s’y attendre, son père avait toujours été prêt à tout et au pire. « C-ça va, ça ira. Rest-… » Il s’interrompit alors que la porte s’ouvrait à la volée sur son père, lui arrachant le téléphone des mains. Milo se défendit, pas question qu’il ne s’adresse à Macéo, qu’il s’en prenne à lui, il tenta de récupérer son téléphone. « Laisse-le ! » Une gifle claqua, et une bonne partie de son visage s’engourdie suite à celle-ci, le réduisant au silence alors que sa tête tournait. « Ecoute moi bien le morveux, si tu te ramènes à l'enterrement de ma femme, je te jure que tu en affronteras les conséquences, mon fils ne sera pas une contre nature contre toi, il a besoin qu’on le remette sur les rails maintenant. Alors tu vas me faire le plaisir de dégager de sa vie. » Milo dévisagea son père, avant de finalement tourner de l’œil, à bout de force. Il se réveilla au même endroit, à même le sol, son premier réflexe fut de chercher son téléphone, disparu, évidemment. Il prit le temps de regarder autour de lui, sa chambre avait changé, tout paraissait froid, clinique, bien plus qu’avant. Les draps avaient été changé pendant son temps d’inconscience, sans pour autant qu’on ne prenne la peine de le remettre, lui, sur le lit. Une chemise noire à manche courte ainsi qu’un pantalon de la même teinte y avait été déposé, à côté, un mot lui indiquant d’être prêt pour dix heure. Il regarda l’horloge accrochée au mur, il en avait trois devant lui. Il prit une douche, se découvrant des plaies ouvertes alors que le contact de l’eau le brûlait, mais il resta longtemps, se sentant sale, mais rien n’y fit, et cette sensation ne voulait pas partir, même en sortant de la petite cabine. Il s’habilla, avant de se laisser aller sur son matelas. Attendant seulement que tout ça ne se termine. On toqua doucement à sa porte, et il vit le visage de Kate à travers l’embrasure, son sourire toujours aussi faux imprimé sur le visage, elle lui apporta un plateau, un verre de jus de fruit et une assiette de pancakes se trouvaient dessus. Elle s’assit sur le bord du matelas sans que Milo ne bouge, ne parle, ne fasse quoi que ce soit. Il se répétait en boucle les notes de Ode to Joy pour se forcer à l’ignorer, symphonie d’une durée de vingt minutes, de quoi l’occuper, le faire tenir. « Je me suis dit que tu aurais peut être faim… » Souffla la femme en le regardant du coin de l’œil, le plateau posé sur ses genoux. Silence. Mi, mi, fa, sol, sol, fa, mi, ré. Do, sol. Do, do, ré, mi, mi, ré. Do, sol. Elle insista. « Tu as besoin de prendre des forces Milo, tu vas en avoir besoin pour affronter cette journée. » Do, do, ré, mi, ré, do, do. Do, sol, do. Ré, ré, mi, fa, mi do. Sol, sol. « Ton père ne veut que ton bien, il se donne du mal pour que tu aies un avenir, il faut que tu le comprennes. » Milo perdu ses notes, foudroyant la femme du regard. « Je veux rentrer chez moi. » La femme le dévisagea doucement, tentant une caresse, un contact pour le rassurer, mais elle se ravisa en le voyant se tendre. « Je te promets de ne plus le laisser lever la main sur toi, il y a des méthodes plus efficaces. Et Milo, tu es chez toi. » La curiosité passa dans le regard de Milo, jusqu’à ce que la dernière phrase le ramène à la réalité. « Je veux rentrer chez moi. » Répéta-t-il, braqué. Chez lui, dans cette chambre aux couleurs pastel, dans ce salon où il avait débattu au sujet de nombreux films, dans cette cuisine qui était toujours remplies de bonnes odeurs, dans cette salle de musique où son synthé n’était qu’à deux mètres de la batterie de Macéo. La femme abandonna, laissant le plateau près de lui, sur le lit, avant de quitter la chambre. Elle l’avait retrouvé vide, alors qu’elle était venu le chercher pour partir. Il n’avait pas daigné parler, il était resté silencieux, du début à la fin, il n’avait pas versé une larme. Et voilà maintenant qu’il se retrouvait déjà là, dehors, sous ce foutu soleil qui brillait trop à son goût, il aurait préféré qu’il pleuve. Son père avait cette main oppressante sur son épaule, paraissant affectueuse d’extérieur mais ils savaient tous deux que cette main appuyait sur cet hématome violacé qu’il s’était fait dans les escaliers. Mais la pression était encore supportable, il réussissait presque à l’ignorer complètement pour mieux chercher Macéo des yeux, alors que de nombreuses silhouettes noires étaient déjà là. « Milo… » Une main vint se glisser dans la sienne, et déjà un sourire perça sur le visage du garçon, ravi. « Je t’avais dit que je te sortirai de cette prison… » Mais il ne fut pas le seul à remarquer sa présence ni ces deux mains de nouveau réunies, il n’eut pas besoin de regarder son père pour le savoir, la pression sur son épaule se faisant plus laborieuse, il lâcha la main de Macéo pour la porter à son bras douloureux dans un réflexe. « N’espères pas trop mon garçon. »  Souffla son père à son oreille. Le discours d’adieu du prêtre avait commencé,  et semblait interminable. Il voulait se saisir de la main de Macéo et s’enfuir avec lui mais au lieu de ça ses jambes plantées dans le sol. Seul le dos de sa main effleurait celle de Macéo et ce seul contact lui suffit à encaisser le reste. Les belles paroles du maitre de cérémonie, qui prétendait que sa mère avait été la meilleure femme du monde, à quel point sa vie avait pu être belle, toute cette mascarade lui déplaisait mais il ne dit rien. Tête baissée, se faisant violence pour ne pas céder à l’envie de pleurer, hurler et à rester silencieux. Sa gorge était trop serrée pour dire quoi que ce soit, si l’envie même lui avait pris. Tout le monde faisait silence, par respect, et c’était parfait ainsi. Puis ses grands-parents dirent quelques mots, adressés à ceux qui étaient présent mais aussi à leur fille, comme un dernier adieu d ceux qui était encore coincés ici sur terre. Puis ils laissèrent la parole à leur gendre, ce qui ne semblait pas prévu vu l’étonnement de son père près de lui, Milo comprit alors quand il vit sa grand-mère lui faire un clin d’œil complice quand elle descendit de la petite estrade, tandis que son père lui lâchait l’épaule pour s’avancer devant tout le monde. Milo lui fit un sourire pour la remercier avant de se retourner aussitôt vers Macéo, mêlant de nouveau ses doigts aux siens. Ses yeux le piquaient un peu, des larmes de soulagement, de joie peut être aussi, bordaient ses paupières. « Merci... » Souffla-t-il.  « N’oublie pas que t’es mon prisonnier à moi… Je te ramène chez nous. » Milo opina, mais ses yeux glissaient vers son père, il n’allait certainement pas le laisser faire, et même s’il n’avait encore causé aucun scandale, il n’en restait pas moins capable. « Je suis là, ça va aller. » Lui souffla Macéo, il détourna les yeux de son père pour les poser sur lui, lui adressant un sourire timide. « Je veux pas qu’il s’en prenne à toi. » Lâcha-t-il finalement alors qu’il cherchait comment le dire. Il voulait lui dire tellement de choses, ces mots qu'il n'avait pas eu le temps de dire hier soir, sur sa mère, de ce qu’il aurait aimé que ça soit, de comment ça aurait pu être, et tous ces scénarios n’étaient plus possible aujourd’hui, car sa mère ne pouvait plus figurer sur le tableau. Il était pourtant certain qu’elle aurait pris le temps de l’apprécier si son père n’avait pas été si haineux envers Macéo. Elle s’était arrêter de vivre pour cet homme sans que Milo ne sache pourquoi, l’amour faisait faire des choses stupides semblait-il. Mais il avait longtemps accepté autant que subit les choix de sa mère. Il n’allait pas s’en plaindre pour autant, que pouvait-il se permettre de dire, lui qui l’avait abandonné là pour avoir un peu plus de crédit avec Macéo ? Lui qui encore aujourd’hui voulait s’enfuir alors qu’il se trouvait sur le dernier lieu de repos de sa propre mère ? « Il le fait déjà, quand il s’en prend à toi. » Lui répondit-il, et Milo baissa des yeux. Il le savait déjà, que ça atteignait Macéo, et il détestait en être lui-même la cause. « Qu’il essaie juste… » Poursuivit Macéo alors qu’il fixait l’objet de leur conversation qui lui-même les fixait d’un air méprisant. Milo avait suivi son regard, et frissonna quand il tomba sur son père. Ce dernier ne le laisserait jamais partir, et si Milo avait été impatient que toute cette comédie se termine, il avait maintenant peur de savoir de quelle manière elle prendrait fin. Les rangs se vidèrent finalement, dans l’ordre, les quelques bavardages par ci par là, les condoléances sincères ou non, les désolés qui avaient l’art de le rendre taré, tous ces mots ne changeaient rien à ce qu’il pensait, c’était plutôt à lui de l’être, désolé, et peu importait, ça ne la ramènerait pas, mais après tout, peut-être était-elle mieux là où elle était maintenant ?  Milo serra un peu plus fort la main de Macéo, son père arrivait vers eux, sa grand-mère, après lui avoir fait promettre de venir lui rendre visite à ses prochaine vacances, était en plein débat sur quelques souvenirs avec une petite femme tout aussi excentrique qu’elle. Il ne réfléchit pas, et se leva, allant pour tirer Macéo derrière lui, tenant toujours fermement sa main. « On s’en va. » Il lança un regard suppliant à Macéo alors que son père avançait dangereusement, il était terrifié, s’il s’était retenu devant tout le monde son père ne se gênerait plus maintenant que son publique était réduit. Macéo l’avait suivi, mais que de quelques pas, et en le voyant faire face à son père son cœur bondit dans sa poitrine, avant d’accélérer de plus belle, la panique s’emparant de lui tout entier. Milo se refusait de devoir regarder ça, il savait que Macéo ne s’écraserait pas, que ça mettrait son père hors de lui, il avait toujours eu horreur qu’on lui tienne tête, et même en s’écrasant pour faire profil bas, les coups étaient là, même si moins rageurs, moins puissants, moins réguliers. Macéo n’était pas Milo, il ne ferait pas profil bas, Macéo n’était pas Milo, Macéo était un obstacle sur son chemin qu’il n’hésiterait pas à détruire complétement, sa vie ne lui importait pas, et c’était bien ce qui lui faisait peur. « S’il te plaît… » Gémit-il en tirant sur sa main, mais il était déjà trop tard, son père se trouvait là, face à Macéo qui était bien loin de ressentir la même peur que Milo. « Vous comptiez déjà nous fausser compagnie ? » Susurra l’adulte dans un sourire mauvais, son regard glissant jusqu’à Milo, qui baissa instinctivement la tête. Il fixa sa propre main, toujours dans celle de Macéo. Cette main il ne voulait pas la lâcher, et il pria pour que ça n’arrive jamais. C’est ce qui l’empêcha de se résigner pour sauver Macéo, qui lui-même s’était d’ors et déjà mit entre les deux. « Oui, il se fait tard, il faut qu’on rentre chez nous. » Milo tenta un regard vers son père, qui semblait furieux, il aurait mieux fait de se contenter de le gardé vers le sol, puisqu’ainsi son père se détourna de Macéo pour chercher à l’attraper, lui. Mais il n’eut le temps que de l’effleurer que déjà, Macéo le maintenait à distance. « Faut apprendre à laisser tomber. Milo est à moi. » Et il le repoussa plus loin, Milo aurait voulu partir, il connaissait son père, il savait anticiper la moindre de ses réactions, et là, il était terriblement énervé. Le poing parti, s’effondrant sur le visage de Macéo, Milo se mortifia, son regard inquiet ne lâchait plus Macéo. « Spoo-… » Ce dernier lui accordait déjà un clin d’œil, et un sourire qui se voulait rassura, mais qui ne le rassura pas, comment l’être quand il pouvait discerner ce fil de sang qui s’était échappé du coin de ses lèvres. Macéo fit ce que Milo n’avait jamais été fichu de faire sans en payer le prix fort, répondre aux coups, sa main n’était plus dans la sienne et partait s’abattre en plein sur le visage de son père qui tituba. Son père avait toujours été un grand sportif, ce qu’il avait essayé à transmettre à son fils, bien qu’il soit bien loin de lui ressembler physiquement, son père s’apparentait plus à une armoire à glace et Milo un fil de fer. Mais Macéo n’était pas Milo, une fois de plus. Savez-vous quand même que la batterie était l’un des instruments les plus physiques ? Aussi efficace qu’un abonnement au club de gym du quartier. Et ça c’est quand on parle d’un batteur lambda, pas de Macéo. Macéo qui passait son temps à taper sur des trucs pour en sortir des sons, une véritable addiction, à être batteur vous gagnez en force, en souplesse, et en endurance. Alors oui, peut être que le père de Milo avait au moins un peu de soucis à se faire. Mais le plus âgé des trois savait boxer, Milo en avait fait longtemps les frais, et ce dernier ne voulait pas assister à ça. « Arrêtez.. » Supplia-t-il de plus belle sans pouvoir s’interposer, il en mourrait pourtant d’envie, la crainte qui lui tordait l’estomac lui donnait la gerbe et il aurait donné cher pour que ça s’arrête. Ses yeux redevenaient humides alors que son père ne se souciait pas de ses mots, il porta de nouveau un coup à Macéo, puis un second dans la même volée, le poussant pour tenter de le  faire tomber au sol. « Mon fils ne rentrera pas avec une petite pédale comme toi, je t’avais prévenu que tu paierais les conséquences si tu venais aujourd’hui. Tu manques de respect. » Il agrippa le bras de son fils, qui se débattit sans se soucier de ce qu’il en coûterait il voulait juste retourner près de Macéo. « Lâche moi ! » Protesta-t-il tout en tirant de plus belle sur son propre bras pour se libérer, mais un coup bref dans les côtes suffit à le calmer, sa respiration se coupant sous l’impact. Ce simple coup l’avait réduit au silence et dénué de toutes forces de protestation, ça finit toujours par s’arrêter... Tout se passa ensuite très vite, Macéo réussissant à faire lâcher prise son père qui fut donc contraint de laisser son fils s’éloigner de lui, il s’écarta des deux contemplant la scène avec toujours cette même terreur qui lui rongeait les tripes. Il vit la petite troupe de personnes qui devait regarder depuis un moment maintenant, des chuchotements allaient d’oreilles en oreilles, mais personne n’osait approcher, il se demandait ce qu’ils pouvaient bien se dire, ce qu’ils pouvaient penser, de ça, d’eux, de lui. « Milo… Viens. » L’intéressé tourna la tête vers Macéo, ces questions n’avaient pas d’importance, il avait ce qu’il voulait, pas de la manière qu’il avait voulu mais il l’avait. Il se saisit de la main de Macéo et le suivit sans un seul regard en arrière, et une fois sûr que plus personne se mettrait en travers de leur chemin, il observa Macéo, ralentissant l’allure. « Je suis désolé. » Balbutia-t-il avec gêne. Il détestait cette simple idée que Macéo ait pu subir ça pour lui, juste pour sa petite personne. Macéo s’était arrêté sur ces mots, l’observant à son tour avant de l’embrasser, Milo se détendit sous la pression de ses lèvres contre les siennes, et tandis qu’il se serrait contre lui, le comment ils avaient été réunis n’avait soudainement plus d’importance, du moment qu’il était là. « Arrêtes de t’excuser. Depuis le temps que j’en rêvais... » Milo laissa échapper un sourire, ça aussi il le savait, il avait longtemps attendu de pourvoir faire face à son père, et il avait toujours fait en sorte que ça n’arrive pas, jusqu’à aujourd’hui, et même si ce sang sur son visage ne pouvait l’empêchait de se sentir coupable, son père n’avait pas gagné cette fois. « Puis, il ne peut pas me faire du mal, t’es le seul qu’en a la possibilité, donc vous serez prié de cesser de vous prendre la tête Mr McGuire. » Milo opina, jamais il ne lui en ferait, jamais, alors il fit taire son cerveau alors qu’il arrivait déjà devant le petit porche de cette maison qu’il aimait tant, la main de Macéo maintenant toujours la sienne. A peine la porte fut elle poussée que la mère de Macéo déboulait dans l’entrée, suivit de son père beaucoup plus calme, force tranquille. Milo l’aimait bien. Il était le meilleur pianiste qu’il ait jamais rencontré et était toujours prit d’une certaine admiration quand il le voyait jouer. Ses yeux se baissèrent vers le sol, se sentant un peu honteux de leur avoir causé du souci, un peu plus honteux encore qu’ils retrouvent leur fils dans cet état à cause de lui. Milo était négatif, bouffé par la noirceur, mais il finissait par voir plus clair, grâce à Macéo, sa présence lui permettait de rêver, d’être cette personne qu’il était réellement, et non ce gosse muet, aussi violent que faible, qui se contentait de vivre dans un coin d’ombre en se souciant de l’image qu’il pourrait renvoyer s’il était exposé en plein jour. Macéo serra sa main un peu plus fort alors que sa mère lui fonçait dessus pour le prendre dans ses bras, Milo grimaça un peu à l’impact avant de sourire et de lui rendre son étreinte. Il était de nouveau chez lui.

| There's no distraction to mask what is real. / [Parte one]

C’est définitif, je crois que mes grands-parents font une overdose de toi, d’ailleurs ça commence à devenir ennuyant, ils disent que je radote. C’est pas encore mon anniversaire pourtant, et j’ai vérifié le miroir, pas une seule ride, alors je leur ai dit que ça devait être leur sénilité qui était contagieuse, ils ont ri. J’aimerais que tu sois là, même si je passe mes nuits à t’appeler pour m’endormir, pour entendre ta journée aussi, tes aventures dans lesquelles je ne figure pas mais qui me rendent tout de même heureux, on aura bien tout le temps d’en avoir rien que nous deux. On en a déjà eu suffisamment pour que les suivantes nous rappellent irrémédiablement les anciennes. Pourquoi j’écris cette lettre ? J’en sais rien. Il fait super froid aujourd’hui, et je te jure que notre bonne vieille ville qui en gel jamais me manque un peu, ici la neige est déjà là, ça fait un peu bizarre, mais on s’adapte bien, et puis ma grand-mère fait des super chocolats chaud avec une tonne de marshmallows dedans. De toutes les couleurs, comme tes cheveux. Je m’égare complétement, mes phrases sont désordonnés, j’aime pas ça, peut être que je devrais t’écrire en chanson la prochaine fois ? Trop tard, je vais continuer, tant pis pour ma réputation de pseudo-bon-écrivain que tu m’as donné tout seul sans aucun argument tangible. Quoiqu’il en soit, je pense que je l’écris parce que je peux pas t’appeler, j’aurais pu si il n’y avait pas eu une bonne dizaine de centimètres de neige devant la porte ce matin, que j’ai moi-même du déblayer d’ailleurs.  Donc je n’ai pas pu avoir mon nouveau téléphone. Alors j’attends que tu appelles ce soir, sur le petit téléphone de mon grand père, il est fatigué tu sais, il mange plus beaucoup, tu crois que c’est juste la vieillesse qui fait ça ? Que ça ira mieux ?  J’ose pas vraiment t’en parler, parce que t’es loin, t’aimerais pas ça que je me tortures le cerveau alors que t’es pas là pour appuyer sur le bouton off. Oh et j’ai revu des amis du collège aussi, on a pas mal joué, tu les aimerais bien. Il manquait un bon batteur, pas que Jade soit nulle, mais elle n’est pas toi et puis elle n’est pas aussi accro aux baguettes que toi. Elle préfère jouer les chanteuses en faisant du air-guitare. Et je sais pas pourquoi je te dis ça non plus, je te le répèterai surement tout à l’heure ? Dans une heure ou deux. Milo, allongé sur le ventre, à même la moquette, leva les yeux vers le réveil de sa chambre, il se pencha de nouveau sur la feuille dans un sourire. Une heure et onze minutes avant que je ne pique encore le téléphone de mon papy précisément, si t’es pas en retard, mais t’es jamais en retard, alors une heure et onze minutes. Ce qui veut dire que je suis depuis plus d’une heure en train d’écrire cette lettre, que je raye des mots et des phrases entières parce que je tourne autour du pot comme un abruti. Je sais pas comment dire ça, ni comment me sentir par rapport à ça, mais peut être que toi tu sauras ? Je suis un enfant illégal. Oublis ça, ça ressemble à rien. Ma mère n’est pas ma mère ? C’est peut être pire. Mon père s’est tapé une pute pour offrir un gosse à ma mère. C’est le plus explicite en gros. Et maintenant la propriétaire de l’utérus qui se l’ai joué chambre d’amis en l’échange de quelques billets verts, elle veut me récupérer. Je devrais prendre un abandonnement à VDM. Plus ça va plus j’y pense. C’est mon grand-père qui me l’as dit, il est toujours celui qui m’annonce les choses importantes, c’était le seul qui me comprenait quand j’étais petit, je sais pas si je lui faisait plus confiance qu’aux autres parce qu’il était toujours là, même si je parlais pas, on partageait le silence ensemble sans qu’il me force à en sortir. Il était patient, alors quand il fallait m’expliquer quelque chose c’était toujours lui qui s’en chargeait, et c’est devenu une habitude. C’est toujours plus facile avec lui, et puis quand j’ai commencé à parler, lui il continuait d’être silencieux, il m’écoutait bavasser musique pendant des heures, et il était content, il m’écoutait, même s’il comprenait pas toujours tout, je lui expliquais, et il s’impliquait, à sa manière. J’ai peur qu’il s’en aille lui aussi, je suis pas prêt à le perdre, j’étais pas prêt pour ma mère non plus, mais c’est différent, je sais pas comment l’expliquer… Il renifla, essuyant ses yeux avec la manche de son sweat alors qu’il entendit sa grand-mère parler à travers la porte. « Mon chéri ça va ? Papy est fatigué, il va se coucher, je t’ai amené son téléphone. » Milo plia la lettre, la calant entre deux pages de son carnet de musique où il faisait ses gribouillages de chansons et de partitions, et se leva pour ouvrir la porte, il dévisagea sa grand-mère, essayant de discerner quelque chose qu’elle pourrait lui dissimuler, mais elle cachait bien les choses sa mamie. « Il va bien t’es sûre ? » S’inquiéta-t-il. « Ca va, il est juste fatigué. » Souffla-t-elle en lui tendant le téléphone. Milo fronça des sourcils, insistant encore une fois. « Mais il est tout juste huit heure, on a même pas mangé. » Sa grand-mère se cacha derrière l’humour et Milo baissa les armes alors qu’elle redescendait pour lui ramener une assiette, elle non plus n’avait apparemment pas faim. Il rouvrit son carnet pour en ressortir la lettre, la finissant de quelques phrases. Il est fort mon papy, il est increvable, et puis il aime bien notre musique, alors il est forcément parfait, d’ailleurs il m’a donné des idées pour une chanson, faudra que je te raconte en rentrant, pas avant c’est la surprise. Et puis tu vas appeler dans... Le téléphone vibra, Fur Elise retentissant dans la chambre. Maintenant. Griffonna-t-il avant de décrocher. « J’ai faillis attendre. » Protesta-t-il dans un rire alors qu’il se retournait sur le dos toujours étalé sur la moquette. « Roh ça va, t’as pas répondu tout de suite non plus. » Lui répondit la voix boudeuse de Macéo faisant rire Milo de plus belle, alors qu’il continuait. « Tu vas pas râler alors que je t’ai enfin au téléphone ? Alors raconte-moi combien tu t’éclates sans moi ! » Milo leva au ciel de manière théâtrale même si Macéo ne pouvait pas le voir. « Je râle pas espèce de rabat joie, et puis j’ai répondu tout de suite, je finissais juste ma phrase… » Milo roula de nouveau pour mettre la fameuse lettre dans une enveloppe, calant le téléphone entre son oreille et son épaule, il irait la poster dès le lendemain matin. « Et ma journée était terriblement froide, pleine de neige toute blanche et donc en en manque de rose, de bleu et de... Jaune ? T’as jamais mis de jaune sur tes cheveux, si ? Et dis tu restes toute la nuit au téléphone avec moi sans raccrocher ? Je te gueulerais à l’oreille pour te réveiller. Ah si ! J’ai écris plein de trucs que tu sauras pas et que je peux pas te raconter, et puis y a un type qui joue trop bien de la batterie, il est trop canon en plus, on est trop raccord lui et moi, non en fait c’était Jade, elle est carrément pas une as des baguettes alors c’est moi qu’ait dû jouer avec  et elle m’a piqué mon synthé pour faire n’importe quoi avec. Et puis y avait son pote là il savait même pas ce que c’était que la Crash et la Ride, alors je te raconte même pas quand j’ai parlé du Charley, je t’imaginais bien t’arracher les cheveux. C’était triste. Spooky pourquoi tu me coupes jamais la parole quand je parle trop ? » Déblatéra-t-il à une vitesse impressionnante jusqu’à ce qu’il finisse par avoir conscience de son débit de paroles. Son rire qui se fit entendre au travers du téléphone lui fit un bien fou, oubliant son inquiétude pour son grand père, de retour dans son petit monde, sa petite bulle rien qu’à lui et à Macéo. Il restait là couché sur le dos, faisant l’étoile de mer, sa main gauche tenant le téléphone contre son oreille, il aimait ces moments, il aimait son rire, s’imaginant la moindre de ses réactions depuis sa chambre à des kilomètres de là. « Parce que j’aime t’écouter. Tu as l’air de bien t’amuser, ça me fait plaisir. Même si tu te doutes que ton histoire de trucs écris m’intrigue un peu. » Milo sourit, faisant exprès de ne pas relever, le laissant continuer, et la suite n’était pas pour lui plaire. « Et je ne sais pas si je vais pouvoir rester toute la nuit au téléphone, y’a une pote qui veut qu’on se voit… Que faire… »  Milo fronça des sourcils, mettant les deux pieds dans le plat, sa voix se fit boudeuse, il n’aimait pas l’idée d’être relégué au second plan, mais après tout il l’avait lui-même laissé tout seul à Los Angeles. « Comment ça elle vient te voir ? C’est qui ? Je la connais ? Y a intérêt que je la connaisse ! Et pis vous allez faire quoi ? » Milo réfléchissait en même temps qu’il déballait ses questions à la chaîne. « Macéo Spooky Jim Cubbins. Tu ne serais pas en train de te foutre de ma gueule, hein ? Parce que si c’est le cas, t’es un méchant-vilain qu’est beau quand même, c’est mal de mentir. » Grogna-t-il dans le téléphone. « Tu veux qu’on en parle monsieur j’ai rencontré un batteur canon gnagnagna ? » Répliqua Macéo dans la seconde. Milo sourit d’un air amusé. « Benh quoi, c’est vrai qu’il était canon. C’était toi que je décrivais idiot. » Lâcha-t-il sans pouvoir s’empêcher de rire. « Puis tu le sais non, entre toi et les autres, t’as toujours été celui que je choisis. D’où tu t’inquiètes ? Puis, je ne sais pas si c’est possible d’être plus craquant que tu ne l’es quand t’es jaloux. Tant que tu restes le premier dans cette catégorie, t’as peu de chance d’être détrôner alors… » Milo arqua un sourcil, un sourire dans le coin de ses lèvres s’apprêtant à répondre par une nouvelle taquinerie mais son cœur fondit sur ses derniers mots. « Je t’aime tu sais ? » Milo se recroquevilla sur sa moquette, le manque se creusant en lui. Encore quatre jours à attendre. « Moi aussi… » Marmonna-t-il, son euphorie s’étant envolée. « C’est pas juste que tu me manques comme ça. » Macéo était celui qui apportait le sourire à Milo quoiqu’il arrivait, où il se sentait bien, à sa place, lui-même, c’était un tout. Mais le fait de passer des bons moments chez ses grands parents brouillait ce concept, il était loin d’être malheureux ici, mais il lui manquait quelque chose, et ce quelque chose était la présence de Macéo, et il s’en voulait de ne pas s’être douté que le manque lui serait aussi douloureux. Il pensait qu’il aurait l’esprit suffisamment occupé. Foutaises. Même en se bombardant d’occupations, Macéo était toujours là, il était partout, il y avait un peu de son Spooky dans tout ce qu’il pouvait voir ou faire. Et c’était une sensation terrible, le fait de ne pas avoir ce Spooky avec lui pour pouvoir partager ces mêmes moments qui lui faisait penser à lui, qu’il aurait faire avec lui plutôt qu’avec n’importe qui d’autre. C’était du harcèlement de croiser autant d’affiche, de céréales, d’objet en tout genre qui ramenait ses pensées automatiquement vers lui. Il aurait dû prendre moins de T-shirt dans sa valise et tasser son Spooky à l’intérieur, en plus il aurait eu moins froid. « Je ne vais pas m’en excuser. J’aime savoir que je te manque… Que je ne suis pas le seul à ne pas aimer le fait qu’on soit aussi loin l’un de l’autre… » Milo sourit doucement, même s’il l’avait un peu insulté dans un coin de sa tête pour avoir dit qu’il aimait ça, il s’était d’ailleurs apprêté à répliquer. Mais la dernière phrase les effaça aussitôt, bien sûr qu’il lui manquait aussi, Milo aurait surement été vexé de l’inverse, et ils étaient bien d’accord sur un point, ne pas se voir été loin d’être supportable. « Ça va passer vite Milo. Nous serrons bientôt réunis. » Milo hocha la tête d’avant en arrière, bêtement, les yeux clos, il aimait penser qu’il était là, juste à côté, qu’il lui suffisait de tendre la main pour pouvoir attraper les siennes, mais il ne le fit pas, sachant que le vide que rencontrerais ses doigts briserait ce doux rêve.  « Et alors, on rattrapera le temps perdu… » Milo lâcha un sourire. Macéo avait un don pour ça, le faire sourire, à croire que c’était la seule expression qu’il était capable de faire en sa présence. Il se rassura alors un peu plus tout seul. « Demain j’aurais mon téléphone à moi, on va enfin à Minneapolis, on devait y aller aujourd’hui mais comme c’est paumé ici et que y avait trop de neige… » Milo n’aimait pas la neige, ça avait toujours la chose qu’il ne supportait chez ses grands-parents, toute cette poudreuse et ce froid, le rendait malade, au sens propre comme au figuré. Parce que s’il n’aimait pas ça, il le supportait très mal aussi. Le seul avantage qu’il en tirait été de pouvoir librement mettre son bonnet sans qu’on le regarde de travers. Même si ça ne l’empêchait pas de le faire à LA. « Bref, je t’appellerais tout le temps ! Je pourrais, hein ? » Milo se traîna en même temps jusqu’à son lit, déposant l’assiette sur le bureau au passage, il était plus tard de seulement deux heures par rapport à chez eux, mais il se sentait épuisé. Il se blottit dans la couette en calant le téléphone entre son oreille et son oreiller. « Tu t’endors pas, hein ? » Milo attrapa le second oreiller, le serrant contre lui comme pour combler le vide qui s’était emparé de lui quelques minutes plus tôt. « Mmmh. » Réussit-il à acquiescer, fermant les yeux malgré lui. Il était bien, là, sous la couette chaude, avec sa voix dans son oreille. Il s’endormit avec une facilité déconcertante cette fois-là.

Le jour le frappa en plein visage quand il se réveilla en sursaut, il se frotta les yeux, râlant contre lui-même d’avoir oublié de fermer les volets la veille. Le téléphone collait encore à sa joue quand il leva la tête de son oreiller. « Spooky ? » Appela-t-il dans le téléphone. Silence. Milo tendit l’oreille, l’appel était toujours en cours, ils avaient très certainement explosé le forfait du batteur, un léger ronflement était perceptible et Milo sourit d’un air attendri. « Je t’aime. » Chuchota-t-il dans le téléphone avant de raccrocher. Malgré le fait que son réveil affichait six heure du matin, il sortit du lit d’un seul bond. Regardant par la fenêtre, le sol brillait un peu à cause du gel sur la route pas la moindre trace de flocons. Il sortit donc de sa chambre en trombe, d’un air ravi et satisfait à la fois, récupérant au vol la lettre pour Macéo. « MAMY ! C’EST LE MATIN ! IL NEIGE PAS ! » Son grand père était resté au lit ce matin là, et sa grand-mère avait sermonné Milo sur le fait qu’il n’avait toujours pas passé sa licence de conduite, ce à quoi il répondit que son père ne lui paierait jamais un truc qui lui permettrait d’être plus indépendant. Sa grand-mère ouvrit la bouche pour répondre mais Milo la voyait déjà venir et il enchaîna de nouveau dans un deuzio que de toute façon son père ne lui permettrait pas non plus d’avoir une voiture. Il ne la laissa pas répliquer non plus là-dessus, connaissant déjà la réponse qu’elle lui accorderait, et termina dans un tercio que le bus ça lui convenait tout à fait et que sa grand-mère lui offrait déjà un nouveau téléphone, et c’était déjà amplement suffisant, peu importait si l’argent coulait à flot. Les négociations avaient été longues et Milo fut bien évidemment obligé de céder quand ses appels à Macéo entrèrent dans les négociations, elle pouvait être machiavélique quand elle voulait quelque chose sa mamy. Minneapolis était plus grand qu’il ne se l’était imaginé, sa grand-mère lui avait sorti le grand jeu en l’emmenant au Mall of America. Le deuxième plus grand centre commercial des Etats Unis, rien que ça. Ce n’était pas si nul le Minnesota quand on oubliait le climat. Milo traînait sa grand-mère de tous les côtés comme un enfant qu’on avait lâché dans un magasin de bonbons. Le téléphone fut bien évidemment la priorité, après avoir posté la lettre, bien évidemment, et il n’attendit pas pour le déballer dès la sortie du magasin, le mettant à recharger dans un coin du café où ils n’étaient rentrés que dans ce but précis. Un faceswap avec sa grand-mère à l’attention de Macéo fut sa première utilisation, Milo n’aimait pas spécialement cette appli, mais il savait que c’était la préféré de Macéo, alors il l’avait téléchargé, juste pour lui. Il passa un long moment à baver partout dans le gigantesque magasin de musique, et ils finirent par être obligés de faire de multiples allers retours à la voiture pour se décharger les bras bien trop remplis à chaque sortie de magasins dans lesquels ils rentraient. Ils débarquèrent donc les bras chargés de paquet à la maison, Milo avait un sourire grands jusqu’aux oreilles. Sourire qui s’effaça quand il n’aperçut pas son grand père à sa place, sur le canapé. Il avait en quelques sortes ses petites habitudes, et celle de retrouver son grand père sur le canapé pour lui raconter ses aventures comptait parmi les plus importantes. Il grimpa donc quatre à quatre les marches pour rejoindre sa chambre alors que sa grand-mère lui disait de le laisser dormir. Il n’écouta pas. Il était là, dans son lit. « Bah alors ma papounette, on s’laisse aller ? » Lâcha-t-il en grimpant sur le lit pour s’installer à côté. Un sourire se fendit sur le visage du senior. « Qu’est-ce que t’as acheté mon Milo ? » Lui demanda-t-il. « C’est pas moi qu’ai acheté quoi que ce soit ! C’est mamy, elle va te foutre sur la paille à continuer comme ça tu sais. Mais bref, on a été au Mall of America, c’était énorme ! Du coup… » Et c’était reparti ainsi, Milo avait papoté, partant dans ses grands discours pendant toute l’après-midi durant, son grand père le silencieux, l’écoutait, l’un comme l’autre passant outre la fatigue du plus vieux. L’énergie du plus jeune le revigorait, il savait comment s’en occuper, ils se connaissaient par cœur et savaient toujours comment agir avec l’autre. Et si la femme de la maison avait été au petit soin pour eux à midi, appréciant de voir son mari manger de nouveau avec appétit, elle fut moins patiente après s’être retrouver toute seule toute l’après midi. « Milo, tu viens mettre la table ! » Les deux garçons levèrent les yeux au ciel en même temps ? Et Milo lâcha un rire en s’en rendant compte. « Ah les femmes ! » Râla-t-il en prenant un air théâtral alors qu’il descendait du lit. « Tu devrais me prêter ton Macéo. » Ironisa son grand père. « Ah non ! Ca pas question, il est à moi celui là ! » Rit Milo en quittant la chambre avant que sa grand-mère lui râle dessus.  La plus grande victoire fut de voir son grand père débarquer dans la salle à manger alors que Milo déposait les assiettes.

Jade était nulle pour la batterie, il allait finir par assassiner cet imbécile de Kelvin qui n’avait toujours pas acquis la différence entre un tom alto et une caisse claire, il lui râlait dessus alors que les autres s’accordaient comme ils pouvaient. Milo s’était levé du mauvais pied, était de mauvaise humeur, et ça, tout le monde pouvait le remarquer, cependant ces cas-là étaient si rares que personne ne l’ouvrit, et tout le monde lui pardonna. « Et pourquoi t’y vas pas à la batterie, toi ? » Milo soupira, laissant son vieux synthé aux mains du frère de Jade qui lui avait fait la remarque. C’était le plus doué avec un clavier et même s’il était vieux et avait connu des jours meilleurs, Milo y tenait, autant le confier à quelqu’un qui avait un bon toucher. Malgré le fait que le piano soit son préféré, Milo jouait de tout, plus ou moins bien selon les instruments. Il aimait la musique, il aimait tout en elle, alors pour toujours mieux la connaître, il s’essayait toujours à de nouvelles choses, de nouveaux instruments, de nouveaux sons. Et il avait le parfait professeur de batterie comme petit ami, alors autant en tirer quelques avantages, et puis ayant un bon sens du rythme, une bonne coordination et indépendance des membres, il s’en sortait pas trop mal pour le débutant qu’il prétendait être. Soit, il y avait déjà un peu touché auparavant, sans non plus se dévouer corps et âme à la tâche, c’était un instrument important dont il avait cherché à faire connaissance avant Macéo. Ça avait permis à ce dernier de ne pas trop perdre ses cheveux le jour où il lui avait prêté son jouet favori. Il s’imaginait Macéo juste derrière lui en le surveillant du coin de l’œil lors qu’il se laissa aller sur l’instrument avant de s’arrêter sans prévenir, interrompant tout le monde. Son téléphone avait vibré, même s’il avait plus remarqué la lumière de l’écran s’allumer près de lui plutôt que la vibration du mobile. « Hey you ! Je peux t’appeler ? » Milo sourit, et tapa sur le petit clavier tactile à la vitesse de l’éclair. « Hello ! Nan tu peux pas, je te boude pour ce vilain snap que tu m’as envoyé ce matin, espèce de pas partageur de céréales Reese’s Puff d’abord. » Il reposa son téléphone, baguettes de nouveaux en mains, avant de se facepalmer la gueule alors que les autres le regardaient se saisir de nouveau de son téléphone avec des yeux sidérés. « Joke. Je t’aime, mais garde m’en un peu quand même ! T’as été au courrier ce matin ? Y a une raison à cet appel ? » Il regarda les autres tout en réfléchissant, vingt secondes supplémentaires suffirent. « Je reviens, continuez sans moi. » Il porta son portable à son oreille, s’en allant braver le froid de dehors pour être tranquille dans sa conversation. Une tonalité passa. Milo porta son pouce à la bouche pour en ronger l’ongle. La deuxième se fit entendre. On décrocha. « Spooky ! Qu’est ce qu’il y a ? » Le son de sa voix le détendait déjà, son pouce quittant sa bouche alors qu’il continuait d’avancer sans avoir encore décidé à partir d’où il ferait demi tour. Il avait simplement besoin de marcher pour l’instant. « J’ai pas le droit de t’appeler par pure envie ? Je te dérange peut-être ? » Milo leva les yeux au ciel, mais ne répliqua pas, si n’importe qui pouvait subir la mauvaise humeur de Milo, certains avaient plus de privilèges que d’autres. D’autant plus que ce simple rire réussissait à faire des miracles sur le pianiste. « Ou juste pour te demander ce que tu fais et surtout comment tu vas ? » Milo regarda autour de lui, quelques flocons commençaient à tomber, mais il ne voulait pas rentrer maintenant. « Tant que je t’ai au téléphone, tout va bien. » Sourit-il simplement, sans pour autant répondre aux autres questions. « J’ai bien checké ma boîte aux lettres et reçu la tienne. T’as pensé à mettre une goutte de Red Bull dans le café de ton grand-père pour lui redonner du peps ? » Milo laissa échapper un rire, un rire vraiment sincère et à la fois profondément désespéré, ce genre de rire qui plus il dure, plus il devient amer en bouche. Il s’assit sur le bord du trottoir, sans se soucier de ce qui l’entourait. « Non, ai pas essayé, y a pas le droit au Redbull ici, en plus il boit même plus de café.. » Marmonna-t-il alors qu’il posait son front contre ses genoux, et passait un bras autour de ses jambes. Il ferma les yeux. « C’est toujours le bordel autour de moi, tout est flou, même moi je le deviens, y a que toi qui l’est pas Spooky... Dis, tu crois qu’il va s’en aller ? » Poursuivit-il avec le même timbre de voix ...






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But you. Oh god, I loved you so much. I forgot what hating myself felt like. 
And I'd like to thank you for that.

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Dernière édition par Milo J. McGuire le Lun 27 Fév - 22:13, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Sam 30 Juil - 1:43


QUATRIÈME ACTE






| There's no distraction to mask what is real. / [Part two]

... « Tu l’as dit toi-même Milo, ton grand-père est increvable, c’est un warrior, on le sait que trop bien. Et même s’il devait partir Milo, tu sais qu’il sera toujours là hein ? Tu l’aime ton grand-père, ça ne disparaît jamais ces choses-là… » Milo renifla, sans savoir si c’était simplement la température qui chutait ou juste le chagrin qui s’exprimait à défaut d’ouvrir les paupières pour laisser les larmes s’échapper. Macéo avait raison, et il savait aussi que ces mots n’avaient été utilisés que pour se rassurer lui-même, se pousser à y croire un peu plus, que tout finissait par rentrer dans l’ordre. Mais il ne savait que trop bien que, non, elles ne rentraient pas toujours dans l’ordre, parfois foncer droit dans un mur était juste foncer droit dans un mur, sans virages, sans aucunes issues, aucune autre route, il y avait des fois où l’on ne pouvait rien faire de plus que de réfléchir à comment appréhender le mur en sachant parfaitement qu’il y aurait forcément impact. « Tout se passera bien Milo, n’y pense pas trop, sinon il va remarquer ton inquiétude… Tes sourires sont contagieux, alors souris-lui d’accord ? » Milo soupira, lassé, usé, comment ne pas y penser alors qu’il le voyait se dégrader au fil du temps, malgré tous ses efforts ? Il détestait le voir condamné, il haïssait le savoir déjà parti alors qu’il était encore là, bien vivant. Mais ça l’obsédait, son absence à venir bousillait le peu de temps où il était encore présent. « C’est plus facile de sourire quand t’es là… » Lâcha-t-il avec amertume. « Je déteste cette sensation de préférer rentrer que j’ai sans arrêt plutôt que de rester avec eux. Ils sont tellement géniaux avec moi… Ça fait de moi quelqu’un de mauvais tu crois ? » Demanda-t-il en frissonnant. Il se mordit l’intérieur de la joue pour se forcé à se taire. Arrêtes donc te lamenter sur ton sort et prend sur toi, tout le monde a ses emmerdes, alors grandit un peu, assume les tiennes sans avoir à pleurnicher sans arrêts. « Ça fait de toi quelqu’un d’humain Milo. » Alors il détestait être humain, ça craignait carrément. Cette sensation de tout faire de travers et d’être coincé peu importe quel choix est pris. Le froid lui engourdissait les membres, quelle idée de sortir en t-shirt de ce temps ci aussi ? « S’ils sont géniaux comme ça c’est parce que tu es un bon petit-fils Milo, sinon ils ne se donneraient pas autant de mal pour toi. Ne te blâme pas trop, ne culpabilise pas… » Milo acquiesça sans grande conviction, claquant un peu des dents alors qu’il se relevait pour rebrousser chemin, les autres allaient surement s’inquiéter de son absence en plus. « Tu veux que je te rejoigne ? » Milo s’arrêta. Crevant d’envie de dire oui. Et lui faire payer l’avion aller-retour juste pour tes beaux yeux ? Alors qu’il te reste une journée à tenir ? « Tais toi, propose pas des trucs pareils. » Protesta Milo. « Tu te taperas pas quatre heures d’avion juste parce que j’ai… Bref, ça passera. » S’efforçât-il de dire pour faire bonne figure. Il continua sa route grelottant un peu, essayant de se souvenir par où il était passé, quel gros malin il faisait et le paysage se faisait déjà plus blanc et moins reconnaissable. « Oui. Je me les taperais les heures d’avion. Tu le sais. » Milo secoua la tête, oui il se les taperait parce que Macéo était têtu comme une mule, et qu’il ne lui laisserait pas le choix de toutes manières. Alors Milo ne répondit pas, regardant plutôt autour de lui pour se repérer, il n’avait pas pu marcher aussi loin ! Ou peut-être que si, l’effet Macéo lui faisait perdre toute notion du temps, toute notion de tout, la preuve en était, il était catégoriquement incapable de se retrouver depuis là où il était. « Tu es où là ? » Milo rit, avec une certaine amertume. Macéo avait toujours les bonnes questions, au bon moment, pour rendre ça encore plus ironique. L’énervement et son impatience naturelle ne l’aidait pas du tout à profiter de cet appel, des appels qu’il attendait habituellement comme si sa vie était en jeu, et à côté de ça, le manque qu’il ressentait pour Macéo, la crainte pour son grand père, sans compter quelques autres détails qu’il valait mieux qu’il évite de se remémorer à moins de ne vouloir exploser, tout ça contribuait à lui tordre les tripes, lui déchirait la chair et rongeait les os, ça le bouffait tout entier, et son humeur quotidienne commençait réellement à en pâtir. « Euh... » Il regarda autour de lui, cherchant une réponse correcte, il loucha sur un petit panneau indiquant le nom de la petite place où il trônait. « Place Galway ? » Tenta-t-il même si Macéo ne se contenterait certainement pas de ça. Il continua d’avancer ses pieds s’enfonçant dans la neige de plus en plus présente à mesure que les flocons tombaient, il eut plus une pensée pour ses précieuses vans que pour ses pauvres pieds qui finiraient très certainement trempés et congelés. Et après les gens s’étonnait qu’il n’aime pas la neige, il préférait amplement pouvoir se la couler douce au soleil et piquer une tête quand la chaleur se faisait moins supportable. Il sourit bêtement en repensant à ces moments, à sa ville à lui, à son Spooky.  « Donc t’es dehors, tu sais pas où t’es et j’imagine que tu te les cailles… » Nouveau rire, plus amusé cette fois, à croire que c’était prévisible qu’il se perde aussi bêtement, certes, l’orientation n’était pas son fort, ses dents claquèrent alors qu’il continuait de regarder autour de lui. « Tu sais qu’il y a l’application Maps sur ton téléphone Milo ? » Milo grogna, bien sûr qu’il savait, il avait juste oublié ce détail en route, et de toute façon il utilisait déjà son téléphone pour autre chose, et pas question de raccrocher. « Je sais mais, petit un, on capte pas des masses, petit deux, il est pas question que tu m’abandonnes tout seul au milieu de cette neige merdique et enfin petit trois, j’avais peut être, et je dis bien peut être oublié ce détail, mais de toute façon ça marche pas alors ça change rien. » Il continua d’avancer, enfonçant sa main libre dans sa poche pour la réchauffer. Il marqua un silence, cette envie qu’il soit là en ce moment grandissant encore en lui malgré toutes les réprimandes que pouvait lui murmurer sa conscience, il le voulait, alors pourquoi n’était-il pas foutu d’accepter la proposition de Macéo, qui n’en ferait qu’à sa tête quoi qu’il dise ? Parce que c’est égoïste Milo. Et tu n’es pas égoïste, n’est-ce pas ? Tu dois arrêter de vivre au dépend de tout le monde et de lui en particulier, faut que tu te bouges. Mais Milo poursuivit d'une voix timide, sans l'écouter, s'écouter. « Tu.. Tu vas vraiment venir.. ? » La réponse ne mit pas vraiment de temps à arriver, mais Milo avait déjà eu le temps d’appréhender plusieurs scénarios dans sa tête, l’ongle de son pouce était de nouveau coincé entre ses dents. « Si tu as envie de me voir, alors oui je cliquerai sur le bouton ‘acheter’ sur mon écran et j’arriverais au plus tôt. Si tu n’as pas vraiment envie, si tu as envie de profiter seul de tes grands-parents, si tu en as besoin, alors je resterai ici et t'attendrais. » Milo grimaça. Bien sûr qu’il avait envie de le voir quelle question ! Jusque là la réponse était simple, mais la suite embrouilla ses pensées, que voulaient ses grands parents, eux ? Qu’est ce qui était le mieux pour eux, pour lui, Macéo ? Il n’aimait pas choisir, les conséquences étaient toujours dramatiques et il avait sans arrêt l’impression que l’autre aurait été mieux, alors qu’il aurait très bien pu être pire. Il détestait choisir simplement parce qu’il n’avait pas l’habitude qu’on lui laisse le choix. « Qu’est que tu veux, toi, Milo ? » Milo resta silencieux un moment, sans savoir quoi répondre, ce qu’il voulait était bien évident, mais ce que les autres voulaient le souciait bien plus, mais Macéo lui avait demandé ce qu’il voulait lui, et alors qu’il frissonnait de plus belle, ses vans trempées, et ses pieds avec, il finit par lui répondre. « Je veux que t’arrêtes de me manquer comme ça. Ça fait mal. Ca m’énerve, m’insupporte, me rend agressif, pourquoi c’est si différent quand t’es là ? C’est plus facile. » Il s’installa dans l’abribus qu’il avait repéré dans la rue d’en face, recroquevillé sur le banc, genoux ramenés sous son menton en essayant de se réchauffer. « Tu me manques Spooky… Genre tout le temps. Je veux… Je veux juste être avec toi. » Finit-il par lâcher en se laissant aller contre la vitre de l’abri, le froid l’engourdissait et il avait envie de dormir. A croire que le froid le poussait à l’hibernation. « Je pars dans deux heures. » Milo sursauta un peu, ses yeux s’étaient fermés tout seuls mais il peinait à les ouvrir, préférant se laisser par la voix de Macéo, il serait là bientôt, encore plus vite qu’il n’avait jamais osé l’espérer. « Je serai là dans sept heures. » Sept petites heures, et quelle heure était-il déjà ? Il avait perdu la notion du temps, les nuages qui assombrissaient le ciel ne l’aidait pas à se repérer. Il avait arrêté de trembler se sentant désormais presque confortable sur son petit banc. « Ca va passer vite Milo. Bientôt on sera de nouveau ensemble, d’accord ? » Milo hocha la tête doucement sans pouvoir émettre le moindre son, il serait bientôt là, il serait bientôt dans ses bras, ces mots lui avaient semblé être les mots les plus agréables du monde à cet instant, même si pour ça il fallait qu’il bouge de ce foutu banc et retrouve son chemin. Et Macéo était sans même s’en rendre compte, bien plus que d’accord avec ces pensées. « En attendant, tu vas me faire le plaisir de retrouver ton chemin, de rentrer au chaud et je m’occuperai de toi dès que j’arriverai, okay ? » Milo sourit, il se demandait parfois si il n’avait pas un mini Spooky dans sa tête qui transmettait toutes les infos au grand Spooky. Il sortit de son petit cocon se forçant à ne pas se laisser glisser en hypothermie, fallait qu’il bouge pour ça.  « Mmmh. J’ai trouvé un arrêt de bus, mais y a même  pas de carte avec le point rouge vous êtes ici. Et veux pas raccrocher. » Se plaignit Milo en essayant de ne pas trop grincer des dents alors que la neige lui donnait l’impression que sa peau brûlait. Il réfléchit. « T’as ton PC ? Tu fais SpookyMaps ? » Sourit Milo, ravi de la solution qu’il proposait.  Il attendit patiemment sautillant d’un pied sur l’autre pour se réchauffer un peu alors qu’il entendait Macéo taper sur son clavier.  « Putain mais tu marches vite ou quoi ? » Ricana-t-il dans son oreille. Il avait donc vraiment été loin. « C’est ça d’avoir des plus grandes jambes. Mais ça me dit toujours pas où je dois aller. » Répliqua Milo sans en faire trop, il savait à quel point la taille de Macéo pouvait être tabou chez lui, mais lui s’en fichait, il l’aimait bien comme ça son Spooky. « Mr McGuire veuillez emprunter la rue de Little Falls et tu tourneras à la troisième à gauche. Là vous serez prié de courir jusqu’à votre chez vous car je veux pas vous retrouver congelé ! » Milo se mit à rire avant de repérer la fameuse rue Little Falls, pressant le pas. « Merci bien monsieur Cubbins. » Répondit théâtralement Milo. « Et t’as toujours pas le droit de raccrocher, et tu dois me dire à quelle heure t’arrive, que je te contrôle à la sortie de l’aéroport, un demi-bridé avec les cheveux colorés ça fait très terroriste. » Il trottinait déjà jusqu’à sa maison, tournant à gauche comme lui avait indiqué Macéo plus tôt. Il apercevait enfin la petite maison, tout le monde dehors, s’apprêtant tous à l’engueuler d’une seule et même voix. « Ca va ! J’étais pas perdu ! » Gueula Milo pour qu'ils puissent l'entendre de là où ils étaient alors que les reproches fusaient déjà de loin.  « C’est cela oui… Juste un peu… » Milo lâcha un rire au commentaire de Macéo contre son oreille. « Chut, ils sont pas censé savoir. » Marmonna-t-il dans son téléphone. Alors qu’il se faisait dévisager par cinq paires d’yeux. Soit, il était trempé jusqu’aux os, pas une raison de le regarder comme ça pour autant. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre, la neige ne se décidait pas à s’arrêter. Il allait devoir jouer les hôtels ce soir, ce qui expliquait leurs yeux de merlans frits suppliants. « Ca va mieux ? » Lui demanda Macéo toujours au bout du fil. « Oui, ce sera encore mieux quand je serais sec. » Acquiesça-t-il et il poursuivit pour les autres. « Le premier qui réveille les grands parents sera enterré dans le jardin, et je veux tout le monde dehors à sept heure tapante, réveillé ou pas réveillé, habillé ou pas habillé. » Il y eut des yeux en bille, surpris, mais tous finirent par hocher de la tête et il s’éclipsa dans sa chambre pour enfiler des vêtements secs. Ils discutèrent tous les deux pendant un long quart d’heure encore, Macéo sur haut-parleur alors que Milo torse nu, se battait avec son jean mouillé qui lui collait à la peau, une serviette sur la tête. Il s’habilla à la va vite, son téléphone toujours près de lui, avant de redescendre pour aider les autres à installer les matelas, duvets, couvertures, coussins, et tout ce qui pouvait servir de lit au petit monde qui s’était invité chez lui. « Je suis dans le taxi. J’arrive. » Dit la voix de Macéo à travers le téléphone toujours sur haut-parleur. Plusieurs regards se tournèrent vers ce dernier, d’autre directement vers Milo. « Quoi ? Vous avez cru que y avait que vous qui pouviez vous inviter à l’arrache chez  moi peut être ? » S’indigna-t-il avant de reprendre le téléphone avec lui d’un air boudeur. Il entendit Jade parler de lui et Macéo un peu plus loin alors qu'il regardait la neige qui persistait à tomber. « Si je peux pas venir à l’aéroport à cause de cette foutue neige… » Le voilà qu’il était de nouveau en train de faire le pessimiste. « T’as pris des vêtements chauds j’espère ? » Questionna-t-il en se rendant compte à laquelle la décision avait été prise rapidement. « Euh… » Milo ne cacha pas son rire, se claquant le front d’une main, alors que la réponse arrivait déjà. « Très probablement… Je dois avoir un sweat… » Sifflement faussement admiratif de la part de Milo avant de marquer sa moquerie par des mots. « Tu vas aller loin dis-moi comme ça. Tu te rappelles quand je t’ai mentionné la partie neige ? Ca veut dire que c’est pas notre chez nous du tout ! » Non, ce n’était pas leur chez eux, mais peu importait le lieu, le climat, avoir son Spooky près de lui était ce qui comptait vraiment à ses yeux.  « Mais bon au moins t’as pas ramené ton maillot de bain y a encore un peu d’espoir. » Ajouta-t-il d’un ton moqueur. « T’façon, je t’aurai toi, tu me laisseras pas avoir froid. Hein ? » Milo sourit, ah ça non, il ne le lâcherait plus dès son arrivée, c’était certain. Il s’installa finalement sur le canapé, son matelas qu’il avait descendu étant pris par Jade coincée entre son frère et son petit ami, l’ignorant en batterie. « Bon je suis à l’aéroport. J’arrive, j’arrive mon Milo… » Milo sourit doucement, impatient, il ne réussirait certainement pas à dormir de la nuit, et il lui fallait demander à sa grand-mère de l’emmener à l’aéroport. Elle avait eu raison finalement, une licence de conduite pouvait être utile… « Je veux pas raccrocher, le temps il va passer encore moins vite après… » Lâcha-t-il dans un bâillement. Son corps entier hurlait sa fatigue mais son cerveau bouillonnait. Il ne cessait de le répéter alors que Macéo s’efforçait de le garder le plus longtemps possible, jusqu’à ce que vienne le moment de raccrocher… « Te trompes pas d’avion, vomi pas partout, enfile ton sweat en arrivant, les gilets de sauvetages sont en dessous les sièges avec le bidule de secours et le masque à oxygène en haut, t’as pas le droit de chanter nos chansons, on est pas les O-zone. » Enchaîna Milo dans une seule respiration. « Ah, et je t’aime. Alors ne loupe pas ton avion. » Ajouta-t-il avant de raccrocher à contre cœur.

La nuit n’avait été que trop longue, Jade l’avait un peu aidé à la faire passer, discutant avec lui une bonne partie avec lui avant de sombrer comme les autres. Alors Milo essaya, se tournant, se retournant sur le canapé, essayant toutes les positions de dodotage qu’il lui était possible, toutes les techniques pour s’endormir qu’il connaissait. Rien n’y faisait. Sa grand-mère descendit une heure après, comme tous les matins, à six heure et demi. Elle était réglée comme une horloge. Elle passa devant la petite troupe, un sourire tendre sur les lèvres, pas fâchée le moins du monde qu’ils se soient incrustés sans prévenir, elle s’en était douté un peu à vrai dire. Elle allait s’apprêter à jeter un coup d’œil à son petit-fils quand celui-ci l’appela depuis le canapé. « Mamy… Est-ce que Macéo il peut venir à la maison ? » Sa grand-mère esquissa un sourire, alors qu’il s’était déjà levé pour l’aider à préparer le café, elle caressa doucement son dos. « Bien sûr mon chéri, à condition que tu retournes dormir un peu, tu as une mine affreuse. » Milo rit. La fatigue attendrait encore un peu. « Je dormirais dans la voiture. Il arrive à huit heure et demi à l’aéroport… » Avoua-t-il. Sa grand-mère soupira, lui demandant comment ils auraient fait si elle avait refusé, ce à quoi il avait répondu dans un haussement d’épaules qu’ils auraient pris le prochain avion. Ils plaisantèrent tous les deux dans la cuisine pendant une bonne demi-heure, préparant le petit déjeuner pour les autres tout en mangeant le leur en picorant dans leur préparation. Sa grand-mère prit soin de mettre une bouteille isotherme de café de coté ainsi que quelques crêpes de côté pour Macéo qui aurait certainement faim à la sortie de l’avion. Et puis arriva sept heure, l’heure à laquelle Milo avait déclaré réveiller tout le monde pour les foutre à la porte puisque l’heure à laquelle il devait partir direction l’aéroport. Mais sa grand-mère l’arrêta, pas du tout inquiète de les laisser là. Elle connaissait bien les parents de Jade, et connaissait d’ailleurs cette dernière depuis qu’elle était enfant, alors oui, elle ne s’en faisait pas, et Milo ne s’en soucia pas plus. Faisant le pied de grue devant la porte d’entrée alors que sa grand-mère courrait après manteau, chaussures et clés, laissant également un mot à son grand père au cas où ce dernier daignerait se lever, et un autre pour Jade. Elle avait toujours été très prévoyante. Le voyage avait été long, Milo n’avait pas arrêté de parler, de chanter par-dessus la radio et de vérifier l’heure sur son téléphone, tout en râlant après deux ou trois chauffards qui ne roulaient pas assez vite à son goût. Il avait été pire à l’aéroport, faisant les cents pas, tournant en rond, s’asseyant parfois pour pianoter sur ses genoux, ses jambes gigotaient dans tous les sens. Son portable dans sa main dont il allumait l’écran toutes les deux minutes pour voir si ce traître n’oubliait pas de sonner malgré le volume sonore mis à fond, pour ne pas louper le moindre message, n’acceptant de quitter la porte des yeux seulement pour accorder cette seconde d’inattention à ce petit écran.  Son téléphone sonna, le message fut ouvert dans la seconde et il ne prit même pas le temps de répondre que déjà il fonçait droit sur lui, lui rentrant dedans, entourant son cou de ses bras, ses jambes autour de sa taille, tel un koala qui ne voulait pas quitter son arbre. « Spooky ! » Lâcha-t-il débordant de bonheur. Sa fatigue comme son énervement par l’impatience avaient disparus, laissant simplement place à la chaleur de ses bras.  Macéo redressa son visage pour faire face au sien, pour l’observer un sourire sur les lèvres, pour l’embrasser. Qu’est ce que c’était bon de pouvoir retrouver ses lèvres. « Hello mon Milo. Tu m’as manqué… » L’intéressé le dévora des yeux. « A moi aussi. » Répondit-il avant que leurs lèvres ne se rejoignent de nouveau. Milo desserra sa prise autour de son cou et reposa les pieds au sol alors que leurs mains se rejoignirent sans qu’ils n’aient réellement besoin d’y penser. Milo retourna auprès de sa grand-mère, tirant Macéo par la main, toujours le sourire aux lèvres, et monter sur ressort, il avait l’allure d’un enfant qui rencontrait le père Noël pour la première fois. Macéo fit la bise à sa grand-mère pour lui dire bonjour. « Bonjour, désolé de m’imposer comme ça… » Milo leva les yeux au ciel, avant de loucher sur la boîte de chocolat qu’il sortait de son sac pour la tendre à sa grand-mère. Celle-ci le gratifia d’un sourire avant de répondre. « Tu n’es pas le premier qui s’impose aujourd’hui. » Rit sa grand-mère. « Et tu es l’invité de premier choix, j’accepte d’être soudoyer, même s’il y a un but certain de m’engraisser, il semblerait. »  Finit-elle en lui souriant de nouveau alors que son attention se tournait de nouveau vers Milo qui ne s’était pas déranger pour fouiller dans le sac de Macéo. « Et moi ? » Se plaint-il. « Tu les as toutes mangé, hein ? T’as mangé toutes les Reese’s Puffs espèce de vilain ! »  Milo s’arrêta de fouiller pour le regarder le plus sérieusement du monde alors qu’il riait, se mordant la joue pour ne pas rire à son tour. « Nope, je les ai oublié ! Nuance ! Ils attendant sagement chez moi… Puis j’aurais pas pu ramener ça de chez moi… Puis ils en vendent pas dans la zone dédouanée… Enfin je crois… » Milo haussa un sourcil. « Oublier. Blasphème. » Souffla-t-il poussant la comédie jusqu’au bout en croisant les bras sur son torse. « Ca va je me rattraperais, je t’en rachèterais ! Boude pas ! » La main de Macéo passa dans ses cheveux pour lui ébouriffer, il n’avait pas perdu son sourire mais capitulait quand même. Milo céda à son air d’ange déposant un bisou sur son épaule. « Je te choisirais toujours toi plutôt que toutes les céréales du monde, et toute façon, ai déjà mangé. Et on t’as apporté le petit dej ! » Déclara Milo en désignant le sac que tenait sa grand-mère pour ponctuer sa dernière phrase, et sans attendre plus longtemps, il l’entraîna avec lui et sa grand-mère jusqu’à la voiture pour le déguster, lui faisant un rapport sur chacun des membres de la bande qui serait certainement encore présents quand ils arriveraient. Puis l’enthousiasme laissa un peu plus place à la fatigue de sa nuit blanche supplémentaire. La voiture le berçait, et Macéo était là, il pouvait s’endormir tranquillement. Il avait bien essayé de garder les yeux ouverts, de parler encore et encore pour rester éveillé, mais il laissa finalement place au silence et ce fut la tête posée sur l’épaule de Macéo, tous les deux à l’arrière de la voiture, qu’il s’endormi. Laissant Macéo seul avec sa grand-mère, sa grand-mère qui l’observait d’un air attendri depuis le rétroviseur intérieur, avant d’adresser un sourire à Macéo. « Merci d’être venu. » Souffla-t-elle à son attention. Elle n’avait pas vu son petit fils aussi heureux depuis le jour où son mari avait fait l’effort de descendre ce soir là à la cuisine pour qu’ils mangent à trois. Et si ça avait redonné beaucoup d’espoir à tout le monde et en particulier à Milo ces derniers furent très vite anéantis dès le lendemain alors que sa santé ne se dégradait qu'un peu plus, entraînant la mauvaise humeur et l’inquiétude de Milo qui s’était faite elle aussi de plus en plus grandissante. Quand Milo rouvrit de nouveau les yeux la voiture se garait tout juste devant la petite maison. Il sentit le poids de la tête d’un Macéo endormi contre la sienne et il aperçut Jade sur le perron, tasse de café à la main, clope dans l’autre, elle était déjà apprêtée malgré sa mine fatiguée. Macéo l’avait toujours rendu curieuse, et quand la voiture s’arrêta elle ne perdit pas de temps pour coller son nez contre la vitre. « Bon matin les amoureux ! » Chantonna-t-elle en expirant une nouvelle bouffée de fumée. Milo grogna, bougeant un peu contre Macéo, il avait l’impression que ses membres s’apparentait à du coton et la fatigue était encore bien là, il ne voulait pas bouger, dormir encore un peu, juste assez pour que Macéo se réveille lui aussi, mais Jade était du genre bornée. « Mais c’est qu’il est encore plus mignon qu’en photo ! » S’enthousiasma Jade qui avait déjà ouvert la portière pour pouvoir l’observer de plus près, laissant l’air froid s’inviter dans la voiture. Milo lui accorda un regard noir, alors qu’il sentait Macéo bouger contre lui. « Même pas tu penses à y toucher. A moi. » Grommela Milo, la voix toujours un peu endormie, en entourant le torse de Macéo dans un geste possessif, et venant enfouir son visage dans le creux de son cou. Son rire, lui parvint et il ferma les yeux appréciant les caresses de ses doigts qui glissaient sur la peau de sa nuque. Milo n’était pas décidé à bouger. Même si sa grand-mère avait laissé Jade se charger de les réveiller pour qu’ils ne passent pas la journée à dormir dans la voiture. « Salut, Macéo, le petit copain de koala, enchanté euh… Jade ? » Milo haussa un sourcil, perspicace dès le réveil, il sourit contre lui sans rien dire. « De même ! » Répondit elle, son sourire habituel habitant ses lèvres. Milo ne bougea toujours pas, collé contre Macéo, toujours pas décidé à se réveiller complètement, le froid lui arrachant un frisson malgré tout. « Par contre, on peut pas discuter à l’intérieur ? C’est pas qu’il fait -40 ici, mais presque. » Il dût se faire une raison car déjà Jade se décalait, ouvrant un peu plus la portière pour les laisser sortir. Milo se frotta les yeux avec le dos de sa main qui n’avait toujours pas quitté celle de Macéo avant de se laisser emporter à sa suite. « Alors comme ça le petit Milo à parler de moi ? » Questionna Jade comme si c’était une fierté. « Seulement pour dire que t’étais une chieuse de première catégorie, que t’avais manqué de pété mon synthé, et que t’étais carrément pas fréquentable. J’ai dû faire une bonne description pour qu’il te reconnaisse alors qu’il venait de se réveiller. » Répliqua Milo en lui adressant un sourire moqueur. Elle se vexa à peine, et même si, avec n’importe qui d’autre elle aurait claqué une main à l’arrière du crâne de l’incongru, elle se retenait quand il s’agissait de Milo, le connaissant depuis suffisamment longtemps pour savoir que ce genre de gestes étaient encore à éviter. Elle se contenta donc de lui tirer la langue alors qu’ils s’engouffraient tous les trois à l’intérieur. Tout le monde était réveillé, à l’exception de Julian, le frère de Jade qui dormait comme une masse, étalé de tout son long sur le matelas. Ces deux là étaient vraiment opposés. Et Jade déchargea Milo de faire les présentations en prenant cette initiative. «  Alors lui c’est Kelvin. » Dit elle en désignant ce qui lui servait de petit copain alors que Milo se penchait déjà vers Macéo « Le fin connaisseur sur la constitution d’une batterie. » Commenta-t-il dans un chuchotement. Jade qui l’avait entendu lui lança un regard noir et Milo haussa des épaules, il n’avait pas compris ce qu’elle lui trouvait à ce type, mais puisqu’il la rendait heureuse pour l’instant, il supportait sa présence. « Lui c’est Gaby. » Poursuivit-elle, désignant le plus petit, les cheveux blonds, qui adressa un sourire timide à Macéo en guise de bonjour. « Ou Gabriel pour les pas-intimes, c’est un bébé et un génie de l’informatique et de la sono, c’est grâce à lui si mon synthé à survécu aux mains habiles de Jade. » Poursuivit Milo dans ses commentaires. Nouveau regard furieux et Milo se tut, la laissant continuer. « Manu ou Emmanuel, comme tu préfères, notre dieu à tous quand on lui fou une guitare électrique entre les mains, il a essayé de serrer Milo au collège mais s’est pris un vent monumental. Autre chose à ajouter Milo ? » Ce dernier avait senti ses oreilles rougir et lui jeta un regard assassin alors que Manu, soit le gamin qui discutait avec Gabriel la seconde plus tôt, essayait de se noyer dans sa tasse de café. Elle poursuivit dans un sourire, ravie de sa vengeance. « Et ça c’est… » Elle se pencha au-dessus de son frère. « IAAAAAAAN. Debout la dedans c’est la guerre ! » Le garçon se redressa en sursaut sous les rires des autres. « Julian, gros, très gros, dormeur. Drummer et guitariste à mi-temps. Et mon frère pour ce qui est du reste. » Son frère se contenta d’émettre un grognement sans comprendre ce qu’il se passait et enfouit de nouveau son visage dans son oreiller. « Bref. » Lâcha Milo alors qu’il tirait Macéo à sa suite. « Je vais suivre l’exemple de Ian et aller dormir. » Et par « je » il entendait surtout lui et Macéo. Jade roula des yeux, poings sur les hanches en le regardant partir avant d’aider la grand-mère de Milo qui s’activait à la cuisine. Milo l’entraîna jusque dans sa chambre, monta le chauffage et grimpa sur le lit sans lâcher sa main. La chambre était dans un bordel sans nom, son pantalon encore mouillé de la veille gisait au sol, ses nombreux achats avec sa grand-mère lors de leur sortie au Mall of America étaient éparpillés aux quatre coins de la chambre. Fringues, baskets, bonnets, casquettes, partitions, guitare sèche, tourne disques et vinyls... Sans compter ce qui était déjà présents il y a bien longtemps, une pile de bouquins, le piano que son grand père lui avait laissé, et sa première guitare électrique que sa mère lui avait offert il y a des années de cela. C’était une vraie caverne d’Alibaba. « Désolé pour le bordel… » Soupira-t-il en regardant Macéo, son pouce dessinant des cercles sur le dos de sa main. « Autant pour celui là que pour celui d’en bas. » Macéo n’en semblait pas vraiment gêné mais Milo n’avait pas vraiment eu le temps de ranger avec les derniers événements. « Je n’avais même pas remarqué. Et le bordel en bas était plutôt sympathique… Enfin… » Milo connaissait déjà l’objection, mais ne l’interrompit pas, appréciant bien trop l’effleurement de ses lèvres contre les siennes, qui l’assoiffait qu’un  peu plus de contact, appréciant son souffle qui se mêlait au sien avec aisance de par leur proximité. « Sauf la partie Emmanuel… Cachotier mon Milo ? » Ce ne fut qu’au moment où Macéo recula brisant ce fin contact que Milo prit la peine de répondre. « Il se cherchait juste un peu... » L'excusait Milo, il n'avait jamais été intéressé bien qu'il appréciait le garçon. Il omit d’ajouter qu’à cette époque-là il avait lui-même eu son propre crush, ça n’avait pas d’importance, c’était avant Macéo, ce serait toujours Macéo désormais. « Bien que j’ai aimé entendre Jade parler de vent monumental… » Milo sourit, un Macéo jaloux était toujours amusant à regarder, toujours installé en tailleur sur son matelas, regardant Macéo se débarrasser de sa veste et de ses chaussures pour s’installer sur le lit, le surplombant de sa taille. Milo se laissa guider jusqu’à son visage se redressant sur ses genoux pour le laisser l’embrasser. Il ferma les yeux alors que Macéo l’entraîna dans sa chute, leur deux corps rebondissant doucement sur le matelas avant de venir se serrer l’un contre l’autre. « Mon Milo, à moi. D’abord. » Milo lâcha un rire, se lovant contre lui, se calant là, entre ses bras, emprisonnant l’un d’eux avec les siens, tel une peluche qu’il serrait contre lui. « Rien qu’à toi. » Ajouta-t-il avant de laisser place au sommeil, bâillant sans lutter contre son arrivée écrasante.  Macéo était là, quand il se réveillerait il serait toujours là, et ce sera toujours ainsi désormais, il se sentait en sécurité, capable de dormir sur ses deux oreilles. Le réveil fut lent, confortable, la chaleur du corps de Macéo contre lui le faisant hésiter s’il devait ou non s’éveiller complétement, il était bien là, pourquoi vouloir bouger ? Il n’avait pas eu de sommeil aussi réparateur depuis des jours, la fatigue n’était plus là, la seule raison qui le poussait à ne pas quitter le lit était ce corps contre lequel il était lui-même blottit. Macéo vint embrasser le coin de de ses lèvres, lui arrachant un sourire alors qu’il plissait les yeux pour se forcer à la ouvrir. Il vit un Macéo souriant, la tête redressée sur un coude au dessus de lui. « Bien dormi mon beau aux bois dormant ? » Milo se mit à rire devant cette nouvelle appellation. « Bien mieux que ces derniers jours oui. » Acquiesça-t-il, venant l’embrasser tendrement, tout en jetant un coup d’œil à son réveil, sachant que l’heure du repas était sacrée dans cette maison. Il se redressa sur ses coudes, il était bientôt midi, et son estomac criait famine rien qu’en l’apprenant, foutues horaires de repas. « On a dormi que deux heures ? » S’étonna-t-il en se laissant retomber sur le matelas. On toqua à la porte. « Les amoureux ? » Milo se dépêcha de se pencher, s’écroulant à moitié sur Macéo pour verrouiller la porte, même si en soit il n’y avait rien à interrompre, il connaissait l’énergumène, elle n’hésiterait pas à s’incruster. « T’es toujours pas parti, toi ? » Demanda Milo, taquin. Jade lui répondit de l’autre coté de la porte, un poil irrité. « Ta grand-mère nous a invité à manger pour s’excuser de ta piètre hospitalité. T’es convié au repas aussi, et ce serait bien que tu bouges de là qu’on puisse finir cette chanson qu’on a commencé hier soir avant que tu te perdes. » Milo râla pour seule réponse, ça ressemblait à une suite de bougonnements incompréhensibles jusqu’à ce que des mots plus audibles sortent de sa bouche. « De petit un, vous étiez censés être tous dehors à sept heure alors vous la ramenez pas trop. Petit deux on arrive, pense même pas pouvoir manger ma part, ça sent le poulet frit et les potatoes jusqu’ici. Petit trois, je me suis pas perdu ! » Il regarda Macéo pour le défier d’affirmer le contraire alors qu'il quittait le lit pour aller remplir son estomac, tirant son Spooky par le bras pour qu'il le suive. Et à peine eut-il ouvert la porte que la tête de Jade passa pour jeter un coup d’œil à l'intérieur. « On a juste dormi espèce de commère. » Dit il en passant devant elle.  « Oh, et Macéo, mon frère veut te voir à l'oeuvre, vu que Milo n'a pas arrêté de t'accorder le titre de batteur de l'année. » Milo l'imita dans son dos, lui donnant des manières, se moquant, pas très heureux qu'elle force Macéo à devoir prouver quoi que ce soit. Puis il réfléchit alors que Macéo demandait où était son trophée. « Il l'aura sa démo le petit Ian. » Affirma Milo dans un petit sourire. « Et j'aurais enfin un vrai batteur pour m'accompagner cette aprèm. T'es d'accord ? » S'enquit Milo en regardant Macéo. « Tu crois que je vais dire non pour jouer avec toi ? Ou encore rechigner à jouer de la batterie ? Puis ça m’intrigue ce morceau sur lequel vous bossez, je veux écouter. » Milo sourit, ravi, joignant ses mains ensemble. « Parfait. » Il se saisit de nouveau de la main de Macéo tout en se penchant à son oreille. « C’est pas celle dont je t’ai parlé, hein, je t’attendais. » Chuchota-t-il en lui claquant un bisou sur la joue la seconde d’après. « Et ton trophée c’est moi. J’espère que t’as pas de problème avec ça. » Ajouta-t-il dans un clin d’œil alors qu’ils débarquaient dans la cuisine. Tout le monde se hâtait à mettre la table, la plus ancienne derrière les fourneaux, mais Milo ne se pressa pas pour aider, scrutant la cuisine du regard, mais il n’y trouvait pas ce qu’il voulait alors ses yeux s’arrêtèrent sur sa grand-mère qui secoua la tête discrètement. Il pressa sa paume de main contre celle de Macéo avant de la lâcher complètement. « Je reviens. » Se contenta-t-il de dire avant de faire demi tour pour filer dans les escaliers. Il entendit une voix l’appeler, sûrement sa grand-mère, il n’avait pas fait attention au timbre de voix, il n’écoutait pas. Il entrouvrit la porte de la chambre, il y faisait noir complet. « Va manger mon Milo. » Lui dit son grand-père depuis son lit. Milo grimaça, son appétit avait été coupé dans la foulée. « Et toi ? Tu veux que je te ramène une assiette ? » Tenta-t-il. Silence. « Pap-… ? » Essaya à nouveau Milo, mais on le coupait déjà. « Si tu veux. » Milo lâcha prise, l’estomac noué, il savait qu’il acceptait ça pour lui faire plaisir, si ce n’était pas pour simplement qu’il s’en aille plus rapidement, et ça, ça lui arrachait les tripes. Il ferma la porte sans un mot de plus, la gorge serrée. Continue de sourire. Il redescendit les escaliers en essayant de le garder, ou au moins de ne pas s’effondrer. Il se laissa tomber sur sa chaise, il contempla un peu son assiette remplie devant lui, elle lui faisait à peine envie désormais. Puis il finit par sortir de sa torpeur. Regardant les autres. « Bon alors, ça parlait de quoi ? » Ses doigts vinrent rejoindre ceux de Macéo, son canot de sauvetage, se calmant par ce simple contact. Milo rendit son sourire à Macéo « De musique, quoi d’autres… Je me renseigne sur l’histoire de chacun. » Milo ne retint pas son soupir, au moins, Jade ne l’avait pas harceler de questions en tout genre. Ils avaient gardé un sujet basique de conversation, seule sa grand-mère avait dû avoir du mal à suivre. Il lui adressa un sourire timide et désolée à la fois, il n’avait pas su convaincre son grand-père de descendre, un échec supplémentaire, beaucoup plus nombreux que les victoires. « Mais j’attends de voir ce que vous donnez en live. » Milo hocha de la tête, grignotant son morceau de poulet frit, son appétit revenu aussi vite que la conversation avait été relancé. « Tu sais déjà ce que je donne en live. » Déclara-t-il la bouche pleine. « Et l’important c’est que eux te voit en live. Ils veulent pas me croire les méchants. » Poursuivit-il l’air boudeur. Il détestait qu’on remette en question ses avis musicaux, il n’était pas hautain, sûr de lui, mais les arguments qu’on lui avait fourni était loin d’être constructifs et des arguments basé sur la musique même. Mais les voilà qu’ils étaient déjà repartis, et ce n’était pas le mieux placé qui se décida à prendre la parole. « Parce que t’es amoureux et que tu le mets peut être un peu trop sur un piédestal. » Milo lui cracha sa gorgée d’eau, qu’il avait l’intention d’avaler la seconde plus tôt, à la figure. Et ce fut sans même s’excuser qu’il répliqua, un poil vexé. « C’est que comparé à son niveau t’as encore beaucoup de chemin à faire mon pauvre. » Il le regarda d’un air furieux mais lui tendit sa serviette pour qu’il s’essuie en guise d’excuse. Il était le seul à ne pas avoir fini son assiette, dernier arrivé à table, dernier à finir, mais il n’avait plus vraiment faim. Le feu vert fut annoncé par sa grand-mère qui les congédiait en voyant bien qu’il ne finirait pas. Milo glissa à sa grand-mère de garder une assiette de côté. Elle avait compris le message et lui sourit le laissant filer alors que Milo entraînait déjà Macéo dans le garage qui n’avait plus abrité une voiture depuis bien longtemps. L’espace avait été complètement revu et la pièce aménagée comme une digne salle de musique. La batterie de Julian trônait au milieu de la pièce, le synthé de Milo non loin d’elle. Julian laissa Macéo s’installer à son aise, lui laissant à disposition la double pédales, alors que Milo pianotait distraitement ses touches, les observant du coin de l’œil, Manu se focalisant sur sa guitare, Milo le trouvait beaucoup plus discret qu’à son habitude. Sûrement grâce à Jade et son coup bas. « Paré ? » Lui demanda Milo dans un sourire en allant vers lui, attrapant la guitare acoustique de ce dernier pour vérifier si elle était correctement accordée. Emmanuel ne lui avait répondu que d’un hochement de tête, évitant soigneusement de diriger son regard vers la batterie. C’était donc bien ça. Milo lui colla une pichenette sur le front. « T’inquiètes pas pour ce matin, il est pas du genre à détester les gens. Joue comme d’habitude et il pourra que t’aimer. » Le rassura-t-il dans un clin d’œil. « Les gars on vous attends ! » Râla Jade, assise sur les genoux de Kelvin près de Gab déjà derrière son PC. Julian avait pris possession de la basse de Milo tandis que ce dernier, non sans avoir fait la grimace à Jade, filait déjà vers son clavier pendant que Manu lançait déjà les premières notes. Oh let your roots of love wrestle me, tangle me. God I hate to really loose a fight, but not this time, it’s alright. Milo accorda un regard à Macéo qui se lançait déjà, il lui faisait parfaitement confiance pour s’adapter à la mélodie et à Julian pour le guider. La-da, dadi, da. Oh let your roots of love wrestle me, tangle me. God I hate to really loose a fight, but not this time, it’s alright. I feel your energy, work in me, building me. Now I a got a new identity, looks like me, but it’s unseen. Il laissa Manu prendre la seconde partie du chant, lui adressant un sourire alors que ses doigts confrontaient les touches noires et blanches, et que sa guitare électrique résonnait pour clôturer sa propre partie. Alors qu’ils enchaînaient sur le refrain, la voix de Julian vint se mêler aux leurs pour finir la chanson. Et à peine les dernières notes furent-elles jouées, que déjà Milo s’extasiait. « Je vous avais pas dit qu’il était génial ?! » Demanda-t-il en allant entourer les épaules de Macéo de ses bras et lui déposer un bisou dans le creux de son cou. Milo esquissa un sourire en voyant le pied de Macéo battre en rythme comme pour calmer son envie de continuer. Il massa distraitement ses épaules alors qu’il complimentait les autres, adressant un sourire à Emmanuel au passage. Il avait géré lui aussi, comme souvent. « C’était cool, vous gérez pas mal. » Julian fût le premier à lui retourner le compliment, mais le regard de Milo glissa sur Kelvin qui restait silencieux. Pour le moment. « Vous bossez dessus depuis longtemps ? » Ce fut à nouveau Julian qui lui répondit. « Deux jours seulement, j’avais commencé à écrire ce bout de truc et quand Milo a débarqué pour les vacances il s’est mis directement à bosser dessus, enfin tu dois connaître le phénomène mieux que moi maintenant. Il a modifié le texte, réécrit carrément certaines parties, notamment la sienne, a fait toute la compo et on est seulement rentré en scène à ce moment. » Milo rosit un peu. « C’était mille fois rien. » Assura-t-il. « Et puis ton texte en valait le coup. » Certes il était du genre perfectionniste, et quand il se décidait à bosser une chanson, il avait du mal à s’en défaire tant qu’elle n’était pas complètement prête. Alors quand il avait vu Julian vouloir jeter son brouillon, il n’avait pas pu s’empêcher de vouloir s’y attarder. « Du coup c’était simple pour lui. » Lâcha finalement Kelvin. Tous les regards se tournèrent vers lui, les mains de Milo se crispèrent sur les épaules de Macéo. « Ian lui a tout expliqué sa partie. » Poursuivit Kelvin sans gêne, aucune. La bouche de Milo s’entrouvrit, mais ce n’était pas vraiment avec des mots qu’il avait envie de frapper à ce moment précis. Mais ce fut de nouveau Julian qui répliqua, voyant bien Milo perdre patience. « Ouais, Milo m’a aussi expliqué comment il voyait la mélodie, et ça fait deux jours qu’on peine à faire aussi bien que ce qu’il a fait du premier coup. » Dit-il en haussant les épaules, désignant Macéo d'un signe de tête en finissant sa phrase. Jade regarda son frère, mal à l’aise, son frère passait toujours en priorité, il est le seul à l’empêcher de se vouer corps et âme à ‘l’abruti de Kelvin’ comme ils aimaient l’appeler dans son dos Milo et lui. « J’en ai une autre en stock si vous voulez tenter. » Proposa  finalement Milo. Voyant que Macéo avait décidément la gigote, et peut être que ça serait suffisant à calmer Kelvin cette fois ci, personne d’autre que lui ne connaissait la chanson. Il savait que Macéo s’adapterait tranquillement et sans aucuns soucis. Il s’attarda plus auprès d’Emmanuel pour les tablatures pendant que Julian avait déjà kidnappé le carnet de Milo pour lire les paroles. Milo joua sa partition de piano chantonnant pour que les trois autres se repère dessus. Seul lui et Julian donc, connaissaient réellement les paroles. « C’est pour qui la chanson ? » Finit par questionner ce dernier. Milo ne répondit pas, son regard s’arrêtant une seconde sur Macéo avant de revenir sur son clavier. Julian n’en réclama pas plus. Et déjà il attendait que la chanson se lance, curieux, Jade était étonnement silencieuse, Kelvin attendait, un air détestable sur le visage selon Milo, et Gaby s’impatientait à les voir démarrer. Alors Milo posa ses doigts sur son clavier, lançant les premières notes dans le même temps où sa voix partait.. A brave man said, "You put a name to a song. And it won't change no matter what goes wrong." I'll try my best to find a face and a name. I'll sing until we both are one in the same. Milo jeta un coup d’œil à Macéo qui s’était lancé, retrouvant le sentiment de bien-être qui le possédait toujours lorsqu’ils jouaient ensemble, juste tous les deux. Didn't have much time to see why I was found. Had to say goodbye. As time ran out. Sail across the world just to find a pearl on the other side. Hope the pearl won't forget this song, and won't forget the sky. Le refrain fut lancer en même temps que les premiers accords de guitare tandis que Julian se tentait à accompagner Milo au chant, ça plaisait à l’oreille de ce dernier alors il le laissa faire. I don't know what I should give, or what I'm to sing. All I can do is give you this, and let my heart play. I know your face, let this song whisper your name. Les trois instruments finirent en symbiose. Et Milo finit la chanson sans lâcher Macéo des yeux, et ce ne fut que quand le silence revint complètement que Milo ne put se retenir de s’en prendre à Kelvin. « Il a quelque chose à redire l’expert maintenant ?! » Kelvin redressa la tête vers lui, beaucoup moins sûr de lui. Il resta silencieux et le silence n’avait jamais autant plus à Milo, décochant un sourire satisfait à Macéo. Les chansons se poursuivirent ainsi tout le long de l’après-midi, l’ambiance devenant plus légère au fur et à mesure que le temps défilait, Kelvin se faisant tout de même discret, Milo le gardant à l’œil, malgré tous les efforts de Jade pour essayer de les faire s’entendre. Julian semblait plutôt bien s’entendre avec Macéo, et Emmanuel plus à l’aise, Milo ne pouvait s’empêcher d’observer Macéo de loin, malgré sa discussion prenante avec Gabriel, il s’impatientait un peu de pouvoir se retrouver seul avec lui, il n’en avait pas encore vraiment profité, et ils étaient censés partir le lendemain midi. Le petit monde parti bien vite, Kelvin le premier, Gaby et Manu ensuite, et finalement Jade et Julian qui avaient détourné l’invitation de rester à manger pour le soir. Milo apprit que son grand père n’avait pas touché à son assiette, comme il s’était douté, et qu’il ne descendrait pas ce soir non plus. C’est donc la mine légèrement déconfite qu’il passa à table sans beaucoup toucher son assiette. A croire que la perte d’appétit pouvait être contagieuse. La présence de Macéo aida tout de même à lui faire garder le sourire et la soirée se poursuivit sans qu’aucune mauvaise humeur ne se fasse sentir. La nuit fut courte, tout comme la matinée qui suivit, s’étalant dans des au-revoir qui peinaient à en finir. Et enfin le petit couple s’envolait de nouveau pour LA.



| We make such a good team. / [Part one]

Le taxi qu’ils avaient pris à l’aéroport s’arrêta devant la maison des Cubbins où patientait une petite brune, pas mal tatouée. Elle avait l’air d’attendre depuis pas mal de temps, vu la mine colérique qu’elle affichait et tous les signes d’impatience qui s’ensuivait. Milo ne l’avait jamais vu avant et se demandait bien ce qu’elle foutait là. Il jeta un regard interrogateur à  Macéo qui lui, semblait la connaître. Et après c’était lui qui venait se plaindre qu’il était cachotier ? Quel culot ! Il afficha un air mi-boudeur, mi-curieux. « Oopsy… » Il la connaissait donc bel et bien. Milo se vexa un peu d’en avoir jamais entendu parler. Sans autre choix que de suivre, bien qu’il aurait préféré rester prendre son temps aux abords du taxi pour descendre leurs affaires du coffre pour observer la conversation de loin, il fut contraint d’assisté à la discussion en première loge, et il n’allait pas être déçu du voyage  « Macéo Jim Cubbins !! T’es sérieux ?! J’ai cru que t’étais crevé enculé ! » Milo dévisagea la fille, ils avaient même l’air de se connaître plutôt bien. Milo détourna les yeux pour observer Macéo qui levait les mains en signe d’innocence, un petit sourire désolé sur le visage, et il n’était pas pour lui. « Pardon, pardon, j’ai eu une urgence… Qui s’appelle Milo d’ailleurs… Sois gentille, dis bonjour ! » Milo servit de bouclier et ça ne lui plaisait pas tellement plus que la situation qui se déroulait depuis leur descente du taxi, ça allait être de sa faute bientôt. La fille avait l’air d’être une vraie tornade, et pas franchement contente. Le contact de Macéo placé derrière lui dont la tête était posée là, tout contre son cou le força à placer son ego de côté et de faire un effort. Après tout, il avait lui aussi dû supporter ses amis pendant une journée, il pouvait bien essayer de faire bonne figure, rien que pour ça. « Euh... Bonjour. » Marmonna Milo en réalité assez mal à l’aise alors que Macéo faisait les présentations. « Milo, Sammy ! Sammy, Mon Milo ! » Milo enregistra le prénom dans un coin de son cerveau, la banque de données étant apparemment vide à ce sujet, il n’avait bel et bien jamais entendu parler d’elle. Pourquoi ? C’était qui ? Comment ils se connaissaient ? Les questions le démangeaient mais il resta silencieux, autant qu’il pouvait, se contentant d’observer. La fille affichait toujours un air boudeur mais semblait un poil de meilleure humeur puisqu’un sourire vint finalement apparaître sur son visage. « Bon ça va, t’avais une bonne excuse, je présume… » Elle paraissait beaucoup moins agressive comme ça, et Milo se prit à se détendre en même temps que Macéo qui finit par s’écarter de lui ce qui était moins pour lui plaire. Mais la claque que reçut Macéo à l’arrière du crâne aussitôt après le fit sursauter en même qu’elle lui arracha un frisson. Il savait qu’il n’y avait rien de terrible mais il peinait encore à se faire à ce genre de « tape amicale » mais il se força à rester stoïque. « Mais la prochaine fois, je te jure tu checkes ton phone sinon… » La brune laissa sa menace en suspens, comme pour lui donner plus d’effet. « Ouais, ouais, je sais je sais. Bon maintenant, tu vas nous excuser la rabat-joie, mais on est crevé. Alors chuu- » Répondit Macéo pas plus impressionner que ça, lui faisant un geste de la main pour la pousser à s’en aller. Elle le mitrailla du regard, indiquant de ses deux doigts qu’elle le surveillait. « On en a pas fini mon p’tit. » Elle finit par partir sur ces mots, alors que Milo arquait un sourcil, il se connaissait trop bien. Il en était sûr maintenant. Mais déjà Macéo l’emmenait à l’intérieur, lui laissant tout juste le temps de récupérer ses affaires que le chauffeur avait laissé sur le trottoir. Il le poussa gentiment par les épaules en s’excusant. Excuses auxquelles ne répondit pas, déjà retourner sur les questions qui tournaient dans sa tête, la curiosité le démangeait autant que sa jalousie et sa susceptibilité. Le sourire de la mère de famille suffit cependant à rendre celui de Milo. Elle aussi, elle lui avait manqué, il avait trouvé une seconde famille en vivant ici, une famille qu’il aimait bien plus que la première. La soirée ne dura pas en longueur, les discussions étaient animés et tournait principalement autour de leur séjour et ils ne tardèrent pas à monter dans la chambre de Macéo, leur chambre. Macéo se laissa tomber lourdement sur le matelas alors que Milo se contenta de s’asseoir sur le bord d’un côté du lit, avant de finalement céder à la fatigue du voyage et de s’allonger là, au bord du vide. La question qui lui brûlait les lèvres depuis un moment finit par s’échapper. « C’était qui ? » Il ne savait pas s’il allait s’en vouloir d’avoir posé la question, mais ne savait pas non plus pourquoi il aurait à le regretter, c’était Macéo. Il pouvait lui faire confiance.




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Milo J. McGuire

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Mar 2 Aoû - 22:11


CINQUIEME ACTE





| We make such a good team. / [Part Two]

... Il observa Macéo le dévisager en se redressant sur un coude, ses yeux évitèrent son regard et Milo le posa sur le vide imposant qui les séparait, attendant simplement une réponse. « C’était Sam. Je sais que je ne t’en ai jamais parlé, désolé. C’est juste qu’elle est déjà suffisamment épuisante au quotidien, qu’elle ne mérite pas vraiment qu’on lui accorde trop d’importance. Surtout toi. » Milo fronça des sourcils. Surtout lui ? Il ne comprenait pas vraiment l’allusion, et puis c’était une amie dont il semblait proche, suffisamment pour qu’elle puisse se permettre de jouer sur certaines cordes, alors pourquoi perdait-elle tant d’importance maintenant ? Il n’aimait pas ce qu’il devinait là-dedans, ce que ça laissait supposer, mais Milo supposa que c’était en partie de sa faute pour ce coup-ci. Sans être sûr de ce qu’il devait en penser, il ne répondit pas, le laissant simplement continuer. « C’est une pote que j’ai rencontré au skate parc, une fille très active et un peu beaucoup taré. Je sais pas comment on s’est mis à traîner ensemble, disons qu’elle est assez envahissante, t’as pu t’en rendre compte. » Milo hocha doucement la tête, gardant toujours le silence malgré le sourire timide qu’avait tenté Macéo, c’était certainement ce petit commentaire fait à lui-même qui le poussa à le garder. Tout comme tu l’es avec lui. « Puis, je dois quand même lui accorder le fait qu’elle me force à me bouger et me sortir quand tu n’es pas là et que je sais pas trop quoi faire. » Milo le dévisagea un peu. Comment ça ? Ton absence le rend dépressif. Chantèrent ses neurones dans un coin de son cerveau. Ca ne sonnait pas juste pour Milo, il n’avait lui non plus jamais très bien vécu les absences de Macéo, les évènements qu’il avait vécu quand il n’était pas là n’avaient pas été là pour aider. Il s’en voulait à présent que malgré ces quelques excuses, il n’ait jamais vraiment eu l’occasion de se soucier de comment vivait Macéo sans lui. Il n’aurait jamais pensé que lui, aux airs si souvent joyeux, et avec des parents aussi extraordinaires, puisse se sentir si mal rien que par son absence. Il aurait voulu lui dire, mais déjà, Macéo roulait vers lui. « Excuse-moi de pas t’en avoir parlé, c’était con de ma part. » Lui chuchota-t-il à l’oreille, alors qu’il hésitait encore à ne serait-ce que le toucher. Milo ne répondit pas, son cœur se serrait, c’était à lui de s’excuser pour être aussi idiot. « Tu m’en veux pas, hein ? » Tenta Macéo qui le fixait toujours. Milo plongea dans ses bras, secouant la tête dans un « non » catégorique. Sa voix trembla un peu lorsqu’il ajouta un « Je t’aime. » maladroit, le serrant contre lui un peu plus fort. Il n’arriva pas à exprimer tout ce qui se bousculait dans sa boîte crânienne, et ces mots étaient seulement ceux dont il était sûr.  Il s’apaisa un peu plus lorsqu’il sentit les bras de Macéo venir l’entourer, le serrant à son tour, relâchant un peu son étreinte seulement pour venir l’embrasser à son tour et lui retourner ses mots. « Je t’aime Mon Milo. » Milo sourit doucement, il aimait ces mots, il aimait la sonorité qu’ils avaient quand ils passaient les lèvres de Macéo, il aimait l’impact qu’ils avaient sur lui, cette sensation de bien-être que ça lui procurait. Milo cacha son visage contre le torse du batteur, y étouffant un bâillement, la fatigue le dévorait maintenant que ses pensées étaient un peu plus en ordre. Il la laissa venir, s’endormant là, tout habillé, se laissant bercer par le tempo que produisait le cœur de Macéo contre son oreille.

Le temps passait et ils gagnaient en confiance, se foutant du reste tant qu’ils étaient ensemble. L’épée de Damoclès qui pendait là, au dessus de leurs têtes perdait en crédibilité, en importance, bien qu’elle reste à sa place, malgré tout ce qu’ils pouvaient espérer, gagnant en confiance, en optimisme, l’oubliant parfois peut être un peu trop. Si Milo avait appris une chose avec le temps, c’était que son père était persévérant, autant que l’était Macéo, et si le dernier accrochage datait d’il y a un an déjà, Macéo lui avait déclaré la guerre, et ils auraient dû se douter qu’il finirait par répliquer. S’ils avaient su que ce serait de cette manière… On referait un monde avec des si, pas vrai ? La vie de Milo était pourtant dictée par ce mot, il réfléchissait trop, pensait trop, et se pourrissait parfois la vie alors qu’il aurait pu profiter de ce qu’il avait à l’instant présent, et perdre tous les regrets qu’il avait aujourd’hui. Il avait pourtant essayé, mais s’il n’y avait pas de regrets à avoir, c’était le manque qui lui tordait les tripes et lui dévorait le cœur. Comme cette belle journée ensoleillée, où l’été touchait à sa fin, ça faisait un an que sa mère était partie dans un endroit surement meilleur que celui où elle était avant ça. Milo l’espérait en tout cas, il aimait cette idée qu’il s’était faite à lui-même. C’était lui qu’avait décidé de le traîner jusqu’à Venice Beach, il avait chaud et s’évertuait pourtant à coller Macéo, s’allongeant sur lui en se plaignant de la chaleur, lui reprochant d’avoir cassé le ventilateur, d’avoir bu tout le Redbull dans le frigo. Certes, il avait fini par se taire quand Macéo lui avait répliqué qu’il pouvait toujours repartir dans le Minnesota. Enfin, cette excellente idée d’aller à la plage leur est parvenue. Venice Beach donc. Comme la plupart du temps. Il avait été le premier à se jeter dans l’eau, non sans se prendre, personne ne saura comment, les pieds dans le sable et tomber à la flotte à plat ventre. Pas plus gêné que ça, il avait vite entraîné son Spooky avec lui, grimpant sur ses épaules dans de nombreuses tentatives pour le faire couler, à croire que le rapport de force n’était pas vraiment le même. Plan B. Se planquer sous l’eau. Le plan B sera toujours plus efficace que le plan A, et ce fut le cas, puisque un éclair rose le rejoignit sous l’eau. Le sourire vainqueur qu'il fit n’était cependant pas une bonne idée, il regagna la surface en toussant, l’eau salée lui brûlant la gorge. Il vint s’accrocher aux épaules de Macéo qui avait lui aussi sortit sa tête de l’eau, et qui ne se dérangea pas pour lui rire au nez, Milo fronça du nez en le regardant d’un air réprobateur avant d’appuyer sur sa tête, profitant de ce moment d’inattention. Gagné. Il lâcha rapidement la pression, s’écartant pour éviter les représailles, mais quelque chose l’interrompit et, curieux, il nagea jusqu’au bord pour aller regarder son téléphone. Numéro inconnu. Il décida de décrocher, et déjà une voix s’échappa du combiné. « Bonjour monsieur McGuire, Kindred Hospital, je vous appelle car… » Les sourcils de Milo se froncèrent au fur et à mesure où la fille lui parlait, la bouche entrouverte, il hésitait presque à raccrocher, même s’il savait que ce n’était pas une mauvaise blague. « Quand ? » Se contenta-t-il de demander, l’hésitation se lisant sur ses traits, mêlée à de la surprise et une pointe de ce qui ressemblait à de l’énervement. Lui-même ne savait pas comment réagir à ça. T’as pas vraiment besoin d’elle, mais rien ne coûte d’aller voir. Lui disait ses propres pensées. Mais il hésitait encore. L’hésitation, la méfiance, tout ce qu’il ne connaissait plus depuis longtemps grâce à Macéo, mais tout ça revint à la charge, le possédant entièrement. « Et si je refuse ? » S’enquit-il tout de même en regardant Macéo qui commençait à se demander ce qu’il se passait de l’autre côté du téléphone. Milo finit par hocher brièvement la tête, par automatisme. « A demain alors. » La fille raccrocha sans qu’il n’ait besoin d’y penser, la main qui tenait son téléphone s’était éloigné de son oreille et son regard était tombé sur le sable de la plage. Voilà que son cerveau recommençait à faire des siennes. Tout autour de lui avait disparu, son regard était vide et dans le vague, toujours posé sur le sable sans même qu’il puisse dire ce qu’il se passait, il ne regardait tout simplement pas, n’écoutait pas plus qu’il n’entendait. Calme-toi idiot, ça t’engage à rien. C’était vrai, il avait accepté seulement parce que la curiosité le démangeait, toujours cette foutue curiosité, mais il avait tellement de questions pour elle, et il se demandait à quoi elle pourrait bien ressembler, ce qu’elle lui voulait réellement pour avoir réclamé à le voir, dix-neuf ans plus tard. La casquette de Macéo qui se posait sur sa tête le fit sursauter, Milo releva les yeux vers lui alors qu’il tirait un peu la visière pour le forcer à le faire. Milo esquissa malgré lui un sourire amusé, complétement émergé de ses pensées, alors que la casquette un poil trop grande s’échappait de son crâne. Il aimait les casquettes de Macéo, tout autant qu’il aimait lui piquer pour faire l’imbécile avec, toutes trop grandes pour lui, il aimait nager dans ses tee-shits, ses sweats, et les casquettes aussi. Avant c’était juste pour se cacher, et puis c’est devenu une habitude, une habitude qui se perdait aujourd’hui, qui se perdait déjà avant mais encore plus maintenant, pourtant il le voudrait bien, se cacher derrière ses vieux sweat, ces derniers jours. Il aimerait avoir de nouveau ses casquettes posées de travers pour Le faire rire. Mais on n’y est pas encore. Tout allait encore bien ce jour là, il était là, devant lui, sa mine encore beaucoup trop inquiète que ne le voulait Milo. « Milo, raconte… C’est quoi le plan demain ? » Milo le regarda un peu de travers, cherchant comment le dire, mais il finit par faire comme toujours quand il avait a annoncé quelque chose de sérieux, crument, maladroitement, sans tourner autour du pot. « Voir madame Berebiduletruc, qu’à participer à ma création, à l’hôpital Kindred ? » Tenta-t-il dans une grimace, pas si satisfait de ses mots après les avoir di à haute voix. Son regard s’attarda sur leurs affaires que Macéo avait ramassées. Milo n’avait pas l’intention de rentrer, il n’avait pas envie, et puis il faisait encore chaud, il était déjà sec. « Et c’est demain. Alors on est pas obligé de partir, hein ? » Dit-il dans un sourire moqueur. Il avait décidé de ne pas s’inquiéter, pour une fois, relativiser, prendre congé de ses neurones bien trop actifs. Il ne s’agissait pas de son père, tout irait pour le mieux, et puis ils avaient gagné une fois contre lui, pourquoi pas deux ?  Et puis il n’avait pas eu l’envie de débattre sur ce sujet plus longtemps, surement pour ça qu’il n’avait pas relevé quand Macéo lui avait demandé l’heure du rendez vous. Il espérait juste qu’il n’insiste pas. Et ses prières furent entendue puisque Spooky se contenta de sourire, faisant voler la casquette d’une pichenette dans la visière. Milo protesta tout en se passant une main dans ses cheveux encore mouillés. « Ah ? Quelqu’un veut retourner à l’eau ? C’est vrai que tu t’es enfui un peu trop vite tout à l’heure... » Déclara le coupable. « Eh. Elle était bien là où elle... S-SPOOKY ! » Ses pieds avaient quitté le sol et déjà Macéo le portait sur son épaule, avançant droit devant lui, jusqu’à ce qu’il se retrouve avec l’eau jusqu’au genou. Milo savait qu’il y passerait, mais plaidait sa cause juste pour la forme. « C’est pas bien de se venger comme ça Spooky, c’est vilain pas gentil, j’étais presque sec, et puis je vais attraper foid je vais être tout malade enrhumé et je te réveillerais toutes les-.. » Certes, il aurait vraiment pu faire mieux comme plaidoirie, mais Milo ne put la continuer, aussi minable soit-elle, puisqu’un fou rire le prit alors que les doigts de Macéo tapotaient ses côtes pour marquer sa réflexion. « Vengeance ou pas… Qu’est-ce que je devrais faire… Qu’est-ce que tu mérites… » Milo chercha une prise, n’importe où, mais hormis le maillot de bain de son tortionnaire, il n’avait pas beaucoup d’autres options qui s’offraient à lui, et il remarqua que Macéo avait continué d’avancer, le niveau de l’eau étant monté jusque ça taille désormais. « Je mérite un-… » Splash. Il se retrouva au fond de l’eau la seconde d’après, la bouche encore ouverte pour livrer ses arguments. Quand il sortit la tête de l’eau dans l’instant qui suivit, un goût salé lui parcourait la bouche et ses yeux qu’il préféra garder fermés le brûlaient. Les doigts de Macéo passèrent sur ses paupières alors qu’il s’excusait faussement. « Désolé… Mon bras a glissé… » Milo agrippa un de ses poignets tout en rouvrant doucement ses yeux rougis. « Moui, bien sûr. » Acquiesça-t-il d’un ton soupçonneux. Il le tira un peu plus vers lui, s’enfonçant toujours plus dans l’eau alors qu’il effleurait ses lèvres des siennes, l’incitant à le suivre jusqu’à ce qu’il perde pied. Puis il plongea la tête sous l’eau, ses lèvres collés aux siennes. L’eau les entourait dans leur échange, les enfermant dans cette bulle qui les cachait du regard des autres. Bien que l’un comme l’autre n’en avait absolument rien à faire quelque chose de ce qu’ils pouvaient bien penser d’eux. Tout ce qui intéressait Milo à cet instant était ses lèvres contre les siennes, sa main qui glissait contre sa nuque, la sensation de légèreté que lui procurait l’eau… Lui, eux, le tout qu’ils formaient. Le manque d’oxygène les poussa à rejoindre la surface et les regards se posèrent à nouveau sur eux sans que Milo n’y fasse attention, restant contre lui, il était bien là où il était, il ne bougerait pour le plaisir de personne. « Bizarrement j’ai toujours chaud… » Le taquina Macéo dans un clin d’œil, passant une main dans ses cheveux pour dégager son front et essuyer son visage d’une main. Milo le regarda nager autour de lui avec un certain amusement, sentant ses lèvres couvrir son dos de baisers, avant qu’il sorte finalement la tête de l’eau pour s’accouder sur ses épaules, restant derrière lui. « On a qu’à passer la nuit dans l’eau… » Murmurait-il à son oreille, Milo coinça le coin de sa lèvre inférieure entre ses dents, il avait été tentée par la même idée, mais il ne savait pas si c’était la meilleure décision à prendre vu le programme du lendemain. « C’est une idée complètement stupide. » Déclara-t-il finalement, feignant d’être sérieux. Il se laissa couler sous l’eau, laissant les bras de Macéo rencontrer le vide, avant de ressortir à l’air libre de manière à lui faire face et accrocher ses bras autour de son cou. Il l’embrassa doucement, ne permettant qu’un bref contact avant de lui répondre. « J’en suis. » Un sourire en coin s’empara des lèvres de Macéo tandis qu’il rouvrit les yeux pour le regarder. « Je t’aurais pas laissé filer de toute façon. » Déclara-t-il avant de le porter pour le prendre dans ses bras, Milo lâcha un rire à cette remarque et entoura sa taille de ses jambes, bras posés sur ses épaules. Il baissa les yeux pour le regarder maintenant qu’il avait pris de la hauteur. « Ah oui ? » Le nargua gentiment Milo sans perdre son sourire. « Mon Milo il reste dans mes bras à moi d’abord. » Macéo marqua sa phrase en le couvrant de baisers, parcourant son torse alors que Milo fermait les yeux, enfouissant son visage dans ses cheveux roses et trempés. « J’ai pas l’intention d’en partir. » Lui chuchota-t-il en caressant sa nuque d’une main, l’autre venant amener son visage vers le sien pour l’embrasser, lentement, avec délicatesse, puis avec beaucoup plus d’ardeur, langoureusement. Ce fut presque trop court, mais déjà Milo s’échappait de ses bras pour rejoindre le bord et leur petit tas d’affaires. Il ne prit pas le temps de se sécher, le prenant seulement pour voler la casquette de Macéo qu’il replaça avec négligence sur sa tête, et fouilla dans son sac à dos pour s’emparer du portefeuille de Macéo, s’emparant de quelques dollars avant de se retourner pour lui faire face, ce dernier ayant daigné le suivre sans attendre la moindre explication. Explication qui arriva justement : « Slush ? Glace ? Crêpes ? Un truc qui se mange ? » Demanda Milo en secouant les billets verts dans sa main, son estomac appuyant sa question dans un léger grondement. Le sourire soulagé de Macéo en disait long sur la question, à croire que l’estomac de Milo n’était pas le seul à réclamer son dû. « Je dirai Slushie ou glace, trop chaud pour les crêpes… Et hot dog par contre ? » Milo haussa un sourcil, s’abstenant de lui faire remarquer que les hot dogs se mangeaient eux aussi, comme leur nom l’indiquait, chaud. Mais il se contenta d’enregistrer la commande de monsieur, qui s’était déjà allongé sur sa serviette sans intention aucune de l’accompagner, il était trop affamé pour débattre la question ou même le convaincre de l’accompagner alors il fila. La commande dépassait largement la quantité raisonnable qu’il pouvait ingurgiter, mais rien à faire, toute cette nourriture sous son nez avec son estomac qui criait famine l’avait carrément fait perdre pied. Le retour fut donc beaucoup plus périlleux que prévu et ce, même si le vendeur avait eu la gentillesse de lui fournir un sac en papier, tout n’était pas rentré. Crêpe au nutella coincée dans la bouche, louchant sur le slushie qui tanguait sur sa canette de Redbull qui elle-même tenait dans le sac dans un équilibre totalement incertain « Besoin d’aide peut-être ? » Milo lui lança un regard noir avant de tout de même s’installer sur sa serviette que Macéo avait installé près de lui, finissant sa dernière bouchée de crêpe. « C’était avant que j’en avais besoin de ton aide, gros malin. » Répliqua-t-il en lui tendant un gobelet coloré et son hot dog dans une serviette en papier. « Le reste c’est pour moi, et ta faute parce que fallait venir avec moi et toc. » Puis il déballa le reste, posant sa canette de Redbull, son slush à la cerise, chamallows multicolores, gaufre à la chantilly, Arizona pastèque et enfin yogourt glacé aux oreos agrémenté de morceau de kiwi, coco et de fraise, de nounours en gélatine et de billes arc-en-cielisée le tout nappé de chocolat au lait. Il regardait son œuvre avec appétit, avant de s’y attaqué avant qu’elle ne fonde sous le soleil toujours aussi ardent malgré l’œuvre tardive. « Bon appétit. » Lâcha-t-il alors qu’il savourait sa première bouchée. Sa gourmandise passa malgré tout bien vite et il trouva bien plus amusant de s’installer à califourchon sur Macéo pour lui barbouiller le visage avec la chantilly de la gaufre, qui ne lui faisait plus envie, plutôt que de la manger. « Vengeance. » Sourit-il alors qu’il passait sa langue sur ses lèvres pour récupérer la mousse blanche et venir l’embrasser.  Milo sourit contre ses lèvres quand il vint se saisir de ses hanches. « Des vengeances comme ça, j’en redemanderai presque… » Lui glissa Macéo, avant de venir s’attaquer à sa lèvre, la faisant prisonnière entre ses dents, le temps d’un instant. Milo lui sourit innocemment alors qu’il regardait l’étalage de restes de nourriture. « Y a encore de quoi faire si tu veux, y a plus personne d’autre que toi avec qui je peux partager. » Le taquina-t-il alors qu’il ne restait quasiment plus qu’eux sur la plage. « Ça me fait une belle excuse pour te taquiner… » Lui répondit Macéo, sa tête venant se lover contre son cou, ses bras l’entourant complétement alors que Milo se laissait aller à ce contact ses doigts dessinant des arabesques dans son cou, il ne s’en lassait jamais, et ne pensait pas pouvoir vivre sans ça. Sans ces caresses, ces baisers, ces percussions que provoquait son cœur à chaque fois qu’il lui prononçait ces mots. « Je sais pas si tu sais mon Milo… » Milo fronça des sourcils, curieux, alors que Macéo s’écartait un peu de lui pour le regarder, un air sérieux sur le visage. « Mais je t’aime. Très beaucoup fort même. » Un sourire naquit aussitôt sur les lèvres de Milo avec une pointe de soulagement. Sourire qui se suivit d’un léger rire face à sa petite moue, et froncement de sourcils quand il ajouta. « Voire même plus… » Sa façon d’être avait beaucoup trop tendance à le faire fondre parfois, cet air mignon, adorable qui n'appartenait qu'à lui. Alors il répondit avec peut-être un peu plus d’ardeur que prévu au baiser que Macéo lui adressa, le poussant doucement vers la serviette que le sable avait envahi pour s’allonger sur lui. Il enfouit son visage dans son cou, la main qui se baladait dans sa nuque était remontée jusqu’à ses cheveux roses, tandis que la seconde était venue trouver la sienne. « Je sais. » Souffla-t-il comprenant parfaitement ce qu’il voulait exprimer, il le ressentait lui aussi. « Moi aussi. » Ajouta-t-il en redressant la tête juste pour déposer un bisou sur sa joue avant de retourner dans sa position initiale sans vouloir en bouger, fermant les yeux. Mais il finit quand même par se d’détacher de lui, se laissant tomber sur le côté, atterrissant sur le dos dans le sable sans qu’il n’en soit vraiment dérangé. « Il faut que t’arrêtes d’être aussi confortable. » Lui dit-il tout en fixant le ciel qui s’était déjà assombri sans qu’il ne soit capable de dire l’heure qu’il était. « J’étais prêt à m’endormir. » Poursuivit-il pour justifier son accusation. Macéo avait toujours eu cet effet sur lui, celui de le rendre capable de s’endormir sur ses deux oreilles en un claquement de doigts dès que la fatigue se pointait, lui qui avait toujours eu peine à dormir. Macéo laissa échapper un rire auquel Milo répondu par un mine boudeuse, ce n’était pas juste, et pas drôle non plus, il n’aimait pas se sentir partir, gagné par le sommeil, alors qu’il voulait rester dans les bras de Macéo, dormir ne devrait même pas être concevable tant qu’il l’avait à côté de lui, autant dire qu’il ne voulait jamais dormir. « Je vais pas m’excuser, j’aime que tu te serves de moi comme oreiller. » Déclara Macéo en calant son bras sous sa tête pour faire office d’oreiller, Milo redressa la tête, acceptant avec plaisir cette attention, suivant la pression de sa main contre son épaule pour se coller contre lui. « J’aime te voir t’endormir comme ça, c’est comme ça que je complète ma collection de photos craquantes de mon Milo. » Le concerné s’arrêta au beau milieu d’un bâillement, bouche grande ouverte alors que des photos de lui, qui dormait à poings fermés, défilaient devant ses yeux. « Je suis pas sûr que craquant soit le meilleur adjectif à utiliser… » Marmonna Milo sans tenter d’attraper le téléphone qu’il savait trop loin pour qu’il puisse s’en saisir. Macéo y avait veillé, connaissant bien ses réactions. Milo se contentait donc d’apprécier les allers-retours de ses doigts contre son épaule, frottant ses yeux du dos de sa main pour échapper au sommeil alors que Macéo vint lui déposer un bisou sur le front. « Tu peux t’endormir tu sais, ça sert à rien de lutter. » Lui dit Macéo voyant bien qu’il peinait à garder ses yeux ouverts. Il n’était pas si fatigué, du moins il n’avait pas envie de l’être, et le contact des lèvres de Macéo contre les siennes intensifia ce sentiment, sa main venant se saisir de sa nuque pour l’inciter à rester là, contre lui, son souffle mêlé au sien. Et ce ne fut seulement quand leurs lèvres finirent par se séparer que Milo accepta de s’installer sur le côté, son bras posé contre le torse de Macéo dans un geste possessif, pour le garder contre lui, l’une de ses jambes calée entre les deux siennes, et la tête posée sur son épaule. Il finit par accepter ce qu’on lui réclamait depuis un moment. « Bonne nuit.. » Murmura-t-il à l’attention de son amoureux tout en fermant les yeux. Il en avait oublié le programme du lendemain. Il avait tout oublié. Tout ce qui comptait était celui qui était contre lui à cet instant, c’était ce qui avait toujours compté. Il le savait, l’oublierait jamais, et détruirait son âme pour son simple bonheur. Il n’entendit même pas la réponse qu’il lui accorda, sombrant déjà au pays des rêves.

Le réveil fut inconfortable. Milo était couvert de sable de la tête au pied, qui lui collait à la peau, et son corps était loin d’être dans la même position que celle où il s’était endormi mais sa tête, elle, était bien restée contre l’épaule de Macéo. Il se laissa retomber sur le dos et plusieurs crampes vinrent le prendre. Le soleil se levait timidement mais Milo peinait à ouvrir les yeux. Le son des vagues qui allait et venait sur le bord de la plage l’incitait à se rendormir, mais la circulation bruyante l’en empêchait, il avait toujours eu le sommeil bien trop léger, alors il finit par céder, abandonnant engourdissement et somnolence pour se redresser un peu et finalement ouvrir les yeux. Ces derniers s’attardèrent sur le Macéo encore endormi à côté de lui. Attrapant son téléphone pour compléter sa propre collection de photos qu’il gardait secrètement et en plusieurs exemplaires au cas où elle ne deviendrait justement plus secrète. Il esquissa un sourire en le voyant se réveiller, il se pencha sur lui, goûtant ses lèvres le temps d’un instant en guise de bonjour. Milo leva les yeux au ciel, amusé alors que seulement un grommèlement s’échappait des lèvres de son Spooky encore à moitié endormi, venant caresser sa nuque du bout des doigts alors qu’il était venu réfugier son visage dans le ceux de son cou. « Rappelle-moi qui a eu cette bonne idée déjà ? » Demanda-t-il dans un marmonnement, arrachant un second sourire à Milo. « Toi. » Chantonna ce dernier d’un air joyeux alors qu’il le regardait redresser la tête pour jeter un regard noir en direction des voitures qui ne se lassait pas de klaxonner et faire vrombir leur moteur à tout va, comme si cela allait les inciter à faire taire leur boucan. Puis ses deux yeux mocha se posèrent sur lui, retrouvant le sourire auquel Milo répondit en faisant de même. « Bonjour mon Milo… Bien dormi ? » La question n’était pas si inattendue, mais Milo aurait préféré pouvoir éviter d’y répondre, il ne voulait pas gâcher ça, cette petite bulle de bonheur qui grandissait doucement dans sa poitrine tant que Macéo était là, avec lui. Il lui sourit donc, se contentant d’un hochement de tête rapide. « Tu veux p’tit déjeuner quoi mon Milo ? » Enchaîna alors Macéo, sans que Milo ne puisse réellement savoir s’il avait détecté le semblant de mensonge. Le sourire qu’il lui accorda suffisait à le rassurer et son cerveau n’eut pas besoin de réfléchir à ce qu’il voulait se mettre sous la dent que déjà son estomac clamait ses envies. « Un Starbucks. » Dit-il de but en blanc, ses yeux se perdant dans le vague. « Veux aller au Starbucks, boire un jus d’orange pressé avec un yogourt dark sweet cherry, et un muffin aux myrtilles… » Réclama Milo, soudainement devenu exigeant une fois que son estomac s’était exprimé, il avait fait sa liste à voix haute tout en s’étalant sur Macéo, non sans mettre du sable partout sur lui au passage. « En fait je veux pas y aller. » Finit-il par se raviser, désormais installé à son aise, son torse contre celui de Macéo, son visage planqué dans le creux de son cou. « Je veux rester là. On peut rester là ? Et il nous livre ? Ils ont pas loin c’est l’histoire de 300 mètres. » Poursuivit-il, les yeux clos, l’une de ses mains venant chercher celle de Macéo pour jouer avec ses doigts. Il n’avait pas envie de bouger, car il savait ce que cela signifierait, devoir se lever, prendre un petit déjeuner, se préparer et finalement aller à Kindred, il ne voulait pas, n’en avait plus envie, il avait peur d’y aller, ne savait pas à quoi s’attendre et ça le rendait barge. Mais s’il ne le faisait pas il en éprouverait certainement des regrets, cette femme semblait remplie de bonnes intentions… Milo arrêta de ruminer sur les plans à venir de la journée quand il sentit la main de Macéo quitter son épaule pour aller se saisir de son téléphone. « On va voir comment on peut arranger ça… » Milo haussa un sourcil curieux, s’apprêtant à dire que ce n’était pas la peine de tenter, que le Starbucks ne livrait pas de toute manières, mais il avait envie de voir ça. Alors il le regarda, un sourire en coin habillant ses lèvres, pendant que l’on prenait déjà l’appel de Macéo : « Oui bonjour monsieur Starbucks… Madame Starbucks, pardon, comment ça va ? » Le sourire de Milo s’agrandit, se claquant le front d’une main devant les brides de conversation alors qu’il lui adressait un clin d’œil. Et plus la conversation progressait plus Milo voulait connaître l’autre moitié de la conversation, mais Macéo enchaînait d’un ton des plus naturels et il ne voulait pas l’interrompre dans sa tentative. « Bin écoute, Madame Starbucks… Non, je préfère Madame Starbucks… Bref. J’ai un souci, je suis bloqué sur Venice Beach, juste derrière le skate parc, et je suis en train de mourir de faim, donc je me demandais si c’était possible d’être livré ? » Milo ne put s’empêcher de rouler des yeux face à cette tentative désespérée, bien que pas entièrement fausse, ils étaient tous les deux affamés et Macéo ne risquait pas de bouger tant que Milo serait ainsi installé sur lui. Il tendit l’oreille pour saisir la réponse qu’on lui adressait, mais il n’entendit rien, il supposa qu’elle avait refusé, comme il l’avait prévu, mais Macéo ne semblait pas décidé à laisser tomber et il reprit dans un chuchotement tandis que Milo se cachait le visage pour retenir ses rires. « Bon, Kelly, laisses-moi t’expliquer clairement… Y’a ce type avec moi pour qui je craque depuis longtemps, mais genre vraiment longtemps, j’essaie de le faire craquer depuis hier soir tu vois… et je sais qu’il a un faible pour Starbucks donc je veux lui faire une petite surprise et surtout lui faire plaisir, tu vois ? Mais le souci c’est que si je le laisse pour venir chercher en boutique, et bien il va pas comprendre, ou pire il va se casser !! Et je vais me retrouver encore plus loin que la case départ, tu vois… Donc c’est pour ça que j’ai besoin qu’on me livre… Pour que j’ai enfin le droit de lui dire, devant un Starbucks, ce que je ressens pour lui. » Milo peinait à retenir son fou-rire, se mordant la lèvre, le nez toujours dans la serviette, sa poitrine tressautait contre celle de Macéo alors qu’il essayait de se calmer. En vain. Et c’était sans compter que le sable s’était incrusté dans la serviette qui lui servait de cachette. Ces derniers vinrent lui chatouiller le nez sans qu’il ne prenne plus le temps de s’en soucier puisque Macéo avait apparemment atteint son but. Milo sorti la tête de sa cachette pour le regarder, le visage couvert de sable mais souriant alors qu’il donnait la commande. « Tu gères Madame Starbucks !! Alors il me faudrait : deux jus d’oranges pressées, un yogurt dark sweet cherry, deux muffins aux myrtilles et un grand frappuccino caramel beurre salé. A tout de suite ! » Et ce n’est pas peu fier que Macéo raccrocha alors que Milo essayait de se débarrasser des grains qui avaient envahis son visage de sa main libre sans succès en rajoutant presque plus qu’il n’y en avait déjà. « Alors content ? Pas besoin de bouger… Enfin pas vraiment… Va juste falloir faire genre qu’on est pas ensemble sinon elle risque de me balancer la commande à la figure… » Finit-il par dire, sans pour autant le lâcher. Milo le regarda amoureusement, un sourire espiègle naissant doucement sur ses lèvres. « Tu prendrais un Starbucks dans la figure pour moi ? J’ai pas envie de bouger de toi, moi. Sinon ça sert à rien de se faire livrer… » Mais malgré ses mots il roula sur le côté, déposant un bisou sur son épaule au préalable. « Et puisque on est pas amoureux, je vais aller flirter avec les poissons, et piquer une tête pour me rincer. » Poursuivit-il, et, joignant les paroles à l’acte, il se leva pour filer en direction de l’eau, le soleil était désormais bien plus présent et ne permettait plus de saisir la limite entre la mer et le ciel. Il rentra dans l’eau sans aucune hésitation et ce ne fut qu’une fois celle ci arrivée à sa taille qu’il se décida à plonger, l’eau était son élément favori, il admirait le calme qu’il pouvait produire en lui, tout en étant aussi instoppable et destructeur et puis plus simplement, il s’était toujours plu à patauger, nager. Il ne resta là que le temps d’une seconde, retournant bien vite aux côtés de son faux-futur-petit-copain, s’enveloppant sa serviette qu’il avait au préalable secouée. « Elle arrive. » Annonça-t-il dans un sourire alors qu’il voyait une fille avec un tablier vers s’approcher d’eux, et son estomac semblait aussi enthousiaste que lui, voire plus. « Tu m’étonnes qu’elle ait cru à ton histoire, c’est une blonde, et elle a l’air-. » Commença Milo à l’oreille d’un Macéo qui lui colla son index sur la bouche pour qu’il se taise alors qu’elle arrivait à leur hauteur. Milo se fit silencieux alors que Macéo payait l’employée, sirotant son jus d’orange bruyamment avec sa paille. Se permettant de l’ouvrir seulement pour la politesse. « Merci Kelly ! On fera appelle à vous la prochaine fois qu’on aura… Euh… » Il aurait mieux fait de continuer à boire finalement. La fille vira au rouge, comprenant la suite sans que Milo n’ait eu à le dire. Elle avait pas l’air contente du tout et vida le frappuccino qu’elle leur tendait la seconde plus tôt sur la chevelure rose de son Spooky  avant de partir à grandes enjambées dans la direction opposée. « Oups… » Marmonna Milo sa paille encore entre ses lèvres, alors qu’il regardait le caramel dégouliner doucement sur le visage de Macéo, se faisant violence pour ne pas rire.  Il n’avait jamais était très doué en matière de discrétion en plus de ne jamais savoir s’arrêter de parler quand l’humeur y était. Ne faisant jamais dans la modération, ou trop bavard, ou trop silencieux, et ce n’était pas pour aider Macéo qui le regardait essayer de masquer son air amusé. « Ça te fait rire peut-être ? Je te ferais dire que si je suis banni de leur Starbucks ce sera de ta faute, monsieur je peux pas me retenir de parler cinq minutes… » Le sourire de Milo s’était allongé même si le reproche n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Quand il le décidait il pouvait tenir sa langue pendant très longtemps. Des années d’expériences. Mais il oublia vite cette idée alors que Macéo fonçait sur lui, sourire mesquin sur le visage, bras tendu vers lui. « T’es content ? On peut se faire des câlins maintenant … » Milo tenta de se reculer, s’échapper, mais il était bien trop tard pour le faire, et déjà Macéo vint le prendre dans ses bras pour partager son masque à base de caramel. Milo tira la grimace alors qu’il se retrouvait tout collant, gluant, poisseux. Il lui lança un regard noir alors qu’il enlevait du surplus de chantilly du dos de sa main, ne faisant qu’en étaler un peu plus. « Moi qui d’ordinaire ne partage jamais un frappu… » Ria Macéo sans faire attention au regard qu’on lui accordait. Milo ne s’écarta pourtant pas quand il lui adressa un baiser avant de filer vers l’eau. Une moue boudeuse s’installa sur le visage de Milo en le voyant partir sans pour autant qu’il ne s’y arrête plus longtemps, n’ayant pas besoin de plus d’excuses pour retourner à l’eau pour la seconde fois de la journée. « Spooky attends ! » Il fonça sur lui, sautant sur son dos sans prévenir, éclaboussant un peu partout sur son passage. Il serra ses jambes autour de Macéo sans intentions de le lâcher dans l’immédiat, préférant faire trempette installé de cette manière. Il lui claqua un bisou sur la joue, tout en resserrant son étreinte, avant de poser son menton sur l’épaule de Macéo alors que le moulin à paroles commençait à se mettre en route. « T’as pas le droit de partir à l’eau avec les poissons sans moi, elle est partie Kelly et que même si t’es banni du Starbucks bah j’irais chercher les Frappuccino avec supplément chantilly pour toi. Et puis rappelle-moi de t’expliquer comment on partage de la nourriture à l’avenir. Et Spooky ? Je t’aime. Même si tu m’as dégueulassé avec ton truc, c’est pas beau l’amour ? Du coup tu m’aimes toujours même si c’est ma faute pour le Frappu ? Ça marche dans les deux sens normalement… » Il finit sa tirade en venant frotter son nez caramélisé contre la nuque de Macéo. Il était heureux, là comme il était, mais son cerveau ne le laissait jamais apprécier bien longtemps… Il sentit Macéo prendre une grande inspiration alors qu’il s’était arrêté au milieu de l’eau. « On parle quand même de frappu là… » Milo ouvrit la bouche, un poil vexé d’être relégué à la seconde place pour un Frappuccino, même s’il était sûr que Macéo ne pouvait être sérieux… Il ne pouvait pas l’être n’est ce pas ? Milo pensait parfois beaucoup, beaucoup trop, et alors qu’il observait, d’un œil de plus en plus contrarié, Macéo qui semblait réfléchir, il n’était pas du tout préparé à se retrouver la tête sous l’eau la seconde d’après. Il eut juste le temps de fermer les yeux et la bouche, malgré le peu d’air qu’il avait su prendre. Ses bras et ses jambes se desserrèrent autour de Macéo alors que celui-ci en profitait pour se retourner et lui faire face alors qu’ils sortaient de l’eau dans le même mouvement. Milo avait le visage qui dégoulinait d’eau, ses yeux n’étaient toujours pas décidés à s’ouvrir alors que des gouttes d’eau salée envahissaient encore ses cils, il n’eut pas le temps d’esquisser le moindre mouvement pour s’essuyer un peu le visage que déjà Macéo venait s’emparer de ses lèvres. Milo se laissa aller à leur baiser à l’arrière-goût tout aussi salé que l’eau de mer, se serrant contre lui pour en avoir toujours un peu plus. « Parce que tu penses vraiment qu’il suffira d’un simple et insignifiant frappuccino caramel beurre salé chantilly pour me faire arrêter de te dire je t’aime ?! » Milo lui sourit, c’était précis, il s’apprêtait à le taquiner mais se ravisa en le voyant lever les yeux au ciel tout en soupirant. « Je pense même pas qu’il y ait quoique ce soit qui réussira à me faire arrêter de te saouler avec des Je t’aime alors… espère pas trop mon Milo… » Finit-il par dire en haussant des épaules. Milo répondit à son sourire, tant mieux, il aimait l’entendre lui dire, lui répéter, ne s’en lassait jamais, et ce fut donc plaisir qu’il se laissa ramener contre lui. « Tu es toujours mon amoureux. La seule chose qui change, c’est que tu me dois un frappu… C’est pas trop terrible non ? » Milo déposa un bisou sur son front avant de lui chuchoter à son tour, veillant à imiter le ton de Macéo quand il inventait ce mensonge pour cette pauvre employée du Starbucks. « Dis, t’aurais pas 5$ ? J’ai ce mec qui me plaît, il voulait me conquérir et j’ai loupé ma chance parce qu’une blonde lui a versé son Frappuccino sur la tête par ma faute… Du coup si je veux avoir toutes les chances de mon côté je ferais mieux de lui en offrir un, mais je suis ruiné, parce que jouer du piano ça gagne vraiment pas… » Il s’arrêta qu’un instant pour reprendre un inspiration, feignant de réfléchir le temps d’une seconde. « Mieux, t’aurais pas 10$ ? Histoire que je m’en prenne un moi aussi ? Que j’ai pas l’air trop idiot à-… » Il s’arrêta quand il reconnut la sonnerie de son téléphone au loin. « Merde. » Soupira-t-il en se dépêchant de rejoindre le bord et leurs affaires. Trop tard. Milo regarda son écran en fronçant des sourcils quand il se rendit compte qu’il s’agissait de Jade et que ce n’était pas le premier appel, il n’avait pas pensé à checker son téléphone au réveil et il présentait déjà un appel en absence de celle-ci, sans compter celui de Julian. Il voulut essayer de rappeler mais déjà le portable se remettait à sonner et à peine eut-il décroché que la même voix qu’hier en sorti. Lui disant qu’Elle était là, l’attendait et voulait savoir s’il avait toujours l’intention de se présenter. Milo sentait son courage se faire la malle et jeta un coup d’œil à Macéo. Te défile pas. Froussard. Il calcula son temps avant de finalement répondre. « J’arrive dans moins de deux heures. » Lâcha-t-il alors que la fille le bombardait de politesses. Il raccrocha.  Ses yeux figés sur Macéo, perdus, il ne savait plus vraiment ce dont il avait vraiment envie. Son téléphone vrombit de nouveau dans sa main. Jade. Puis l’écran se coupa. Plus de batterie. Tant pis. Milo redressa la tête pour adresser un petit sourire à Macéo alors que ce dernier lui ébouriffait les cheveux. « Je pense pas qu’il soit sage de leur ramener un peu de plage avec nous… » Milo n’y avait pas vraiment pensé, tout était assez désorganisé dans sa tête, il n’était en effet pas vraiment dans une tenue très approprié, plein de sable avec une légère odeur caramélisée. « On rentre se préparer mon Milo ? Le Starbucks on se le fera après tout ça d’accord ? » Milo hocha de la tête, c’était ce qu’il y avait de mieux à faire certainement, il lui faisait confiance, lui-même ne sachant pas vraiment comment appréhender les choses. Il se contenta donc de ramasser son sac pour le poser sur une épaule, s’emparant de la main de son Spooky au passage, tant qu’il serait là, tout se passerait bien, il en était certain. Sur le chemin du retour, Milo retrouvait peu à peu le sourire, et c’était entièrement grâce à Macéo, et il avait même réussi à ignorer cette voix qui s’évertuait à attiser son inquiétude à nouveau. Rêve pas, ils vont le refuser à l’entrée, il ne sera pas tout le temps-là. Tu devrais apprendre à te débrouiller seul, tant que tu auras des faiblesses ils gagneront, et ne crois pas que tu gagnes. Tu ne te bats pas, tu fuis. Ce n’est pas gagner. C’est être lâche. Milo aurait voulu retarder l’heure de partir encore un peu, il avait pris son temps sous la douche, espérant que l’eau clarifie ses pensées, mais il avait abandonné l’idée en se rendant compte qu’il réfléchissait bientôt plus qu’avant. Il avait enfilé un simple t-shirt blanc et un jean. Vans aux pieds, comme toujours. Il avait cherché son portable pendant dix bonnes minutes après ça, mais il était déjà trop tard pour prendre le temps de le charger quand il le retrouva enfin, alors il se contenta de le brancher, le laissant là, avant de partir. Il n’avait pas lâché la main de Macéo de tout le trajet, évacuant son stress, son trac, en jouant avec, tout en négociant avec Macéo de ce qu’il ferait du reste de leur journée après ça. Milo n’avait pas mentionné les appels insistants de Jade, ne voulant pas rajouté une source d’anxiété supplémentaire à celle qu’il ressentait déjà à cet instant. Ils y arrivèrent finalement. L’hôpital Kindred était fait d’une belle bâtisse blanche aux nombreuses fenêtres qui brillaient sous le soleil déjà éclatant. Milo connaissait bien cet endroit. Celui où il avait été emmené après l’incendie, celui où sa mère avait passé plus d’un an dans un état végétatif, celui où cette dernière lui avait prétendu qu’il soit né, était-il vraiment né ici finalement ? Ou son existence était-elle un énorme mensonge dès le départ à ce point ? Ses doigts se resserrèrent autour de la main de Macéo. « On y est… » Souffla-t-il. Ce n’était plus vraiment le moment de faire marche arrière maintenant, alors cette curiosité, qui avait toujours été là, cette même curiosité qui l’avait poussé à accepter l’entrevue, elle revint à la charge, prenant le dessus sur le reste. Il se présenta à l’accueil, s’annonçant juste, sans trop savoir quoi dire de plus. Mais l’infirmière lui avait souris, sachant parfaitement le motif de sa présence, lui indiquant une porte un peu plus loin dans le couloir à sa droite. Il acquiesça. Ça ne l’engageait à rien, c’était ce qu’il se répétait, juste la voir, l’écouter, parler, et il repartirait avec Macéo, rien n’était plus simple, il n’y avait de quoi s’en faire. Pas vrai ? « Excusez-moi messieurs. » Les retint l’infirmière alors que Milo s’apprêtait à entraîner Macéo à sa suite. Milo s’arrêta aussi sec pour se tourner vers elle, à deux mètres à peine de là. « C’est une entrevue privée, seulement encadrée par un médecin tenu au secret professionnel. » Bien évidemment, rien ne se passait réellement comme il le voulait vraiment, il devrait le savoir à force. « Vous pouvez patienter juste à côté. » Sourit l’infirmière à l’attention de Macéo, alors que Milo s’était mis à fixer ce dernier, sans avoir lâché sa main. Je te l’avais dit. Chatonna sa conscience. Je t’avais dit qu’il se ferait refouler à l’entrée, voyons voir si tu es aussi lâche que je le prêtant maintenant… Il lâcha la main de Macéo, lui adressant un sourire qu’il espérait rassurant. « Ça ira. » Dit-il sans savoir qui est-ce qu’il essayait de convaincre par ces mots. Il aurait voulu l’embrasser, mais il avait peur que le peu de courage qu’il avait réussi à rassembler ne s’envole après ça. Alors il tourna des talons, poussant la porte pour s’engouffrer dans la pièce alors que ses yeux se posèrent déjà sur la femme frêle assise sur cette petite chaise, en face d’une autre qui était vide, seulement séparées par une table sur laquelle elle était accoudée, un sourire timide sur les lèvres. Il n’y avait pas de doutes, c’était bien elle. Et alors qu’il lui rendit ce même sourire, son regard tomba sur le médecin présent dans la pièce. Il l’a reconnu par son même sourire figé, qu’il connaissait suffisamment bien pour le savoir hypocrite. C’est à ce moment-là qu’il comprit que la guerre commençait tout juste. « Ravie de te revoir Milo. » Lui sourit Kate. L’humain était corruptible, il suffisait simplement de savoir ce qu’il désirait, l’argent, l’amour, la vie, la famille, les sujets de négociations pouvaient être nombreux. Milo le savait, il connaissait ça, le chantage, la menace, et l’asservissement par cette seule condition pour laquelle vous feriez n’importe quoi sans trop y réfléchir. Je ne crois pas que c’était une si bonne idée finalement. Chantonnait-on dans le crâne de Milo. Le regard de celui-ci passait de l’amante de son père à celle qui l’avait porté pendant neuf mois avant de l’échanger contre une poignée de dollars. Cette dernière lui adressa un regard triste et désolé, lâchant ces quelques mots que Milo ne comprit pas, pas tout de suite. Puisque déjà tout alla très vite. « Ton frère en a besoin… » Milo avait froncé des sourcils, voulant en savoir plus, il ne comprenait pas, ne réalisait pas et déjà Kate l’attrapait par le bras. Pour l’entraîner vers la porte, pas celle par laquelle il était rentré, une autre dans le coin opposé de la pièce, mais il se dégagea de son emprise, lui adressant un regard noir avant de lui tourner le dos. Pas cette fois, plus jamais, il n’y retournerait pas. « Voyons Milo. » Susurra Kate. « Tu tournerais le dos à ton propre sang ? » Elle jouait par les mots alors qu’elle préparait discrètement une aiguille. La main posée sur la poignée de la porte, celle qui mettrait fin à cette situation délirante, Milo hésita le temps d’une seconde. « C’est la seule chose qu’à sut m’apprendre le type qui partage ton lit. » Lâcha-t-il finalement avant de venir enclencher la poignée, mais la porte ne s’ouvrit pas. Un bras puissant vint entourer son torse et ses bras avec, le forçant à s’immobiliser alors que Kate s’approchait, la seringue pointée vers lui. Milo cessa de se débattre, et ce fut un cri qui s’échappa de ses lèvres, un appel. « SPOOKY ! » La poignée bougea mais ne s’ouvrit pas, verrouillée évidemment, ses yeux se relevèrent vers Kate avec haine alors qu’elle lui souriait ses doigts encore sur le loquet. Mais elle sursauta quand la porte fut secouée par un choc venant de l’autre coté de celle-ci, les lèvres de Milo s’étirèrent brièvement dans un sourire, il était là. « MILO ! » Et déjà elle se hâtait de revenir vers lui, Milo fixait l’aiguille, et cherchait de nouveau à se défaire de l’emprise qu’avait l’infirmier sur lui, ses pieds touchaient à peine le sol, et la prise se resserrait un peu plus à chaque fois qu’il luttait contre elle, lui faisant perdre son souffle et ses forces dans le même temps, alors que la porte finissait finalement par céder. Milo se laissa aller par le soulagement alors qu’il le voyait, fonçant déjà sur la femme pour lui faire lâcher sa seringue qui s’était rapproché dangereusement de son bras. « Quand est-ce que vous allez comprendre bande de crevards que Milo n’est pas votre jouet et encore moins votre rat de labo ! » Lui cracha Macéo, alors qui se débarrassait de la seringue après avoir fait tomber la femme au sol. La pression autour de Milo se desserra alors que ce dernier pouvait de nouveau gonfler ses poumons d’air, alors que Macéo envoyait un violent coup de tête dans le visage de l’infirmier qui avait tenté de maîtriser Macéo comme il l’avait fait avec Milo. Sa main fut saisie par celle de Macéo, le sortant de sa rêverie, il avait cherché des yeux, celle qui l’avait mis au monde, disparue. Mais elle perdue tout son intérêt face au sourire de Macéo qui lui adressa un clin d’œil. « Décidément on ne s’ennuie jamais avec toi… On se casse ? » Dit il tout en l’attirant à lui. Milo se laissa faire, lui souriant en retour, le soulagement s’affichait clairement sur son visage. « Même si y’aurait encore bien des choses à dire ou faire ici… » Continua Macéo en accordant un dernier regard au reste de la pièce. Milo suivit ce regard, se demandant à nouveau où est ce que la deuxième femme présente plus tôt avait bien pu passer. Il essaya de se remémorer son nom. B. Bere-quelque-chose. Peu importait, il voulait sortir d’ici avant tout. « On s’en va… » Marmonna-t-il d’une petite voix à Macéo. Il voulait que tout ça ne soit qu’un mauvais souvenir de plus dont il prendrait soin de ne jamais se remémorer, ça lui fichait le tournis. Il se laissa guider par Macéo vers la sortie au pas de course alors que la secrétaire gueulait qu’elle allait appeler les flics. Ils sautèrent dans le premier métro qui se présenta à eux, et ce ne fut qu’à partir de ce moment que Milo se permit de se réfugier dans les bras de Macéo, légèrement tremblant. « Merci. » Souffla-t-il le visage caché dans son t-shirt. Il l'avait protégé, encore une fois, comme il l'avait toujours fait. La main de Macéo vint se caler contre ses hanches pour le garder contre lui alors qu’il lui répondait déjà. « Pas à t’excuser… Je me suis toujours demandé ce que ça faisait de donner un coup de boule à quelqu’un… » Milo esquissa un sourire, il trouvait toujours un moyen de tourner à la dérision ce bordel qui les entourait. Il resta contre lui sans bouger, appréciant chacun des baisers qu’il lui accordait. « Comment tu te sens mon Milo..? » Demanda-t-il finalement. Milo redressa la tête dans sa direction pour lui sourire, le rassurer. « Bien. » Menteur. Tu vas mal. Ton père veut toujours t’évincer, il ne t’as pas oublié, depuis le temps que je le dis qu’il reviendrait à la charge, tu devrais m’écouter un peu plus souvent. Ta mère t’as vendu une deuxième fois et t’as abandonné une deuxième fois dans ses mains. Et puis il parait que t’as un frère mon petit Milo, si c’est pas fantastique ça ! Peut être que lui ne voudra pas ta peau ? Sans oublier que tu dois te souvenir de Jade et ses appels à répétition, ce qui est un peu suspect, si tu veux mon avis. Milo ferma les yeux pour faire taire ses pensées. Il était là, loin d’eux et avec Macéo, c’était tout ce qui comptait, il n’avait besoin de rien de plus. « Et puis c’est moi qui devrais demander ça ! » Protesta donc Milo, repoussant l’amas de réflexion dans un coin de sa tête, Macéo n’y avait pas été de main morte, et ça ne l’étonnerait pas de trouver une belle bosse sur son crâne, il l’examina avant de déposer un bisou sur sa tempe et de regarder autour de lui pour repérer où est ce qu’ils se trouvaient. Il connaissait cette ville comme sa poche, aussi grande soit-elle. Il l’aimait, et en connaissait tous les recoins, ce qui est surprenant venant de lui et son sens de l’orientation très mauvais en dehors de LA. « Bon, on s’arrête au Music Center pour ton frappu, c’est le seul arrêt où il y a un Starbucks sur cette ligne, et après on rentre que je te répare un peu, parce que t’es tout cassé ! » Se plaint-il dans une moue. Il n’avait en rien oublié le Frappuccino promis plus tôt. Il déposa sa tête contre son épaule tout en louchant sans vraiment regarder sur l’une des affiches dans la station à laquelle ils étaient pour l’instant arrêtés. « Spooky… » Commença-t-il, hésitant. « Tu me prêtes ton téléphone ? » Milo sourit à son coup d’œil alors que la main de Macéo quittait la lâcher pour  venir trouver son téléphone et lui tendre. Il s’en saisit tout en s’installant contre lui, son dos contre le torse de Macéo, y prenant appui. Il déverrouilla le téléphone sans hésiter sur le code qu’il connaissait comme s’il s’agissait du sien. « Qu’est ce qu’il se passe ? » Milo pencha la tête pour regarder Macéo, il n’aimait pas cette mine soucieuse qu’il abordait, il souhaitait parfois pouvoir lui enlever, d’autant plus qu’il en était la cause, bien trop souvent, il détestait ça. « Jade a essayé de m’appeler avant que mon téléphone me lâche complétement. Je voulais savoir ce qu’elle voulait avant de m’imaginer trente scénarios… » Se contenta-t-il de répondre, sans vraiment préciser que c’était déjà le cas, mais un seul des scénarios l’inquiétait vraiment. Il fit défiler les contacts après s’être rendu compte qu’il n’avait définitivement aucune mémoire de ces suites de nombres qui n’avaient aucune logique, c’était déjà compliqué quand ils en avaient alors sans… Pas de Jade dans le répertoire de Macéo. Tant pis. Ca attendrait qu’ils rentrent. Ça ne pouvait pas être si urgent, elle aurait laissé un message si ça l’avait été, en lui hurlant dessus très certainement, et son téléphone avait affiché une boite de messagerie vide avant qu’il ne l’abandonne lâchement. « Mais t’as pas son numéro, et je le connais pas, donc ça attendra. » Lâcha-t-il en verrouillant le téléphone avant de se retourner pour lui faire face et lui rendre. Et si tu te trompais ? Que c’est bel et bien grave ? Que ça ne s’annonce pas par message, qu’elle tient à t’avoir au téléphone justement parce que c’est important, que c’est urgent, que ça ne peut pas attendre ? Tu as pensé que ça pourrait être lui ? Il n’y a qu’à voir dans l’état que tu l’as laissé, tu crois vraiment que ça va s’améliorer ? Naïf. Ses pensées sifflaient ces mots, allant de plus en plus vite, ça lui fichait la nausée. Il réfléchissait trop. Tu devrais réfléchir un peu plus surtout. Tu fais n’importe quoi. Il n’écouta pas et préféra surveiller du coin de l’œil la prochaine station à laquelle ils s’arrêtaient, ils devraient y descendre. « Dis… On ira à l’International House of Music après ? C’est à coté… Et tu sais qu’il y a un concert à l’Echo ce soir ? Et que y a un Taco Bell à cinq riquiqui minutes à pattes, tu le sais hein ? » Lui demanda-t-il un sourire en coin. Il n’avait pas envie de réfléchir, il avait envie que sa tête le laisse tranquille pour le restant de la journée, quoi de mieux que de la garder indéfiniment occupée pour l’empêcher de ruminer ? Il embrassa Macéo, comme pour marquer sa demande, et ce, sans se soucier de la grand-mère aux airs de grenouille assise près d’eux, apparemment outrée d’assister à ce spectacle. « Et on trouvera de la glace pour ta tête. » Un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres alors qu’il poursuivait. « Je pourrais demander à Kelly, elle serait peut-être contente de t’apporter un peu de frais sur le crâne une deuxième fois ? »  Milo l’observa rire d’un œil amusé, souriant de plus belle contre ses lèvres, lorsqu’il vint l’embrasser, et qu’il entendit la mamy rouspéter.




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Milo J. McGuire

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Mar 16 Aoû - 22:42


SIXIEME ACTE





| We make such a good team. / [Part Three]

... « C’est ça, marre toi… » Lui chuchota Macéo s’écartant un peu de lui pour le regarder, Milo feint de prendre un air sérieux, attendant que Macéo daigne répondre à ses propositions du jour. Ce dernier ne le fit pas attendre : « Pour la House, tu sais bien que je dirai jamais non. Par contre, Starbucks d’abord, sinon je vais faire une crise de manque de frappu… » Sourit-il alors que Milo levait les yeux au ciel, mais il n’était pas contre l’idée, excepté le jus d’orange, il n’avait rien pu avaler d’autre le matin même, le restant de leur commande s’étant échoué sur le sable pendant leur bataille au Frappu. « Après pour l’Echo, c’est quoi comme concert ? Parce que si c’est un bof, autant qu’on se fasse un live en tête à tête ou qu’on s’amuse à jouer… » Poursuivit Macéo alors que Milo avait déjà croisé ses bras contre sa poitrine et haussé des sourcils, le regard vexé mais gardant la bouche close pour le laisser terminer. « Quant à Taco Bell… » Le regard de Milo passa de la susceptibilité à la curiosité et l’impatience en un éclair. « Je suis blessé, gravement même... Bien sûr qu’il est obligé qu’on y passe et qu’on y reste un bon moment. Non mais. » Le métro se stoppa, et Milo laissa ses doigts rejoindre ceux de Macéo pour descendre, celui ci était plus doué que lui pour jouer des coudes, alors il se contenta de suivre, se faufilant à travers la foule de monde qu’avait envahi la station. « Y’a trop d’êtres humains… J’aime pas ça… » Milo lâcha un rire moqueur, c’était également son cas, cette sensation étouffante que les gens pouvaient exercer sur vous, serrés les uns contre les autres comme un troupeau de bétail, c’était inconfortable. Mais le Milo d’aujourd’hui sait désormais qu’elle peut avoir ses avantages. Ils pressèrent le pas, pour s’y échapper au plus vite et regagner l’air libre. A peine furent-ils dehors que Macéo trépignait comme un gosse en repérant le Starbucks. « FRAPPU ! » Milo éclata de rire. « Du calme petit Spooky. » Lâcha-t-il en lui tapotant doucement le haut de sa tête. Milo lui claqua un bisou sur la joue pour s’excuser de l’adjectif qu’il avait utilisé avant de l’entraîner à sa suite. « Aller viens, je connais un moyen d’y arriver deux fois plus vite. » Dit il en le tirant par la main. Milo connaissait bien les environs. Il les connaissait de sa mère le jour où elle l’avait emmené à la salle de spectacle Disney au Music Center. Elle l’y emmenait souvent. Et le Starbucks était devenu une étape obligatoire, elle prenait toujours un mocha quand Milo avait le droit à son frappuccino à la vanille, sans café à l’époque, bien évidemment. Ils leur arrivaient de passer la journée entière dans le coin quand son père était de sortie pour plus longtemps qu’espéré par lui-même. Il l’entraîna jusqu’au bus qui était déjà là comme s’il les attendait. Milo prit deux billets pour la journée, poussant ensuite Macéo jusqu’au fond du bus. « Là assis, sage, pas bouger. » Ordonna-t-il en s’asseyant contre lui. Ca semblait être une tâche compliqué pour Macéo qui ne semblait avoir plus d’intérêt que pour sa boisson. Le bus s’arrêta juste devant l’enseigne et déjà les deux garçons étaient là, devant les portes du bus à attendre qu’elles s’ouvrent et se précipiter dehors pour ensuite rentrer en trombe dans le café. « Bonjour, un frappuccino vanilla bean crème s’iou plaît et un caramel. En venti. » Réclama-t-il sans laisser Macéo en placer une. Et si ça devait être suffisant, Macéo n’avait pas rendu les armes, tirant sur la manche de Milo tout en pointant la vitrine de son index, il commençait à exiger. « Je veux goûter ça aussi ! A faim ! » Milo sourit en regardant les donuts glacés au chocolat blancs, il était vrai qu’ils faisaient envie. Il se retourna vers la malheureuse. « Deux donuts chocolat blanc en plus donc... » Commença Milo à l’attention de la vendeuse, mais déjà Macéo tapotait son doigt contre la vitrine à un autre endroit. Milo lâcha un soupir exaspéré malgré son amusement alors qu’il tournait de nouveau les yeux vers la vitrine. « Et ça aussi !! A très faim ! » Milo leva les yeux au ciel avant de les reposer sur la barista. « Et deux muffins myrtilles et ce sera tout peu importe ce que le bébé aux cheveux roses en pense. » Ajouta Milo en pokant la joue de ce dernier et tandis qu’il les regardait faire avec attention, Milo était déjà ailleurs, regardant autour de lui, réfléchissant un peu trop, une fois de plus. Il essaya de chasser se pensées, certain que ça ne l’avancerait à rien d’y penser à cet instant, mais ce fut Macé qui le tira réellement de ses rêveries dans un sursaut. : « …S’il te plaît Madame Starbucks ! » Ce dernier était en train de payer et à peine fut il encaissé qu’il s’accrochait aux épaules de Milo en observant les employés faire leur job. « Mon Milo c’est dur d’attendre, je sais pas si je vais survivre… » Milo avait souris. « Si tu survie pas, t’en fais pas pour ton frappu je m’occuperais bien de lui. » Macéo survivait toujours à cette terrible épreuve qui était l’attente entre la commande et la réception de celle-ci, et s’il survivait c’était bien pour profiter de ce qu’il venait de payer. Ce fut pour cette raison que Milo ne fut aucunement choqué de le voir se jeter sur sa boisson, l’avalant à grandes gorgées et peut-être un peu trop vite, car le brun le vit ses masser le front. La mine soucieuse de Milo disparue aussi vite qu’elle était apparue alors que Macéo continuait dans ses manières d’enfants.  « C’est froid !!! » Gémit-il l’air boudeur sans en faire des tonnes puisque bien trop occupé à voler une gorgée dans la boisson de Milo. Ce dernier le laissa faire, le surveillant d’un œil alors qu’il grignotait son muffin. « Mais c’est bon. » Sourit Macéo. « Laisse m’en un peu quand même. » Protesta Milo en ramenant son frappuccino contre lui. Il avala son donut en quelques bouchées, tout comme il fit disparaître le muffin. Macéo avait plutôt bien fait de jouer les affamés, puisqu’il l’avait été lui-même sans s’en rendre compte. « J’aurais dû prendre mon téléphone y a des prises ici. » Pesta Milo, il était un sombre idiot de l’avoir abandonné chez Macéo. Dit celui qui prétendait ne pas avoir à s’inquiéter.  Milo fronça du nez pour se forcer à repasser dans l’instant présent. Son gobelet était quasiment vide, si bien qu’il fixait Macéo et le sien. Il ne le fixa pas longtemps mais Milo avait oublié sa patience, se leva avant de tirer Macéo « Aller, dépêches toi, tu m’as promis qu’on irait à l’IHM et à partir de midi y a plein de monde ! Puis faut qu’on aille à l’Echo voir le  programme puisque mes goûts musicaux sont bofs apparemment » Déclara-t-il en le traînant à l’extérieur, tout en mimant des guillemets d'une main quand il prononça le mot « bofs ». Oui, il avait retenu, si la susceptibilité et la rancune n’étaient pas ses plus gros défauts, il avait tout de même bonne mémoire. Il n'était pas facilement vexé, mais il aimait feindre de l'être. Il n’avait pas lâché Macéo de tout le trajet. Il adorait ce magasin, malgré la façade à l’allure défraîchie, il y renfermait un nombre d’instruments gigantesque, et on vous laissait essayer chacun d’eux pendant le temps que vous voulez sans obligations d’achats. L’obligation d’achat étant plus généralement les yeux de chatons tristes que Milo faisait au moment de partir et que l’instrument lui plaisait. « Alors alors… On commence par baver sur quoi ? Les ukuleles ? Les pianos ? A moins que tu meurs d’envie de te mettre au triangle mon Milo ? » Lui sourit Macéo sans lâcher sa main, alors qu’ils passaient devant les étagères sur lesquelles étaient entreposées du matos d’enregistrement, de sonorisations, de jeux de lumières et autres appareils de sonorisation. Milo laissa glisser un doigt le long d’une tablette de mixage avant de se retourner vers Macéo pour lui répondre avec le plus grand des sérieux. « Je sais déjà en jouer espèce de vilain que c'est pas bien de se moquer. C’est drôle au début mais on s’ennuie vite. » Son regard se baladait tout autour de lui avant de continuer, cherchant lui-même une réponse à la question qu’il lui avait posée avant de lui répondre, mais Macéo le sorti de sa réflexion. « Si un jour on a une maison, on en fait le paradis de la musique comme ici ? On place juste un dodo douillet à doudou dans un coin, hein ? » Dit-il avec un air rêveur sur le visage, Milo sourit face à cette expression, lui aussi il voulait cette maison rien qu’à eux avec tout leur petit univers musical installé dedans. « Ou… » Milo redressa la tête, curieux de ce que pourrait être cette autre alternative qui repoussa plus loin cette idée pourtant si tentante qu’il s’imaginait déjà.  Il soutenu le regard de Macéo alors que celui-ci poursuivait dans un sourire. « On squatte ici toute la nuit ? Hier la plage, aujourd’hui la House of Music… Si on lui fait les yeux doux il dira oui hein ? » Continua-t-il alors que Milo affichait un air moqueur sur le visage, la plage était une chose, le magasin en était une autre, et beaucoup moins sûre, pour ne pas dire pas du tout. Macéo n’en avait que faire, et déjà, son regard s’était détaché de Milo pour chercher du regard un responsable qui pourrait exaucer son vœu. Milo leva au ciel mais se prêta tout de même au jeu, son regard se baladant autour de lui jusqu’à ce qu’il atterrisse sur un joujou bien trop intéressant pour qu’il n’aille pas le voir de plus près. Il lâcha la main de Macéo pour s’en approcher, s’introduisant au beau milieu de tous ces claviers qui le faisaient toujours rêver. La bête était posée sur un meuble de piano, comme il avait l’habitude de faire avec son propre synthétiseur. Ses doigts effleurèrent les touches avec une certaine délicatesse et ses yeux brillaient d’envie. Il était déjà allumé et ne demandait qu’à être utilisé, alors c’est ce qu’il fit, alignant les blanches et les noires naturellement pour en tester le toucher. Testant les voices et les effets rapidement pour voir ce qu’il proposait, et le vendeur vint finalement le sortir de sa petite bulle. Un nouveau. Milo le connaissait pas celui-là. « C’est un bon choix. » Lui sourit-il sans que Milo ne décroche plus que ça les yeux du clavier. « Les 88 touches marteaux sont parfaitement réglées, système de plugin modulaire, fonction demi pédale… » Poursuivit le vendeur sans réclamer plus d’attention. « Tu utilises quoi ? » Finit-il par demander en voyant que Milo préférait toujours observer le synthétiseur plutôt que de lever les yeux vers lui. Milo daigna enfin le faire pour lui répondre. « Le S08 de la série précédente, avec semi pédale. Et vous avez oublié de préciser que celui là a été inspiré du piano à queue S700 de la même marque que l’on peut se procurer pour la maudite somme de $250000 ou encore qu’il dispose d'une fonction d'accord ouvert et d'un effet de résonance de la table, qui simulent le fonctionnement interne d'un piano à queue acoustique, ce qui le rend encore plus réaliste. D’autant plus quand la pédale forte est activée. » Dit il à l’adresse du vendeur. Bien évidemment qu’il connaissait ce piano, c’était celui qu’il voulait. Cependant s’acheter un piano dont le prix affichait quatre chiffres quand on n’était même pas foutu de s’acheter un Starbucks pouvait être compliqué, et ce ne serait pas Milo qui irait réclamer une telle somme à ses grands-parents, et puis il l’aimait quand même bien son bon vieux clavier, et il ne savait pas s’il était encore prêt à le remplacer, bien que rien ne le forçait à s’en débarrasser à l’arrivée d’un nouveau venu. Le vendeur le dévisagea sans répliquer alors Milo poursuivit. « Dites, vous avez pas un responsable dans le coin ? On voulait lui demander quelque chose en particulier… » Il jeta un coup d’œil à Macéo avec un sourire complice bien qu’il ne savait pas pourquoi il avait dit « on », il aurait peut être mieux fallut que Macéo se prenne un vent tout seul pour que Milo puisse se moquer librement de lui.  L’employé parti prévenir son supérieur derrière le comptoir, mal à l’aise, pensant sûrement que ce serait en rapport avec la remarque que Milo avait faîte plus tôt. Mais ce dernier s’en fichait, et en détourna son attention pour tourner les yeux vers Macéo  qui s’était rapproché de lui, il n’avait pas pour autant lâcher le clavier, ses doigts caressant toujours les touches avec une envie peu dissimulée. « Je présume donc que mon idée de rester dormir ici te plaît… » Finit par dire Macéo en s’accoudant au meuble de piano, en observant ses mains voyager le long du clavier. « Cette fois je compte sur toi pour me soutenir et pas envoyer en l’air mon plan, hein… » Continua-t-il en lui adressant un clin d’œil taquin. Milo immobilisa ses mains pour relever le visage vers lui et lui tirer la langue. « Si ton plan est moins foireux que l’autre il n’y a pas de risques. » Déclara-t-il comme si tout avait été de sa faute. Mais le regard de Macéo se tourna en direction de l’employé qui semblait avoir trouvé son supérieur et à qui il parlait certainement d’eux, Milo suivit son regard pour les observer à son tour, celui qui semblait être le propriétaire des lieux était loin de ressembler au grand guitariste charismatique et imposant que l’on avait décrit à Milo. Il était imposant certes, mais pas par son charme. C’était pourquoi Milo avait paru aussi surpris que Macéo fasse son jaloux. « Rectification… Tu ne fais pas les yeux doux mon Milo… ça a l’air d’être un type qui va vouloir te bouffer tout cru et va seulement t’accepter toi pour ce soir… » Milo leva les yeux au ciel. « Je resterai pas si t’es pas là qu’est ce que tu crois. Même s'ils ont tout pleins de beaux claviers. » Répliqua-t-il juste avant que le directeur arrive à leur hauteur, il n’avait pas débattu sur le fait que ce dernier aller le manger tout cru. Le nouveau venu leur adressa un sourire qui se voulait commercial et accueillant, Milo soutenu son regard quand celui-ci se posa sur lui, évidemment qu’il attendait que ça soit lui qu’il l’ouvre, le bébé ignorant qu’il avait engagé était certainement venu se lamenter, mais Macéo ne le voyait vraiment pas du même œil et à peine le directeur eut il parler que déjà un Spooky protecteur vint se placer devant lui. Milo aurait bien voulu protester mais comme on lui avait bien fait comprendre qu’il ne devait pas tout faire capoter le plan de monsieur Cubbins-le-grand-stratège, il s’abstint le laissant parler pour eux deux, et posa simplement sa tête sur son épaule pour écouter la conversation. « Oui, on voulait savoir jusqu’à quelle heure vous restiez ouvert ce soir… » Milo se retint de ne pas soupirer, ou encore de s’exploser le front contre sa paume. Le plan de Macéo paraissait encore moins au point que celui du Starbucks. Le gérant afficha un air soulagé, certainement parce que cette question était bien plus banal que ce à quoi il s’attendait réellement. « Jusqu’à 18h30 comme tous les jours. » Milo le savait, tout comme Macéo et c’est pour ça que Milo cherchait à savoir ce que Macéo préparer et où est ce qu’il voulait en venir. Il sursauta quand Macéo lâcha un rire, se dégageant de son épaule tout en gardant un air stoïque, encore une fois pour ne pas faire de gaffe. Le propriétaire des lieux avait perdu son sourire, ne comprenant pas plus que Milo la signification de ce rire, mais lui ne se gênait pas pour le montrer. Macéo prit Milo par les épaules pour le pousser à tourner le dos à leur interlocuteur, poursuivant sa comédie alors que déjà le brun peinait à se retenir de sourire. « Tu vois ? Je te l’avais dit qu’ils ne la faisaient pas la Nuit Blanche. » Milo se mordit la lèvre pour ne pas rire devant ce terrible accent français que Macéo essayait de copier, le regardant avec des yeux moqueurs, mais le regard que lui rendit Macéo le poussa à se prêter au jeu. Ses épaules s’affaissèrent donc dans une moue faussement déçue, gardant le silence pour ne pas que sa voix ne trahisse le rire encore coincé en travers de sa gorge.  « Déjà qu’ils ne gèrent pas pour ce qui est des informations et étiquettes… » Milo haussa un sourcil, alors que Macéo posait les peaux de batterie qu’il avait sûrement choisies pendant que Milo s’était attardé sur le piano, Milo le vit jeter un coup d’œil au gérant du magasin qui ne savait plus trop quoi dire, bégayant bêtement sans comprendre de quoi parlait Macéo. « La nuit blanche ? » Finit-il par demander alors que Milo peinait à emboîter le pas de Macéo en direction de la sortie. Ce dernier s’arrêta pour répondre. « La nuit blanche ? Le tout nouvel event qui débarque du pays du fromage ? Vous connaissez pas ? » Il laissa sa question en suspens sans donner d’explications supplémentaires, observant le type tout en cherchant certainement des détails à son mensonge. Milo le regarda, sourire en coin, moqueur, que l’homme dû prendre plus pour lui alors qu’il était réellement adressé à Macéo qui se galérait tandis que Milo n’était toujours pas décidé à l’aider dans ses excuses. Il serait capable de lui reprocher d’avoir tout foutu en l’air en essayant de l’aider. « C’est une nuit où les magasins de musique restent ouverts toute la nuit, et on joue et on discute et on partage sur la musique et c’est juste au top. » Il haussa des épaules en poursuivant : « Mais tant pis. » Il se retourna finalement vers Milo. « Viens, je sais que Sam Ash sur Sunset Boulevard ils la font, faut juste prévenir les autres de pas venir ici pour rien… » Soupira en le poussant à rejoindre la porte de sortie tout en prenant son temps. Milo laissa échapper un soupir plaintif. « Mais c’est loin... » Il s’arrêta dans ses paroles, jetant un regard à Macéo comme pour lui faire comprendre que si ça marchait pas ici ça ne marcherait pas ailleurs, mais ça n’avait pas vraiment d’importance, il y avait bien d’autres choses à faire… Milo se laissa aller contre Macéo qui le maintenait toujours par les épaules d’un air possessif. « S’il découvre que ton truc c’est de la connerie et qu’on a plus le droit de mettre les pieds ici je te boude. » Lui chuchota Milo à l’oreille en faisant mine de poser sa tête sur son épaule avant de reprendre à voix haute. « On prendra mon piano là-bas alors ? » S’enquit-il en lui faisant les yeux doux.  « Attendez ! » S’exclama alors le propriétaire alors qu’un sourire vainqueur s’affichait déjà sur les lèvres de Milo qui se stoppa dans le même temps que Macéo en restant calé contre ce dernier, il le poussa à se retourner pour faire face à l’adulte alors que celui-ci poursuivait : « On peut s’arranger pour laisser le magasin ouvert pour-… » Il ne put finir sa phrase, celle qui les auraient rendu vainqueur à leur petit jeu, celle qui aurait prouvé que Macéo avait des plans qui tenaient parfois la route. Mais tout tomba à l’eau quand le vendeur, penché sur l’ordinateur près de la caisse, intervint d’une voix tranchante. « Il n’y a aucune pseudo-nuit blanche nulle part à LA. » Milo le dévisagea, la bouche légèrement ouverte dans une grimace, perdant son sourire, se crispant contre Macéo alors que le vendeur était apparemment très fier de pouvoir rabattre le caquet de Milo à son tour. Il haussa des épaules en tournant son écran vers eux. « J’ai googlé. » Milo haussa un sourcil, ayant déjà reprit contenance, son regard passant du vendeur jusqu’à Macéo. « Il a googlé ! » Répéta-t-il d’un ton théâtral avec une pointe d’accusation dans la voix, avant de nouveau se retourner vers le vendeur. « Bien, maintenant tu peux googler tes produits pour savoir ce que tu vends. » Répliqua-t-il à son attention avant de tirer Macéo en direction de la sortie. « Oublie ce que je t’ai dit, je m’en fou de revenir ici ou pas. » Lâcha-t-il. Macéo opina à ses dires tout en le suivant jusqu’à l’extérieur. « Tant pis, vous aurez pas eu l’idée du siècle, de toute façon, engager des incapables en dit déjà long… » Milo sourit en entendant Macéo, celui-ci semblait bien plus vexé qu’il n’aurait dû l’être, deux fois que ses idées capotaient, ça ne pouvait que gâcher son humeur, et ça, Milo n’aimait pas, et c’était bien pour ça qu’il l’avait entraîné avec lui. Il craqua devant la moue qu’il eut une fois qu’ils furent de nouveau dans la rue. « Si proche du but… Si proche… Fallait qu’il vienne faire son malin l’autre… Je le recroise, il en bave. » Milo lui lança un sourire qui se voulait un minimum réconfortant. « C’est pas grave mon Spooky tu sais. On leur fera la guerre autrement qu’en abîmant tes mimines. » Tenta-t-il, le regardant soupirer pour la deuxième fois, alors qu’il posait les yeux sur lui. Milo était loin d’être découragé de son côté. Certes, il avait moyennement aimé de voir leur petit projet partir en fumée alors qu’ils le touchaient du bout des doigts. « Bon. Soit on tente avec Ash, soit on trouve autre chose, soit on va à ton concert à l’Echo… Choisis, j’ai plus la force, il m’a traîné l’imbécile… » Fit Macéo en laissant tombé sa tête contre l’épaule de Milo sans que son air boudeur ne puisse quitter ses traits. Milo tourna la tête pour déposer un bisou dans ses cheveux qui lui chatouillèrent le nez au passage. « Boude pas Spooky, je t’ai dit que c’était pas grave, la prochaine sera la bonne. Et puis il y a Spooky Junior Cubbins qui t’attends à la maison, tu pourras en faire du boumboum. » Il passa sa main dans la poche du jean de Macéo pour attraper son téléphone sans plus de cérémonie, entourant Macéo d’un bras autour de ses épaules pour le forcer à le suivre lorsqu’il se décala pour laisser les passants circuler sur le trottoir. Il chercha le programme de l’Echo pour le soir même avant de coller celui-ci sous le nez de Macéo. « Ah ah ! Vesperteen en première partie et House of Heroes monsieur faut-voir-si-c’est-pas-bof ! » Milo regarda de nouveau l’écran le temps d’une seconde. « En fait j’ai aucune idée de c’est quoi le premier, mais tu veux tenter ? » Demanda-t-il tout en fermant son onglet pour ensuite verrouiller le téléphone et le gardant en main. Il ne voulait pas vraiment trancher sur les différentes options qui s’offraient à eux, et Milo finit par poursuivre d’un air un peu plus hésitant, son but étant de redonner le sourire à Macéo. « On peut aller chez Ash avant puis aller jeter un coup d’œil, non ? Sauf si tu veux pas encore te démoraliser, vu qu'il y a une expression qui dit jamais deux sans trois... Pis si la musique est nulle on se barrera en slam sur les gens et on ira au Taco Bell ! » Il lui rendit son téléphone, le glissant dans sa poche sans se gêner alors que Macéo hocha la tête à sa proposition, au moins il n’était pas contre ses idées. « Va pour Ash, puis l’Echo pour pas que tu restes caler sur cette idée sortie de nulle-part que je critique tes idées, puis obligé Taco Bell. Oublie pas j’ai mal à mon crâne, pas de Taco Bell et je me meurs. » Déclara-t-il d’un ton dramatique qui fit sourire Milo, rictus moqueur bien que ses yeux s’attardèrent sur ses pieds pour essayer de cacher l’inquiétude qu’on pouvait y apercevoir. Il espérait que ce ne soit qu’un petit mal de crâne, et même s’il savait que Macéo plaisantait, il ne pouvait s’empêcher de s’en faire. La faute à qui encore une fois ? Milo chassa cette petit voix contradictoire qui sifflait dans sa tête, suivant le mouvement quand Macéo le guida jusqu’à l’arrêt de bus, son bras toujours autour de ses épaules, celui de Macéo autour de sa taille. Une fois arriver jusqu’à l’abri bus, Macéo checka son écran pour regarder l’heure, sans que Milo ne s’y intéresse plus, ce ne fut uniquement qu’à son soupir qu’il retourna pleinement à la réalité. « On y sera dans 40 minutes si on prend le métro à Highland, ça te va ? » Demanda Macéo qui lui faisait désormais face sans pour autant lâcher ses hanches. Il déposa un bisou sur le bout de son nez, arrachant un léger rire à Milo. « Oui ça me va. » Réussit-il à articuler sans en préférant conquérir ses lèvres, ses baisers allant descendre le long de sa mâchoire avant de glisser contre la peau de son cou, pour finalement y enfouir son visage. Il l’entoura de ses bras pour se serrer contre lui dans un câlin, l’étreinte le rendant presque somnolant. Ce fut l’arrivée du bus qui le força à se détacher de Macéo, il soupira en voyant le bus qui était plein à craquer mais se résigna à monter à bord, attrapant la main de Macéo dans la sienne pour ne pas en être séparé. Il se faufila à travers le petit monde qui ne prenait pas la peine de s’écarter pour l’aider à se frayer un chemin, il manqua de trébucher quand le bus reparti sans grande délicatesse mais continua sa traversée. Mais le bus était bien trop bondé pour que la moindre place assise ou près d’une barre ou encore contre une paroi du bus ne soit disponible alors il finit par s’arrêter près d’une porte de sortie, se concentrant sur la position de ses pieds pour ne pas tomber tout en prenant appui sur Macéo. « Je hais les transports en commun parfois... » Râla Milo alors que le bus s’était de nouveau arrêté et que quelques passagers s’entassaient autour d’eux pour sortir. Il repéra une place assise qui s’était libéré juste à côté et poussa Macéo vers celle-ci pour qu’il s’asseye avant de lui-même s’installer sur ses genoux avec un sourire ravi ignorant complétement les remarques de la petite vieille qui commentait avec sa voisine le comportement que pouvait avoir les plus jeunes. Milo s’amusa d’ailleurs à faire de même, tout en laissant ses doigts pianoter le long du bras de Macéo. « On s’ra pas comme ça quand on sera vieux hein ? On restera fun jusqu’à la fin de nos jours, dis ? » Continuait Milo en se calant un peu plus contre Macéo. Comme ses grands-parents, voire même plus. Milo n’avait jamais réellement pensé à comment il serait plus tard, adulte, plus vieux. Pensant toujours qu’il mourrait très certainement avant qu’il n’atteigne cet âge, mais la présence de Macéo le faisait penser différemment, il voulait vivre le plus longtemps possible pour être avec lui.Macéo observa les deux petites vieilles qu’avait désignées Milo, ce qui l’incita à le câliner un peu plus, pour le plus grand plaisir de Milo qui se laissa aller contre lui. « Promets-moi que si je me mets à porter ce genre de robe et à me mettre des bigoudis dans les cheveux, tu mettras fin à mes jours… » Sourit Macéo, provoquant un rire amusé chez Milo. Il  s’était perdu à s’imaginer son Spooky avec des bigoudis dans ses cheveux roses, et une vieille robe dénichée dans une friperie. Mais Macéo le sorti de cette drôle d’image en poursuivant. « Bien sûr qu’on ne sera pas comme ça… On se fera jamais assez chier pour en arriver là… » Affirma-t-il. Milo sourit se serrant un peu plus contre Macéo, ravi que ce dernier ne remette pas en question la possibilité qu’ils vieillissent ensemble, pace qu’au fond, c’était bien l’une des pires craintes de Milo. Ne se faisant pas suffisamment confiance à lui-même pour pouvoir croire que l’on veuille de lui pour toute une vie. Mais il arrivait de mieux en mieux à éloigner ces craintes, se permettant de rêver, parce que c’est ce qu’il faisait, il rêvait, peut être que s’il était resté un peu plus méfiant il aurait pu deviner ce qui allait arriver. Le soupir de Macéo poussa Milo à se redresser pour le regard, avec une pointe de surprise. « Enfin, faudrait déjà qu’on y arrive à cet âge-là, et vu que cette journée semble décidé à raccourcir notre vie, ne t’en fais pas mon Milo, si ça se trouve tu n’auras jamais de cheveux blancs ! » Milo leva les yeux au ciel, plus parce qu’il était soulagé que ce ne soit qu’une énième plainte de Macéo au sujet de cette journée, que par exaspération. Et alors que Macéo lui adressait un clin d’œil Milo fit une mine légèrement boudeuse, il s’apprêta à réplique mais déjà Macéo semblait s’intéresser de près à sa tignasse, y passant même un doigt alors que le concerné lui adressait un regard intrigué. « A moins que ce ne soit déjà le cas… » Finit-il par dire en faisant mine de chercher une preuve. L’air boudeur de Milo ne fit que s’accentuer alors qu’il passait une main dans ses cheveux. « Même pas vrai ! » Protesta-t-il alors qu’il faisait tourner une mèche autour de son index. Il poursuivit, toujours sur le ton de la protestation : « Pis c’est facile à dire de la part de quelqu’un qui se les colorie, hein. C’est carrément pas juste ça en fait. » Le bus pila au même moment et Milo s’accrocha dans un réflexe à Macéo tout en regardant à quel arrêt ils étaient rendus. « C’est pas là qu’il faut qu’on descende ? » Demanda-t-il finalement en continuant d’observer par la fenêtre, toujours fermement accroché à son Spooky. Ce dernier jeta un coup d’œil à l’extérieur à son tour. « Oopsy… » Lâcha-t-il en guise de réponse alors qu’il faisait tressauter ses genoux pour inciter Milo à en en descendre. C’est ce qu’il fit, alors que Macéo le poussait devant lui pour réussir à sortir avant que le chauffeur n’en décide autrement. « Safe ! » S’exclama Macéo alors que Milo soupirais simplement de soulagement, la rue ne lui avait jamais autant parue spacieuse qu’à cet instant. « Maintenant, red line ! » Poursuivit Macéo alors qu’il mêlait déjà ses doigts à ceux du brun pour avancer vers la bouche de métro. Milo espérait secrètement ne pas être aussi à l’étroit qu’il l’avait été dans le bus, et réprimait un peu d’y aller rien que par cette crainte, mais il suivit Macéo sans se plaindre. Tant qu’il était là, tout irait bien. Et puis Macéo lui offrait bien d’autres choses à penser. « Quant à l’injustice des cheveux… » Commença-t-il, en retrouvant ce même petit sourire en coin que Milo avait cru apercevoir dans le bus au moment où il avait mentionné l’injustice que c’était que d’avoir des cheveux colorés. « ça peut toujours s’arranger ça tu sais mon Milo… » Poursuivit-il. Milo ouvrit la bouche, comprenant finalement où il voulait en venir. « Tu penses sérieusement à me teindre les cheveux là ? » Demanda-t-il comme pour avoir une confirmation de ce que Macéo était en train de s’imaginer. Celui-ci semblait déjà en train de réfléchir à la question et cet air n’inspirait pas confiance à Milo. « Si ça te rassure contre les vilains cheveux blancs… » Sourit-il pour simple réponse, alors qu’il l’entraînait dans l’escalator. Ses mots confirmèrent les craintes de Milo qui secouait déjà la tête de gauche à droite. « J’ai pas de cheveux blancs. » Protesta-t-il se promettant tout de même de vérifier ça dans le miroir de la salle de bain lorsqu’ils rentreraient. Arrivés sur le quai, Macéo checka encore une fois le temps d’attente, sans pour autant s’arrêter dans ses nouvelles envies capillaires. « On se prête bien nos vêtements, je peux bien te prêter mes colorants à chevelure… » Continuait-il sans vouloir s’arrêter. Milo leva les yeux au ciel en le laissant espérer. « Certes, mais le rendu rendrait beaucoup moins bien sur moi, alors on y repensera plus tard. » Lâcha-t-il avant de s’engouffrer dans le métro qui venait d’arriver. Ils ne peinèrent pas à trouver une place assise. Milo se colla pourtant contre Macéo d’un air las tandis que Macéo comptait déjà les arrêts qui les séparaient du magasin. « Plus que neuf et on est bons mon Milo, pas trop ko ? » Lui demanda-t-il en lui caressant la joue du pouce. Milo ferma les yeux à ce contact avant de le regarder en lui adressant un sourire. « Nope. » Mentit-il. « On a encore un programme chargée. » A dire vrai, il ressentait un peu de fatigue depuis que le calme était revenu autour d’eux, ce qui était normal vu le début de leur journée et le peu d’heures de sommeil qu’ils avaient accumulés. Il entoura Macéo d’un bras tout en posant sa tête contre son torse. « J’avais dit que c’était loin aussi. » Lâcha-t-il d’un ton plaintif. « Tu sais qu’on aura à faire complétement demi tour pour aller à l’Echo hein, et au Taco Bell. » Continua-t-il dans sa lancée. « Donc pas le moment d’être ko. » Finit-il en redressant la tête pour venir joindre ses lèvres aux siennes, puis son inquiétude repointa le bout de son nez. «  Et toi Spooky t’es fatigué ? Ta tête elle va comment ? » Demanda-t-il en se redressant complétement pour l’observer. Il commençait à se demander si le traîner à un concert était un bonne idée quand l’on prenait en compte son mal de crâne…  Macéo arborait un petit sourire alors qu’il lui volait un baiser. « Tu l’as dit toi-même, pas le moment d’être ko ! T’en fais pas, ça va aller. Faudra juste que ce soir tu me chouchoutes comme jamais… » Répondit-il dans un grand sourire, Milo fronça des sourcils en l’observant, semblant réfléchir à ce qu’il venait de dire. Non pas qu’il se refusait de chouchouter son Spooky, ça il aimait et ne s’en plaindrait jamais. Cependant l’inquiétude de Milo à son égard n’arrivait pas à disparaître. Il se força à le croire, du moins pour le moment, et de se contenter de le surveiller discrètement pour voir comment les choses avanceraient. Et à peine eu-t-il conclu sur cette décision que Macéo reprenait déjà la parole, le sortant de ses pensées. « Normalement faudra pas que tu me porte… » Milo laissa un sourire moqueur se dessiner sur son visage à ces mots. « Normalement. » Répéta-t-il d’un ton faussement suspicieux, comme pour insister sur le fait que la simple présence du mot faisait planer le doute. « Tout dépendra de ce que donne l’Echo et celui que j’aurai dans mon crâne, bien sûr. » Poursuivit-il, apparemment en pleine réflexion, tout en jouant d’un doigt avec ceux d’une de ses mains pour seule occupation. Milo baissa les yeux vers sa main pour le regarder faire, il aurait voulu lui répondre qu’ils n’étaient pas obligés d’y aller, qu’il y en avait plein d’autres des concerts, mais Macéo n’avait pas fini alors il le laissa continuer. « Après, faudra bien sûr qu’on passe au moins une bonne heure au Taco Bell… Sinon j’aurai des lésions grave, je le sens, je le sais… » Dit-il d’un ton sérieux alors que Milo levait au ciel. « Au moins tout ça. » Lâcha-t-il, amusé par son ton soudainement trop dramatique pour être crédible. « Mais pour sûr, après une bonne cure à dose de Milo, bisous, câlins, dodo, demain ça sera disparu. » Milo sourit, beaucoup plus satisfait par cette réponse. « Alors n’y pense plus mon Milo. » Ajouta-t-il en finissant sa phrase d’un baiser. « Et plus que… six arrêts ! Tu vois, ça passe vite ! » Milo le regarda avec une moue. « Ça passe pas vite on en est même pas à la moitié ! » Protesta-t-il en s’étalant sur lui. « Mais on fera pas demi-tour parce que ça veut dire qu’on aura fait tout le trajet pour rien. » Ajouta-t-il pour que Macéo épargne sa salive. Il cherchait à s’installer confortablement, même s’il n’y avait pas tant d’attente que ça. Et confortable se définissait chez lui par l’option oreiller de Macéo. Il se frotta la joue contre le t-shirt de celui-ci pour se forcer à ne pas s’endormir. Il déposa un bisou contre la poitrine de Macéo, montant jusque son cou avec un bref « Je commence ta dose de bisous maintenant pour que tu tiennes le coup. » pour seule excuse, avant de se redresser pour le fixer.  « Dis Spooky... Si je t’avais dit oui, tu les ferais quelle couleur mes cheveux ? » Demanda-t-il soudainement intrigué par la question. « Et ça veut pas dire que je vais dire oui. T’emballes pas ! » Finit-il par ajouter avant qu’il ne parte trop dans son enthousiasme. Il jeta un coup d’œil à l’extérieur, perdant déjà le compte du nombre de stations restantes, lui qui s’était le plus plaint sur la longueur du trajet, il ne faisait même pas attention à où est ce qu’ils en étaient. Le sourire de Macéo ne s’était  pas effacé malgré la dernière remarque de Milo, il haussa même des épaules en répliquant. « Pour l’instant, peut-être… ça t'intrigue... c'est déjà bon signe... » Voilà qu’il se mettait à espérer un peu plus, amusant Milo par tant d’enthousiasme. Ce dernier lever les yeux comme pour observer, sans succès, les doigts de Macéo parcourir ses cheveux, alors que celui-ci semblait réfléchir : « Rose, on aura la couleur couple ! Sinon… » Milo peinait à s’imaginer les cheveux de cette couleur, il peinait à se les imaginer de quelque couleur que ce soit, en dehors de celle qui leur était naturelle. Il observait donc son air sérieux, mi-intrigué, mi-inquiet par ses pensées. « Du violet… ou de l’arc-en-ciel… mais celui avec du rose… c’est mieux… » Milo lâcha un rire, alors que les doigts de Macéo traçaient des lignes imaginaires comme pour se mettre d’accord sur le rendu de ce qu’il racontait. « Je t’ai dit de pas t’emballer Spooky tu sais. » Se moqua Milo, le trouvant bien trop investit d’un seul coup, à faire trop de projets, Macéo pourrait bien fini par ne même pas lui laisser le choix sur la question. Du bout des doigts Macéo attira son visage à lui pour lui voler un baiser avant de poursuivre son argumentation pour le convaincre. « Quoiqu’il arrive tu seras toujours le plus beau, alors ça coûte rien d’essayer non ? A moins que tu n’aies une couleur en tête ? » Milo s’apprêtait à réfuter, le contre dire, mais Macéo poursuivit bien vite dans un haussement d’épaules tout en désignant sa tête du bout des doigts. « Sinon tu peux aussi tous les faire blanc pour cacher celui-là… » Les yeux de Milo s’agrandirent dans le même temps où il saisissait ce que lui racontait Macéo et que ses mains vinrent couvrir ses cheveux. « Mais raconte pas n’importe quoi !! » Protesta-t-il, jetant quand même un coup d’œil dans le reflet de la vitre pour vérifier, mais il n’y voyait pas vraiment grand-chose. Alors il se retourna à nouveau vers Macéo, son visage à quelques centimètres du sien comme pour mieux percevoir dans ses yeux la réponse. « C’est pas vrai, hein ? » Demanda-t-il avant de se réfugier dans ses bras à nouveau. « Je veux pas devenir vieux tout de suite. » Se plaint-il, sa voix à moitié étouffée par le tee-shirt de Macéo. Il resserra son emprise sur ce même tee-shirt alors que le metro ralentissait de nouveau, s’arrêtant à une nouvelle station, Milo ignorait laquelle, ne sachant pas si c’était là bonne, et il n’avait soudainement plus envie de bouger de sa place, il était bien où il était, il pourrait bien y rester éternellement. Ses yeux se relevèrent tout de même jusqu’à la fenêtre sans se décoller de Macéo. « Spooky, on arrive... » Dit-il tout en déposant un nouveau bisou contre son torse avant de se redresser. Il releva la tête sans cacher sa déception dans un soupir. « Let’s go mon Milo… » Milo hocha de la tête alors que sa main se joignait à celle de Macéo, pour sortir du metro. La station n’était vraiment bondée, mais Milo resserra tout de même ses doigts autour de la main de Macéo pour parcourir les tunnels, son regard passant sans arrêt de là où il mettait les pieds, à Macéo. Il avait beau l’avoir rassuré, ou du moins, tenter de le rassurer, Milo continuait à penser qu’il minimalisait la douleur et qu’il n’allait pas aussi bien qu’il essayait de le prétendre. Mais Macéo ne laissa rien paraître et Milo finit par se tranquilliser alors qu’ils arrivaient enfin dans la rue et que Macéo lui adressait un sourire, embrassant brièvement ses lèvres avant d’entamer les quelques mètres qui les séparaient encore de Sam Ash. La rue était bruyante, l’heure de pointe en était la principale cause, Milo posa sa tête contre l’épaule de Macéo alors qu’ils arrivaient enfin devant la façade du magasin. « On a réussi ! » Sourit Milo en redressant la tête.  « J’espère qu’ils ont de quoi motiver après qu’on se soit crever de la sorte pour leurs jolies bouilles… » Marmonna Macéo alors qu’ils passaient l’entrée en même temps la main de Milo toujours dans celle de Macéo. Milo regardait déjà partout autour de lui, à s’en dévisser le cou, alors qu’ils avaient à peine passé le seuil de la porte. « On commence par quoi Spooky ?? » L’interrogeait déjà Milo en tirant sur sa main qui ne semblait pas vouloir le lâcher. « Oublie la question, je sais ! » Finit-il par dire en repérant le rayon qu’il voulait. Il passa devant les vendeurs dans un bref « bonjour », tirant son Spooky derrière lui à travers le magasin, passant devant deux-trois clients qui gênait le passage. Milo prit le temps de repérer les claviers qui l’intéressaient de quelques coups d’œil, avant d’arriver enfin dans le fond du magasin. « J’ai cru comprendre que t’avais besoin de faire le plein, et on est parti sans rien prendre tout à l’heure. » Expliqua Milo alors qu’il tirait toujours Macéo avec lui, au grès de ses envies, louchant brièvement sur les sets en expositions. « Et je pourrais même pas avoir mon piano parce que je l’ai pas vu ici… » Poursuivit il en lançant un regard triste en direction du rayon concerné. « Mais y a un clavier maître MIDI que je veux voir donc tu prends pas trop ton temps, hein, parce que ils vont bientôt fermer et on nous observe… » Finit il en baissant progressive la voix et en laissant son regard glisser sur un des vendeurs qui les observait. Il se serra contre Macéo dans un mouvement possessif avant de le lâcher des yeux. « Alors tu veux quoi mon Spooky ? » Il déposa une bise sur son front pour l’inciter à patienter, regardant calmement autour de lui. Milo suivait son regard pour observer chaque article sur lesquels il posait les yeux, son visage marquant son accord ou désaccord avec les possibles choix de Macéo. Il lui lançant quelques regards pressants pour la forme, ne pouvant s’empêcher de garder un œil sur les claviers qui se trouvaient dans son champ de vision. « Je ne sais pas… Faut que je réfléchisse… » Milo lui lança un regard suspicieux et ne se gêna pour répliquer. « T’avais l’air beaucoup moins hésitant tout à l’heure. » Marmonna-t-il d’un ton accusateur. Il le suivit pourtant sans plus de protestations, tapotant parfois ses doigts contre le dos de sa main pour signaler son impatience, posant quelques fois sa tête contre son épaule quand il perdait l’intérêt de pianoter sur sa main. Il eut le droit à un doux sourire qui méritait toute la patience du monde, le tout accompagné d’un clin d’œil. « Ca va, t’inquiète, je me dépêche. Je sais ce qu’il me faut… » Il fit finalement son choix, faisant naître un sourire satisfait sur le visage de Milo. « Là, c’est de ça dont j’ai besoin… » Dit-il en s’emparant d’un set de peau qu’il cala sous son bras avant de prendre la direction du rayon favori de Milo. Celui le suivait d’un pas désormais plus enjoué que la seconde d’avant. Il manque donc de se prend Macéo de plein fouet lorsque celui-ci s’arrêta devant les baguettes. « Ah… et de ça aussi… » Milo croisa les bras contre son torse en attendant, feignant d’être vexé, mais il fit son choix rapidement cette fois ci, choix que Milo approuvait. « C’est bon maintenant ! » Lui sourit Macéo. Milo lui arracha les baguettes des mains pour pouvoir s’emparer de nouveau de la sienne. « Sûr ? » Ironisa-t-il dans un souffle dans un sourire taquin. Il aurait peut-être mieux fait de se terre vu que Macéo jeta un dernier coup d’œil derrière lui, le faisant une nouvelle fois s’arrêter, et donc Milo avec, qui se retourna vers le coupable. « Macéo Jim Cubbins, je te certifie que si tu t’arrêtes encore une fois sans prévenir, je me dérangerais pas pour te marcher dessus. » Marmonna-t-il pour lui-même dans un grognement. Mais il se radoucit en le voyant regarder amoureusement un set de batterie en expo. Celle qui lui faisait envie depuis un moment. « Bientôt ma belle… »  L’entendit-il marmonner à sa douce. Milo sourit en se rapprochant de lui. « J’en serais presque jaloux. » Murmura-t-il à son oreille sur le ton de la taquinerie. « C’est bon on peut y aller maintenant ? Ou tu vas nous faire du boum-boum-paf maintenant que mademoiselle te fait du rentre dedans ? » Poursuivit-il, toujours aussi taquin. Il était tout de même envieux de voir son Spooky en action, il ne se lassait jamais de le voir jouer. « C’est bon, c’était le dernier arrêt, maintenant direction le paradis de mon Milo ! » Milo lui adressa un sourire ravi, alors qu’ils atteignaient enfin le rayon tant désiré, entourés par de multiples claviers certains préférés par Milo que d’autres. Milo sentit les doigts de Macéo desserrer leur emprise sur sa main et celui-ci n’en réclama pas plus pour s’échapper alors que Macéo devinait déjà ce qui lui avait tapé dans l’œil. « C’est celui-là ? » Lui demanda-t-il alors que Milo hochait déjà la tête. « Tu le testes ? » Réclama-t-il. Milo lui sourit, en tapotant les touches pour voir si elles étaient aussi lourdes que sa présentation le laissait prétendre. « Nope. Faudrait demander à un vendeur et pas envie. Mais par contre… » Répondit-il, laissant sa phrase en suspens alors qu’il attrapait la main de Macéo pour le tirer un peu plus loin. Il lâcha sa main et s’arrêta devant un synthé qui n’avait pas grand-chose à envier aux autres, branché et ne demandant qu’à être utilisé. « MOXF6, même si c’est plus vraiment le même prix. Mais écoute ça… » Il rendit les baguettes à Macéo et ses doigts vinrent rencontrer les touches le temps d’une minute, improvisant une mélodie. « Ça vaut pas le Roland du même genre où tu peux avoir tes MIDI directement dessus sans avoir à brancher PC ou mémoire flash dessus mais j’aime pas cette marque, et puis le séquenceur est beaucoup plus chiant que sur celui-là… » Lâcha-t-il d’une traite avant de se stopper dans son monologue, ses yeux se posant sur un pauvre Ukulélé blanc abandonné à deux mètre de là. « Spooky regarde, il est trop mignon… » Lâcha-t-il en allant s’en emparer, chatouillant les cordes, dans un petit rire. Il regarda à droite, puis à gauche mais le rayon était vide, il n’y avait qu’eux deux, le magasin fermait bientôt et s’était déjà vidé, le rendant pratiquement désert, et c’était tant mieux.  « Wise men say, only fools rush in. But I can't help falling in love with you... » Commença-t-il à chantonner dans un sourire en coin tout en grattant les cordes, ne finissant qu’à moitié la chanson. Il s’arrêta en adressant un grand regard triste à Macéo. « Spooky il est trop cool ! On peut l’adopter ? » Milo n’était pas du genre à réclamer, ça ne lui avait jamais été permis, mais parfois il lui arrivait de tenter quelques petites demandes, bien qu’il était toujours raisonnable dans celles-ci et n’insistait jamais. . Macéo se redressa et s’avança vers lui pour observer l’instrument d’un peu plus près. Milo continua de l’observer d’un regard suppliant en gardant le ukulélé dans ses bras, ne fermant les yeux qu’un bref instant lorsque ses lèvres rencontrèrent les siennes. « T’as chanté ça pour me faire accepter d’office c’est ça ? » Il lui adressa un sourire, caressant sa joue alors que Milo prenait un air faussement offensé de cette accusation. « Mais non… Peut-être ? » Répondit-il finalement dans un petit sourire, faute avouée à moitié pardonnée, non ? Macéo lâcha un rire avant d’annoncer sa décision. « Même si tu risques de lui accorder plus d’attention qu’à moi, bien sûr qu’on le prend, sinon je sens que le boudage sera très dur et long… » Milo sauta en l’air en signe de victoire, pleinement satisfait de cette réponse, bien qu’il se pressa de le contredire. « Mais non je t’aimerais toujours plus, et puis j’aurais pas bouder, c’est pas vrai. »  Milo l’embrassa en guise de remerciement, mais aussi pour l’empêcher de répliquer, de changer d’avis. Macéo plaça ses achats sous son bras et glissa ses baguettes dans sa poche arrière de jean, Milo gardant son cadeau précieusement dans ses bras alors qu’une voix vint les prévenir que le magasin fermait ses portes à travers les hauts parleurs. « Tu veux regarder autre chose avant qu’on se fasse jeter dehors ou je peux filer payer tout ça ? » Lui demanda Macéo en tendant la main pour se laisser guider. Milo pris le ukulélé par le manche pour libérer une main et s’en emparer tout en secouant de la tête à la négative. « Nope. On peut y aller. » Répondit-il en le tirant vers le comptoir d’encaissement. « C’est à quelle heure que ça commence le concert déjà ? » Demanda Macéo alors qu’ils arrivaient à la caisse. Milo fronça des sourcils en fouillant dans sa mémoire l’heure qui avait été indiqué quand il avait cherché le programme, bien que les horaires soient la plupart du temps les mêmes. « Mmh… Ils commencent à 20h30 généralement donc faudrait y être une demi-heure avant pour ne pas être trop embêté ? »  Répondit-il en alors qu’il réfléchissait au temps qui leur restait. « Il faut trente bonnes minutes pour aller jusqu’au Taco Bell et vingt minutes ensuite jusqu’à l’Echo, une heure pour faire large, ça laisse une demi-heure de Tacos pour qu’on soit là-bas à l’avance. » Répondit-il en faisant le calcul. Il attrapa les baguettes de Macéo qu’il mit dans son sac à dos avant d’y ranger délicatement son nouveau jouet, fermant la fermeture pour laisser uniquement le manche dépasser. Il récupéra la main de Macéo qu’il avait lâcher pour le laisser payer avant de le tirer vers la sortie. « Aller, on se dépêche, ai faim, et puis faut que tu sois en forme pour le concert ! » Il leva les yeux au ciel sous la reflexion de Milo qui lui lança un regard réprobateur, il continuait de s’inquiéter pour son crâne et c’était tout à fait légitime, Macéo étant loin d’être du genre à se plaindre. Milo préférerait qu’il le fasse un peu plus parfois, qu’il se ménage un peu plus, qu’il ne garde pas tout pour lui. « Mais je suis en forme… » Protesta-t-il d’un air boudeur. « Mais oui. » Soupira Milo qui voulait tout autant y croire. « Je vise simplement le top de ta forme. » Poursuivit-il alors qu’ils arrivèrent dehors. Il n’avait pas lâché la main de Macéo alors qu’ils attendaient le bus, ce dernier avait posé sa tête sur son épaule tout en surveillant son arrivée. « Bus, bus, bus… » Chuchotait-il en guettant la rue. Milo ne cacha pas son amusement. « Il arrive. » Répondit-il d’une voix tout aussi basse alors qu’il repérait une masse orange et grise un peu plus loin. Ils s’y engouffrèrent rapidement, Milo laissant Macéo prendre les devants qui trouva rapidement un siège et tendit aussitôt ses bras vers Milo une fois installé. Milo s’assit sur ses genoux, sentant ses bras l’entourer avant qu’il ne vienne caler sa tête contre son torse. Milo en profita pour venir caresser sa nuque du bout des doigts. Il s’arrêta alors que Macéo redressait la tête, il avait une de ces bouilles qui lui donnait envie de l’embrasser dans la seconde, mais il se contenta de se perdre dans ses yeux moka et de l’écouter. « Ai faim aussi… tu vas prendre quoi mon Milo ? » Demanda-t-il, Milo se redressa un peu en réfléchissant, il n’y avait pas réfléchit, et n’en avait strictement aucune idées, tout lui faisait envie dans ce restaurant. « Je sais pas... » Répondit-il toujours dans l’hésitation avant qu’il ne finisse par trouver la solution. « On a qu’à prendre une boite ? Comme ça si on a pas fini on finira sur la route ? » Proposa-t-il dans un haussement d’épaule, c’était le seul compromis qu’il avait trouvé. « Et puis comme ça tu pourras pas te plaindre que t’as eu que une demi-heure de Taco Bell. » Poursuivit-il comme si cet argument était purement valable, il clôtura sa phrase en scellant ses lèvres aux un bref instant, lui qui en avait eu tellement envie depuis qu’il avait redressé la tête.





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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Sam 17 Sep - 1:42


SEPTIEME ACTE





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... « Va pour une boîte… Mais avoue qu’une demi-heure c’est pas des masses quand même… » Bougonna Macéo, plus pour la forme, alors qu'il revenait à la charge pour lui voler un nouveau baiser alors que Milo haussait des épaules. Il saurait lui même s'en contenter, ce n'était pas comme si il n'aurait plus l'occasion d'y retourner avec lui. Ils étaient tous les deux et rien ne semblait pouvoir les séparer de nouveaux. Les dernières tentatives avaient été des échecs, et même s'ils semblaient persévérants, Milo semblait toujours y croire un peu plus. « Mais je dirai rien de plus, ça va… » Milo leva les yeux au ciel devant cet ajout, mais ne répliqua pas, profitant de l'étreinte un peu plus forte de Macéo qui l'attirait un peu plus contre lui, posant de nouveau sa tête à sa place initiale, soit contre son torse. Milo laissa ses doigts voyager de nouveau le long de la nuque de Macéo. Il posa sa tête sur le coté contre l'appuie-tête du siège, pour ne pas le déranger, se laissant lui même bercer par les mouvements du bus, ses paupières se refermant lentement alors qu'elle revenait à la charge. Il.  Tu devrais peut être redescendre de ton nuage, vous avez eu de la chance, si on peut considérer que tu es chanceux. Et si ce n'était pas de la chance, que tu allait payer le prix fort pour t'être rebeller encore une fois ? A qui se sera le tour cette fois, le petit vieux ? Ou mamie gâteau peut être ? Lui ? Les yeux de Milo se rouvrir brutalement sur Macéo au même moment où celui ci redressait la tête. Il se força à esquisser un sourire avant de se rendre compte qu'il n'avait pas besoin de se cacher, l'approche du Taco Bell captait toute l'attention de Macéo. « C’est là ! C’est là ! C’est là ! » Milo descendit de ses genoux dans un bond, tout aussi ravi de pouvoir enfin se remplir l'estomac, attrapant son sac posé à leurs pieds, qu'il mit sur une épaule sans avoir plus le temps de s'apprêter vu que Macéo débordait déjà d'enthousiasme. « A faim ! » Dit-il en se relevant et serrant la main de Milo pour l'entraîner dehors puis jusque dans le restaurant. « Y’a du monde… » Se plaint Macéo dans un soupir, Milo entoura ses épaules d'un bras, posant sa tête sur son épaule. « Ça va passer vite. » Dit-il en tentant de le rassurer, mais il n'avait pas entièrement tort, la file d'attente diminua bien vite, si vite que les deux garçons peinaient encore à se mettre d'accord sur leur choix au moment où il firent face à la vendeuse. Ce fût Milo qui prit les devants. « Bonjour ! Un pack 12 cheesy Doritos s'iou plaît, et deux Cheesy Gordita Doritos avec deux Pepsi. » On les fit patienter, et Milo vint de nouveau poser sa tête contre Macéo. « Il va aller mieux ton bobo à la tête avec tout ça, hein ? » Lâcha-t-il timidement. Mais on ne lui laissa pas le temps d'avoir sa réponse, l'employée qui avait pris leur commande leur apporta un plateau chargé, Milo lâcha la main de Macéo pour s'en emparer, quittant la file en veillant à ce qu'il suive avant de s'arrêter pour chercher de la place. Il finit par trouver une table dans un coin calme, pas la peine d’encombrer Macéo avec le brouahah environnant lorsqu’ils pouvaient l’éviter. Il se laissa tomber sur la banquette, posant le plateau devant lui dans le même mouvement alors que Macéo prenait place en face de lui et venait mêler ses jambes aux siennes, aimait cette habitude, s’amusant parfois à garder l’un de ses jambes prisonnière entre les siennes come pour lui interdire de filer, ou simplement lui rappeler qu’il était à lui, et rien qu’à lui. « C’est surtout mon bidou qui va aller beaucoup mieux, oui. » Sourit-il en s’emparant déjà d’un tacos avec appétit, il prit tout de même le temps de répondre à ses inquiétudes au sujet de son bobo à la tête avant de croquer dedans. « Mais je te prierais d’arrêter de t’en faire pour ma tête, elle va très bien. » Milo fronça du nez d’un air peu satisfait, mais se contenta de lui faire confiance, et s’empara à son tour d’un taco, son estomac bien décidé à clamer haut et fort sa faim. « Bon zap mon Milo ! » Celui-ci lui répondit d’un sourire joignant son taco au sien comme pour trinquer. « Bon zapp Spooky ! » Dit-il avant de croquer dans le sien, bien décidé à ne pas en laisser une seule miette. « Y’a que ça de bon… » Souffla Macéo d’un air satisfait alors qu’il avait avalé sa dernière bouchée. Milo l’observa du coin de l’œil, alors qu’il lui souriait. « Vrai. » Approuva Milo à ces mots. « Avec les oreos, le lait et les céréales... » Ajouta-t-il tout de même après réflexion. Tout ce qu’il y avait de mieux pour la santé donc. « Je pourrais passer ma vie à me nourrir que de ça… » Continuait Macéo qui continuait de manger avec appétit, alors que Milo sirotait son soda en jouant avec sa paille entre ses dents. « Faudra que notre prochain chez nous soit près d’un Taco Bell, hein mon Milo ? Sinon on va être triste. Et pas que je ne sois pas doué en cuisine, mais je pense qu’on arrivera jamais à les égaler… » Poursuivit-il entre deux bouchées. Milo esquissa un sourire. Macéo était carrément doué pour la cuisine, beaucoup plus doué que lui en tout cas. Il se contentait des plats qui ne comportaient pas trop de risques, et laissait la main dès qu’il en avait l’occasion. Il avait un sérieux problème avec les dosages, ce qui donnait parfois de belles catastrophes, et ses plats avaient toujours tendance à trop cuire, à croire que la gazinière ne l’aimait pas. Pourtant il ne se souvenait pas avoir eu plus de problèmes que ça auparavant, peut-être était-ce seulement celle des parents de Macéo ? « On trouvera bien un endroit à nous près d’un Taco Bell. » Acquiesça-t-il dans ce même sourire. « Même si je saurais bien m’adapter au service à domicile. » Ajouta-t-il en venant lui essuyer le coin de sa bouche alors qu’il continuait à engloutir ses tacos. Milo avait bien fait d’en prendre un peu plus finalement, sinon un des deux aurait fini avec le ventre pas suffisamment rempli. Il regarda l’heure qu’affichait le restaurant avant de laisser échapper un rire en voyant ce qu’il restait sur le plateau. « Pas la peine de te goinfrer mon Spooky, à ce rythme tu vas finir avant même qu’on ait à partir. » Dit-il sur le ton de la taquinerie alors qu’il portait un nouveau taco à sa bouche. « Après tu vas t’endormir dans le métro pace que t’as trop mangé, ou pire tu vas tomber malade. » Poursuivit-il dans un clin d’œil avant de reprendre son repas à son tour. Il haussa de épaules comme si les paroles de Milo n’étaient pas si véridiques. « Mais c’est pas ma faute, c’est mon bidou, il a faim, il me contrôle… Et les tacos ne me rendront jamais malade, ils sont gentils avec moi, toujours ! » Affirma-t-il  parfaitement sûr de lui. « Ils sont gentils avec toi, mais ce n’est pas le cas du metro et son habilité à freiner en douceur. » Milo lui adressa un regard tendre et laissa échapper un sourire lorsqu’il le vit jeter un coup d’œil au plateau sans toucher son contenu, préférant finalement s’attarder sur son gobelet, tout en battant du pied contre la jambe de Milo. « Puis vaut mieux qu’on les finisse au cas où les êtres humains lorgneraient sur notre repas… » Milo leva les yeux au ciel devant ce nouvel argument alors qu’il avalait sa dernière bouchée. « Personne touche à notre plateau, c’est déjà tout juste pour remplir nos bidous à nous. On les laissera pas toucher. » Affirma-t-il alors que la main de Macéo se mêlait à la sienne le faisant lever les yeux vers lui. « En profite pas non plus pour tous les manger hein… » Milo secoua la tête dans un sourire. « T’en fais pas, je t’en laisse un peu. » Le rassura-t-il sans pour autant se gêner pour se resservir alors que Macéo s’était trouvé un nouvel amusement qu’était les doigts de la main qu’il avait kidnappé, ne lâchant pas son petit ami du regard. « Tu sais que je t’aime hein ? » Milo s’arrêta net alors qu’il s’apprêtait à croquer de nouveau dans son taco, il regarda Macéo d’un air interrogateur, plus parce qu’il ne s’attendait pas à ce genre de déclaration venue sans crier garde que parce qu’il s’attendait à ce qu’il lui demande un truc tout de suite après. « J’espère bien. » Sourit Milo en croquant une bonne fois pour toute dans son taco. « Et moi aussi je t’aime mon Spooky. » Ajouta-t-il une fois la bouche vide. L’air sérieux de Macéo disparu de son visage pour venir lui voler un baiser, jouant avec sa lèvre inférieure avant de se rasseoir avec un sourire satisfait. Milo aurait aimé qu’il dure un peu plus longtemps, les yeux à demi-clos, il regarda Macéo qui se servait de nouveau sur le plateau, apparemment décidé à manger un peu plus doucement. « Je t’aime même plus que les tacos, tu te rends compte ? » Milo arqua un sourcil, et lui adressa un sourire amusé. « Merci mon Spooky, me voilà rassuré. » Se moqua-t-il en s’accoudant sur la table, la tête entre les deux mains pour le regarder manger un instant avant de se réattaquer lui aussi au plateau encore garni de tacos. Le plateau s’était vider rapidement, et si Macéo s’était enfoncé dans la banquette en sirotant son soda, Milo s’était étalé sur la table, la tête posée sur ses bras croisés. « J’suis trop plein… » Se plaint-il en battant des pieds tout en veillant à ce que la jambe de Macéo ne lui échappe pas. « Faudrait peut-être qu’on y aille maintenant ? » Déclara Macéo. Milo redressa la tête pour le regarder, avant de poser son menton sur un bras pour le regarder, beaucoup moins motivé que son amoureux. « Mmh… Oui. » Soupira-t-il. Il le sentit bouger, tentant de se lever de sa place avant de se laisser retomber. « Enfin pour ça faudrait que tu me libères une seconde mon Milo… » Déclara-t-il dans un petit rire. Milo lui adressa un sourire coupable avant de cacher son visage dans ses bras, toujours croisés sur la table.  « A trop mangé. Fatigué. Veux câlin. » Répondit-il en restant étalé sur la table sans pour autant desserré son emprise autour de sa jambe. Il releva la tête vers lui l’observant en faisant mine d’être sérieux. « Mais si je te libère tu vas partir sans moi, tu vas me laisser avec les gens tout là bas et je vais être obligé de vendre des tacos que je pourrais même pas manger pour pas dodoter dehors et pis un jours je craquerais et je finirai par en manger un je me ferais virer et je mourrai de froid et j’hanterais tous les Taco Bell pour te retrouver et me venger.. » Milo avait fini sa tirade dans un sourire avant de cacher son visage et de poursuivre, sa voix étouffée par ses bras. « Donc tu fais un câlin comme un gentil Spooky. T’as pas le choix. » Il lâcha sa jambe, attendant. Il n’eût le droit qu’à une « Merci bien… » en retour, ce qui eut l’art de faire Milo se renfrogner, mais il ne bougea pas, restant dans la même position, attendant son câlin, qui mit un peu trop de temps pour venir. Milo redressa la tête pour que Macéo puisse bien voir sa moue boudeuse en conséquence de cet affront terrible. Mais il revint vite pour se jeter sur la banquette près de lui, calant sa tête contre celle de Milo, adoptant lui aussi le bras de ce dernier comme oreiller, bisouillant son nez tout en laissant sa main faire des allers et venu le long de son dos et ses jambes se mêler à nouveau aux siennes. « Ça va mieux comme ça ? » Chuchota Macéo qui l’observait avec un sourire, Milo avait l’air ravi et vint kidnapper une lèvre de ce si joli sourire entre ses dents avant de l’embrasser chastement. « Parfait. » Affirma-t-il, frissonnant lorsque la main de Macéo vint se glisser sous le tissu de son tee shirt dans de nouvelles caresses. Il finirait par céder au sommeil s’il continuait ainsi. « Mais, dans tous les cas, on va pas pouvoir rester ici éternellement alors mon Milo… »  Commença-t-il alors que l’intéressé levait les yeux vers lui pour connaître la fin de sa phrase. Mais celle-ci ne vint pas, juste un baiser et voilà qu’il se redressait, et avant même que Milo ne comprenne ce qu’il prévoyait, il se redressa brutalement dans un sursaut et un « Spooky ! » plaintif, alors que les doigts de Macéo étaient venus lui chatouiller les côtes le temps d’une seconde. « On doit y aller ! » Milo lui adressa un regard mécontent, regard qu’il s’efforça d’autant plus de garder en constatant le grand sourire de Macéo, non peu fier de sa traîtrise. Heureusement qu’il savait se faire pardonner, embrassant brièvement Milo avant d’ajouter, juste pour être sûr : « Oublie pas que je t’aime hein mon Milo ! » Ce dernier se renfrogna un peu. « Oui, plus que les tacos paraît-il. » Répondit-il en lui tirant la langue. Réaction d’enfant, mais Milo l’avait toujours été un peu, d’autant plus lorsque la fatigue pointait le bout de son nez. Macéo semblait moins l’être, déjà debout, tendant la main vers son Milo pour l’inciter à le suivre. « Let’s go métro ? Ou pas alors ? » Milo se saisit de sa main, avant de se résoudre à se lever aussi. « Métrododocâlin. » Répondit Milo dans un bâillement en se collant contre Macéo. Ils sortirent du restaurant pour atteindre la bouche de métro la plus proche qui était justement à côté. Le wagon ne mit pas de temps non plus à arriver pour la plus grande joie de Milo qui rêvait de s’asseoir contre son Spooky pour les vingt minutes qui suivraient, soit toute la durée du trajet. Ce fût même lui qui prit les devant faisant s’asseoir Macéo dans le premier siège qui se présenta à eux, posant le sac à dos avec douceur à ses pied avant de s’installer sur ses genoux et de se lover tout contre lui. « Spooky… » Lâcha-t-il dans un marmonnement à peine audible, sa voix étant étouffée par le tee shit de Macéo contre lequel il avait posé sa tête. « Câlin. » Ajouta-t-il simplement en serrant contre lui de plus belle, s’emparant d’un de ses bras pour s’envelopper dedans. Il frotta sa joue contre son tee-shirt en grognant pour ne pas s’endormir, il manquerait plus qu’il rate l’arrêt. « Pourquoi c’est toi qui mange le plus et c’est moi qu’en paye les conséquences ? C’est trop pas juste. » Souffla-t-il avec cette même expression boudeuse, qu’il avait eu au Taco Bell. Il s’agrippa à Macéo pour ne pas tomber à la renverse alors que le wagon s’arrêtait, pour la troisième fois consécutive, au moins ne risquait-il pas de pouvoir somnoler en paix. « Quand je dis que les métro n’ont aucune délicatesse… » Bougonna-t-il, en se décidant finalement à se redresser pour déposer un bisou sur la joue de Macéo avant de passer une main dans son cou pour lui faire des papouilles. « Et toi ton cerveau va bien ? » S’enquit-il sans prendre le risque d’aller le vérifier par lui-même. Il aurait peut être dû après tout.  Il aurait peut être dû après tout. Macéo l’observa, fronçant des sourcils en faisant mine d’être mécontent. « Mon cerveau n’a jamais eu aucun problème dis donc mon Milo… » Répliqua-t-il et, sans lui laisser le temps de réagir ou de répondre à son tour, il lui vola un baiser avant de poursuive : « Et si tu veux parler de ce que je t’ai dit d’arrêter de te soucier… ça va, t’inquiète, si t’insiste plus longtemps je boude, d’accord ? » Milo le regarda sans se gêner pour afficher pleinement à quel point il était injurié dans une moue boudeuse. Il était vraiment en train de le faire chanter ? « T’as pas l’droit de me bouder d’abord… » Marmonna-t-il avec une voix d’enfant. Milo le lâcha pour croiser ses bras contre sa poitrine, tout en restant tout de même coller à lui, sa tête calée contre son épaule, il n’était pas question de le bouder trop longtemps quand même. « Et toi mon Milo, ça va ? » Celui-ci releva la tête vers lui, le dévisageant comme si la réponse était évidente. « Bah oui ! Hormis tes menaces de boudin à la noix bien sûr. » Répondit-il en s’accrochant de nouveau à lui pour lui faire un câlin. Il avait parfaitement choisi son moment puisque déjà, le metro s’arrêtait violemment, forçant Macéo à s’accrocher à une barre pour pas qu’ils ne volent à travers le wagon. « Va vraiment falloir leur apprendre à conduire… » Milo lâcha un sourire amusé devant les plaintes de Macéo avant d’hocher vivement de la tête pour approuver ses dires. Le prochain arrêt était pour eux. « Finalement, la nuit blanche… on aurait dû la faire dans le métro… » Chuchota Macéo parcourant la gorge de Milo à coups de multiples baisers, le faisant sourire de plus belle avant de venir chercher ses lèvres des siennes, jouant  avec l’une d’entre elles, la coinçant entre ses dents avec délicatesse le temps d’une seconde avant de rompre le baiser juste au moment où le wagon s’apprêtait de nouveau à piler. Milo attrapa son sac qui manqua de rouler jusqu’à l’autre bout du wagon avant de descendre des genoux de son Spooky. Il l’attrapa par la main pour le forcer à se lever et le tira à sa suite. « Aller Spooky, c’était l’avant dernière fois qu’on montait dedans et la prochaine il t’emmènera dans ton dodo. » L’encouragea Milo, du moins, si l’on pouvait appeler ça des encouragements. « Dans notre dodo. » Se corrigea-t-il dans un clin d’œil. Ils marchèrent sur Sunset Boulevard pendant à peine plus de deux minutes avant d’atteindre la petite façade de l’Echo. Un petit groupe de personnes s’entassaient déjà devant l’entrée et Milo jeta un coup d’œil à Macéo avant de serrer ses doigts autour de sa main et de l’entraîner avec lui. « On y est ! » S’exclama Milo en tirant sur le bras de Macéo avec un peu plus de force, oubliant la résolution qu’il s’était fate à lui-même qui était de ne pas trop le secouer, pour rejoindre l’entrée de la discothèque. Il lui déposa un bisou sur la joue une fois arrivé à la file d’attente comme pour se faire pardonner. Il tendit la joue pour en avoir un autre et Milo ne se fit pas plus prier pour lui en accorder un nouveau, puis un autre encore, et encore un autre, continuant jusqu’à finalement être interrompu pour payer leur billet. Milo ne se dérangea pas pour bien afficher sa mine boudeuse pour avoir été si vulgairement interrompu dans ce nouveau jeu qui lui plaisait tant. Le brouahah ambiant n’était pas des plus agréable mais Milo y avait été habitué, tout comme Macéo, aussi, il ne s’inquiéta pas plus pour lui, même s’il restait un minimum attentif à ses réactions, il aurait surement dû l’être un peu plus, mais Milo avait toujours cette tendance à s’éparpiller quand il débarquait à un concert, autant lorsqu’ils venaient voir des groupes se produire que lorsqu’il s’agissait de monter sur scène. Bien que dans cette seconde option, il lui arrivait d’être un peu plus calme aux premiers abords. Le droit de jugement de leur public auquel il s’exposait lui faisait toujours un peu peur, mais ça finissait toujours par disparaître aux premières notes jouées. Ces salles étaient comme une seconde maison pour lui, la première étant la maison des parents de Macéo. Milo fut cependant vite ramener à la réalité quand Macéo l’attira à lui alors que la foule se faisait toujours plus compacte les empêchant d’avancer plus. Il esquissa un sourire en sentant ses bras entourer ses hanches, et appuya son dos un peu plus contre lui alors qu’il pouvait sentir le souffle chaud de Macéo contre son cou. « Je te lâche pas… Va retrouver quelqu’un dans c’te foule… » Lui dit-il alors que Milo laissait un sourire naître sur ses lèvres. « J’aurais juste à grimper quelque part et crier à l’aide ? » Ironisa-t-il en laissant tomber sa tête en arrière pour trouver appui contre l’épaule de Macéo. « Mais t’es trop confortable pour que je laisse qui que ce soit me séparer de mon Spooky. » Ajouta-t-il après une seconde réflexion. La salle fut bientôt complètement pleine, ne leur laissant aucune échappatoire. « J’espère que tu voulais rien prendre à boire mon Milo, parce que là ça va être complexe… » Lui glissa-t-il en le serrant de plus belle, Milo secoua la tête à la négative pour seule réponse, alors que les cris d’encouragement commençaient à l’intention du premier groupe qui se lançait. Milo se redressait pour observer les musiciens qui avaient déjà commencé à jouer les premières notes, alors que plusieurs se mouvaient déjà sur la musique. Son regard passa de celui qui se trouvait le clavier, le premier auquel il s’était intéressé bien évidemment, jusqu’au chanteur, en passant par le guitariste, bassiste et batteur au passage. « Dis Spooky. » Finit-il par dire dans un froncement de sourcils, ses yeux se détachant de la scène pour se tourner vers Macéo. « Si je te dis que le chanteur j’aime pas sa tête c’est par jalousie tu crois ? » Demanda-t-il dans un sourire innocent. Mais son sourire disparu quand il décrypta les traits de Macéo, s’écartant un peu de lui pour pouvoir lui faire face et l’observer avec plus d’attention, ignorant les bousculades de ceux qui étaient à proximité. « Spooky ? Ca va ? » S’inquiéta-t-il en serrant sa main dans la sienne en cherchant une réaction. Il ne savait pas vraiment pourquoi il posait la question, ça n’avait clairement pas l’air d’aller. Il ne savait pas non plus pourquoi il s’était efforcé d’attendre une réponse, pourquoi il ne l’avait pas tout de suite emmené dehors, à croire que l’inquiétude lui avait gelé les neurones. Il ne savait pas vraiment pourquoi il posait la question, ça n’avait clairement pas l’air d’aller. Il ne savait pas non plus pourquoi il s’était efforcé d’attendre une réponse, pourquoi il ne l’avait pas tout de suite emmené dehors, à croire que l’inquiétude lui avait gelé les neurones. Le regard de Macéo divaguait, ses yeux manquant un instant de se retourner alors qu’il essayait toujours de rassurer Milo, en vain, tentant un sourire. « Mais oui, ça va ! T’inquiète ! » Milo ne le croyait plus, trop inquiet pour être en colère ou lui faire des reproches, sa voix grésillait, elle était faible et il peinait à articuler. « Arrêtes tes conneries Macéo. On s’en va. » Lui répondit Milo froidement. Mais il était trop tard, puisque si déjà Milo tirait sur sa main pour l’emmener à l’extérieur quelqu’un les bouscula avant même qu’ils aient le temps de faire un pas et les jambes de Macéo flanchèrent. Il tomba sans que Milo ne puisse faire quoi que ce soit pour le rattraper, ce dernier le suivant dans sa chute sa main toujours dans la sienne. Tout se passa rapidement pour Milo et la seule chose qu’il réalisa fut cet impact lorsque la tête de Macéo rencontra le sol. Les gens autour d’eux s’étaient écartés en les voyant s’effondrer au sol mais Milo ne pouvait s’intéresser à rien d’autre qu’à Macéo, serrant de plus belle sa main dans la sienne sans qu’il ne réponde à cette pression. La panique s’emparant de lui alors que Macéo s’entêtait à vouloir parler. « Euh… non ça va plus trop mon Mil-… » Soufflait-il alors qu’il tournait de l’œil. Milo à genoux à côté de lui se retrouva un instant paralysé par la peur avant de relever la tête vers les gens autour d’eux, certains les dévisageaient sans pour autant bouger le petit doigt pour l’aider, il y avait même deux pauvres types bourrés qui se marraient près d’eux en les regardant. « Vous bougez surtout pas pour m’aider à le sortir de là, bande de cons. » Grogna Milo, hors de lui devant autant de stupidité, mais deux hommes de la sécurité s’étaient finalement frayés un chemin jusqu’à eux. La musique s’était arrêté sans que Milo ne s’en préoccupe, gardant ses yeux rivés sur Macéo qui se faisait traîné dans une salle à part. « Vous avez quelqu’un à appeler en cas d’urgence ? » Demanda-t-on à Milo, le sortant de ses pensées, de son inquiétude, sa culpabilité. Tout est encore de ta faute. Regarde ce que t’as encore fait, tu détruis vraiment tout ce que tu touches. Il était incapable de réfléchir correctement, ne savait absolument pas quoi faire, se détestant un peu plus encore d’être aussi incapable. « Ses parents, son téléphone est dans mon sac, aux vestiaires… » Murmura Milo sans vouloir pour autant quitter la pièce. On lui prit son ticket, partant chercher leurs affaires pour lui alors que Milo se laissa tomber sur une chaise à côté de la couchette sur laquelle Macéo avait été installé. Prenant son visage entre ses mains, il répondait d’une voix automatisée aux questions qu’on lui posait jusqu’à ce qu’enfin les pompiers décide à venir le récupérer. Les récupérer, il n’était pas question que Milo laisse Macéo tout seul. Une fois son sac récupéré, il farfouilla à l’intérieur pour y dénicher le téléphone portable de Macéo, batterie faible, bien évidemment, ce dernier n’avait pas connu de charge depuis deux jours, c’était déjà un miracle qu’il tienne encore la charge. Il appuya sur le ‘maman’ affiché dans les contacts favoris, le numéro se composa et il porta le téléphone à son oreille, sa jambe tressautant par le stress et l’impatience. « Décroche, décroche, décroche.. » Soufflait-il alors que les tonalités s’enchaînaient. Messagerie vocale. « Merde. » Lâcha-t-il dans un grognement en raccrochant, mais le téléphone sonna dans la seconde qui suivie et il décrocha aussitôt. « Macéo ? » Milo se mordit la lèvre, merde, comment est-ce qu’il était supposé balancer ça ? « Non, c’est Milo... » Murmura-t-il d’une petite voix. Il y eut un silence à l’autre bout du fil, et quand la voix de la mère de Macéo  revint ce fût  avec un ton bien plus inquiet. « Milo ? Qu’est ce qu’il y a mon chéri ? Où est Macéo ? » A cette dernière question Milo reposa les yeux sur Macéo qui avait toujours les yeux clos. « Il s’est évanoui. Il s’était cogné la tête mais il faisait que de répéter qu’il allait bien et-… Et puis il est tombé, ils veulent l’emmener à l’hôpital et je sais pas quoi faire, j’aurais pas dû l’écouter. Je suis désolé. » Répondit Milo sans reprendre son souffle, encouragé par le téléphone qui bipait à son oreille pour signaler la batterie faible. Il perçut du mouvement à l’autre bout du fil, devinant qu’elle se hâtait sûrement pour les rejoindre, mais elle avait encore besoin de savoir où. « Ne t’excuse pas Milo, ça va aller, j’arrive, d’accord ? Dis-moi juste où est ce que vous êtes. » Milo essaya de se tranquilliser sous ses paroles, son ton était doux, maternel, et même si une pointe d’inquiétude était saisissable dans sa voix, elle n’en restait pas moins calme et rationnelle. « A l’Echo, sur Sunset-… » Commença-t-il, mais le téléphone coupa en plein milieu de sa phrase dans un bip marquant la coupure de l’appel. Milo retira le téléphone de contre son oreille pour lui lancer un regard noir, alors que trois pompiers entraient s’affairer autour de Macéo. Il ne fallut que quelques minutes de plus pour qu’il ouvre enfin les yeux, faisant lâcher un soupir de soulagement à Milo, bien que la peur pour lui était belle et bien toujours là, puisque Macéo fût embarquer par les pompiers alors qu’il reprenait tout juste ses esprits. Milo fût finalement autorisé à le suivre, bien que forcé de rester à l’écart. Ce qu’il fit s’efforçant à croire ce qu’on lui disait, que ce n’était rien de grave, qu’il y avait plus de peur que de mal, mais lui voulait juste être près de lui et qu’il lui dise en personne. On l’abandonna dans la salle d’attente, sans le laisser suivre Macéo cette fois, lui intimant d’attendre le temps qu’il passe quelques examens. Chaque seconde semblait durer une éternité et son regard ne se détacha de ses vans que lorsque la mère de Macéo s’approcha de lui. Elle le prit dans ses bras sans même lui faire le moindre reproche, chose à laquelle Milo ne s’attendait pas vraiment. La conversation avec elle avait coupé court sans qu’il n’ait été capable de dire où est ce qu’elle pourrait les trouver précisément et il n’avait pas été foutu de se rendre compte que son fils n’allait pas bien. Mais non, rien, elle le rassura plutôt, lui expliquant qu’elle avait saisi où ils se trouvaient avant que l’appel ne coupe, et que les employés là bas lui avait indiqué l’hôpital auquel on les avait emmené, lui proposant même quelque chose à boire ou à manger avant de s’éclipser en direction du distributeur, passant tout de même au comptoir d’accueil pour demander des nouvelles de son fils. Quand elle revint vers lui, il n’avait pas bougé d’un pouce, elle le força à sortir de ses pensées en le forçant à prendre son gobelet de café dans ses mains. « Tout va bien, ils veulent juste lui faire passer un scanner pour vérifier si tout est bon, Milo. » Lui sourit-elle pour le rassurer. Milo hocha doucement de la tête, lui rendant son sourire alors qu’elle farfouillait dans son sac à main avant de lui tendre son téléphone. « Il n’a pas arrêté de sonner depuis que j’étais rentrée. Ca semblait important. » Expliqua-t-elle tandis que Milo checkais son journal d’appel, encore ces appels persistants de Jade et Julian, mais aussi quelques-uns plus récents de sa grand-mère. Mais avant même qu’il ne pense à l’appeler, une infirmière vint les trouver pour les emmener jusqu’à la chambre de Macéo, si bien qu’il n’y prêta plus attention, glissant son portable dans la poche de son jean pour suivre les deux femmes. Il était là, allongé sur son lit, tout sourire, comme si tout ce qu’il venait de se passer ne s’était jamais produit. « Hello ! Pas encore débarrassés de moi ! Désolé ! » Lâcha-t-il toujours aussi souriant. Il avait l’air d’aller mieux, mais Milo peinait toujours à se détendre, laissant la mère de Macéo prendre les devants. Il préférait rester en retrait, sachant parfaitement que Macéo était dans cette chambre en partie par sa faute. Il avait insisté pour aller à ce foutu concert et Macéo s’était une fois de plus plié en quatre pour son bon plaisir. « Macéo Jim Cubbins… Quand vas-tu arrêter de nous causer du souci ?! » Elle allait pour le réprimander d’une petite tape sur la tête, mais se stoppa aussitôt alors qu’elle aperçut la grimace de Macéo qui se préparait à l’impact. Elle leva les mains en l’air en se ravisant, plaidant son innocence. « J’ai pas touché ! J’ai pas touché ! Ca va mon chéri ? » Macéo réadopta de suite un sourire à son égard alors qu’elle lui attrapait la main pour la caresser. Milo continua de rester un peu plus à l’écart, continuant de l’observer sous toutes les coutures à distance pour vérifier s’il allait véritablement bien. Il ne savait pas vraiment comment réagir, une partie de lui n’étant toujours pas suffisamment rassurée pour lui, comme s’il pouvait de nouveau tomber d’une seconde à l’autre. Une autre encore qui s’en voulait de ne pas avoir insisté plus pour son mal de crâne, et enfin cette partie qu’il étouffait et qu’il détestait pour sa simple existence, cette infime partie qui en voulait à Macéo pour l’avoir laisser croire qu’il allait bien malgré ses tentatives répétées pour savoir comment il allait réellement. « Enfin… ça ira mieux quand mon amoureux il arrêtera de se la jouer en retrait. » Milo sursauta légèrement quand il senti le regard de Macéo sur lui, voilà qu’il s’était perdu dans ses pensées alors que Macéo était dans un lit d’hôpital et était celui qui devait être au centre de son attention. C’était en quelque sorte le cas, Macéo ne quittait jamais ses pensées, Milo peinait simplement à se persuader qu’il allait bien, se battant encore avec ses propres pensées. Mais il s’efforça à ne pas retomber dans ce conflit intérieur alors que Macéo était là à se faire plus de soucis pour Milo que pour lui-même, le tirant par le tee-shirt pour l’inciter à se rapprocher de lui. Milo le laissa faire, sans opposer de résistances, sa proximité à elle seule le détendit un peu, et avant même qu’il lui adresse un sourire pour le rassurer, ou même s’excuser. Ce fût Macéo qui prit la parole à nouveau : « Je vais bien Milo, ok ? C’est rien, c’est fini, hein ? » Dit-il avec une certaine douceur dans la voix qui le rassura. C’est ce qu’il a aussi dit toute la journée avant de tomber dans les vapes, qu’il allait bien. Milo se mordit l’intérieur de la joue pour chasser cette idée, il n’y avait plus de raison pour qu’il aille mal. Il avait raison, c’était fini, et le retour de ses excuses vaseuses en était bien la preuve. « C’est à cause de la musique, elle n’était pas terrible alors mon crâne a préféré passer en mode off sans prévenir… Je suis désolé... T’es pas fâché hein ? » Demanda finalement Macéo alors que Milo le regardait avec un demi sourire sur les lèvres, amusé, tandis que sa mère s’éclipsait pour s’occuper de la paperasse de sortie de son fils, ou peut-être était-ce la seule excuse qu’elle avait trouvé pour laisser les deux amoureux un peu tous les deux. Milo n’attendit pas plus pour prendre son Spooky dans ses bras. « T’avais raison c’était bof, on n’aurait pas dû y aller… » Souffla-t-il en cachant son visage dans le creux de son cou. Son contact lui avait manqué, il avait détesté qu’on le tienne à distance quand il avait rouvert les yeux, jusqu’à ce qu’il finisse par s’obliger à penser que c’était la meilleure chose à faire pour Macéo et il avait donc attendu qu’on lui accorde ce moment précis où il pourrait l’avoir de nouveau contre lui. « T’avais pas le droit de me cacher que ça allait pas… » Souffla-t-il tout de même à demi voix, resserrant brièvement son étreinte avant de finalement le lâcher pour répondre à sa question. « Et je suis pas fâché. Me fais juste plus jamais flipper comme ça. » Dit-il d’un ton catégorique. Même si ce n'était qu’après tout, un petit évanouissement sans grande importance, Milo avait détesté ça, le voir tomber ainsi, inerte, cette sensation de le voir mal sans savoir quoi faire, cette sensation que son estomac était passé au marteau piqueur et qu’on avait enfermé son cœur dans un étau, il avait détesté ça, et il n’avait pu s’en vouloir qu’à lui-même pour ça. Macéo opina d’un signe de tête. Et sa mine de chien battu fit mal au cœur de Milo, regrettant immédiatement après son ton. Le regrettant encore un peu plus même lorsque Macéo tira doucement sur son t-shirt, qu’il ne s’était toujours pas décidé à lâcher, tout en gardant les yeux baissés pour s’excuser dans un marmonnement : « Je suis désolé mon Milo… » Il finit par relever les yeux vers lui, alors que Milo se pinçait la lèvre, sa culpabilité montant encore d’un cran. Ce n’était pas vraiment des excuses qu’il recherchait, surtout si ça devait passer par cet air malheureux qu’il pouvait lire sur le visage de Macéo. « Je le referai plus je te le promets. » Affirma ce dernier avec sincérité, arrachant un sourire à Milo, rassuré. « Bien… » Souffla-t-il avant de se reprendre à l’examiner du regard pour voir s’il allait vraiment mieux son regard se perdant alors que trop de pensées lui malmenaient le cerveau. Ce fut Macéo qui l’en sorti. « Je suis désolé hein ! Vraiment ! Là, ça va, regarde ! » Il attrapa la main de Milo pour lui faire toucher doucement sa tête, Milo veillant à ne pas y aller brusquement même si ses doigts auraient bien voulu parcourir un peu plus ses cheveux. « Tu vois ? Je grimace même pas ! » S’exclama-t-il de cet air fier qu’un enfant pourrait avoir, Milo n’eut le temps que d’hocher de la tête pour seule réponse puisque Macéo tirait déjà d’un coup sec sur son t-shirt pour l’attirer à lui, ce qui fut plus qu’efficace puisque, un peu surpris, et pris au dépourvu, Milo se laissa tomber sur lui, un peu maladroitement tout en faisant de son mieux pour pas lui faire mal. « M’en moque, tu peux pas me bouder, c’est moi qui suis dans un lit de l’hôpital, j’aime pas ça alors j’ai été puni pour ma bêtise. » Bougonnait Macéo en le serrant dans ses bras alors que Milo tentait de masquer son sourire, même si son regard trahissait son amusement. « Alors fais bisous à moi. Teuplaît. » Ajouta-t-il toujours sur ce même ton semblable à celui d’un petit garçon. Milo céda, bien qu’il ne lui adressa qu’un bref baiser. « J’ai jamais dit que je boudais. » Précisa tout de même Milo avant de lui accorder un nouveau baiser tout aussi bref que le premier. « Et il s’est passé quoi pendant mon dodo ? J’ai pas été trop tripoté ? » Demanda soudainement Macéo. Milo haussa un sourcil, il ne s’était pas réellement attendu à cette question, retenant un rire nerveux, il se contenta d’hausser les épaules avant de s’installer à moitié sur le lit pour se caler contre lui et lui faire un résumé. « Bah t’as pas dodoté si longtemps que ça finalement tu sais… T’es tombé, j’suis tombé, tous les gugusses qui étaient autour de nous, nous ont regardés avec des yeux de merlans frits sans rien faire. Et puis les gars de la sécurité t’ont portés jusque là où tu t’es réveillé, sans que je puisse t’approcher… » Milo termina avec une certaine amertume, se serrant contre Macéo, il n’aimait pas qu’on l’éloigne de lui, et de savoir qu’il n’allait pas bien n’avait fait que tout amplifier. « Mais c’est pas grave, parce que t’es là maintenant et que je pars pas sans mon Spooky. » Affirma-t-il en déposant un bisou sur sa joue, il n’eut pas l’occasion d’avoir sa réponse puisque la mère de Macéo accompagné d’un médecin entrèrent dans la pièce. Milo ne bougea pas de sa place malgré lui, dévisageant le médecin qui déterminerait certainement si Macéo aurait le droit de rentrer de suite ou non. « Bonne nouvelle. Rien de casser, pas de contusions, juste un léger trauma crânien dont vous vous remettrez bien. Vous pouvez rentrer chez vous à condition d’accepter d’être réveillé environ toutes les trois heures cette nuit pour vérifier s’il n’y a pas de troubles qui apparaissent. » Déclara-t-il dans un clin d’œil. Milo en fut ravi restant scotché à Macéo sans plus savoir perdre son sourire. Le médecin ne resta pas plus longtemps qu’il ne devait, et, la mère de Macéo s’étant chargé de tout, ils n’avaient plus qu’à rentrer, et ce, sans même avoir à passer par la case métro. Macéo avait opiné sans broncher aux dires du docteur, ne semblant pas enclin à protester de quelques façons que ce soit tant qu’il pourrait sortir d’ici. Il s’était extirpé du lit, le sourire aux lèvres et sans jamais lâcher Milo à qui il ajouta dans un chuchotement : « Enfin si c’est toi qui me réveille toutes les trois heures mon Milo, j’aurai de grandes chances d’être troublé. » Il lui adressa un clin d’œil alors que Milo souriait malgré tout à ses bêtises et qu’ils rejoignaient la voiture de sa mère. « Je te réanimerais à coups de bisous s’il y a que ça. » Lui glissa Milo, la voix tout aussi basse alors qu’ils s'installaient à l’arrière de la voiture. « Pas de détour, directement maison et au lit mon chéri. » Ordonna la mère de Macéo en fixant son fils depuis le rétroviseur intérieur. Celui dernier approuva sans protestation une fois de plus. « Aye aye, Madam ! » Affirma-t-il en s’installant contre Milo, posant sa tête sur son épaule. Milo déposa un bisou sur le sommet de son crâne, c’est qu’il était sage son Spooky ce soir. La route paru bien plus courte à coté de tous leurs allers et venues qu’ils avaient fait en transport en commun. Milo ne se détacha pas de Macéo une seule seconde, depuis qu’ils étaient sortis de la voiture jusqu’à leur arrivée dans leur chambre, en passant par les questions du père de famille qui tenait à vérifier de lui-même que son fils allait bien.
Milo regarda Macéo se laisser tomber sur le matelas en douceur, esquissant un sourire attendri avant de le rejoindre. Milo lui caressa délicatement le dos avant de briser le silence pourtant quelque peu apaisant après cette journée un peu trop mouvementée. « Tu serais peut-être plus à l’aise si tu te changeais Spooky ? » Il cessa ses caresses pour se redresser et appliqua ses paroles à lui-même, attrapant un pantalon de jogging avant d’aller prendre possession de la salle de bain. Il retira son t-shirt sur le chemin jusqu’à celle-ci et laissa la porte entrouverte derrière lui pour garder un œil sur Macéo. Son attention fut cependant détournée alors qu’un objet tomba au sol dans le même temps qu’il s’était débarrassé de son jean. « Merde. » Lâcha-t-il en voyant son portable, le ramassant pour voir s’il n’y avait rien de cassé. Il était sain et sauf. Il déverrouilla l’écran pour regarder le journal d’appel encore une fois, s’arrêtant sur le numéro de sa grand-mère, hésitant, il jeta un coup d’œil à l’heure affichée en haut de son écran. 11:47pm. Déjà ? Le temps ne lui était pas paru aussi long une fois qu’il avait de nouveau eu Macéo à ses côtés. Il ne pouvait pas vraiment l’appeler à cette heure-ci, alors il se contenta d’écouter les nombreux messages que Jade et Julian avait laissé. Milo baissa le son de téléphone au minimum au cas où Jade se décidait à hurler en travers du combiné, ce qui était fort probable vu le nombre de fois qu’elle avait essayé de l’appeler, pour ne pas déranger Macéo, ou même l’inquiété. Il colla l’appareil contre son oreille, se bouchant l’autre pour se focaliser sur ce qui en sortirait, mais il l’éloigna rapidement quand la voix de Jade explosa depuis le téléphone. « MILO JAY MCGUIRE ! MAIS BORDEL QUAND EST-CE QUE TU VAS TE DÉCIDER DE RÉPONDRE AU TÉLÉPHONE ?! T’AS PAS L’IMPR-… » « Donne-moi ça. » « MAIS C’EST MON PORTABLE MERDE IAN. » « Salut Milo. Bon ça sert à rien de te laisser un millier de messages, tu les écouteras pas tous, et on t’appelle toujours pour la même chose, c’est important mais te panique pas tant que tu nous as pas appelé, hein… » « COMMENT CA PANIQUE PAS ?! T’ES SÉRIEUX LA ? DIS LUI DE SE REMUER ! » « Il va t’entendre sans que j’ai à transmettre tellement t’ouvres grand ta bouche, ferme là Jade. Bref, Milo, rappelle vite, on va finir par s’inquiéter si tu continues à ne pas répondre comme ça. » « ET LUI IL S’EST INQUIÉTÉ P-… » Il regarda son écran d’un air surpris. Le message s’arrêtait là. La voix off lui proposait déjà de passer au message suivant mais Milo raccrocha, sachant parfaitement qu’ils se ressembleraient tous. Milo posa son téléphone sur le lavabo le temps de remettre son jean, et retourna dans la chambre pour s’emparer d’un sweat et enfiler les premières chaussures qui se présentaient à ses pieds. « Je reviens dans une minute. » Glissa-t-il d’une petite voix à l’adresse de Macéo avant de descendre au rez de chaussée, et de filer à l’extérieur, la tonalité d’attente retentissant déjà à son oreille alors qu'il s'installait en tailleur dans un coin d’herbe du jardin. Julian décrocha sans même laisser la seconde tonalité retentir. « Mec, mais qu’est ce que tu foutais ? T’étais où ? » Milo lâcha un soupir avant de répondre. « J’allais vous rappeler ce matin mais mon téléphone m’a lâché et je l’ai laissé charger à la maison. Désolé… » S’excusa-t-il finalement sans donné de détails ou même réellement répondre à ses questions. Il voulait en finir rapidement pour ne pas laisser Macéo trop longtemps tout seul. « T’excuse pas Milo. Ecoute, tu prends quelques affaires et un billet pour Minneapolis dès demain matin, ta grand-mère te remboursera, et je viendrai te chercher, ok ? » La voix de Julian était douce mais légèrement étranglée, comme s’il s’efforçait de garder son calme pour ne pas trop l’inquiété, et Milo n’aimait pas ça. Du tout. « Ian, il s’passe quoi ? » Sa voix à lui était inquiète, suffisamment pour que Julian ne le laisse pas dans le flou. « J’suis désolé Milo. » Murmura-t-il à travers le combiné, et Milo eut l’impression qu’on lui avait versé un sceau d’eau sur la tête, mais il resta silencieux, ne voulant pas l’admettre, attendant simplement que Julian reprenne la parole. « Il allait plus très fort tu sais… Il est décédé hier soir. » Milo secoua la tête, les larmes lui montant aux yeux, sa main qui tenait toujours son téléphone contre son oreille s’était crispée autour de celui-ci, tremblante. « Nan, ça c’est pas possible Ian… » Ce fut la seule chose qu’il fut capable de souffler, son crâne était au bord de l’implosion et ses larmes ne voulaient pas s’arrêter de couler sans qu’il ne sache qu’elles étaient là. Il se laissa tombé sur le dos pour s’allonger à même dans l’herbe, sans savoir quoi faire, continuant de se répéter en boucle que ce n’était pas possible. Il ne sentait plus les extrémités de ses membres et ne semblait plus vouloir bouger de là où il était. « Milo s’il te plaît reste pas seul. Et viens au plus vite, d’accord ? Macéo peut venir s’il veut, et entre nous je pense pas que ce serait une mauvaise chose. » Milo acquiesça faiblement, avant de se redresser, il fallait qu’il remonte surveiller Macéo. La discussion coupa court, Julian devant s’occuper de tout le petit monde qui l’entourait et Milo semblait préférer se terrer dans le silence. Il resta assis là un moment, essayant de calmer ses sanglots et la douleur qui lui tambourinait le crâne pour avoir trop pleuré. Son front posé contre ses genoux que ses bras entouraient, il n’avait pas la force de se lever, même de bouger, ou peut être pas l’envie, il ne savait plus vraiment. Il ne l’avait même pas entendu arriver, ou ne serait-ce que senti sa présence, il était juste resté là immobile dans la même position en essayant de se reprendre. Rester là ne changerait rien, il fallait qu’il se force à se lever, il fallait qu’il retourne s’occuper de Macéo, qu’il fasse ce que Julian lui avait demandé de faire, il fallait qu’il… « Milo ? Qu’est-ce qu’il se passe ? » Milo sursauta en entendant la voix de Macéo, il était si près, comment avait-il fait pour ne pas le remarquer ? Il se figea, sentant ses muscles se crisper légèrement alors qu’il resserrait son emprise autour de ses genoux et qu’un frisson lui parcourait le dos. Il n’osa pas relever la tête immédiatement, ses yeux étaient surement beaucoup trop rouges en plus d’être accompagnés de sa mine désastreuse, et il s’interdisait d’inquiéter Macéo plus encore qu’il ne l’avait déjà été pour lui tout au long de la journée, au détriment de son propre bien être. De toute façon il est bien trop tard pour refaire passer le vieux en priorité maintenant qu’il est crevé. Milo sursauta à ces mots, sans comprendre. Voilà qu’il commençait à délirer. Ce fut le seul argument qu’il trouva pour cette pensée malsaine alors que Macéo lui signalait de nouveau sa présence, d’un simple contact et d’un appel hésitant. « Milo ? » Ce dernier finit par lever la tête vers lui, essuyant ses yeux du bout de la manche de son sweat. « Spooky… » Sa voix était enrouée, rocailleuse, sa gorge était trop serrée pour qu’il en soit autrement. Il détacha ses bras d’autour de ses genoux pour tirer faiblement sur le bras de Macéo. Il ne savait pas le dire, rien que d’y penser lui donnait envie de se replier à nouveau sur lui-même pour pleurer, le dire de vive voix ne lui était simplement pas concevable, autant qu’il voulait penser que ce n’était qu’une plaisanterie, qu’il se réveillerait le lendemain et que tout serait revenu à la normal. Il le dévisagea d’un air hésitant. « J’aurais dû rappeler avant Spooky, j’étais en train de me prélasser à la plage alors que lui… Alors que lui il… » Sa phrase fut coupée dans un hoquètement et il chercha à se laisser aller jusque dans les bras de Macéo. « Il avait pas le droit de partir comme ça. » Marmonna-t-il ses yeux s’humidifiant de plus belle. La paire de bras qui se resserra autour de lui suffisait déjà à l’apaiser un peu. « Je suis désolé mon Milo… » Chuchota Macéo à son oreille tout en le berçant. Milo secoua la tête, Macéo n’avait à être désolé de rien, c’était lui et seulement lui qu’il s’en prenait, regrettant de ne pas être revenu le voir, d’avoir pensé naïvement qu’il serait toujours là, malgré son état pourtant alarmant, il y avait toujours cru. Il n’avait jamais imaginé qu’il puisse disparaître ainsi, et aussi vite. Il l’avait pris pour acquis, ignorant bêtement  que la vie donnait autant qu’elle reprenait, et que l’avenir n’était pas éternel, un jour il disparaît, et devient simplement un vide. « Et ta grand-mère… » Commença Macéo avec une pointe d’hésitation dans la voix, se redressant tout juste pour capter son regard. Les yeux chocolat de Milo se levèrent pour le dévisager d’un air interrogateur, ignorant quel serait la suite de sa question. Sa grand-mère… Il ne savait même pas où elle était, qu’est ce qu’elle faisait, comment elle allait, même s’il devinait aisément la réponse de la dernière. Elle avait dû d’autant plus se faire du mauvais sang alors qu’il ne répondait pas au téléphone. « Tu as réussi à l’avoir ? » Demanda-t-il finalement, sans cesser ses bercements, ses caresses sur lesquelles se calait la respiration de Milo pour ne pas laisser l’anxiété trop l’envahir. Milo secoua la tête à la négative, venant cacher son visage contre l’épaule de Macéo. « Non… J’ai pas demandé… J’ai pas réfléchis… Je sais même pas ce que je suis censé faire Spooky… » Balbutia-t-il, peinant à penser correctement, sa voix étouffée dans le t-shirt de Macéo et rythmée par ses hoquètements.  « Si, il faut que j’aille là bas… » Ajouta-t-il finalement dans un froncement de sourcils. Il avait peur d’y aller. Il avait peur de constater ce vide que son grand père avait laissé derrière lui. Ici, il ne le voyait pas. Il finirait par s’en rendre compte, bien sûr, mais repousser sa peine semblait plus agréable, peu importait combien la chute ferait mal à l’arrivée. Mais il se devait de prendre cet avion, parce qu’il n’était pas le seul à avoir perdu quelqu’un qui lui était cher. Il redressa la tête pour le regarder, restant tout de même accroché à son t-shirt comme s'il avait peur qu'il vienne à s'échapper. « Tu veux bien venir avec moi, Spooky ? Ian a dit que tu pouvais… » Son ton était hésitant, Macéo venait de se faire un trauma crânien, était certainement fatigué, et il était venu le réconforter jusque dans le jardin, alors Milo ne savait pas vraiment si c’était trop demandé, ce qu’il savait, c’était qu’il n’avait pas le courage d’embarqué pour le Minnesota tout seul.  Macéo avait haussé des sourcils, redressant la tête, pour l’observer. Milo se resserra contre Macéo, attendant sa réponse, quelle qu’elle soit, redressant tout de même son visage vers lui pour essayer de traduire son expression. « La question ne se pose même pas mon Milo… » Répondit-il dans un sourire, déposant un bisou sur son front. Milo lui rendit son sourire dans une faible esquisse alors que Macéo continuait. « Je viens avec toi où tu veux, quand tu veux, tout le temps. T’as juste à dire et je te suis, d’accord ? » Il se redressa, glissant sa main le long du dos de Milo avant de venir se saisir de sa main. « D’accord… » Le brun avait acquiescé à ses dires d’une petite voix et avait entremêlés ses doigts à ceux de Macéo avec plaisir, rassuré de savoir que ce dernier serait là. Il s’était fait à sa présence sans plus savoir comment s’en passer, se sentant comme vulnérable quand il se retrouvait trop loin de lui et il détestait cette sensation. Seulement il essayait de se foutre dans le crâne qu’il fallait aussi qu’il sache sans passer, qu’il fasse les choses parfois de lui-même sans s’appuyer sur lui continuellement. C’était ce qu’il s’était d’ailleurs efforcé de comprendre quand il s’était retrouvé face à un Macéo inconscient, mais voilà qu’il recommençait. « Je veux même pas d’entendre hésiter d’accord ? » Ajouta Macéo, l’arrêtant dans ses pensées, tout en lui adressant un sourire rassurant. Milo lui rendit ce même sourire, essayant de ne pas aller à le contredire, il n’avait pas la sensation de mériter tout cette attention qu’il lui accordait, bien qu’il l’appréciait, en devenait dépendant au point que rien que de penser à la perspective qu’il ait le pouvoir de l’ignorer à sa guise le faisait souffrir. Il se redressa pour l’embrasser doucement. « Merci. » Souffla-t-il une fois leurs lèvres séparées. Il se leva, masquant la pénibilité que lui procurait cet effort, sa tête le lançait d’avoir trop pleuré et ses jambes endormies par le froid et pour être resté dans la même position pendant trop longtemps. « Donc pour l’instant tu me suis jusque dans le dodo. T’as besoin de dormir Spooky. » Il tira sur sa main en finissant sa phrase pour le forcer à se lever. Gardant toujours sa main dans la sienne alors qu’ils rentraient à l’intérieur. Ils montèrent les escaliers discrètement, Milo essayant de retenir ses bâillements ou d'éviter les marches qui grinçaient, pour ne pas réveiller les parents de Macéo qui risqueraient de les égorgés pour ne pas être en train de dormir. « Tu veux prendre les billets maintenant ? » Lui demanda Macéo, rompant le silence qui s’était installé entre eux. Milo hésita, si bien que Macéo prit les devants, et même si le retour à la réalité semblait un peu brutal, c’était ce dont Milo avait besoin. Il était un peu perdu à mi-chemin entre le déni et l’incompréhension, et se rappeler qu’il fallait qu’ils partent le lendemain au petit matin lui faisait prendre conscience qu’il aurait à affronter tout ça d’une manière ou d’une autre. Qu’il fallait qu’il… Que tu te bouges. « Je te laisse prendre les billets, je prépares les affaires… » Poursuivit Macéo en lâchant sa main pour venir s’emparer des quelques affaires qu’il vint empiler dans un sac, Milo s’était arrêté de bouger à partir du moment où sa main s’était séparée de la sienne, le regard légèrement dans le vague, pendant plusieurs secondes avant qu’il réagisse enfin, se laissant tomber sur la chaise derrière le bureau où le PC de Macéo se trouvait pour prendre les billets. Il ne réfléchissait pas vraiment à ce qu’il faisait, à l’exception près de l’heure de départ, se refusant de tirer Macéo du lit sans qu’il n’ait suffisamment d’heures de sommeil. Son regard se perdit de nouveau dans le vide alors que les billets s’imprimaient, il se força à rester concentré, sortant son téléphone pour envoyer à message à Julian, lui indiquant l’heure de leur arrivée à l’aéroport. Ses yeux quittèrent son écran pour se poser sur Macéo qui était déjà étendu sur le matelas, s’attardant pour le contempler, avant de finalement céder à l’envie de le rejoindre. Il vint se serrer contre lui aussitôt sous les couvertures, se sentant déjà mieux rien qu’à son contact, l’esprit un peu plus tranquille, aussi tranquille qu’il pouvait être mais toujours moins troublé qu’il ne l’était en son absence. « Bonne nuit Spooky. » Il avait vite cédé au sommeil cette nuit là, mais avait finalement peu dormi, surveillant Macéo, veillant à le réveiller toutes les tranches de trois heures avant de le regarder sombrer de nouveau, se tournant et retournant dans les couvertures en cherchant à ce que le sommeil revienne, il n’avait pas réussi, ressentant tout de même la fatigue comme un poids mort accroché à lui et ce ne fut seulement qu’une heure avant que l’alarme de son téléphone ne se déclenche qu’il retomba dans les bras de Morphée.  




acidbrain

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But you. Oh god, I loved you so much. I forgot what hating myself felt like. 
And I'd like to thank you for that.

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Dernière édition par Milo J. McGuire le Ven 14 Oct - 3:33, édité 1 fois
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Milo J. McGuire

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Ven 14 Oct - 3:30


HUITIEME ACTE





| Sometimes to stay alive you gotta kill your mind. /

Rien n’avait gâché l’évènement, tout avait été fait et orchestré de manière parfaite pour laisser partir l’homme que Milo avait admiré toute sa vie le plus dignement possible, même son père n’avait rien pu y faire. Sa venue n’avait rien changé, Milo avait tout de même un peu appréhendé à l’idée de le savoir présent, mais encore une fois, Macéo avait été là, et ce simple fait avait suffis à le calmer. Et puis rien n’était arrivé. Ils étaient toujours là, ensemble, le temps était passé sans que rien ni personne ne puisse y faire quelque chose. Mais à croire que le bonheur ne pouvait jamais leur être accordé trop longtemps puisqu’il y eut bien ce fameux jour qui arriva, pour les mener vers une nouvelle séparation. Milo était pourtant confiant ce jour là, voyant sa majorité arriver à grand pas, majorité qui traduisait son émancipation auprès de son père, bien qu’il savait que ça ne changerait sûrement peu de choses, il préférait s’en réjouir et arrêter de se cacher. Et puis, cela faisait bien longtemps qu’il n’était pas revenu à la charge, le laissant penser qu’après toutes ces mini-victoires, il avait fini par gagner la guerre. Mais là encore c’était trop espéré, cependant, ça, Milo n’aurait jamais pu le deviner. « Spooky, Spooky, Spooky. Debout… » Milo piaillait, sautillant sur le lit, installé sur ses genoux et penché sur un Macéo encore endormi, et qui en avait parfaitement le droit vu l’heure qu’affichait le petit réveil posé sur le chevet près de lui. Milo ne lui accorda pas plus de cinq secondes de silence, vérifiant s’il dormait toujours ou jouait simplement la comédie, avant de repartir de nouveau, s’étalant sur lui, sans se gêner pour laisser le visage de son amoureux sa faire arroser par quelques gouttelettes qui tombaient de ses cheveux encore humides. « Spooky. Faut que tu te lèves, il est carrément hors de question que tu restes au lit toute la journée alors que demain c’est Thanksgiving et qu’on était censés se mêler aux êtres humains après les cours, j’irais pas tout seul ! » Protesta-t-il de plus belle, ponctuant sa phrase d’un bisou dans l’espoir que celui-ci soit plus efficace. Voilà ce qui enthousiasmait autant Milo ce matin-là, les fêtes hivernales étaient bien ce qui lui faisait aimer cette saison, même si les températures ne descendaient que très rarement au-dessous des dix degrés Celsius et qu’il préférait bien plus ça, qu’à ce qu’il avait connu dans le Minnesota. Le silence continuel de Macéo fit soupirer le brun qui sortit du lit d’un bond, il resta debout au milieu de la chambre regardant autour de lui pour trouver une idée au comment il pourrait sortir Macéo du lit sans trop d’efforts, mais aucune idée se proposa à lui. Il regarda l’heure affiché et soupira une fois de plus, certes, il s’était peut être levé un peu trop tôt, et ce n’était pas la première fois que ce raffut de bon matin arrivait à cette période de l’année. Il se laissa retomber sur le matelas près de Macéo et laissa échapper un bâillement alors qu’il serrait son oreiller contre son torse, se décalant lentement et progressivement, centimètres par centimètres en direction de Macéo, pour finalement se retrouver caler contre lui. « T’es un pas-gentil Spooky de faire semblant de dodo. » Lâcha-t-il d’un ton boudeur sans pour autant se priver pour lui faire un câlin, abandonnant son coussin derrière lui. Milo le surprit à ouvrir un œil avant de venir le serrer contre lui, le faisant prisonnier de ses bras. Il daigna enfin lui répondre, et Milo n’était pas vraiment convaincu de ce qu’il racontait. « Je fais pas semblant… Faisais… Bref. Je t'ai connu des manières plus douces et n'adorables de me réveiller aussi... » Marmonna-t-il d’une voix encore à moitié endormie. Milo le dévisagea d’un air mécontent, c’était quoi ces reproche au petit matin, naméoh ? Mais apparemment Macéo n’en avait pas réellement terminé avec ces derniers, arrachant un air boudeur à celui qu’il tenait dans ses bras. « Puis t’es un pas-gentil Milo de te réveiller trop tôt et de m’abandonner dans le dodo comme ça. » L’air mécontent que Macéo lui adressa n’aida en rien à cet mine boudeuse que Milo s’était décidé à conserver, ce même après que les lèvres de Macéo soient venues embrasser les siennes. « Mais je t’aime quand même hein. » L’air boudeur disparu comme par magie à ces mots, remplacé par un sourire un peu plus satisfait, même s’il le voyait être prêt à se rendormir dans la seconde. Milo se lova un peu plus contre lui, tout en lui pokant la joue doucement. « Tu vas pas te rendodo maintenant que j’ai réussi à te réveiller, hein ? » Demanda-t-il, paré à sortir du lit à la moindre occasion qui se présenterait, bien qu’il se sentait plutôt bien à cet instant, installé confortablement dans les bras de Macéo. Seul raison pour laquelle il n’avait pas bouger le moindre muscles pour s’en échapper. « Milo. Thanksgiving c’est demain. Pas aujourd’hui. On pourra pas dodo demain. Faut faire dodo avant justement. En prévision. Non mais. » Milo ne lui accorda qu’un soupir las. Il n’avait pas complétement tort, mais pas entièrement raison non plus. « J’ai pas envie de me mêler aux autres, mon Milo il suffit largement. Puis je le partage pas. » Ajouta Macéo en le couvrant de bisous, Milo lui sourit le serrant contre lui sans répondre pour ne pas qu’il s’arrête. « A moi. » Milo lâcha un rire avant de prendre la peine de le rassurer. « Oui, à toi et rien qu’à toi, Spooky. Mais il est pas question de me partager là, juste que tu te lèves, qu’on aille en cours même s’ils ont l’air aussi inspirant que... » Milo chercha à finir sa phrase mais ne trouva rien de réellement comparable. « Que je sais pas encore quoi. Et puis qu’on aille en ville pour ton cadeau que tu sauras pas ce que c’est alors c’est pas la peine de demander. » Enchaîna-t-il finalement en le regardant avec sérieux, il déposa un baiser sur ses lèvres avant de s’échapper de ses bras et de sortir du lit par la même occasion. Il prit une seconde pour observer Macéo le sourire toujours aux lèvres avant de tirer sur la couette, tirant sur son doudou en même temps pour éviter qu’il ne s’y réfugie. « Aller hop ! Maintenant debout la marmotte ! » Milo laissa échapper un sourire victorieux en le voyant chouiner dans son oreiller. « Mais !! Mon Milo !! Méchant !! » Ce dernier le regarda sans la moindre trace de compassion. « Fallait se montrer plus coopératif dès le départ ! » Déclara-t-il en cherchant malgré tout à connaître le degré de boudage que Macéo avait atteint. Il s’en rendit très vite compte alors qu’il se redressait, sortant enfin son visage de son oreiller dans lequel il râlait, avant de lui balancer celui-ci en plein visage. « Na. » Milo lâcha un soupir alors qu’il se frottait doucement le nez, feignant un « aïe »  plus pour la forme puisqu’il était ravi d’avoir fini par gagner, Macéo était enfin debout sur ses deux pieds et se dirigeait vers la salle de bain. « Enfin. » Souffla Milo, railleur, en s’asseyant sur le bord du matelas alors que Macéo entamait les négociations. « Mais on peut sécher les cours et aller directement en ville non ? » Milo leva les yeux au ciel, bien que la proposition soit plutôt tentante, certains de leur cours n’avait rien de très pertinents, et ces derniers avaient apparemment décidés à être compilé en une seule journée, qui était ce jour. Et si Milo allait lui accordait cette faveur, Macéo ne lui en laissa pas le temps déclarant forfait avant même d’entendre la réponse. « Bon va pour les cours, sinon mes vieux vont regretter de m’avoir laissé m’y inscrire. » Milo ne lui répondit pas, attendant, sachant parfaitement qu’il y aurait une condition à pareil sacrifice. « Mais alors j’ai droit à un indice sur mon cadeau. » Déclara-t-il, voilà, ils y étaient, Milo aurait mieux fait de se taire jusqu’au bout plutôt que de titiller sa curiosité pour le forcer à se lever. « Tu le sauras demain. Quand tu l’ouvriras. » Dit-il, pas décidé à lui donner la moindre indication. Il vint s’asseoir sur le bord de la baignoire pour l’entendre malgré l’écoulement de l’eau. « Et n’essaye même pas du faire du chantage Spooky, ça marchera pas. T’as pas le droit de faire ton mal aimé non plus, parce que je t’aime alors ce serait mentir. » Ajouta-t-il pour l’empêcher de gaspiller sa salive, regardant la vapeur s’échapper par dessus le rideau et la buée prendre possession du miroir. « Et puis je préfère sécher que te donner un indice, donc c’est toi qu’a choisi, je te dois rien du tout. » Ce fut apparemment les mots de trop. « Tu préfères sécher donc… » Dit il en tirant sur le rideau de douche, et Milo n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit, et donc de faire ce que son premier instinct lui disait : s’enfuir, que déjà Macéo l’attrapait de ses deux mains pour le ramener avec lui dans la baignoire et donc, sous l’eau. Milo eut à peine l’occasion de se débattre qu’il se retrouvait déjà  debout, dans la baignoire contre Macéo, et ce non sans se prendre le jet d’eau dans la figure, et même dans la bouche alors qu’il protestait déjà dans un bougonnement incompréhensible alors que Macéo le lâchait. Il se retourna maladroitement faisant couiner ses Vans qui ne l’aidaient en rien à ne pas glisser contre le PVC de la baignoire. « Alors on est plus si pressés que ça non ? » Demanda Macéo plus pour la rhétorique que pour réellement obtenir une réponse. Milo ne lui répondit que d’un regard noir alors qu’il lui souriait apparemment très fier de lui, malgré l’air boudeur et mécontent de sa bêtise que Milo affichait. « Et boude pas, ça réveille, tu avais l’air de bailler tout à l’heure… C’est pour toi que j’ai fait ça, puis t’as dit que tu m’aimais, alors, fais bisous… » Demanda-t-il en l’entourant de ses bras avant de lui voler un baiser sans lui demander son avis. Milo ne se recula pas, il ne savait y résister ou même lui refuser, entourant ses bras autour de ses épaules pour y trouver plus de stabilité. « Pourquoi demander si c’est pour ne pas attendre que je te réponde… » Soupira Milo sans même attendre de réponse alors que Macéo avait enfin coupé l’eau. « Là je suis bien réveillé, pas toi ? » Déclara-t-il dans un clin d’œil avant de sortir de la baignoire et de s’entourer d’une serviette sans prendre la peine de se sécher. « T’es pas drôle Spooky. » Râla Milo qui lui, retirait son tee shirt pour l’essorer avant de le jeter sur la tringle de douche pour le laisser sécher. « Et si on se dépêche et qu’on va en cours… J’ai mon indice donc ? » Macéo n’avait apparemment perdu aucun espoir, Milo lui jeta un nouveau regard noir, il avait enlevé Vans et chaussettes qu’il avait abandonné dans la baignoire avant d’en sortir et s’était stoppé dans la guerre contre son jean pour lui adresser ce regard. Il était bien décidé à le bouder plus longtemps qu’à son habitude pour cet affront. « Bien évidemment qu’on va y aller. Et tu veux un indice ? Je vais t’en donner un. » Râla-t-il en réussissant finalement à se débarrasser de son pantalon. « J’suis trempé et j’ai froid alors viens pas te plaindre si je meurs d’une pneumonie. » Il était sorti de la salle de bain en attrapant une serviette au passage pour s’enrouler dedans en grelottant, toujours décidé à bouder. Il alla s’installer dans le lit en dessous la couette pour se réchauffer en grommelant. « T’es pas gentil, tu m’énerves, ai froid, rattrapes toi et fais câlin… » Ordonna-t-il finalement, recroquevillé en dessous les couvertures, il avait jeté un coup d’œil par-dessus celles-ci pour guetter son arrivée dans la chambre avant de lui laisser sa seule chance pour se faire pardonner, incapable de bouder son Spooky trop longtemps. Milo l’observa, il avait bien remarqué cette mine boudeuse qui prenait forme sur le visage de Macéo et qui ne se dérangeait pas non plus pour montrer qu’il était un chouilla vexé. Comment est ce qu’il arrivait à être aussi mignon dans les moments où il voulait justement lui résister ? C’était accablant. Mais ce fut Macéo qui avait cédé, ne se faisant pas attendre pour retourner sous la couette et s’installer sur lui. Milo laissa échapper un sourire alors qu’il sentait les bras de Macéo l’entourer et ses cheveux humides caresser sa joue tandis que son visage venait se cacher dans le creux de son cou. « Dis pas que tu vas mourir, t’as pas le droit de me laisser je te rappelle… » Lui reprocha-t-il en le serrant un peu plus fort encore dans ses bras, Milo ferma les yeux en cachant son visage contre lui, appréciant l’étreinte et pas seulement parce qu’il était au chaud. Il ne laissa échapper qu’un « Mmh » étouffé contre l’épaule de Macéo en hochant la tête à l’affirmative, mais il n’eut bientôt plus l’opportunité de se cacher ainsi puisque Macéo s’était redressé sur un coude pour le regarder. Milo soutenu son regard, la mine toujours boudeuse, plus pour s’être retrouvé éloigné -bien que très peu et qu’il ait eu le droit un rapide baiser- plutôt que pour la raison de son détour dans la baignoire quelques minutes avant ça. « Désolé d’avoir mis Monsieur je me lève trop tôt et je titille la curiosité de mon amoureux sous la douche… » Milo esquissa un sourire mi-victorieux, mi-amusé, il était déjà excusé depuis qu’il faisait office de bouillotte, et il quitta son air boudeur d’autant plus vite puisque Macéo était revenu caler son visage contre lui à sa place initiale. « Dis, tu boudes plus hein ? » S’enquit-il alors qu’il frottait son visage contre sa peau, arrachant un rire au plus chatouilleux qui ne se retira pas pour autant de l’étreinte. « Hein ? Dis mon Milo ? Parce que sinon je pleure… » Insista-t-il dans un marmonnement, sa voix vibrant contre sa gorge. Milo s’écarta un peu de lui pour déposer un bisou sur son front, comment pourrait-il bouder plus longtemps face à ça, aussi dramaturges soient ses paroles ? « Je boudais déjà plus Spooky. » Soupira simplement Milo avant de se recroqueviller de nouveau contre lui pour en apprécier la chaleur. « N’empêche que j’ai froid alors chut et câlin… » Ajouta-t-il. Il ne tenu qu’une dizaine de secondes sans bouger, il était déjà réchauffé et le sommeil l’aurait presque emporté. « Dis Spooky, ça change rien au fait qu’on va en cours, arrête tout de suite d’espérer. » Déclara-t-il soudainement, s’échappant à regret des couvertures et surtout des bras de Macéo pour sortir du lit. « Et on va finir par vraiment être en retard. » Soupira-t-il en apercevant l’heure tandis qu’il faisait des allers retours dans la chambre pour s’emparer de vêtements secs. Il s’habilla à la va-vite, volant au passage le sweat noir de son amoureux bien qu’il soit trop large pour lui pour l’enfiler par-dessus son teeshirt, rabattant la capuche pour couvrir ses cheveux trempés. « Aller Spooky, courage, après on aura un super long week end et je serais sage et c’est toi qui décidera ce qu’on fait. Pour tout. » Promit-il en déposant son sac sur son épaule avant d’aller lui voler un baiser. Il farfouilla ses poches, s'apercevant qu'il lui manquait quelque chose avant de se rappeler. « Oh non... » Gémit-il alors qu'il avait laissé tomber son sac avant de filer au pas de course dans la salle de bain. « Spooky... Mon téléphone est mort... » Geint-il en lui ramenant son téléphone trempé qu'il tenait entre son index et son pouce.  Il vit Macéo déglutir en attrapant le téléphone, le retournant entre ses doigts avant de le démonter pour tenter de le sécher. « Je savais pas que t’avais ton phone sur toi aussi… Quelle idée… » Grommela-t-il avant même que Milo ne puisse commencer à se plaindre, bien que ce n’était pas vraiment ce qu’il avait l’attention de faire, mais pour le coup, Milo prit une mine volontairement vexée en l’entendant. « Je savais pas non plus que t’allais décider à ce que je prenne une deuxième douche tout habillé… » Répondit-il avec un sourire en coin. Il lui avait déjà pardonné pour ça, et son portable n’était pas vraiment une grande perte à ses yeux, il savait vivre sans et saurait parfaitement faire avec le temps de s’en racheter un nouveau. Ses yeux se baissèrent tout de même sur le téléphone que Macéo s’efforçait à essayer d’allumer sans succès. Milo laissa échapper un soupir alors que Macéo le déposait sur le bureau. Tant pis. « Je savais pas mon Milo… Je suis désolé… » Il était revenu vers lui avec un air désolé, relevant les yeux vers lui après avoir vérifié l’heure, Milo avait suivi son regard à ce moment, et malgré l’heure avancée à laquelle il l’avait tiré du lit, ils avaient finalement réussi à se retrouver tout juste en timing. « Faudra faire sans aujourd’hui… Sinon on va vraiment être à la bourre… Je t’en rachèterais un pour me faire pardonner d’accord ? » Enchaîna Macéo qui s’emparait déjà de sa main pour le tirer à sa suite. Milo s’était contenter d’hocher de la tête se demandant quand Macéo se rendrait compte de ce que lui-même s’était aperçut à cet instant. Ça lui tiens peut être moins à cœur qu’à toi tout bêtement.

Les paris étaient donc lancés, Milo n’étant pas décidé à se laisser tomber dans ses pensées aujourd’hui, ni demain, rien ne réussirait à éclater cette petite bulle de bonheur qui s’était créait par l’arrivée des fêtes, du moins c’était ce qu’il croyait. « A ce soir Mum ! » Milo profita que Macéo ait lâché sa main pour aller embrasser sa mère pour s’emparer de deux gaufres dont une qu’il emballa pour la ranger dans son sac. S’il y avait bien une chose importante pour Milo après son Spooky et la musique, c’était remplir son estomac, en particulier le matin, sa gourmandise lui faisait parfois défaut, bien qu’il ne soit pas si gros mangeur qu’il ne pourrait laisser paraître. Il croqua dans l’une des gaufres en répondant au clin d’œil de la mère de Macéo par un sourire alors que le fils de cette dernière l’entraînait vers la sortie. Milo avait vite englouti son petit déjeuner, le trajet ayant été incroyablement silencieux, il avait relevé chaque regard désolé que Macéo lui avait adressé, auquel il avait d’abord répondu par quelques roulements d’yeux avant d’afficher un sourire pour le rassuré, le laissant jouer avec sa main tout en se serrant dans son sweat et contre Macéo si seulement il n’était pas aussi frileux... Mais une fois arrivés à proximité de la bâtisse de l’université, Macéo se stoppa net et Milo fut plus long à réagir, bien que la disparition de sa bouillotte contre lui alors qu’il avait continué à marcher le força à s’arrêter bien vite. Milo se tourna vers lui en lui adressant un regard interrogateur, mais la réponse lui vint presque aussitôt. « Mais, mais mais… Si t’as pas de téléphone… ça veut dire que quand tu seras dans ton groupe j’aurai pas mes sms d’amour ?!?! » Lâcha-t-il dans un gémissement plaintif, Milo n’avait pas pu se retenir de lâcher un rire devant cet air abattu. « J’imagine que c’est ma punition donc… » Ajouta-t-il finalement sans que Milo n’ait le temps de le réconforter. Il sentit sa tête se poser contre épaule et il vint automatiquement lui caresser la nuque du bout des doigts. « J’attendais justement que tu t’en rendes compte Spooky. » Chuchota Milo en tournant doucement la tête pour déposer un bisou sur le sommet de son crâne. « Tu penses pas qu’on peut aller t’en acheter un maintenant dis ? » Milo se laissa aller à soupirer une nouvelle fois, entourant ses épaules d’un bras pour le serrer contre lui en guise de réconfort tout en désignant le petit monde qui se précipitait à l’entrée du bâtiment. « Tu l’as toi-même dis, il faudra faire sans pour aujourd’hui, on a plus le temps. » Déclara-t-il à contre cœur en le poussant à continuer d’avancer vers l’entrée et qu’il arrête de penser à faire demi-tour. « Et puis c’est pas ta punition, c’est qu’un téléphone, c’est pas la fin du monde, et puis ça me pénalise aussi alors que je suis purement innocent, moi. » Ajouta-t-il d’un air taquin avant de se saisir de sa main pour l’inciter à le suivre à travers la foule de d’étudiants qui se traînait encore au bas de l’escalier, accompagnant Macéo jusqu’à sa salle pour être sûr que ce dernier ne change pas d’avis au dernier moment, bien qu’il savait qu’il ne risquait pas vraiment d’aller bien loin s’il était question de laisser Milo derrière. « C’est juste une riquiqui heure qui va passer super vite, d’acc ? » Tenta de le rassurer Milo avant de lui voler un baiser alors qu’il apercevait quelques camarades du même groupe de Macéo arriver. « Et puis ma prof nous laisse toujours sortir dix minutes à l’avance, donc quand tu auras fini je serais déjà là à t’attendre sagement, y a pas de quoi avoir cette bouille toute triste. » Ajouta-t-il tout en ramenant son sac de cours contre son torse pour farfouiller à l’intérieur et en sortir la gaufre qu’il colla dans les mains de son amoureux. « Et mange ça, t’as rien pris ce matin. » Ordonna-t-il, et il n’avait pas eu tort d’y penser puisque son estomac s’était manifesté dans la seconde où Macéo l’avait eu entre les mains. « LE PETIT DEJEUNER !!! » Le cri de Macéo lui arracha un sourire, mais il le perdit rapidement alors qu’il poursuivait avec un regard triste : « Tu vois on aurait pas dû venir ! On aurait pu prendre petit-déj au lit tranquille… » Milo lâcha un soupir las, se retenant de lever les yeux au ciel pour déjà la énième fois de la matinée et fût coupé dans son élan pour répondre alors que Macéo venait l’embrasser. Il s’abstenu donc de répliquer, se contentant de le regarder croquer avec appétit dans sa gaufre. « Merci mon Milo, je sais pas ce que je ferai sans toi ! » Finit-il par dire dans un clin d’œil auquel il lui répondit avec un sourire en coin. « Content d’être indispensable à votre estomac monsieur Cubbins. » Il accorda un bref regard au prof de Macéo qui était arrivé, déverrouillant la porte de leur salle de cours, ce qui voulait dire qu’il était en retard au sien qui avait lieu à l’étage au-dessus. Long soupir rempli de démotivation et de flemme de la part de Macéo, et l’acte fût bien vite accompagné par les paroles. « Vous auriez pu être absent m’sieur sérieux… » Se plaint-il sans vouloir lâcher le sweat que portait Milo. « Ne commencez pas de sitôt monsieur Cubbins, voulez-vous ? » Milo se mordit la joue pour ne pas rire, Macéo avait gardé le silence, le libérant finalement dans une grande inspiration comme pour se donner un peu plus de courage. « A dans une heure pile poil hein mon Milo ? Je t’aime hein… Et travaille bien… Et dans une heure… » Les étudiants étaient déjà tous rentrés et le prof s’était raclé la gorge en guise de rappel à Macéo alors que Milo hochait la tête à ses dires sans l’interrompre pour lui laisser le temps de tout dire. Peine perdue. Macéo lui vola un dernier baiser. « Je t’aime aussi. » Lui glissa Milo avant de filer en direction des escaliers au pas de course pour ne pas se retrouver à la porte. Ce qui ne fût bien heureusement pas le cas, celle-ci étant encore entrouverte pendant que les autres s’installaient, il se faufila à travers l’embrasure en se faisant discret, s’installant dans le fond par réflexe alors que la prof commençait enfin son cours. Milo gribouilla bien pendant un quart d’heure sur la polycopiée qui leur avait été distribuée, il n’y avait  pas l’horloge dans la classe, alors il demandait l’heure, peut-être un peu trop souvent. « Eh Mark… » Commença-t-il en se penchant vers son voisin pour la troisième fois depuis le début du cours. « Il reste trente minutes. » Répondit-il sans même prendre la peine de le regarder, ce dernier était à moitié allongé sur sa table en train de somnoler et ne semblait pas vouloir interrompre sa sieste avant que le cours soit terminé. Milo lâcha un soupir las en baissant de nouveau les yeux sur sa feuille. Il n’aimait franchement pas ce cours, réputé pour être l’un des plus barbants, la prof se contentait d’un cours magistral sans se soucier de son public. Il avait bien vite regretté d’avoir laissé Macéo derrière lui, et ça allait d’autant plus être le cas dans les minutes qui suivraient… Leur enseignant référant, qui rentra dans la salle de classe après avoir frappé plus par politesse que pour qu’on l’invite à entrer, lui avait jeté un coup d’œil, il en était certain, le poussant à se redresser sur sa chaise, comme la plupart des autres avaient fait, curieux.

« Je peux vous empruntez monsieur McGuire une petite minute ? » De la politesse à nouveau, pourquoi est ce que la prof lui refuserait-elle ? Milo s’était déjà emparé de son sac dans un soupir avant même que cette dernière n’opine. Milo espéra silencieusement que la minute d’emprunt ne durerait pas trop longtemps, il ne manquerait plus que Macéo se mette à bouder pour avoir attendu. Il s’était arrêté aussitôt que la porte se referma derrière lui, mais l’importance de la chose semblait avoir plus d’ampleur que se l’était imaginer Milo. Il regarda de travers l’adulte qui l’invita à le suivre. Lui imposa. Qu’est ce qu’il pouvait faire réellement d’autre ? S’enfuir en courant ? De toute façon il n’avait pas grand-chose à craindre, son père n’avait plus de quoi le faire chanter depuis longtemps, et ses dernières tentatives s’étaient résumés à des échecs, même aux funérailles de son grand père il n’avait rien tenté, il avait abandonné. Milo était libre et n’avait plus rien à craindre. Il en était sûr. Peut être qu’il n’aurait pas dût l’être autant. Peut être qu’il aurait dût se fier à ces mauvais souvenirs qui remontaient doucement à la surface alors qu’il avait l’impression de revivre la même scène d’il y a quelques années. Tout avait été pareil. Elle était là, quand il ouvrit a porte, ce fut la première chose qu’il vit en entrant dans le bureau, ses muscles s’étaient tendus et il s’était apprêté à faire demi-tour dans la seconde, sans se soucier de passer pour un aliéné. Mais la porte s’était refermée, et il s’en recula dans un tremblement en voyant son père, ce fut les mots du directeur d’établissement qui réussirent à détourner son regard de lui. « Bonjour Milo et si tu prenais un siège et que tu t’asseyais pour nous expliquer. » Milo lui adressa un regard rempli d’incompréhension bien qu’il se doutait que son paternel derrière lui était le chef d’orchestre de tout ça. Il resta debout, un poil sur ses gardes, tout en jaugeant Kate du regard avant de le poser de nouveau sur le directeur. « Expliquer quoi ? » Demanda-t-il simplement toujours sur la défensive. Ses yeux balayaient la pièce alors qu’il réfléchissait, quel imbécile il faisait, retrouvé pris au piège maintenant, tout seul. Il fallait que ça soit aujourd’hui. Il fixa la trotteuse qui tournait dans l’horloge accrochée au mur derrière le chef d’établissement. Il avait besoin de gagner du temps. « Je pense que nous devrions régler tout ça en famille. Je vous remercie de m’avoir permis de récupérer mon fils. » Déclara la voix doucereuse de son père dans son dos, empêchant l’homme de répondre. Milo frissonna, bien évidemment qu’il allait essayer de couper court aux explications. « Expliquer quoi ? » Insista Milo en se retournant vers son père avec un regard noir. Son père lui offrit un sourire glacial, mais chacun des traits de son visage restèrent impeccablement fixés dans cette expression faussement soulagé d’un père qui retrouvait son fils. Le silence seulement lui répondit alors qu’il lui passait devant lui pour déposer un chèque sur le bureau. « Pour vous exprimer ma reconnaissance. » Ajouta-t-il pour seule explication alors que le directeur opinait la tête sans un mot en fixant le bout de papier bleuté. « Au plaisir monsieur McGuire. » Le père de famille était pleinement satisfait de son effet, sans que Milo ne réussisse à intégrer comment il avait réussi ça. Les gens étaient-ils si corruptibles pour se contenter d’un chèque et de belles paroles sans poser plus de question ? Il empoigna Milo par le bras pour l’emmener à l’extérieur. « Lâche-moi. » Protesta Milo en essayant de s’échapper de son emprise sans y parvenir, les larmes étaient déjà montées, bordant ses yeux alors que Kate s’était penché à son oreille une fois qu’ils furent sortis du bureau. « Je te déconseille d’hurler ou te débattre, tu ne ferais que nous donner un peu plus raison. » Susurra-t-elle alors que Milo la dévisageait sans comprendre, elle se fit un plaisir de l’informer un peu plus. « Après ton petit grabuge à l’hôpital, tu m’as offert l’argument parfait pour faire de toi mon nouveau patient. J’attendais seulement le bon moment. » Sourit-elle apparemment fière d’elle. Milo peinait toujours à tout saisir parfaitement, se berçant malgré lui dans cette idée que tout ça n’était qu’un mauvais rêve, c’est en voyant quelques élèves sortirent de leurs salles de classes que la panique le prit finalement. « Lâche-moi. » Insista Milo de plus belle, sa voix déraillant légèrement vers la fin, les doigts de son père se refermant plus fermement encore autour de son bras pour le traîner à sa suite. « J’espère que t’as pris du bon temps mon garçon. Parce que c’était ta dernière escapade. » Affirma son père en arrivant à hauteur de sa voiture. Il le poussa sur les sièges arrières de la voiture et lui claqua la portière au nez avant de lui-même s’installer derrière le volant. Milo avait bien évidemment tenté d’ouvrir les portes, malgré que la possibilité qu’elles s’ouvrent était quasi inexistante et la chance ne semblait pas être avec lui. Il finit par rendre les armes, allongé sur la banquette alors que son crâne surchauffait pour trouver un moyen de se sortir de là, attendant simplement que la voiture ne s’arrête et que l’on finisse par les ouvrir pour lui, ces foutues portières. Mais sa position ne plaisait guère à son paternel qui fit piler la voiture plus parce qu’il le voulait que par nécessité. Milo s’agrippa à la banquette in extremis pour ne pas percuter les sièges à l’avant alors qu’on lui ordonnait de s’asseoir et de s’attacher. Il obéit sans rien protester et le reste du trajet se fit dans un profond silence. Quand la voiture se gara devant la bâtisse de Kindred, Milo se colla contre la portière opposée à celle que son père ouvra. Et quand ce dernier s'engouffra à l'arrière pour l'agripper, son fils se réfugia tant bien que mal à l'avant pour ouvrir la portière côté passager et s'y échapper. Il avait cru pouvoir s'en sortir ju'squ'au bout, l'air frais lui avait frappé le visage dans le même temps que ce sentiment de liberté l'avait envahi. Mais à peine avait il mit un pied dehors que déjà des bras vinrent l'entourer pour l'empêcher d'aller plus loin. Il se débattit pour se défaire de cette prise dont seule Kate pouvait être responsable, poussant sur ses jambes en espérant qu'elle le lâche dans un manque de force. Il n'avait pas céder, sentant son emprise se relâcher lentement, et il y crût encore un peu plus, se certifiant qu'il ne se résignerait pas, pas cette fois. Seulement, le temps était contre lui, son père les avait déjà rejoints et ses méthodes pour le forcer à se tenir en place étaient bien moins douces que celles de Kate. Une douleur lui traversa les côtes alors qu'un bras plus fort, plus large vint l'entourer et que Kate s'éloignait de lui. Elle l'observa avec un large sourire avant de lui tourner le dos pour se diriger vers l'entrée de l'établissement, une partie où Milo n'avait jamais mis les pieds auparavant mais qu'il connaissait de réputation et tout particulièrement parce que Kate y travaillait. On semblait attendre sa venue puisque Kate eut seulement besoin de l'annoncer avant qu'il soit invité -bien que contraint- à la suivre, toujours escorté par son père ainsi que de deux infirmiers qui les encadraient désormais.

Cela faisait deux semaines qu'il s'était retrouvé isolé dans cette chambre d'hôpital spécialisé, le silence lui fichait la migraine, ses yeux étaient rouges et gonflés par ses pleurs et son manque de sommeil, ses avants-bras étaient couverts de griffures qu'il s'était lui même infligé dans une vaine tentative de vaincre on anxiété, le sang qui en avait résulté se trouvait encore sous ses ongles, sa peau était presque aussi pâle que les draps de son lit et ses lèvres défoncées d'avoir été trop mordues et asséchées par le manque d'eau qu'on lui laissait à disposition. Il avait été brisé de toute les manières possibles, et jamais il n'aurait lui même cru pouvoir ne pas dériver comme ce dingue de l'autre coté de sa chambre qui se frappait le crâne tous les soirs à la même heure, Milo lui en était presque reconnaissant pour ça, gardant la notion du temps, bien qu'il ne savait plus vraiment ce qu'il attendait. Deux semaines étaient passées depuis qu'on l'avait emmené, une fois de plus, loin de Macéo. Deux semaines que sa folle de belle mère jouait les thérapeutes pour soigner cette homosexualité qu'elle s'aimait à appeler « maladie » la cachant sous un motif de dépression auprès de ses confrères et, honnêtement, qui remettrait la parole de cette femme en doute quand on regardait l'allure du gamin ? Le traitement consistant à quelques coups d’électrochocs renommés en « sismothérapie » pour rendre le tout moins barbares. Et bien que l'anesthésiant semblait être oublié couramment pour accompagner ses séances habituelles, Milo n'avait jamais cédé à la seule demande qu'elle lui avait faite. Tout aurait été plus simple pour lui pourtant s'il avait simplement accepté, ça aurait été indolore, et il aurait simplement oublié, mais il ne pouvait concevoir le fait de céder ses souvenirs, Macéo, sans se battre pour eux, il ne pouvait s'empêcher de se raccrocher à cette chose si belle et pourtant si dévastatrice que l'on nommait « espoir ». Il se passa une main dans les cheveux, sans que celle ci ne puisse s'arrêter de trembler, alors qu'il s'efforçait de respirer normalement, de repousser au loin ce poids qui lui encombrait la poitrine. L'effort était là, bien qu'infructueux. Il était assis à même le sol, détestant ce petit lit aux draps tout aussi blanc que les murs et qui était imprégnés de sa sueur, et de ses peurs. Ses yeux étaient fixés sur la porte de sa chambre qui donnait sur un sas avant de s’ouvrir sur les couloirs que parcouraient les nombreux médecins, inconscients de la cruauté dont ils faisaient preuves avec ces mêmes personnes dont ils étaient censés prendre soin, Milo ne les avaient jamais cru, et ils avaient jamais rien fait pour qu’il arrive l’inverse. Prisé par ses pensées, l’entrée de Kate dans sa chambre le fit sursauter, ses bras, qui entouraient déjà ses jambes serrées contre son torse, resserrèrent un peu plus leur prise à son approche. Mais elle ne fit rien pour vraiment l’effrayer, seul son habituel sourire figé sur ses lèvres était là, elle avait traversé la pièce jusqu’à lui de sa démarche légère avant de s’accroupir devant lui avec une certaine douceur qu’il ne lui connaissait pas. Il se mordit la lèvre pour l’empêcher de trembler, et hormis ce simple de mouvement et celui de sa poitrine qui se soulevait au rythme de sa respiration qu’il s’efforçait de garder la plus régulière possible, hormis ça, il ne bougea pas d’un cil, ses yeux levés vers elle, soutenant son regard avec le plus de détermination qu’il pouvait se donner. Son sourire s’agrandit étrangement à ce comportement, c’était plus fort qu’elle, elle aimait qu’on lui tienne tête, qu’on lui résiste, du moment qu’elle finissait par gagner, et ça elle savait parfaitement que ça arriverait.

Il n’avait jamais été autant partagé entre la culpabilité et le soulagement, comment ne pouvait-il pas être un minimum apaisé d’avoir pu sortir de cet endroit, de ne plus avoir à l’effacer de son crâne, de ne plus avoir à lutter pour garder le contrôle sur son propre cerveau ? N’importe qui l’aurait été. Mais à quel prix il avait obtenu ce privilège ? C’était bien ça qui lui rongeait les tripes. Accepter les termes de l’accord avec Kate revenait à la laisser gagner, ça il pouvait l’encaisser, seulement dire au-revoir à Macéo et quitter la ville pour être celui qu’on lui demandait d’être était un peu plus amer en bouche et ce, malgré les quelques ‘consolations’ qu’il avait obtenu en retour. A moins que cela aussi ne soit seulement une manipulation de plus, un mouvement qu’on lui autorisait à faire sans qu’il ne puisse se douter qu’ils tentaient seulement d’en tirer avantage. Cependant, peu importait à quel point chaque permissions qu’ils lui accordaient pouvaient être douteuses, il n’avait pu s’empêcher de saisir ces occasions sans plus y réfléchir, il lui manquait tellement. Idiot. « La ferme. Toi-même t’étais content de sortir de ce trou parce que tu y serais passé. J’aurais dû y réfléchir à deux fois pour une seule raison : la perspective que tu me foutes la paix. » Grogna Milo à cette stupide voix qui s’invitait un peu plus souvent dans sa tête depuis ces deux dernières semaines, elle était devenue une personnalité indépendante à son propre esprit et ce n’était vraiment pas pour plaire à Milo, mais il supposait qu’une fois sorti elle finirait bien par partir, ce ne pouvait être qu’un léger effet secondaire de son séjour chez les dingues. Elle ne devrait plus tarder à repartir maintenant qu’il était retourné dans cette foutu chambre où il détestait tant les moments qu’il y avait passé mais qui semblait moins pénible après les deux dernières semaines qu’il avait connu. Il s’était presque mis à apprécier la chaleur de sa couette dans laquelle il s’était enroulé malgré le sweatshirt qu’il portait déjà, capuche rabattue. Il appréciait son maigre oreiller, dont la taie était devenue rugueuse par le temps, coincé sous son menton alors qu’il gardait les yeux baissés sur son carnet, faisant pivoter son stylo entre ses doigts distraitement alors qu’il réfléchissait aux mots qu’il devait y déposer. Ce carnet était tout ce qu’il avait de plus précieux, il avait toujours pris l’habitude de l’emmener partout avec lui parce que ses rimes s’y trouvaient et parfois la musique qui devait les accompagner, des musiques qu’il n’avait partagé qu’avec une seule personne. Et c’était à cette même personne qu’il lui fallait écrire. Seulement il ne savait pas comment. Chacun des mots qu’il se tentait à écrire ne faisait qu’augmenter la culpabilité qui le pesait et ne rendait la situation qu’un peu plus réelle, une réalité qui ne voulait pas redevenir floue tandis qu’il raturait avec un peu trop d’énervement ses propres mots. Il soupira en laissant tomber son crayon sur le matelas, s’étalant lui-même dessus  pour contempler le plafond, toujours coincé dans ses propres pensées. Tu devrais te dépêcher avant qu’il ne monte jeter un coup d’œil. Milo ne prit pas la peine de lui répondre. Il savait que son père ne dormait pas, malgré l’heure tardive, il avait entendu la porte du frigo s’ouvrir à plusieurs reprises, et la télé continuait à s’égosiller dans la maison, suffisamment fort pour qu’il devine le programme, le poussant à fermer les yeux, se couvrant le visage avec son oreiller, dans une vaine tentative pour que son imagination ne fasse pas le reste et lui transcrive les images. Il ne voulait pas savoir. Il lui fallait se concentrer sur autre chose. Il roula donc une fois de plus sur le matelas de manière à se retrouver sur le ventre pour faire face à ses pages raturées. Il fallait qu’il finisse ça avant que Kate ne se lève et cherche à le tirer du lit pour l’accompagner à la fac. Il passa une main sur son visage alors qu’un bâillement s’échappait de ses lèvres et, finalement, la mine fini par rencontrer le papier de nouveau, et une bonne fois pour toute.
Spooky. Je suppose que la lettre doit commencer par ton nom. Une lettre. C’est un peu idiot, ça ne comblera rien du tout. Ca ne pardonnera rien de plus. Je suis désolé pour ces derniers jours. J’ose même pas imaginer à quel point j’ai pu t’inquiéter… Je vais mieux. Moins que si tu avais été là, t’as toujours été la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie, mais tu n’y peux rien alors ne pense même pas t’en vouloir pour ça. Je t’aime et t’aimerais toujours, ça tu le sais sûrement déjà, pas vrai ? Mais c’est sûrement la dernière fois que je pourrais te le dire avant longtemps alors… Il fallait bien que je le répète encore une fois. Mes mots ne sont même pas assez forts pour ça, mais je ne sais pas comment me débrouiller autrement pour l’instant, alors encore une fois, excuse-moi. Tu mérites mieux qu’un bout de papier, mais c’est tout ce que j’ai à t’offrir et je ne pouvais pas partir sans te dire au revoir. Sans te promettre de trouver une solution pour revenir. Je te le promets. –Ton Milo.
Il referma le cahier avant de changer d’avis, de déchirer la feuille et de tout recommencer, il n’avait plus vraiment le temps pour ça. Il n’en aurait plus vraiment pour lui désormais. La lumière du rez de chaussée qui filtrait par le seuil de la porte de sa chambre avait disparue, lui indiquant que son père débarquerait d’un instant à l’autre. Il cala son carnet entre le matelas et les lattes de son sommier juste à temps pour que son père qui ouvrait la porte de sa chambre ne le surprenne, ne voyant que son fils assis sur son lit, qui n’avait pas eu le temps de feindre de dormir pour avoir la paix. « Tu dors pas ? » Demanda le plus vieux sur un ton qui se voulait suspicieux. Milo tira un peu plus sur la capuche de son sweat sans bouger de ses draps, tournant simplement son regard dans sa direction. « J’aurais préféré à t’entendre faire tes affaires au milieu du salon. » Cracha-t-il comme réponse sans même se rendre compte de ce qu’il disait, et du ton qu’il utilisait, regrettant tout de suite d’avoir ouvert la bouche. En deux pas son père était arrivé jusqu’à lui, agrippant le col de son sweat pour le plaquer contre le lit sans même se soucier des ongles du plus jeune qui s’enfonçaient dans son avant-bras à mesure qu’il suffoquait. « Surveille tes paroles jeune homme. » Siffla-t-il, alors que Milo hochait déjà de la tête à sa demande. La pression contre sa gorge se relâcha à ce simple geste, lui permettant de reprendre son souffle dans un léger sentiment de soulagement, pensant qu’au moins il n’aurait pas le droit à plus de questions sur le pourquoi il était encore debout. Son père avait claqué la porte derrière lui, et cette sensation de soulagement ne l’accompagna pas longtemps, laissant place rapidement à celle de la solitude. Il serra son oreiller contre sa poitrine comme pour y combler le vide qui s’y creusait sans que ça ne le fasse sentir mieux. Combien de temps allait-il devoir attendre encore avant de pouvoir s’échapper de ce cauchemar ? Les issues semblaient toutes se refermer devant lui à chaque fois qu’il osait y penser. Il devait se débarrasser de son problème une bonne fois pour toute, et puis, peut être que demain il aurait une chance de le voir, même si c’était de loin, juste revoir son visage. C’est avec ce seul espoir en tête qu’il réussit finalement à fermer les yeux et s’endormir. Ce qui n’avait semblé durer qu’une minute quand Kate ouvrit la porte de sa chambre pour tirer les rideaux, sa couette et lui râler dessus. « Si tu veux un petit déjeuner tu as intérêt à être descendu dans les dix prochaines minutes. » Elle était repartie aussitôt qu’elle était venue sur ces paroles. Il avait obéit, ne pouvant ignorer son estomac qui grondait. Il se dépêcha de filer sous la douche sans même attendre que l’eau y soit chaude, ignorant son reflet dans le miroir jusqu’à ce que son bonnet soit calé sur sa tête pour y cacher les trous qui se trouvaient dans le désordre de ses cheveux. Il avait avalé son petit déjeuner plus rapidement qu’il ne l’aurait cru, l’angoisse prenant la place de la faim, il n’avait finalement pas mangé grand-chose et s’était simplement hâté de récupérer son sac où il plaça ce même carnet sur lequel il avait écrit la veille, espérant simplement réussir à faire ce qu’il avait planifié.

Il n’avait pas pu tenir en place pendant l’entretien avec le directeur de la faculté, ne prenant même pas la peine d’écouter ce qu’il s’y disait, tout n’était que certainement que mensonges, mais suffisamment bien mis au point par la blonde pour qu’ils puissent être gobés par cet abruti qui l’avait envoyé dans la gueule du loup sans la moindre pitié. Et de toute façon qu’est qu’il en avait à faire ? Il ne s’agissait que d’un simple transfert de dossier d’une université à une autre. Milo le détestait si bien qu’il n’avait pas levé les yeux ni même ouvert la bouche tout le temps où il s’était trouvé dans le bureau. Il ne retrouva l’usage de la parole qu’une fois sortit, pour convaincre Kate de faire un détour à son casier pour y récupérer ses dernières affaires.  Il avait réussi son coup, bien qu’escorté pour qu’il n’aille pas ailleurs, il déposa son carnet en même temps qu’il faisait mine de récupérer ses bouquins malgré Kate qui pestait, prétendant qu’ils ne lui serviraient plus désormais. Milo s’en était douté, qu’ils ne le laisseraient jamais continuer les études dans lesquelles il s’était lancé. Alors qu’il refermait la porte de son casier, la foule d’élèves qui s’était amassée autour d’eux pendant l’intercours avait pris un peu plus d’ampleur. Milo en profita pour jeter un coup d’œil autour de lui, à la recherche de ce visage qu’il aimait tant sans le trouver. Son regard croisa en revanche celui de Mark, un léger sourire germa sur ses lèvres alors qu’il l’interrogeait du regard, disparaissant aussitôt quand son camarade secoua la tête d’un air désolé. Il n’était pas là. Un soupir déçu passa la frontière de ses lèvres avant de se résoudre à suivre Kate qui ne paraissait pas apprécier être entourée de tous ses étudiants, si bien qu’elle en oubliait presque de surveiller chaque faits et gestes de Milo aussi attentivement qu’à la normale, se contentant de surveiller qu’il suivait. Elle n’avait pas remarqué ce petit sourire au coin de ses lèvres qu’il abordait et ce parce qu’elle n’avait pas vu ce bout de papier qu’il avait glissé à travers la porte d’un des casiers. Tout ensuite était passé à une vitesse hallucinante. A peine étaient-ils rentrés que son père râlait déjà, s’en prenant évidemment au plus jeune qui était, selon ses dires, la cause de leur retard. Il fut donc envoyé dans sa chambre pour paqueter ses affaires. Elles ne se résumaient pas à grand-chose, quelques vêtements, et une paire de chaussure en plus de celle qu’il avait déjà aux pieds, pourtant il ne pouvait s’empêcher de regarder autour de lui à la recherche de quelque chose qu’il aurait pu oublier. Peu importe combien il avait détesté cette chambre, la quitter pour en rejoindre une nouvelle, qu’il détesterait sûrement tout autant que celle-ci, à des kilomètres de Los Angeles, ne l’enchantait pas du tout. Il la préférait bien plus à présent qu’il savait qu’il pouvait exister pire. Il entendit son père râler de plus belle contre lui depuis le bas des escaliers, lui demandant ce qu’il lui prenait autant de temps et qu’il n’avait pas intérêt à ce qu’il monte le chercher. Milo lâcha un soupir, ne voulant pas prendre le risque, jetant juste un dernier coup d’œil à l’ensemble de la pièce avant d’hisser son sac de sport qui faisait office de valise jusqu’à son épaule de libre, son sac de cours tenant déjà dans un équilibre précaire sur l’autre, et de sortir de la pièce. Il eut tout juste le temps de descendre la dernière marche que son père lui arrachait son sac de voyage pour le charger dans la voiture sans un mot. Milo le regarda faire sans pouvoir bouger, sans savoir ce qu’il était censé faire à présent, il avait perdu tout but, mais Kate le sortit de ses réflexions en le secouant par l’épaule sans ménagement. « Dépêches-toi, au lieu de rêver ! On prendra le déjeuner sur la route. » Lui ordonna-t-elle en le poussant vers la sortie. Il obéit, la tête basse, son visage masqué par sa capuche qu’il avait rabattu par-dessus son bonnet, son regard vide dirigé vers le sol, il marchait vers la voiture entraîné par elle qui lui agrippait le bras, sans qu’il ne sache comment ses jambes qui ne semblait plus qu’être faites de coton pouvaient encore le supporter. Il rêvait de faire demi-tour, de s’échapper, de courir loin de ce qui l’attendrait sûrement, ou même de juste retourner dans sa chambre pour s’y enfermer à double tour en attendant qu’on l’oubli. Son courage lui échappait, mais il se sentait, de toute façon, trop vaporeux pour tenter de s’enfuir. Il sursauta quand sa voix lui parvint, l’appelant, et son cœur sombra la seconde d’après. L’air lui manquait quand, alors qu’il relevait son regard embué vers lui, il l’aperçut courir dans leur direction, un gémissement s’échappa de ses lèvres quand Kate le balança à l’arrière de la voiture avant de lui claquer la portière au nez. Milo traversa la banquette pour atteindre la vitre opposée et observer Macéo à travers elle. Il était trop tard, seulement, il voulait juste le voir une dernière fois, aussi douloureux que ça pouvait être que de le regarder ainsi, impuissant derrière la vitre de cette voiture qui fonçait déjà sur le bitume, la silhouette de Macéo rapetissant à mesure que celle-ci le distançait. Ses joues étaient trempées de larmes alors qu’il serrait le repose-tête contre lui, dos à la route sans pouvoir détacher ses yeux de celui qu’il laissait derrière. Il ignora les hurlements, menaces des deux adultes qui cherchaient à le faire s’asseoir correctement, il continuait de regarder, il ne savait quand serait la prochaine fois où il pourrait poser de nouveau les yeux sur lui.

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But you. Oh god, I loved you so much. I forgot what hating myself felt like. 
And I'd like to thank you for that.

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Dernière édition par Milo J. McGuire le Mar 10 Jan - 3:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Mar 10 Jan - 4:01


NEUVIEME ACTE





| Won't you torture someone else's sleep ? /

J’ai déraillé. Tout déraille complètement depuis que je suis plus à LA, depuis que tu n’es plus là. Mais c’est ma faute après tout. J’ai juste à assumer, ravaler mes regrets et être celui qu’on veut que je sois. J’étais persuadé que ça serait mieux ainsi. Me résigner, comme j’aurais dû continuer à faire depuis toujours. Et puis s’éloigner, quitte à subir cette douleur vive mais pas éternelle, comme un pansement qu’on arrache. J’avais préféré ça à ce qu’il s’en prenne à toi, à ce que je t’oublie vraiment, qu’il réussisse à me faire oublier, t’oublier. Je préférais m’accrocher à ce petit élan d’espoir qu’on se retrouve, plutôt que tout soit déjà fini. Je voulais gagner du temps. Je voulais tellement de choses. Aujourd’hui j’en veux qu’une seule, et je crois que je ne pourrais jamais l’avoir de nouveau. Tu dois certainement me détester, être en colère. Du moins c’est ce que je préférerais, ce serait plus facile pour toi, c’était le but. Peu importait combien ça me coûterait, ça devait être toi le gagnant. J’étais idiot. Je le suis encore, ou bien c’est plus de la folie maintenant ? Je ne sais pas vraiment. J’ai la migraine, une de celle qui ne veulent jamais en finir avec toi, qui te harcèle, te hante, te dévore jusqu’à ce que tu finisses par t’exploser la cervelle pour être enfin en paix. C’est pas ce que tu voudrais, alors je le fais pas, je reste juste là, dans ma voiture, dénué de musique parce que la musique c’est l’espoir, c’est notre monde, et ce genre de choses m’empêcherait de devenir le fils parfait, pas vrai ? Alors il m’a enlevé l’autoradio, il m’a enlevé tout objet permettant de produire une mélodie, tous ceux qui me permettrait de te retrouver. Mais il m’enlèvera pas mes mains, il m’enlèvera pas ma voix. Il est devenu hystérique, obsessionnel, et elle… Elle s’amuse je dirais. Je l’ai cru Spooky, quand elle m’a dit que tu me détestais, que jamais tu ne reviendrais pour moi, que tu t’étais trouvé une bien meilleure vie sans moi, j’ai souri, aussi mal que ça pouvait faire je me réjouissais d’avoir réussi, t’avais gagné, et elle m’en a collé une, même plusieurs, elle ne s’était pas attendu à ce genre de réaction sûrement. J’ai mis du temps avant de me faire à l’idée que tu n’étais plus là. J’y travaille encore à vrai dire. Il m’arrive parfois de me réveiller et de te penser là, que tout ça n’est qu’un idiot de cauchemar, un de ces scénarios stupides que je me suis fait dans ma tête, mais les scénarios se sont transformés en fantasmes. Tout débloque dans ma tête depuis que t’es plus là, j’ai l’impression d’avoir été divisé en deux, celui qui est là, à se cacher dans un coin le temps que je t’écrives, la façade du fils parfait qui joue son rôle à merveille appréciant presque sa vie. Et il joue contre cet autre petit révolutionnaire qui veut te récupérer, récupérer sa boîte à rythmes, sa musique, et ce dernier est en train de mourir, je crois que c’est lui qui t’écris, que c’est moi, c’est en train de me tuer, littéralement, et l’autre va gagner.

Une larme finit par couler le long de sa joue, puis une autre, alors que son front s’abattait contre le volant de sa voiture. Les sanglots s’entassaient dans sa gorge, sans qu’ils ne réussissent à s’échapper, il avait envie d’hurler mais ne pouvait se permettre qu’on l’entende, il était beaucoup trop tard pour qu’il soit là dans sa voiture sans que l’on ne se pose de questions sur ce qu’il y faisait, et ça, personne ne devait le savoir. Mais elle, elle savait, elle savait qu’il aimait s’y réfugier, sans vraiment savoir ce qu’il y faisait, elle essayait de faire avec quand elle le sentait quitter le lit après un sursaut, elle tentait de le laisser tranquille quand il partait se réfugier dans la salle de bain, descendait à la cuisine, ou enfilait simplement un jogging, torse nu, pour traverser la nuit fraîche et se planquer, comme ce soir-là, dans son auto. Elle n’avait pas pu s’empêcher de jeter un coup d’œil par la fenêtre, de la fumée s’échappa doucement de la fenêtre coté conducteur. Elle fronça des sourcils, sa consommation avait considérablement augmentée depuis qu’elle le connaissait, plus par envie de se détruire la santé que par addiction, elle ne comprenait pas ce qu’était ce nouveau jeu dont sa vie était toujours la chose à perdre ou à gagner. L’adrénaline excusait certaines activités, mais la cigarette… Elle peinait parfois à le suivre, mais elle l’aimait, alors elle essayait d’apprendre, de comprendre, pour mieux l’aider. Jusqu’à ce que sa belle-mère lui explique qu’il avait toujours été comme ça depuis son départ de LA, cette tendance à vouloir se détruire à petit feu, sans parvenir à se porter le coup fatal, elle avait pris un air attristé quand elle lui avait raconté, lui assurant qu’il progressait depuis qu’elle était là pour lui. Mais la plus jeune des deux femmes n’était pas si sûre que ça, elle avait presque l’impression que ça avait, au contraire, empiré. Pourtant lorsqu’elle l’avait connu, en tant qu’ami, il ne semblait pas aussi perdu, effacé certes, mais perdu non, il semblait sûr de chacun de ses pas, comme s’ils étaient maîtrisés à la perfection, prévus, calculés. La petite folle extravertie qu’elle était à l’époque l’avait poussé à découvrir ce drôle de personnage qu’il était. Se fixant pour objectif de le dévergondé un peu, lui, coincé dans sa petite chemise, son pantalon retroussé et ses vans usées. Ce type célèbre à travers toute l’université pour son jeu fantastique de basket, qui pourtant semblait si seul. Il ne l’avait pas laissé faire, même si elle avait compris ce même jour que ce n’était qu’un jeu d’image, plus il la repoussait plus elle insistait, jusqu’à ce qu’il lâche prise. Il l’avait vu cette fois-là sur sa guitare sèche à essayer de réviser les trois malheureux accords pour son prochain cours, elle s’intéressait à la peinture mais était obligée d’assister aux cours de musique dans ce cursus, elle n’avait jamais eu beaucoup de talent dans ce domaine. C’est cette fois là qu’elle est tombée amoureuse de lui. Il est venu, de lui-même, faisant ce qu’elle n’était pas fichu de faire depuis deux jours. Il lui expliqua, et elle vit que c’était ça, c’était la musique qui le faisait sourire. Alors c’est ce qu’elle lui donna, réclamant son aide pour ses cours à la moindre occasion qui se présentait. Jusqu’à ce fameux jour, le dix-huitième jour de Juin. Il n’était pas là. Alors elle prétendit lui porter ses cours pour obtenir son adresse et jouer les commères. Et il était là, elle pouvait le voir par-dessus la clôture de son jardin, des tâches sombres assombrissaient son visage et son torse découvert, mais ce ne fut pas ce détail sur lequel elle s’attarda. Un sceau en plastique coincé entre ses deux jambes, il battait un rythme, juste avec ses mains, les yeux clos et sa voix parvint jusqu’à elle. Back and forth between being me and who you call me to be. You see a man free who thinks he has to buy a key, to a door but he can't, 'cause he's poor and he can't fall down anymore, 'cause he's already on the floor. And his heart is broken, and all and this is his scar, but it's warm from crying 'cause he will try nine times to realize nine crimes but he has more than nine lives. So he picks himself up and keeps climbing for the prize, again. Sa bouche se referma quand il s’aperçu qu’il n’était plus seul, son regard était noir, furieux, haineux. Elle avait eu peur de ce regard, elle s’était tût, le regardant filer à l’intérieur. Milo l’avait haït à cet instant, il l’avait longtemps ignoré après ça, même si elle lui avait permis de se raccrocher un peu à la musique. Cela avait fait presque un an qu’il n’avait pas chanté, il l’avait simplement fait parce que c’était son anniversaire, il ne voulait juste pas faire semblant ce jour-là, alors il s’était fait porter pâle, même la belle maman médecin n’y avait vu que du feu, et il avait pensé à lui toute la journée, restant dans son lit, tournant, pleurant, s’endormant le temps de quelques minutes pour se réveiller et reproduire le même schéma, ça avait bien duré quatre heures. Jusqu’à ce qu’Il lui souffle de se lever, de se bouger le train et de retourner en cours, que rien ne servait de se lamenter sur son sort. Le passé appartient au passé, Milo, il va le savoir, il va te détruire. Cette voix, elle s’amusait toujours à appuyer sur ses craintes, les faisant remonter, mais seul Macéo l’importait, il ne l’écouta pas, pourtant elle avait raison. Son père remonta jusqu’à sa chambre à midi, comprenant la date qu’affichait le calendrier, il s’était pris une sacrée rouste. Mais voilà, son père n’avait pas eu d’autre choix que de le laisser à la maison après l’avoir réduit à l’état d’un corps tremblant et recroquevillé sur le sol. L’interruption de Mercy avait simplement gâché cette mini-victoire pour Milo, elle lui rappelait le fait qu’il était loin de lui, que tout ça serait là de nouveau demain, que la comédie reprendrait, et ce fut le cas, mais de façon différente, il ne parlait plus, Mercy devenant la personne à éviter autant qu’il pouvait, et ce fut plus difficile qu’il n’aurait cru, se demandant presque si elle n’avait pas le don de se téléporter. « Je suis désolée Milo ! J-je voulais juste savoir comment t’allais et je ne voulais pas te déranger… Je… J’ai trouvé ça magnifique. » Avait-elle fini par lui dire, dans la précipitation alors qu’il s’apprêtait déjà à faire demi-tour dès l’instant où il l’avait aperçu. Milo se mordit la lèvre alors qu’il lui tournait toujours le dos, il se demandait ce que lui en aurait pensé. On s’en fiche Milo, il n’est plus là. Elle oui, tu devrais sauter sur l’occasion plutôt que chercher à le retrouver, ça n’arrivera jamais, c’était ce qu’on voulait tu te souviens ? Qu’il fasse sa vie heureuse sans nous, il serait peut-être temps de se soucier de la nôtre maintenant. Milo l’écouta, cette fois, du moins il essaya, ce fut comme ça qu’il finit par sortir avec elle, mais il n’était pas heureux. Il avait même finit par se dégoûter lui-même pour ce qu’il faisait. Il avait appris à aimer Mercy, pas de la façon dont il aurait fallu mais il se souciait d’elle, et l’utiliser pour gagner de la crédibilité, de l’indépendance, pour essayer de combler le vide causé par l'absence de celui qui avait toujours été le seul, ce n’était pas vraiment une bonne idée. Il le savait, en était sûr, mais cette autre partie de lui prenait de l’influence, il se noyait en lui, il perdait le contrôle. Il s’en rendait compte, tirant sur sa clope, le front toujours contre le volant, il se sentait perdre, il ne savait plus où se cacher, il ne savait plus par où s’échapper.

Milo sursauta lorsqu’il entendit frapper contre sa vitre, cachant dans un geste vif le carnet qui lui permettait de garder pied, encore un peu. Il tourna la tête vers l’intrus et fût soulagé d’apercevoir le visage de Mercy. Son visage affichait clairement de l’inquiétude et il ouvrit sa fenêtre complétement. « Qu’est ce que tu fais dehors, Love ? » Milo grimaça, il détestait ce surnom. « B’soin d’air. » Marmonna-t-il l’air sombre. Alors que Mercy ouvrit la portière, ne se décourageant pas, elle s’installa sur lui, attrapant la cigarette pour venir l’écraser dans le cendrier. Elle vint l’embrasser tendrement, il n’y échappa pas, se laissant envahir par le brouillard de ses pensées, pour que tout redevienne flou. Irréel. Qu’est ce qui l’était ? Qu’est ce qui ne l’était pas ? « Tu devrais reprendre tes cachets. » Souffla-t-elle. Un « non » froid et catégorique vint lui répondre, mais elle finissait toujours par réussir à lui faire avaler, par la ruse. Duper le renard qu’il était, l’apprivoiser, le tenir en laisse, il était à elle, son trophée, il ne serait celui de personne d’autre. Elle s’était mise à l’aimer de façon malsaine, devinant que ses pensées étaient tournées vers quelqu’un d’autre, elle avait finalement obtenu de l’aide, par ses beaux-parents, qui se servaient d’elle en retour, sans que le principal concerné ne se doute de rien. Milo faisait confiance à Mercy, suffisamment pour croire qu’elle ne manigançait pas avec les deux adultes perfides qui avaient sa garde, suffisamment pour penser qu’il ne risquait rien venant d’elle. Elle l’entraîna à sa suite pour qu’ils regagnent leur chambre. Il détesta les caresses qu’elle lui accorda pour l’aider à s’endormir, elles le poussaient d’autant plus à rester éveillé. Il sentit la main douce de la jeune femme, plus taquine, descendre plus bas sur son corps, et celle de Milo l’arrêta alors qu’elle arrivait à l’élastique de son boxer. « Je voudrais dormir. » Murmura-t-il, alors qu’il n’en ressentait aucunement l’envie, il ne réussirait pas à refermer l’œil, encore une fois, mais c’était l’excuse la plus crédible qu’il avait su sortir. Mercy afficha un air boudeur mais il ne craqua pas, ça n’avait jamais marché et elle le savait. Alors le lendemain, elle avait décidé de le forcer à sortir, plaidant sa cause officiellement auprès de ses parents, manigançant avec eux officieusement. Elle perdait sa confiance, elle le perdait tout court, il n’y avait qu’à regarder le rendu de leur matinée. Elle l’avait donc traîné à un concert pour la soirée, concert auquel il n’avait pas eu l’envie d’aller. Il l’avait donc laissé conduire, direction Sacramento, non loin de Beacon Hills, dans un bar dont il avait perdu le nom, pour voir un groupe dont il se foutait du nom également. « Aller Milo, fais-moi un sourire. Tu vas les adorer. » Milo hocha la tête de manière peu enthousiaste, il n’aimait pas sa façon de se servir de la musique pour résoudre leur dernière dispute. Habituellement, Milo n’était pas du genre à chercher le conflit, mais la réaction de Mercy quand ils étaient passés devant ces deux filles qui se tenaient par la main l’avait simplement rendu dingue. Il avait perdu pied, le contrôle, malgré tous ces murmures dans sa tête qui s’essayaient à le calmer, à le ralentir, il n’écoutait plus, ne voulait plus les entendre, s’il avait commencé à s’adapter à sa petite vie d’automate, robotisée, programmée, sous contrôle, il n’avait pas pu se retenir cette fois-là. Il l’avait ouverte, et la honte qu’avait ressentie la jeune femme à cet instant, s’était abattue sur Milo dans une gifle monumentale. Il avait encaissé. Qu’était ce que c’était face à ce qu’il avait déjà connu ? Rien. Mais le geste avait pourtant représenté énormément à ses yeux venant d’elle, alors il est parti. Disparaissant. Jusqu’à ce qu’il se résigne à rentrer, où aurait-il pu aller autrement ? Son père ne lui tomba pas dessus, laissant ce plaisir à la marâtre. « Si tu perds cette perle que t’as trouvé, je te jure que je te grillerai le cerveau jusqu’à ce que t’en oublie comment tu t’appelles. » Lui avait-elle chuchoté à l’oreille avant de revêtir de nouveau son sourire, qui en avait berné plus d’un, pour l’accompagner jusqu’à une Mercy qui pleurnichait. Il avait donc accepté le concert. S’évertuant à penser que ça arrangerait les choses, les calmerait au moins, qu’il finirait par s’arrêter de la détester pour ce qu’elle était en train de devenir, pour ce qu’elle n’était pas : Macéo. Fais le pour lui. Chantonnait-on dans un coin de sa tête. En aurait-il au moins eu quelque chose à faire ? Certainement, ils avaient tous les deux été se perdre dans ce genre d’évènements, jouant parfois les juges, mais il n’était plus là, quel intérêt d’y aller sans lui ? Arrête de penser sans arrêts à lui, ça fait près de deux ans maintenant. Passe à autre chose, ça commence à devenir ennuyant à force, tu t’enfonces alors que l’on commençait tout juste à refaire les choses bien. Ne gâche pas tout encore une fois. Continua-t-on, toujours de cette voix, qui s’était faite plus sombre et autoritaire qu’auparavant. « Milo ? » L’interrompit finalement Mercy, sa main droite s’attardant sur l’épaule de l’interpellé. Celui-ci tourna les yeux vers elle, sans réagir à son geste, ses traits décrivaient sa fatigue, il n’avait rien écouté de ce qu’elle lui avait dit, mais il tenta tout de même un sourire. Elle comprit, mais ne se répéta pas, retirant sa main de son épaule pour balayer l’air, comme si ce qu’elle venait de raconter était, de toute façon, futile. « On y est ! » Se contenta-t-elle de déclarer alors qu’elle se garait non loin du bar qui semblait plutôt bien rempli. Ils se frayèrent un chemin à travers la foule, le show avait déjà commencé et Milo se glissa jusqu’au comptoir, trouvant un siège libre pour s’y asseoir. Il avait osé penser avoir là, la possibilité de poser les distances avec la blonde qui ne cessait de se servir de la foule comme d’un prétexte pour se coller à lui. Raté. Elle alla s’installer devant lui, debout entre ses jambes, accoudée sur ses cuisses. Aller, un petit effort Milo. Il prit sur lui, soupirant doucement avant d’entourer la taille de la jeune femme de ses bras. Il ne fit pas attention au sourire qu’elle lui accorda suite à ce geste, il ne broncha pas plus lorsqu’elle se pencha sur lui pour coller son dos contre son torse et caler sa tête dans le creux de son épaule. Il préféra se focaliser sur le groupe en pleine action, ils n’étaient pas mauvais, mais Milo n’appréciait pas. La musique avait perdue de sa saveur depuis qu’il n’avait plus Macéo avec qui la partager. Elle ne le faisait plus vivre comme avant, elle se contentait simplement de le maintenir en vie, quand elle daignait être présente dans son quotidien. Juste assez pour tenir encore un peu, suffisamment longtemps pour lui permettre de le revoir, si l’on acceptait un jour de lui accorder ça. Ses yeux se posèrent sur le batteur, instinctivement, mais personne ne jouait comme Macéo. Arrêtes de penser à lui, c’est terminé, tu te rappelles ? Lâche l’affaire ou tu vas vraiment finir par devoir l’oublier au sens propre du terme. Il se remémora la belle-mère, comme une piqûre de rappel, un électrochoc, ça lui glaçait le sang. « Je vais m’en cramer une. » Souffla-t-il à l’oreille de Mercy avant de s’écarter d’elle pour partir, sans même attendre qu’elle lui réponde. Il ne se sentait pas à sa place, comme étouffé dans un étau, son souffle était court, erratique, ses yeux le brûlaient mais il ne voulait pas céder aux larmes, il ne voulait pas non plus accepter la véritable raison du pourquoi elles étaient là. Il joua des coudes pour se frayer un passage, se prenant lui aussi quelques coups, réveillant quelques douleurs, certaines plus anciennes que d’autres, tout en cherchant la sortie des yeux, le bar n’était pourtant pas si grand. Puis le silence le surprit, le groupe s’arrêta de jouer, le faisant se tourner vers la scène pour voir ce qu’il s’y passait. Il essaya d’apercevoir celui qui allait à contre-courant de la foule tout comme lui avait essayé de le faire, en vain. Une main vint se saisir de la sienne pour l’entraîner vers la sortie sans qu’il n’ait le temps de satisfaire sa curiosité. Mercy. Elle voulut l’entraîner un peu plus loin, traversant la rue, mais Milo se stoppa net. « Pourquoi tu veux partir maintenant ? » Lui demanda-t-il légèrement suspicieux. « Tu te plais pas, ça crève les yeux, ça sert à rien de rester. » Il haussa des épaules, déjà désintéressé parce qu’elle disait, avant de jeter un nouveau coup d’œil vers le bar où l’on pouvait entendre de nouveau la musique retentir alors que Mercy rebroussait déjà chemin. Elle remarqua rapidement qu’il ne suivait pas et déjà, ses doigts vinrent s’emparer de son poignet pour le forcer à la suivre, le ramenant à la réalité. « Milo ! Viens ! » Tu te berces d’illusions, la moindre chose qui change de l’habituel te fais penser à le revoir, oublies ça, ferme là, bouge-toi, concentre toi sur ce que t’as à faire. Sifflait sa tête. Milo ne l’écoutait pas, suivant malgré lui la direction qu’on lui imposait, tout en jetant des coups d’œil derrière lui, il aurait préféré pouvoir se convaincre que ce n’était pas lui, qu’il avait simplement halluciné, mais il mourrait d’envie que ce soit le cas, qu’il n’ait pas rêvé. « MILO ! » L’interpellé tituba, surpris, alors que Mercy le traînait bien trop loin pour qu’il puisse voir la rue dans sa globalité, il n’avait plus aucun doute désormais, il aurait reconnu cette voix entre milles et il se tourna dans sa direction, il n’avait rien imaginé, il était bien là, et il ne put s’empêcher de sourire, accrochant son regard jusqu’à ce qu’il disparaisse de son champ de vision la pression autour de son poignet se faisant plus intense. Le contact visuel perdu, la douce sensation de nager en plein rêve se dissipa, mais on le tira un peu plus fort dans la direction opposé. Tu vas tout gâcher si tu fais ça Milo. Il te retrouvera et te fera la peau pour de bon, et il aura la sienne par la même occasion, ce n’est pas ce que tu veux, n’est-ce pas ? Tu ne veux pas qu’il finisse comme ta mère au fond d’un trou ? Il frissonna. Et il gagna encore. Milo l’avait suivi elle, et Dieu, qu’il s’en était voulu de l’avoir fait, toujours plus chaque jour qui passait.

A leur arrivée beaucoup plus tôt que prévu à leur départ, le père de Milo ne s’interrogea pas longtemps sur la raison, il l’avait bien vu, cette lueur qu’il avait dans les yeux, et il savait qu’elle n’existait pas pour la blonde, même s’il espérait que ça viendrait. Il ne s’en souciait pas plus que ça, l’image que sa famille renvoyait comptait beaucoup plus que la présence de cette lueur ou non dans le regard de son fils. Seulement elle était bien là ce soir-là, il l’avait remarqué, congédiant Mercy pour faire pleinement face à son fils. « Tu l’as revu. » Avait-il craché, sans croire au mouvement de tête négatif de Milo qui analysait déjà les différentes trajectoires qu’il pourrait prendre pour s’échapper. Son père semblait furieux, et Milo soupçonnait de ne pas être la seule raison à cette humeur. Le plus vieux se rapprocha de lui, l’attrapant par les cheveux pour le forcer à se plier, il lâcha un sourire satisfait quand il vit qu’il ne cherchait même pas à lutter. « On sait tous les deux que c’est le cas. » Affirmait-il alors que Milo s’efforçait toujours à le contredire.  Ça ne lui suffisait pas, il ne garda donc pas longtemps sa prise, le repoussant pour mieux faire abattre son poing contre son visage. Le plus jeune encaissa, vacillant un peu. « Arrêtes d’essayer de me mentir mon garçon. » Milo leva les yeux vers lui, et maintenu son regard. « Je suis là, non ? » Finit-il par répondre avec froideur, sans baisser les yeux. Oui il était là, et il aurait vraiment préféré être ailleurs, il savait encore parfaitement décrire dans les moindres détails son chez lui, celui auquel on l’avait arraché, et il se les remémora un par un alors que son père s’abattait sur lui, se forçant à se souvenir de chaque précieux moments qu’il avait vécu à travers ces détails alors que les coups pleuvaient pour avoir osé tenir tête au paternel. Mais ces détails disparurent dans un tourbillon bicolore, et bientôt, il n’y eut que son rire qui résonnait dans sa tête à gorge déployée, il pouvait le voir maintenant, silhouette sombre et floue, qui semblait baignée dans un feu sans lumière, il le fixait de ses grands yeux rouges. J’ai gagné. Souffla-t-il alors que tout disparaissait aussi rapidement que ça lui était apparu. Les coups avaient cessés sans même qu’il ne s’en aperçoive, son corps semblait fait de coton et sa tête tambourinait un peu trop. Il sentit deux mains lui maintenir le visage, un pouce caresser sa joue, et il se força à ouvrir les yeux. Le visage de Mercy fut le premier à lui apparaître, elle lui lança un sourire timide alors qu’il détournait déjà les yeux, cherchant à se redresser malgré le pic de douleur qui vint de s’emparer de ses côtes. Son père était installé dans son fauteuil, les mains ensanglanté, l’air furieux dans son regard ne le quittait pas, il s’intensifia même quand il croisa le sien. « T’as failli le tuer ! » L’engueulait sa femme, mais elle ne lui apprit rien, c’était le but, et tout le monde dans la pièce l’avait compris, les derniers soupçons effacés par le petit rire qu’il eut face à cette dernière phrase, rire remplit de regrets. « C’est pas sa faute. Si on est rentré plus tôt, c’est parce que… » Commença Mercy, alors que Milo la suppliait du regard de se taire. Mais celle-ci trouva apparemment ce qui semblait être la solution pour calmer le paternel, aux yeux de Milo en tout cas, tout ça aurait pu tout aussi bien être une gigantesque mascarade, comme son père avait toujours orchestré avec talent. « On s’est fiancés. » Finit elle par lâcher dans un sourire.


| You should never trust the pantaloon. /

Fiancés. Ce mot semblait vide de tout sens aux yeux de Milo. Il avait regardé la blonde sans comprendre, mais elle s’était contentée de lui sourire, l’invitant à lui faire confiance. Elle le sauvait littéralement des griffes de son père. Alors il crut à ce mensonge, sans savoir qu’en approuvant ces mots, il acceptait cet engagement qu’il ne pensait que factice, illusoire. Mercy l’embrassa passionnément et Milo s’écarta un peu, utilisant ses côtes douloureuses comme prétexte. Kate l’avait monté jusqu'à sa chambre sans grand ménagement, bien qu’elle semble ravie de cette nouvelle soudaine, Mercy la suivait de près, ne laissant pas le choix au garçon de se faire ausculter en détail par les deux femmes. Milo n’avait jamais eu à aller à l’hôpital pour les coups que lui portait son père, surtout parce que cela entraînerait beaucoup trop de questions. Mais depuis qu’il y avait une femme médecin à la maison, le père de famille se contenait beaucoup moins. « Il va falloir maquiller tout ça pour l’annonce officielle de notre petit couple. » Chantonnait la plus âgée tandis que Milo faisait la grimace sans que les deux autres ne sachent que ce n’était pas parce que la main de celle-ci lui enserrait trop la mâchoire. Mais la comédie devait commencer, alors il essaya, tout en continuant de se battre, mais avec moins de vigueur, il était épuisé, lassé, fatigué, mais ça devait continuer, l’illusion devait se poursuivre et Milo n’eut rien à faire pour qu’elle continue, tout lui échappait déjà, il était bel et bien en train de perdre, il était en train de réellement devenir ce qu’il se contentait d’interpréter. Ses rêves se brouillaient, laissant place à ce qu’il devait être, sa personnalité s’effaçait, en laissant place à une autre, il devenait tout aussi flou que lui, pour lui laisser sa place. Mais rien n’était encore définitif, ce ne fut le cas que la journée suivante, celle-ci l’avait achevé alors que revoir Macéo lui avait pourtant redonné un peu de courage. Courage qui s’était transformé en une inquiétude dévorante dès le réveil. Sa tête lui faisait mal ce matin-là, mal d’avoir trop réfléchis, mal d’avoir rencontré le sol à plusieurs reprises la veille, son corps était pris de plusieurs crampes, il ne voulait pas ouvrir les yeux, il ne voulait pas se réveiller, il l’était pourtant, mais ne voulait pas que ça se sache. Il espérait qu’on ne viendrait jamais vers lui, qu’on le laisserait là, tranquille, sans le faire répondre de ses actes, mais il se leva pourtant, en trombe, car lorsque la voix du présentateur déblatérait sur un accident aux abords d’un bar de Sacramento il avait tendu l’oreille. La mention du nom de « Cubbins » avait suffi pour qu’il soit debout sur ses deux pieds la seconde suivante. Mercy avait tourné les yeux vers lui, assise sur le bout de leur lit, télécommande à la main, surprise de cet air matinal qui lui était peu habituel, pensant avoir éteint la télé juste à temps. Elle pensait mal. Milo la regarda comme si elle était sortie de nulle part. Bienvenue dans la réalité mon Milo. Alors que vas-tu lui dire pour t’échapper de ta prison de verre ? Milo ne prêta pas attention à cette appellation qu’il ne connaissait que de deux personnes, il laissa un sourire en coin naître sur son visage. « Bonjour. » Adressa Milo à la blonde, venant lui accorder un bisou sur le front, feignant de transpirer la bonne humeur. Il se précipita dans la salle de bain et jeta un coup d’œil à l’heure qu’affichait la montre de la jeune femme posée près du lavabo. Il était encore suffisamment tôt pour qu’il puisse pondre une excuse tangible. Il fila sous la douche non sans grimacer quand l’eau lui rappela le déroulement de sa soirée de la veille. Il enfila un sweat à capuche sombre par-dessus son t-shirt, jean tout aussi sombre qui tombait sur ses vans rouges, elles seules permettaient réellement de le reconnaître. « Tu vas quelque part chou ? » Lui demanda Mercy alors qu’il sortait de la salle de bain. Elle commençait déjà à douter sur les intentions du garçon. Mais celui-ci ne se laissa pas démasquer. Il fallait qu’il le voit, il fallait qu’il sache s’il allait bien, il fallait qu’il le retrouve. Et après tout ce temps où il s’était plié aux exigences de tout le monde, il était certain de pourvoir s’échapper, juste cette fois. « Je te dois bien un petit déj au lit après cette soirée. » Lui répondit-il dans un clin d’œil avant de s’autoriser à dévaler les marches une fois qu’il aperçut son sourire. Il n’allait certainement pas attendre qu’elle réfléchisse plus longtemps à cette excuse. Le couple qui se trouvait au rez de chaussée serait plus difficile à convaincre. Mais il agit comme tout ceci était normal, attrapant quelques billets verts dans le portefeuille de son père. Ce dernier l’arrêta dans son geste, agrippant violemment son poignet, Milo serra des dents, tournant son regard vers lui. « Où est ce que t’as l’intention d’aller comme ça ? » Milo baissa les yeux, s’en tenant à son mensonge. « A la boulangerie. Chercher le p’tit déj. » Marmonna-t-il. La pression autour de son poignet se fit moins forte, mais ne disparue pas. Milo resta silencieux, attendant, et Kate vint encore une fois le sauver, le médecin qu’elle était et l’ego surdimensionné qu’elle possédait la poussaient à croire Milo, à croire que celui-ci s’était résigné, qu’il lui était à présent complétement asservis. Ou bien savait-elle à cet instant que les événements à venir le permettraient ? « Voyons mon chéri, fais lui un peu confiance. » Avait-elle dit en adressant un sourire à Milo. L’homme lâcha le poignet de son fils sans dire un mot. Le regardant juste filer par la porte d’entrée alors qu’il continuait toujours son numéro en leur adressant un bref : « A tout à l’heure. » en claquant la porte derrière lui. Il abandonna cette façade seulement lorsque sa voiture quittait la rue où ils habitaient, cherchant à tâtons le GPS, alors que son pied s’enfonçait inconsciemment sur l’accélérateur, toujours un peu plus. L’énervement grimpait à mesure que le GPS persistait à demeurer introuvable, tout comme la vitesse à laquelle s’élançait la voiture. La route était déserte par chance, mais la chance n’aimait que très rarement avec Milo. C’est certainement pourquoi des lumières bleues et des sirènes finirent par s’animer derrière lui. « Merde… » Siffla-t-il. Quoi ? Tu vas sérieusement t’arrêter ? Alors que t’étais si près du but ? Entamer une course poursuite avec deux voitures de flics n’enchantait pas vraiment Milo. Il n’était pas dans ce jeu auquel Macéo jouait parfois, où les flics finissaient par arrêter de vous poursuivre quand vous avez mis suffisamment de distances entre eux et vous. Il sourit en revoyant Macéo y jouer, il était toujours super concentré dans ces moments là, il se gara sur le côté avec ce sourire. Milo fut presque soulagé de tomber sur le sheriff Stilinski, ce n’était pas la première fois qu’ils se rencontraient, et ce dernier avait toujours bien aimé le garçon. « Alors, on avait envie d’un peu de vitesse ce matin Milo ? » Lui demanda-t-il en s’appuyant sur l’habitacle pour observer le conducteur à travers la vitre ouverte. L’interpellé lui adressa un sourire timide. « Désolé. » Marmonna-t-il. « J’étais pressé et j’ai pas fait attention au compteur… » Il était fichu d’une manière ou d’une autre, il ne saurait même pas dire à combien est ce qu’il roulait véritablement. Mais encore une fois, ça avait été une chance que ce soit le sheriff de Beacon Hill’s qui l’arrêtait plutôt que n’importe qui d’autre. « T’en fait pas je sais bien que t’es pas le genre à nous faire des misères. » Lui sourit le plus âgé, le soulagement s’afficha aussitôt sur le visage de Milo, cette expression ne resta pourtant pas bien longtemps. « T’es tout seul ? » Demanda le sheriff sans cacher sa surprise. Certes, il était rare de voir Milo seul depuis son emménagement à Beacon Hill’s, comme s’il pouvait profiter de sa solitude pour s’enfuir, mais le plus vieux pensait se faire simplement des idées, alors il ne s’y était pas attardé, comment un gosse avec une si belle petite amie, pour qui l’argent coulait à flot, une belle-mère si serviable et un père si droit, voudrait-il s’enfuir ? La famille McGuire avait toujours porté une bonne réputation en ville. Milo hocha de la tête sans un mot. Il ne savait pas sur quel ton répondre et ne préférait pas attirer l’attention sur cette question. « Et où tu allais pour être si pressé, si ce n’est pas indiscret ? » Questionna de plus belle le sheriff. Milo continua à fixer son volant. « A la boulangerie. » Tenta-t-il. Très intelligent ce que tu nous dis là, elle est très exactement dans la direction opposée la boulangerie, Milo. Et ce mec est genre né ici ! Stilinski lui sourit « Tu dois tenir à ton petit déjeuner pour aller jusqu’à Sacramento pour aller le chercher. » S’amusa-t-il. « La prochaine fois tu gagneras ton temps de prévoir ça un jour où la nôtre n’est pas fermée. » Milo se retint dans un effort ultime de ne pas lâcher un soupir de soulagement en se rendant compte que son mensonge était crédible, un minimum. Il haussa des épaules, se contentant d’un bref : « J’y penserai la prochaine fois. » Il le laissa repartir, non sans le prier de faire attention sur la route, ce que Milo fit. Il avait fait attention, ça n’avait tout simplement pas été de sa faute. Un truck l’avait collé au train pendant un long moment choisissant finalement de le doubler par la droite tandis qu’un autre le serrait à gauche. Un coup de frein, de volant et tout était partit en éclat. La voiture partit en embardée, s’écrasant sur les rails de sécurité avant de finir sa course dans le fossé. Des voitures pilèrent devant la scène, des cris, un appel, des sirènes et déjà le périmètre était bouclé. Milo fut extirpé de la voiture et embarqué devant les nombreux regards curieux des automobilistes qui passaient par là, regards que Milo n’avait pas à affronter, ayant sombré dans l’inconscient bien avant que les secours ne débarquent. Il ne s’éveilla que bien plus tard, réveillé par des haussements de voix qui s’échangeaient dans la petite chambre d’hôpital où il se trouvait. « C’est votre faute, vous êtes un pauvre taré, c’est vous qui lui avait fait ça ! » Jade. Qu’est-ce que diable, elle fichait ici ? « Ca suffit mademoiselle, sortez d’ici. » Une voix qu’il ne reconnut pas. Un infirmier ? « Elle est avec moi. » Ton sec, froid, mais fatigué, la personne la plus proche de lui géographiquement semblait-il. « Mamy ? » Appela Milo d’une voix rocailleuse et plus faible qu’il ne l’aurait cru, il avait la gorge en feu et la bouche sèche, comme une vieille sensation d’avoir trop ingérée de fumée. Une main s’empara aussitôt de la sienne pour la serrer alors que Milo s’efforçait d’ouvrir les yeux, et se redresser contre ses oreillers. La lumière lui agressa les rétines faisant monter quelques larmes alors que la douleur qui lui parcouru son corps tout entier quand il bougea ne l’aidait en rien. « T’en fait pas mon chéri, ça va aller. » Elle lui adressa un sourire tendre mais Milo s’intéressa plus aux autres personnes présentes dans la pièce. Croiser le regard de son père suffit à lui arracher un frisson, il avait un air impénétrable et le garçon ne savait y déceler s’il allait avoir des problèmes ou non. Mercy était également là, plus à l’écart, jouant avec la bague qui ornait son annulaire pour se dégager de son stress. Depuis quand est ce qu’elle l’avait cette bague ? Milo ne lui prêta pourtant pas plus d’attention et continua son tour d’observation. Jade paraissait hors d’elle, elle continuait de fixer le père de Milo d’un regard furieux, bras croisé contre sa poitrine. A côté d’elle se tenait un infirmier comme l’avait supposé Milo plus tôt. Seule Kate semblait être aux abonnés absents. Son regard tomba de nouveau sur sa grand-mère. Comment pouvait-elle être là ? Combien de temps s’était-il écoulé depuis l’incident ? Pourquoi est-ce qu’il était sur la route déjà ? Il n’arrivait plus à s’en souvenir. Le camion qui arrivait sur lui, l’autre voiture qui lui barrait tout échappatoire, ça il s’en souvenait, mais impossible de dire où est ce qu’il allait comme ça. Il aurait pourtant juré que c’était important, alors pourquoi est-ce qu’il ne se rappelait pas ? « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Parvint-il finalement à articuler. La main de sa grand-mère lâcha la sienne pour venir lui caresser la joue avec toujours cette même tendresse. Il ferma les yeux à ce contact alors que ce fut la voix fluette de Mercy qui vint lui répondre. « Tu partais à la boulangerie Milo. Tu tenais à faire ce petit déjeuner et… » Sa voix s’étrangla, certainement l’inquiétude de ce que supposa Milo. Cette même inquiétude qui se trouvait dans ses yeux, et qui émanait d’elle tout entière. Il l’a cru, mais quelque chose lui disait qu’il n’y avait pas que ça, qu’il y avait autre chose que lui seul savait. Il se força à réfléchir mais se retrouva face à un mur, un mur qu’il se prit de plein fouet. Cet obstacle qui lui semblait insurmontable tant il lui semblait solide, impénétrable. Ce n’est plus toi qui est au commande Mon Milo. Et on lui prouva, alors qu’il ne se retrouvait que spectateur de ses propres gestes, ses propres mots. « Et il y a eu ce camion qui m’a fait rencontrer le fossé. » Finit Milo d’un ton dur et froid sans avoir ordonné à ses lèvres de bouger, sa voix se faisait sifflante mais restait faible. Ses yeux vinrent se poser sur son père, le fixant, soutenant son regard toujours aussi impénétrable que son expression. Il aurait bien baissé les yeux si son cerveau n’avait pas entamé de rébellion, et le père fut d’ailleurs surpris que ça ne soit pas le cas pensant alors que son fils se doutait déjà qu’il l’avait trouvé, là, sous le siège de la voiture, qu’il allait payer cet affront dès qu’ils se retrouveraient seul à seul. Mais le fait que Milo le fixe ainsi le poussa plus rapidement à l’énervement qu’il ne l’aurait cru. Il balança le carnet sur le lit de son propriétaire. Provoquant un déclic chez celui-ci. Macéo. Comment avait-il pu ne serait-ce que cesser de penser à lui alors qu’il allait certainement bien plus mal que lui ? Il essaya de se redresser, pour s’enfuir certainement, prendre le carnet avec lui, le cacher avant qu’on ne se décide de lui reprendre, mais il ne fit rien de tout ça, son corps ne lui répondant plus. Il se trouvait incapable de bouger, sans savoir expliquer ce qu’il lui arrivait réellement, la seule chose qu’il comprenait était que le propriétaire de ce rire qui résonnait dans sa tête y était pour quelque chose. Ce personnage au visage flou dont seul ses yeux rouges étaient distincts, cette silhouette vaporeuse aux couleurs sombres qu’il n’avait aperçu pour la première fois que la veille de ce foutu accident. Ce fut Jade qui s’empara du carnet, elle le rangea dans son sac sans l’ouvrir, sachant surement déjà de quoi il s’agissait. Milo finit par tourner le regard vers elle, abandonnant celui de son père qui en disait pourtant long sur ce qu’il pensait à cet instant. « Quand est-ce que vous êtes venus ? » S’enquit Milo, s’efforçant de masquer sa surprise d’avoir su exprimer cette question à voix haute. T’emballe pas, je gagne toujours à ce petit jeu. Lui rappela-t-on. « Bah ce matin abruti ! » Râla Jade comme s’il s’agissait d’une évidence et qu’il aurait dû le savoir, ne perdant pas ses habitudes. « Tu croyais quand même pas qu’on allait te laisser repartir avec eux ? » Poursuivit-elle en croisant les bras contre sa poitrine tout en désignant Mercy et le père de Milo d’un signe de la tête. La blonde sursauta tandis que l’homme l’ignorait complétement, se contentant de garder ses yeux braqués sur son fils. « Il n’est pas question qu’il bouge d’ici pour l’instant. » Déclara Kate en rentrant dans la chambre. Tous les regards se tournèrent vers elle, tous, à l’exception de celui de Milo qui se baissa vers ses couvertures. La grand-mère de celui-ci intervint sans qu’il ne l’écoute. L’endroit où lui avait envie de se trouver n’était pas la question, c’était là où il devait être. Mais là où il voulait être était aussi l’endroit où il se devait d’être à cet instant selon lui. T’es sûr de toi ? Il veut peut être que tu le laisses tranquille aussi, non ? Après tout, il t’as vu avec Mercy. Tu ne l’as pas rejoint. Tu l’as suivie, elle. Milo ferma des yeux, priant pour qu’il se taise. Jade le vit faire et interrompit le débat qui s’était instauré entre les deux femmes. « Et toi Milo, tu veux aller où ? » Elle le fixait alors qu’il rouvrit les yeux pour l’observer. Il alla pour répondre mais aucun son ne sortit de sa bouche. J’y suis pour rien cette fois. Chantonna-t-il. T’en es juste incapable, parce que tu sais que ça sert à rien, que ce tu diras ne changera rien, que tu feras gentiment ce qu’on te dit parce que ça fait toujours moins mal, tu le sais et je ne devrais pas avoir à te le répéter. Continua-t-il d’une voix plus autoritaire. Milo le savait, et devinait qu’il avait raison, mais se refusait à l’écouter. « Je veux aller à LA. » Lâcha-t-il sans trop savoir où poser son regard désormais, sachant que ce n’était pas une réponse attendue par aucune des personnes présentes dans la pièce, mais tout le monde en connaissait la raison. Il pouvait sentir son père bouillonner intérieurement de là où il était. Milo était même surpris de le voir encore capable de se contenir. « Pourquoi tu voudrais aller là-bas ? » Osa demander Mercy dont l’expression semblait beaucoup plus fermée qu’auparavant. Tu ne vas pas oser lui faire de mal pas vrai ? Elle n’y est pour rien, tu ne peux pas faire du mal à quelqu’un qui ne le mérite pas. Ou alors peut être est ce que tu devrais avouer quel bon comédien tu fais ? Milo n’aimait pas les options qui se présentaient à lui. Et s’il s’était essayé à réfléchir, un nouveau mur se construisait déjà dans son esprit, il détestait ça. Il ne s’y attarda pourtant pas plus longtemps, son silence commençait à se faire suspect aux yeux de la blonde, qui commençait à regarder les autres dans l’attente qu’on lui accorde une réponse. Elle la savait, la connaissait parfaitement, mais son jeu de grande comédienne lui collait à la peau. Elle pouvait gagner, elle le savait, elle le voulait, peu importait les moyens qu’elle devrait employer pour ça. « J’aime pas être ici. » Finit par lâcher Milo. Ici, il n’y avait pas Macéo. « Y a pas de plage. » Trouva-t-il comme unique argument. Argument tout à fait véritable, le bord de mer lui manquait, peut-être était-ce parce qu’il y avait passé une bonne partie de son temps avec Macéo ? Certainement. Mais il ne pouvait pas le dire, tout comme il ne pouvait avouer à quel point la maison de ce dernier lui manquait également. Mercy retrouva le sourire, Jade avait eu un froncement de sourcils suspicieux alors que Kate continuait de l’observer sans croire le moindre mot qui avait pu sortir de sa bouche. Cette dernière prit d’ailleurs la parole, invitant tout le monde à sortir sans que Milo ne l’écoute, trop occupé à essayer d’ignorer ce rire méprisant que seul lui pouvait entendre. Ce n’est que lorsque Kate s’approcha de lui qu’il remarque qu’il n’y avait plus personne d’autres qu’eux dans la pièce. Les doigts de la femme vinrent entourer brusquement sa gorge pour le plaquer contre le matelas alors qu’elle lui lançait un regard noir et que le manque d’air se faisait déjà sentir. Ses lèvres vinrent se rapprocher de son oreille pour lui glisser ses quelques menaces. « Au cas tu aurais oublié notre petit arrangement. Je te rappelle qu’il tient toujours, et c’est le dernier avertissement. » Elle relâcha la pression qu’elle exerçait autour de son cou alors que Milo la fixait, prenant une trop grande inspiration qu’il n’aurait dû, le faisant tousser. Il se contenta d’hocher lentement la tête en silence, la crainte transparaissait dans ses yeux humides. « Tu vas l’épouser, lui faire des enfants et tu finiras par me remercier, crois-moi Milo. » Poursuivit elle, froidement. Le garçon ne pipa mot tandis que son regard glissait derrière elle. Il était là, ne se contentant plus de se loger bien confortablement dans sa tête, sa silhouette s’apparentait à la sienne, en plus difforme, plus floue, mais il perçu tout de même à la perfection ce rictus qui naissait doucement sur son visage. Tu vas l’écouter, n’est-ce pas ? Moins que rien. Milo détourna les yeux. Il n’avait pas tort, il se détestait pour ça, sa vie se résumait à la résignation, encore, et toujours un peu plus. Il avait espéré pendant longtemps qu’il finirait par le revoir, il n’avait vécu que dans l’attente de ce moment, c’était arrivé, certes, mais à quel prix ? Son regard se redressa vers Kate. « Je veux savoir s’il va bien, et tu auras ta cérémonie de fiançailles. » Kate arqua un sourcil devant sa tentative de négociation. « Tu n’es pas vraiment en position d’exiger quoi que ce soit. » Sourit-elle en faisant mine de vérifier les perfusions. « Il est encore temps pour mettre quelques amnésies sur le compte de l’accident crois-moi. » Poursuivit-elle. Milo frissonna et se tût, la menace tenait toujours, sans qu’il ne sache combien de temps elle fonctionnerait. Kate sembla ravie que ses paroles aient autant d’effets, sortant de la pièce beaucoup plus confiante que lorsqu’elle y était entrée, laissant Milo seul. Celui-ci se battait contre ses pensées qui lui filaient la migraine, et ce fut le cas pendant de longues heures encore avant qu’une infirmière ne l’en fasse sortir pour le forcer à avaler un repas consistant, le tout accompagné de ces pilules colorées dont il ne connaissait même pas l’utilité. Le sommeil vint le prendre rapidement, mais il ne lui accorda que quelques heures de paisibilité.

Milo se réveilla en sursaut, trempé par la sueur qu’avait provoqué un rêve dont il ne se souvenait pourtant pas. Il battit des paupières pour s’adapter à la lumière en vain, ça le démangeait, le brûlait. La porte s’ouvrit dans un léger cliquetis. Deuxième sursaut. Il tourna la tête vers le son apercevant une silhouette indistincte qui venait de passer la porte, sa vision trop floue pour qu’elle ne lui joue pas des tours. Était-ce encore lui ? Il fronça des sourcils, se forçant à ne pas céder à ses délires dans l’immédiat. « Bordel Milo mais qu’est-ce que t’as fait à tes yeux ?! » Milo se redressa un peu plus en reconnaissant la voix. « Jade ? » Appela-t-il tout en continuant de se frotter les yeux du dos de sa main. « J’en sais rien je me suis réveillé comme ça... » Poursuivit-il dans un marmonnement alors qu’il s’acharnait toujours. Mais Jade s’était rapproché de lui et lui saisit le poignet pour qu’il s’arrête, ce qu’il fit tout en redressant la tête vers elle, battant un peu des paupières dans l’espoir que sa vue devienne plus clair. La main de Jade vint lâcher son poignet pour tenir son visage et certainement observer ses yeux, il n’en savait trop rien, ce fût ses mots qui l’inquiétaient le plus. « Qu’est ce que tu racontes ? Je suis partie qu’une vingtaine de minutes seulement. » Milo bougea, légèrement inconfortable, hésitant entre lui répondre sincèrement ou mentir en feignant que tout était normal. « Arrêtes de bouger. » Rouspéta Jade alors qu’il la sentait s’éloigner de lui, cherchant quelque chose dans les placards avant de revenir vers lui. Il s’immobilisa, obéissant et silencieux, les yeux clos, ils le brûlaient moins lorsque c’était le cas. « T’as pas répondu à ma question. Comment t’as pu t’endormir juste le temps que je réponde à Ian, hein ? » Insista-t-elle. Ne sachant pas vraiment ce qu’il était censé répondre, il opta pour la réponse la plus courte possible. « J’étais fatigué, j’ai fait une sieste, c’est tout. » Mentit-il en haussant des épaules d’une façon qui se voulait naturelle. « Mouais. » Répondit elle apparemment pas très convaincue. « Ouvre les yeux. » Ordonna-t-elle ensuite en le forçant à pencher la tête en arrière. Il n’opposa de résistance, et plissa à peine des yeux lorsque le liquide atterrit sur sa cornée. Jade le poussa un peu sur le lit pour qu’il s’allonge, avant de s’asseoir sur le bord du matelas. « Bon normalement tu devrais aller mieux pour ce soir. » Dit elle dans un sourire, Milo le savait, même si il ne la voyait pas, son sourire s’entendait, elle l’avait toujours gardé et ce après tout ce qu’il lui était arrivé. Il admirait ça chez elle. Il se demanda pendant un instant ce qu’il y avait de prévu ce soir mais préféra de nouveau de faire comme s’il savait, qu’il n’était pas fou ou amnésique. Il savait que Lui saurait répondre à ses questionnements, mais depuis l’arrivée de Jade il était pourtant extrêmement silencieux, comme s’il était parti voir ailleurs, embêter quelqu’un d’autre, Milo aimerait que ça soit définitif. Il pouvait rêver. « Tu comptes vraiment retourner chez ton père après ça ? » Finit par demander Jade en s’allongeant finalement à côté de lui. Milo ne répondit pas. Il ne se souvenait pas avoir pris une quelconque décision à ce sujet, et puis... Après quoi ? « Jade… » Commença Milo, hésitant. « On est quel jour ? » Jade bougea contre lui. « Mercredi. » Répondit elle comme par automatisme, comme si ça avait été une évidence, mais lorsqu’elle sentit Milo se figer contre elle, elle comprit que ce n’était pas le cas pour tout le monde. « Milo qu’est-ce qu’il y a à la fin ? T’es bizarre... » Demanda-t-elle à la fois énervée et inquiète. « L’accident était Dimanche… » Souffla-t-il pour seule réponse. Et même en supposant qu’il ne s’était réveillé que le lendemain, il n’avait pas pu oublier ce qu’il s’était passé ces deux derniers jours. « Oui. » Acquiesça Jade comme pour l’encourager à poursuivre, mais il n’en fit rien, alors elle continua. « Tu t’es réveillé le soir, on s’est parlé au téléphone, tu te souviens ? Je t’ai dit qu’on partait au plus vite. On est arrivé le lendemain matin. T’étais tout raplapla et totalement à côté de la plaque si tu veux mon avis, hein. Et puis ta marâtre elle nous a jeté dehors. Et je suis revenu mardi matin à la première heure pour te voir, et c’est là que tu m’as dit que t’allais rester. D’ailleurs je ne sais pas ce qui t’as poussé à faire ce choix Milo mais… Milo ? » Elle se coupa en se redressant pour l’observer, celui-ci tremblait, se remémorant les derniers mots de sa belle-mère avant de partir. « Il est encore temps pour mettre quelques amnésies sur le compte de l’accident.. » Répéta-t-il comme un automate. Jade le dévisagea sans comprendre alors que Milo la fixait tout en réfléchissant. « Il faut que je sorte d’ici. » Murmura-t-il. Jade le regarda, affichant toujours plus d’incompréhension. « Même si t’as l’air complétement cinglé là, de suite, je suis d’accord avec ça mais… Milo arrêtes t’es dingue ! » Elle essaya de le stopper alors qu’il arrachait le cathéter planté dans son bras. « T’as ta voiture ? » Elle le regarda bouche bée avant d’hocher la tête pendant qu’il essayait de poser les pieds sur le sol. « Milo ralentit, je comprends rien. » Se plaint-elle alors qu’elle se précipitait pour aller l’aider à se maintenir debout. Il n’avait pas reposé  un pied par terre depuis l’accident, du moins, de ce qu’il se rappelait. Milo, Mon Milo… Tu ne vas quand même pas mettre ma plus grande réussite sur le dos de belle maman j’espère ? Susurra-t-il en se plantant devant lui. Milo se figea sur place sans que Jade ne le comprenne, elle ne le voyait pas, ne l’entendait pas, alors le garçon évita de le fixer, ce reflet difforme et sombre, pour qu’elle ne se doute de rien, il resta silencieux, sans répondre même s’il mourrait d’envie de le bombarder de questions. Tout ce qui l’intéressait était de jouer, et de gagner. Ses moments de victoires se résumaient à ceux où Milo se pliait à ses envies, où il se laissait influencer par lui, le tourmenter l’amusait, tout comme revendiquer qu’il serait toujours là pour le faire. Milo ne savait pas encore comment se défendre, hormis par l’ignorance. En le pensant redevenu calme Jade se décida à le faire se rasseoir. « Eh. » Commença-t-elle en lui prenant le visage entre les mains pour le forcer à la regarder, elle ne savait pas ce qu’il se passait dans sa tête mais ça ne lui plaisait pas. « Je sais que t’es pressé de le voir, mais on avait dit ce soir d’accord ? Alors maintenant dis-moi ce qu’il se passe. » Milo évita son regard pour lui répondre. « Je veux y aller maintenant. » Lâcha-t-il en pinçant sa lèvre entre ses dents. La silhouette derrière Jade n’avait pas bougé, se moquant dans un rire rauque alors qu’il permettait à Milo de recouvrer pleinement ses souvenirs. Ca le calma plus que ça ne l’énerva, bien que totalement perdu dans le fil de ses pensées. Jade refusa, à plusieurs reprises alors qu’il se contentait machinalement d’insister, robotisé. Puis l’épuisement reprit ses droits et il céda, se recroquevillant sous ses couvertures pour attendre le retour de Jade le soir même. Il ne savait pas vraiment comment il avait fait pour s’endormir, son bourreau étant toujours là mais la fatigue avait apparemment été plus forte.


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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Mar 10 Jan - 18:02


DIXIEME ACTE





| You should never trust the pantaloon. / [Part Two]

On le secoua doucement pour l’épaule, beaucoup trop doucement pour le sursaut qui en résultat, faisant reculer Jade d’un pas en arrière, alors que Milo clignait des yeux pour mieux distinguer qui l’avait réveillé, même s’il se doutait bien que ça ne pouvait qu’être Jade. Son sursaut avait plus été une conséquence de sa surprise pour avoir céder au sommeil. « Bouge-toi, on a pas beaucoup de temps. » Râla-t-elle en tirant sur ses couvertures. Elle balança un sac sur ses jambes encore allongées sur le lit. « Va t’habiller et on file. » Il s’exécuta sans le moindre commentaire, sortant de son lit en se saisissant du sac d’un même mouvement, et filant dans la minuscule salle de bain adjacente à sa chambre. Jade s’était installée sur le lit en attendant, tendant l’oreille pour percevoir le moindre bruit suspect. Checkant à plusieurs reprises son téléphone pour surveiller l’heure, un poil impatiente, bien que Milo ne retourna dans la chambre que deux minutes seulement après y être entré. Ils filèrent tous deux en vitesse vers la sortie avec une facilité déconcertante, Milo se laissa tomber sur le siège passager de la voiture de Jade qui démarrait déjà le moteur. Il y eu un silence pesant dans la voiture, Milo avait cherché l’autoradio mais ses doigts avaient rencontrés un espace vide. Elle lui adressa un sourire désolé, avant d’ouvrir la boîte à gants devant lui qui s’ouvrit sur la façade de l’autoradio déclenchant un soupir de soulagement chez le brun. Jade eu un rire moqueur avant de lancer la radio, zappant les stations avec un certain agacement tout en jetant quelques coups d’œil à la route. Elle finit par être satisfaite seulement lorsqu’elle tomba sur une chanson récente qui lui plaisait, mais que ne Milo n’avait jamais entendu avant. Il écouta la musique d’une oreille pas aussi attentive qu’elle pouvait l’être habituellement, avant de finalement retomber dans les bras de Morphée, la tête posée lestement contre la vitre. Jade ne s’en était pas rendu compte tout de suite, chantonnant sur la musique pendant une bonne partie de la route. Ce ne fut le cas seulement lorsqu’elle se prit un Milo endormi et irréveillable contre son épaule au même moment où elle avait pris un virage à gauche un peu trop brusquement. Elle ne chercha pas à le réveiller, prenant seulement la peine de ralentir pour le redresser en douceur. Ils étaient déjà proches de leur destination, elle préférait qu’il profite de ses dernières minutes de sommeil avant qu’elle n’ait à le réveiller. Ce ne fut qu’une fois arrivés devant la grande bâtisse blanche qu’était l’hôpital de Sacramento qu’elle le secoua doucement par l’épaule pour le forcer à émerger. Et, étrangement, Milo se réveilla bien vite à l’idée de se trouver à quelques pas de Macéo, ouvrant sa portière encore à moitié endormi pour sortir de la voiture. Jade fut contrainte de trottiner à sa suite pour le rattraper. « Hey Milo ralentit. » Milo ne se stoppa qu’une seule seconde, se tournant vers elle pour la dévisager avant de repartir à la même allure. « On a pas toute la nuit Jade. » La pressa Milo alors qu’il serrait la main qui était venue s’emparer de la sienne. « Dis celui qui a dormi tout le long de la route. » Chuchota-t-elle d’un air taquin, elle n’eut le droit qu’un regard noir en retour, pas un mot ou une réplique, juste le silence et ce regard qui se détourna bien vite d’elle alors qu’ils passaient l’entrée. Milo ne prit pas la peine d’attendre que l’hôtesse d’accueil installée derrière le comptoir ait fini sa communication téléphonique pour s’accouder à ce dernier et de planter son regard sur elle dans un claquement de langue impatient. « Attends-attendez une minute… » Lâcha la femme en posant le combiné contre son épaule, feignant de paraître aimable et de ne pas être au beau milieu d’une conversation qui n’avait rien avoir avec le travail. Mais ça Milo le savait, d’où la raison pour laquelle il ne s’était pas senti vraiment gêné de l’avoir interrompu. « C’est pour une urgence ? » Demanda-t-elle finalement en voyant que son air interrogateur ne suffisait pas à faire parler le garçon. Milo hocha la tête, son Spooky dans un lit d’hôpital était carrément une urgence, peu importe ce que les autres pouvaient en penser ou en dire. « En quelque sorte, je cherche un de vos patients, Macéo Cubbins. » La femme haussa un sourcil, posant le téléphone contre le bois de son bureau avant de se pencher sur son écran pour chercher le dossier demandé, jusqu’à ce qu’elle finisse par lâcher ce petit rire qui donna envie à Milo de l’étrangler. « Vous arrivez un peu tard. Il est sorti ce matin… » Dit-elle sans que Milo n’écoute le reste, ses poings s’étaient serrés et un juron s’était échappé de ses lèvres sans qu’il ne puisse se retenir. « Il va bien ? » S’enquit-il coupant la femme qui afficha un air outré devant tant d’impolitesse, Milo ne s’en intéressa pas une seule seconde, clairement pas décidé à faire des manières. Macéo était loin. Il n’était pas ici. Ça n’avait servi à rien. Oh, mon lapin, ne sois pas si déçu, et je te rappelle que tu n’étais pas censé repartir avec lui, seulement voir s’il allait bien. Tu te souviens ? Ou je ne suis pas le seul à te provoquer des problèmes de mémoire ? Milo le chassa, bien qu’il ait raison, il ne pouvait pas encore une fois se contenter de fuir. « Il semblerait qu’il aille bien puisqu’on l’a laissé partir. » Milo leva les yeux au ciel face à la réponse de la secrétaire. « Bien comment ? Genre, vraiment bien ? Il va pouvoir continuer à jouer ? » La questionna-t-il d’un air insistant, son ton était pressant et la femme commençait déjà à le dévisager comme si c’était un dingue. Jade l’attrapa par le bras pour tenter de le calmer. « Milo, c’est bon, elle a dit qu’il allait bien… On s’en va… » Milo tira brusquement sur son bras pour échapper à son emprise, mais son intervention lui avait permis de constater les quelques regards qui s’étaient tournés vers lui, et le sien s’arrêta sur un grand type en blouse blanche. « Tout va bien Eliza ? » Questionna-t-il à l’adresse de la secrétaire, en gardant un œil sur Milo. Ce dernier ne broncha pas, ne bougea pas non plus, défiant du regard la malheureuse de ne pas lui donner les réponses qu’il attendait toujours. « Ce jeune homme s’intéressait justement à l’un de vos anciens patients, docteur. Monsieur Cubbins. » Si ça, ce n’était pas un coup de veine. Milo dévisagea le médecin qui lui rendit son regard. « Je comprends mieux la question. » Lâcha-t-il dans un sourire. « Il s’est très bien remis, et pourra continuer la batterie sans soucis, bien que ça ne semblait plus vraiment l’intéresser. Vous êtes ? » Milo fronça des sourcils, intrigué. « Un ami. » Répondit Milo avec méfiance. « Comment ça, plus vraiment intéressé ? » Enchaîna-t-il, un poil inquiet. Le Macéo qu’il connaissait tenait à sa batterie comme à la prunelle de ses yeux, il ne savait pas s’empêcher de battre un rythme, c’était son addiction, alors comment pourrait-il éprouver du désintérêt pour sa capacité à jouer ? Le docteur le jaugea du regard, ne sachant pas s’il devait l’inviter à partir ou de continuer à satisfaire sa curiosité, puis finit par hausser des épaules, comme s’il ne perdrait pas vraiment grand-chose à continuer de parler. Milo remercia silencieusement le peu de chance qui restait encore avec lui et qui lui avait permis de tomber sur un type aussi bavard. « J’entends par là, qu’il a très bien caché son enthousiasme. Mais vous le connaissez surement mieux que moi jeune homme. » Lui répondit-il finalement, avant de lui adresser un air conciliant. « Cependant je vais être dans l’obligation de vous demander de sortir de l’hôpital si vous n’avez besoin de rien d’autre, il y a de vrais malades ici. » Ajouta-t-il dans un sourire. Milo lui rendit, transmettant son agacement par celui-ci avant de tourner les talons. Il n’avait plus rien à faire ici de toute façon.


| Because blue is the color of defeat. /

Les semaines étaient passées sans que Milo ne sorte de son train-train de vie qu’il s’était fixé. S’autant persuadant que si Macéo avait laissé tomber la musique il pouvait tout aussi bien le laisser tomber lui aussi. Alors il avait laissé tomber lui aussi, d’une certaine manière, laissant les événements se dérouler sans se fatiguer à intervenir. C’était peine perdue, il n’aurait rien à y gagner dans les cas. Alors il se contentait de faire ce qu’on lui demandait de faire. Mercy pensait que leur petite vie en amoureux reprenait une bonne fois pour toute et qu’elle n’avait plus rien à craindre. Après tout, il était revenu de lui-même, et même son père y croyait. Il avait toutes les raisons d’y croire, Milo avait abandonné tout espoir. Mais c’était sans compter sur les quelques amis qui restaient fidèles à son fils. Qui l’amenèrent d’ailleurs à se ressaisir ce fameux jour où ils étaient venus dans son petit appartement qu’il possédait avec sa fiancée.

« Et tu dors avec elle ?! » S’exclama Gabriel en examinant la chambre sous toutes ses coutures. Milo haussa des épaules pour seule réponse, le regardant faire tout en se terrant dans le silence comme à son habitude. Jade adressa un coup de coude à Gabriel qui lui répondit d’un regard innocent. Il disait simplement ce qu’il pensait, il n’aimait pas le Milo qui se trouvait là, avec lui. Ceci parce qu’il n’était simplement pas celui avec lequel il était devenu ami, il y a plusieurs années de ça maintenant. « Et elle est pas là pour combien d’temps ? » poursuivit-il à l’adresse de Milo détournant son attention de Jade qui continuait de le regarder avec des yeux pleins de reproches. « Deux jours. » Marmonna l’intéressé la voix légèrement rauque, il était devenu rare de l’entendre d’où sa voix un peu rocailleuse qui en avait inquiété plus d’un. Gaby ne commenta pas, finissant son tour de visite de lui-même alors que les quatre autres s’étaient  installés au salon, les trois premiers dévisageant le quatrième qui fixait le café que contenait sa tasse avec un air absent. C’est Gabriel, en revenant sans discrétion aucune, qui le sortit de ses pensées, qui resteront toujours inconnus pour ses interlocuteurs. « Donc t’as même pas un seul instrument. T’as un lecteur CDs au m-… Quoi ?! » S’interrompit-il lorsque qu’il remarqua les trois paires d’yeux qui le dévisageaient d’un air réprobateur alors que ceux de Milo s’étaient de nouveau baissés, désignant les enceintes, près de la télé, du doigt. Gaby ne releva pas, une fois de plus, son manque d’enthousiasme, en ayant suffisamment pour deux. « Parfait ! Il faut justement que je te fasse écouter un truc ! » S’exclama-t-il en fouillant une seconde dans ses affaires pour en sortir un CD et sans se soucier des tentatives de protestation de Julian et Emmanuel. Celles-ci ne durèrent pourtant pas très longtemps quand ils remarquèrent en même temps que Gabriel avait capté l’intérêt de Milo à partir du moment où il avait brandit la pochette CD et se pressait pour brancher la chaîne hifi. Une fois le CD inséré dans celle-ci Gabriel se retourna fièrement vers eux en s'expliquant, particulièrement à Milo, bien que les trois autres ne savaient pas plus de quoi il en retournait. « Je me suis permis de faire quelques retouches vu la qualité très médiocre de l'enregistrement mais... » Il fut coupé par la voix de Milo, une vois maîtrisée et beaucoup moins brisée que celle qu'il possédait pourtant à cet instant. La musique s'était lancée d'elle même et si Gaby avait réussi à couvrir les premières notes, il s'était arrêté de lui même en remarquant les yeux de Milo s'écarquillés alors que sa propre voix s'échappait des enceintes. Oh let your roots of love wrestle me, tangle me. God I hate to really loose a fight, but not this time, it’s alright. Des larmes bordèrent ses yeux presque aussitôt et la question qui échappa de ses lèvres ne surprit personne. « C'est lui ? » Aucun d'eux ignorait à qui il faisait référence. Il n'y avait qu'une seule et unique personne qui manquait à l'appel parmi ceux qui étaient présents ce jour là -hormis Kelvin, mais, honnêtement, qui est que ça intéressait ? Gaby hocha la tête sans oser prononcer un seul mot, personne n'osa parler par dessus la chanson alors que Milo avait fermer les yeux, son dos appuyé contre le dossier du canapé et ses jambes ramenées contre lui, se laissant emporté par chaque battement contre les toms, la grosse caisse, la claire, les cymbales... Se fichant du reste. Laissant son imagination faire le reste. Des lèvres en Si majeur, des yeux moka, des cheveux colorés, bleu, rouge, rose ou jaune, peu importait, tout lui allait. Même après toutes ces années il était capable de dessiner sous ses paupières le moindre détails de chacun de ses traits, de reproduire chaque expression de son visage. Ces images étaient ce qui le maintenait en vie et qui le détruisait en même temps. Puis tout s'arrêta, le noir revint au même moment où les dernières notes étaient jouées, laissant place à de nouvelles. Ses sanglots s'échappèrent trop rapidement de sa gorge pour qu'il ne réussisse à les retenir. Des bras vinrent l'entourer alors ses lèvres murmuraient les aroles de sa propre chanson. I'll try my best to find a face and a name. I'll sing until we both are one in the same. Il releva ses yeux rougis par les larmes pour regarder Jade qui l'observait avec un air soucieux sur le visage, tout en le berçant doucement. A la fin de la chanson cependant, tout bascula, il repassa de marbre, repoussant Jade avant d’essuyer ses larmes d’un revers de manches et de se lever pour repartir dans sa chambre. Enfin, sa, il n’était pas le seul à y dormir, et l’odeur de cette autre personne dont les draps étaient imprégnés lui fichait la nausée. Il opta donc pour la petite salle de bain qui était accolée à la pièce. Mauvaise idée. Son parfum l’avait envahie également et ne semblait pas vouloir la quitter depuis ce matin. Il pivota sur ses talons pour faire demi tour, ouvrant la fenêtre de la chambre, s’asseyant sur le bord de celle-ci, face au vide. Il sortit un paquet de cigarettes de la poche de son sweat et en porta une jusqu’à ses lèvres avant de l’allumer. Bah alors mon lapin, on a un gros chagrin ? Il ne lui répondit pas, se contentant d’expirer la fumée de ses poumons. Il savait qu’il était là, dans un coin sombre de la chambre mais était bien décidé à l’ignorer. Il se faisait à sa présence, non pas qu’il l’appréciait pour autant ou qu’il avait cessé de le craindre, seulement il avait cessé de croire qu’il le laisserait tranquille un jour et se contentait donc de s’essayer à l’ignorer lorsqu’il lui faisait quelques visites surprises comme celle-ci. Il choisissait toujours ses moments. Mais s’il le savait bien là, il n’avait pas su détecter la seconde présence qui s’était invitée dans la chambre.

Et pendant ce temps-là dans le salon, les autres se regardaient en chiens de façade. Lorsque Milo avait pris la fuite, les protestations avaient été faibles, chacun préférant le laisser tranquille pour que finalement quelques paires d’yeux ne se posent sur Gabriel d’un air accusateur. Ce dernier avait pris un air désolé, ce n’était pas vraiment l’effet qu’il avait escompté, mais il avait pensé bien faire après tout. C’était ce qu’avait maintenu Emmanuel, et ils avaient pu passer à autre chose qu’à se blâmer les uns les autres pour plutôt déterminer comment lui expliquer la raison principale de ce qui les amenaient ici, et non ce simple week-end entre potes qu’ils lui avaient annoncé à la planification de leur venue.

Milo avait fini par percevoir ces pas qui se rapprochait de lui, Lui ne faisait pas de bruit quand il marchait, il aimait être silencieux et conserver ses effets de surprise, alors il se doutait bien que c’était l’un de ses amis. Il ne savait seulement pas qui, et il ne se retourna pas pour le découvrir, s’imaginant les différentes scènes qui se produiraient en fonction de la personne qui se trouvait là, à quelques pas derrière lui. Jade lui aurait sûrement arraché sa cigarette des mains pour l’écraser dans le cendrier et le tirer en arrière pour qu’il retourne à l’intérieur, elle était comme ça, un peu brute de décoffrage mais aimante et protectrice. Son grand frère s’y serait pris différemment, il se serait certainement installé à côté de lui et taxé une clope en l’intimant de ne rien dire à sa sœur, il aurait attendu qu’il parle. A l’opposé de sa sœur, il lui aurait laissé tout l’espace dont il aurait besoin. Gabriel, lui, n’aurait sûrement pas su quoi faire, se sentant coupable. Et à cette pensée, Milo ressenti une pointe de culpabilité, il ne lui en voulait pas, seulement il n’arrivait simplement toujours pas à se rendre à l’évidence, à accepter qu’il ne serait plus là, que tout ça ne resterait désormais que des souvenirs et qu’il ne pourrait sûrement jamais plus en créer d’autres. Une larme glissa le long de sa joue. « Ça t’aide vraiment ou c’est seulement pour le principe de te ruiner la santé ? » Ah, Emmanuel, le dernier que Milo aurait souhaité. Pas qu’il en était moins proche, loin de là, seulement ce dernier avait toujours l’art de vous donner la sensation d’être passé aux rayons X, il était impossible de mentir, d’éviter le sujet, ou d’ignorer le problème. Il n’y avait aucune issue de secours, pas de fuite possible, c’était comme s’il savait tout et qu’il vous lisait comme un livre ouvert, et Milo s’en était toujours sortit par la fuite pendant ses dernières années où il s’était retrouvé seul, sans Macéo. Il était devenu confortable avec cette idée, repousser le problème et se renfermer dans le déni et ce même si ça ne l’aidait pas du tout à avancer, il n’en avait pas l’intention, il attendait, la mort ou Macéo, il n’était plus vraiment sûr de qu’elle rencontre se produira en première. Quoiqu’il en soit, il ne lui avait pas accordé la moindre réponse, et Emmanuel laissa échapper un soupir en se rapprochant de lui, s’appuyant contre le bord de la fenêtre, dans le sens opposé de Milo, dos au vide, se penchant légèrement en arrière pour capter son regard. Milo le détourna presque aussitôt, marmonnant un vague « j’en sais rien » sachant qu’il ne serait pas en paix tant qu’il ne lui accorderait pas une réponse, quelle qu’elle soit. « Ça sert à rien de te cacher dans ton coin, ce n’est pas comme ça que vous finirez par vous retrouver tu sais. » Il n’avait pas tort, si son père l’avait longtemps renfermé, il avait fini par le faire de lui-même, mais il se refusait à sortir, parler, manger, tout ça, plus qu’il ne devait, mettant au défi la faucheuse de venir le prendre, à défaut de quelqu’un d’autre. Manu ne le ferait pas changer d’avis là-dessus, et il le savait, Milo était bien trop ancré dans ce mode de vie pour l’instant, la seule chance serait de l’éloigner de ceux qui l’avaient étouffés et rendus ainsi. Et ça il avait possibilité de le faire pendant un petit moment, les études de Milo ne reprendraient que dans un peu moins de deux mois, et même s’il y avait mieux que de passé ses vacances d’été dans le Minnesota quand on était Californien, il savait que cela ne pourrait lui faire que le plus grand bien. La petite bande ayant déjà tout planifié à l’avance, mais il restait encore à convaincre la tête de mule qu’il était à les suivre, ce dernier se refusant à toute distraction. Il leur avait dit lui-même, il n’était pas de bonne compagnie, il ne voulait voir personne, mais ses amis étaient aussi bornés que lui.

Le débat avait commencé dès qu’Emmanuel avait repris la parole, ne supportant plus le silence ambiant. « T’accepterais de t’essayer à changer d’air ? » Et s’il avait obtenu un « non » sec et catégorique la première fois, Emmanuel n’avait pas abandonné tout de suite. Il savait ce qu’il faisait, et n’étais pas décidé à ce qu’on lui dise non cette fois ci, et il ne manquait pas d’arguments ou même de contre-arguments lorsque le plus jeune se décidait à ouvrir la bouche pour protester un peu plus. A l’instant précis où il obtenu une réponse affirmative, il ne lui laissa pas d’autre choix que d’empaqueter ses affaires la seconde suivante pour ne pas prendre le risque qu’il change d’avis, et ce fut avec un air victorieux qu’Emmanuel retrouva les autres dans le salon, la discussion animée qu’il entretenait se stoppa nette alors que tous les regards passèrent de Manu à Milo, mal-assuré, ses deux mains accrochées fébrilement à la hanse de son sac de voyage qui était posé sur son épaule.

Déjà trois semaines s'était passé et personne n'avait crus que ce serait la grand mère de Milo qui lui rendrait le sourire. En un mois, il avait retrouvé le don de la parole, arrêter la cigarette, la seule chose qu'il semblait refuser à reprendre était la musique. Il pouvait passer des heures dans le garage, fixant les caisses qui s'y trouvaient. La place restait vide, Julian n'osait plus la prendre, il savait que ça ne lui plaisait pas, et Milo lui faisait bien comprendre, ses nerfs se lâchant généralement sur le batteur à la moindre tentative de celui ci. Ainsi, aucune musique ne sortait de la pièce, pourtant habituellement très ambiancée et rythmée par quelques éclats de rire. Emmanuel, les jours où il était présent, était le seul à pouvoir aligner quelques notes sans se prendre de réflexion de la part de Milo. Ce dernier se surprenait même à se laisser aller par les quelques airs de guitare qu'il jouait, quand il se le permettait, jugeant trop injuste d'avoir ce privilège sur les autres. Tout le monde prenait Milo comme une bombe à retardement, qui pouvait exploser à tout moment, et il n'aimait pas ça. Il se détestait même pour ça, redoublant d'efforts pour s'essayer à leur plaire, agir comme ils le voulaient de lui. Il ne s'agissait plus de savoir qui il était, mais de qui l'on voulait qu'il soit. Ça l'avait toujours été, à l'exception de toutes ces années où Macéo avait fait parti de sa vie, mais cette époque était révolue et il s'en était rendu compte le jour même où il avait passé le seuil de chez sa grand mère à qui il n'avait pas été rendre visite depuis des années, le décès de son grand père pour être précis. Ce jour là, il s'était fait percuté par une petite tête blonde, nommée Anna, petite soeur de Jade et Julian qui avait tous les trois emménagé chez sa grand mère à la suite de la mort de leur père. Tout avait changé depuis leur arrivée, la maison avait été réinstallée de manière à ce que les trois nouveaux venus y soient confortable, et cela a inclus de complètement réaménager maison, notamment la chambre de sa mère. C'est ainsi qu'il avait compris. Les gens entrent et sortent de notre vie, et on doit faire avec, continuer d'avancer et s'arrêter de tout le temps regarder en arrière. Seulement, s'il l'avait compris, il n'arrivait pas pour autant à le mettre en application, le réaliser ne l'avait que rendu un peu plus mal, plus révolté, et ça ne s'arrêta pas là. Puisque la vie continuait, sans l'attendre, les séparations se poursuivaient, brusquement.

« IL N'EN EST PAS QUESTION ! » La voix de Milo s'était faite entendre à travers toute la galerie du centre commercial. Il leur avait donné raison, il avait été cette bombe à retardement tout ce temps, et c'était à cet instant, au milieu de tous ces gens, dont il craignait habituellement le regard, qu'il le faisait. Les larmes bordaient déjà ses yeux et la main qui tenait le téléphone à son oreille tremblait. La main de Jade posée doucement sur son épaule dans une vaine tentative d'apaisement, au moins ne l'avait-il pas rejetée. « Milo... » l'appela-t-elle dans un chuchotement, mais il ne l'écoutait pas, toujours concentré sur la voix à l'autre bout du téléphone. « Ecoute Love, elle est plus toute jeune, tu le sais, et on a pas la place de la garder chez nous quand tu rentreras la semaine prochaine, elle sera mieux avec des prof-... » Ses tremblements se faisaient de plus en plus violents à mesure qu'elle parlait, finissant par lui raccrocher au nez au lieu de se fatiguer à répondre. Jade lui adressa un regard interrogateur, voulant évaluer la situation, elle n'aurait jamais imaginé le penser un jour mais, Mercy avait raison, aussi mal que ça pouvait lui faire que de l'admettre, la grand mère de Milo serait bien mieux où elle était : entourée de personnes qualifiées pour s'occuper d'elle. Seulement, ce n'était pas ce que lui voulait entendre, ou voulait tout court, et elle le comprenait. Combien de personnes sera-t-il encore forcé de laisser derrière lui sans que l'on lui laisse le choix ? Il ne pipa mot, se contentant de la regarder sans savoir quoi dire ou même faire. « Allez viens, je conduis. » Souffla-t-elle, calant les sacs remplis de ses achats dans une main pour pouvoir attraper celle de Milo de l'autre. Il ne protesta pas, se laissant tirer à sa suite, ignorant les vibrations de son téléphone qui lui indiquait que sa fiancée tentait de le rappeler. Il s'était renfermé dans sa chambre à peine arrivé, la seule pièce qui n'avait pas été modifiée, elle avait toujours été la même et il s'y était toujours senti en sécurité. Seulement si Macéo avait été le premier et aurait dû être le seul avec qui il voulait la partager, les draps étaient imprégnés de l'odeur de Mercy, gâchant toute cette sensation de bien être qu'elle procurait. Il avait détesté cette condition que son père avait imposé à ses amis pour leur permettre de l'embarquer à des kilomètres de la maison : la présence de Mercy tous les weekends et jours de congé. Il avait donc à partager la moitié de ses nuits sur la semaine avec elle, se qui ne l'enthousiasmait jamais, attendant toujours avec une certaine impatience son départ pour pouvoir s'isoler de nouveau. Elle ne semblait pourtant pas si mauvaise, Milo s'était toujours apporté les tort à son sujet, il s'était servit d'elle et ne faisait rien pour lui donner le bonheur qu'elle méritait surement.

Je dois vraiment être maudit pour que la vie cherche autant à m'isoler. Elle aussi elle s'éloigne, alors que c'est elle qui m'a le plus soutenu depuis que t'es... Plus là. Elle sait ce que c'est, elle comprend tout. Elle connait ce sentiment de vide intergalactique qui te transperce la poitrine. Elle le vit surement en pire, et pourtant elle s'en sortait tellement mieux que moi Spooky. Je comprend pas. Pourquoi tout s'est écroulé chez elle d'un seul coup ? Jade a dit que c'était le mieux pour elle, les autres sont d'accord avec elle, je les crois, mais... Je déteste ça. Elle est toute seule là bas, entre quatre murs à ne rien faire d'autre que de penser, d'attendre, attendre quoi ? Je ne veux pas qu'elle parte comme ça.
Il ouvrit les yeux qu'il ignorait avoir fermé dans un sursaut, réveillé par un frappement à la porte, sans savoir quand ni combien de temps il s'était endormi, pas plus au courant de l'heure qu'il était. Il fixa la porte avec hésitation, mais eu bientôt la réponse à sa question posée intérieurement. « Milo ouvre moi s'il te plaît. » Il poussa un soupire avant de se redresser sur le matelas et de se pencher pour tourner la clé de la serrure, déverrouillant la porte, laissant la blonde entrer, celle ci le regardant avec un air réprobateur. « Tu as vraiment l'intention de passer ta journée dans le noir ? » Questionna-t-elle l'air frustré, tirant sur les rideaux pour laisser entrer le jour à travers la fenêtre, l'éblouissant et le forçant à placer un bras devant ses yeux. Un bruit de feuille le fit sursauter, son regard s'abaissant sur le carnet que Jade lui avait rendu et ses derniers mots écrits, mais il ne fut pas le seul à le remarquer, et quand son regard croisa celui de Mercy, sa poitrine se serra. Son regard affichait de l'énervement. Elle se rapprocha brusquement de lui pour mettre la main dessus, mais il était le plus proche géographiquement, seulement elle l’avait vu, cela suffisait. Elle lui arracha des mains, ignorant ses protestations et, une fois entre les siennes, elle ne savait plus vraiment quoi faire. Après tout, elle savait déjà ce qu’il s’y trouvait, seulement si Milo s’en rendait compte, elle prenait le risque de le perdre. Feindre l’ignorance et sa confiance envers lui, l’inciterait à faire de même, c’était ce dont elle avait besoin, mais elle avait aussi besoin d’exprimer son mécontentement, car son impression de faire du sur place avec lui l’agaçait et elle ne pouvait pas toujours se contenir, c’était épuisant, même en sachant que d’ici quelques mois, ses problèmes se résoudront par un seul acte : celui de leur mariage. Milo ne l’a vit pas faire, se prenant la reliure en plein visage, il ramena une main à son nez d’instinct, un liquide chaud venant la recouvrir.  

Le week end se termina donc froidement, si bien que Mercy partit même plus tôt qu'à son habitude, ce qui n'était pas pour déplaire à qui que ce soit à vrai dire, et aussitôt eût elle passé le pas de la porte que Jade avait monté les marches quatre à quatre de l'escalier qui menait à la chambre de son meilleur ami pour pouvoir le rejoindre. « Enfin libre. » Déclara-t-elle en s'installant à coté de lui sur le matelas. A défaut d'avoir réussit à le faire sortir et de l'inciter à se sociabiliser, ou même prendre l'air, elle venait le voir, pour discuter, ou seulement partager le silence avec lui, lui portant compagnie sans vraiment savoir s'il en était heureux ou s'il la tolérait seulement. Elle avait pourtant bénéficié d'une micro victoire en installant une petite télévision dans l'unique pièce où il passait son temps, leur permettant de jouer parfois à la console. C'est ainsi que leur partie quotidienne de Mario Kart était devenu un petit rituel, seule distraction à laquelle Milo semblait bien vouloir s'abandonner, à l'exception des jours où "l'abominable blonde", comme l'appelait Jade, était dans les parages. Elle ne l'aimait pas, ce n'était pas une nouveauté, elle qui était une fervente défenderesse du "Micéo", nom de ship dont elle s'était accordé elle-même le mérite. C'est ainsi qu'elle s'était finalement décidé à convaincre Milo, elle qui savait que la seule personne qui pourrait lui offrir la force de reprendre sa vie en main était Macéo. Elle avait réussit à trouver les mots pour renforcer les derniers espoirs de ce dernier, sans savoir que ces encouragements et belles paroles n'étaient en fait qu'illusoires, et qu'elle se trompait. Elle lui avait apporté le courage de se bouger, de s'accorder une dernière chance, de défier son père, une dernière fois. Aujourd'hui encore elle regrette de l'avoir fait, si seulement elle avait su qu'elle l'envoyait au casse pipe.  

It wasn't that he was tired, he just didn't want to get up. He needed to. But he couldn't seem to get himself to do it. He hated days like this, when his thoughts made him feel like doing absolutly nothing. He could imagine them laughing with each other, loving each moment he was gone.

Il était rentré sans un mot. Il n'avait pas vraiment mangé. Ou dormi. Ou parlé. Il s’était juste couché dans son lit. Il ne pouvait pas trouver la force d'ouvrir les yeux ce matin, et croire que ça allait être une bonne journée. Il ne comprenait pas comment on pouvait lui dire : « Comment peux-tu être déprimé quand tu as tout ? Que certains dehors n'ont rien ? Pas de nourriture ou d'eau. Pas même un lit. » Comment pouvez-vous dire cela à quelqu'un qui se sent déjà sans valeur ? Vous ajoutez à la douleur. Comment pouvez-vous rester là et dire que sa douleur n’est pas réelle ? Ou qu'il ne devrait pas se sentir seul ou effrayé ou fatigué parce qu'il a ‘tout’ ? Mais il le fait. Il a plus votre haine que votre pitié. Il ne se sent pas désolé pour lui-même. Il ne le fait pas pour l'attention. Ces gens de son passé lui faisaient mal. Faisant de lui qui il est aujourd'hui et cette personne n'est pas bien. Ils sont blessés. Il est blessé. Il ne sent rien, hormis la douleur. Autre que ce besoin de dormir. Il n'est pas faible de se sentir de cette manière. Il est fort parce qu'il est toujours là. A respirer. Il pensait pouvoir encore faire ça.

« Milo ? » L’interpellé enfouit son visage un peu plus dans son oreiller. Pour se cacher, s’y étouffer, disparaître. Il ne répondit pas. Ne bougea pas plus. Ceux qui avaient encore le courage de l’entourer et d’essayer de le soutenir finiraient bien par le laisser. C’était bien là ce qu’il pensait. Et ce qu’il se mettait à espérer. Qu’on le laisse tranquille. Il ne voulait plus voir personne. Il avait déjà suffisamment à supporter de sa propre présence. Lui-même. Il pouvait toujours l’accuser d’être sa mauvaise conscience, de ne pas être réel, de refuser de ne faire qu’un avec lui. Il l’avait créé tout seul. Il s’était infligé ça tout seul. Le matelas s’enfonça près de son flanc droit. Il osa un coup d’œil. Le visage de Julian était tourné vers lui dans une expression inquiète. Leurs regards s’accrochèrent. Milo le détourna dans un vif mouvement de tête pour masquer son visage de nouveau dans l’oreiller. « Tu devrais sortir de ce lit. » Tenta Julian d’une voix mal habile. Il ne l’avait jamais vu dans un tel état. Pas même à l’enterrement de son grand père. Mais la raison était toute trouvée. En un nom. Macéo. Il se doutait bien que ça s’était mal passé. Seulement il ne savait pas pourquoi. Il ne pouvait pas croire que son tant aimé ‘Spooky’ ait pu lui claqué la porte au nez. Milo secoua la tête à la négative, le nez toujours contre son oreiller qu’il serrait avec force dans ses bras. « Tu n’as rien avalé depuis que tu es rentré hier midi pour ce que j’en sais. » Insista-t-il en tirant doucement sur la couette. Milo frissonna quand l’air frais de la chambre se confronta à son tee-shirt encore trempé de la sueur de son dernier cauchemar. Julian le remarqua, mais ne releva pas. Il l’avait entendu cette nuit, se battre avec ses couvertures, tenter d’étouffer ses sanglots, il avait surveillé chacune de ses respirations en se commandant de n’intervenir qu’en dernière nécessité. Il avait eu raison. Milo voulait être seul, qu’on l’oubli. « J’ai pas faim. » L’argument fourni avait manqué de ne pas être entendu. Sa voix faible se perdait contre l’oreiller, mais Julian l’avait entendu, bien qu’il n’en cru pas un mot. Comment pouvait-il ne pas avoir faim sans avoir mangé depuis plus de vingt-quatre heures ? Il déposa tout de même les armes, se levant du lit pour se diriger vers la porte de leur chambre. « On te garde une assiette si tu changes d’avis. » Dit-il sans chercher à obtenir une quelconque réponse. Il laissa la porte entrouverte derrière lui, prétextant ne pas vouloir le réveiller quand il remonterait, mais la véritable raison était qu’il ne pouvait se résoudre à le savoir dans un espace clos. Milo se retourna sur le dos, son oreiller toujours dans les bras qu’il ramena contre son torse. Ses yeux fixaient le plafond sans même qu’il ne puisse le décrire. Un soupir s’échappa de ses lèvres. Rends-toi à l’évidence mon lapin, tu l’as bien cherché. Mais tu n’as rien perdu, tu as ta belle blonde, pas vrai ? « Je l’aime pas. » Oh que si, tu l’aimes. Pas comme tu devrais. Mais tu l’aimes et c’est bien pour ça que tu vas lui dire oui, tu lui dois bien ça. Milo fronça des sourcils. Il avait raison et tort à la fois. Mercy méritait bien mieux. Alors c’est ça ton excuse ? Tu n’as pas faux, elle mérite mieux qu’un raté comme toi. Mais elle mérite aussi que tu lui donnes ce qu’elle veut, plutôt que de penser comme ça t’arrange, mon lapin. Milo ne répondit pas, il n’avait plus le courage de continuer ce dialogue de sourd qui se passait dans sa propre tête. Pas que dans ta tête, regarde bien. Milo se redressa si vite que des crampes vinrent aussitôt le prendre. Il était là, devant la porte, cette masse noire et vaporeuse qu’il détestait autant qu’il la craignait. « Mi’yo ? » Son double sursauta, arrachant un sourire mauvais à Milo bien qu’il avait réagis de la même manière. La petite tête blonde d’Anna passa la porte pour vérifier si elle pouvait entrer avant d’accourir tout droit sur le lit pour y grimper. « Salut toi. » Souffla Milo en lui ébouriffant les cheveux doucement, un faible sourire aux lèvres. Elle lui rendit son sourire, en bien plus grand, lui montrant toutes ses dents de lait, avant de se laisser tomber dans ses bras. Il l’entoura avec délicatesse bien qu’un peu gauchement, son esprit toujours un peu égaré. L’enfant ne s’en soucia pas, se redressant déjà pour accrocher sa petite main à ses doigts. « Viens. » Lui ordonna-t-elle en tirant dessus. Le brun soupira, se forçant à bouger pour que la plus jeune cesse de l’observer avec ses yeux en bille. Elle ne lui lâcha pas la main, mais son expression avait changé de la mine boudeuse à celle qui démontrait à merveille son ravissement. « Tu casseras l’os avec moi ? » Questionna-t-elle alors que Milo était forcé de se courber pour la suivre dans les escaliers. « Bien sûr. » Acquiesça-t-il dans un nouveau sourire, plus sûr que le premier. Anna avait la particularité d’absorber l’attention de Milo en toutes circonstances, le poussant à mettre de côté ses propres pensées. Il n’aimait pas vraiment les enfants. Anna était différente, du haut de ses quelques années de vie, elle avait déjà perdu ses deux parents, et il s’était promis que là serait le seul drame qu’elle connaîtrait. Il n’avait jamais été aussi protecteur avec qui que ce soit, à l’exception peut être… Il secoua la tête rapidement comme pour éloigner cette pensée. Erreur. Des vertiges le prirent et le sol de la cuisine bougeait bien trop étrangement pour que ça ne soit pas lui qui tangue. Un bras entoura ses épaules pour le soutenir et il se concentra sur ses jambes pour que celles-ci ne flanchent pas. « Content de t’avoir à table finalement. » Lâcha Julian alors qu’il le faisait s’asseoir sur la première chaise qui se présenta. Son regard resta posé sur son assiette encore vide. Anna se dandinait sur sa chaise en attendant que sa sœur ramène les plats et Julian, quant à lui, ne pouvait s’empêcher de l’observer. C’était une bonne chose que Milo soit finalement descendu. Du moins il était de cet avis. Rester dans sa chambre à broyer du noir ne lui apporterait rien de constructif. Il savait pourtant Milo fragile, malgré toute la bonne volonté de sa part pour prouver le contraire. Son monde gravitait autour de Macéo depuis bien trop longtemps pour que son moral ne tombe pas au plus bas après ce qu’il venait d’arriver. Jade n’avait pas pu retenir son sourire quand elle avait aperçu Milo, peu importait la tête qu’il tirait, il s’était au moins tiré de son lit, elle ne pouvait qu’en être contente. Elle posa le plat fumant sur la table avant de servir tout le monde, digne d’une mère au foyer, place qu’elle avait prise sans en avoir vraiment le choix. Le repas avait commencé sans accrocs, l’atmosphère semblait même bien plus détendue que n’importe qui n’aurait pu le supposer. Sauf peut-être Anna, égale à elle-même, sans se rendre compte à quel point cette ambiance demeurait fragile, à quel point de simples mots pouvaient tout renverser. « Mi’yo le n’os il est là ! » L’intéressé laissa échapper un sourire avant d’attraper le petit os en forme de V qu’elle pointait du doigt et de lui tendre l’objet de sa convoitise. « Prête ? » Lui demanda-t-il alors qu’ils tenaient chacun un côté avant de tirer dessus en même temps alors qu’elle lui avait répondu d’un hochement de tête. « Oh non… » Lâcha-t-elle d’un air boudeur alors qu’elle regardait son bout d’os dans sa main. Milo la dévisagea dans un froncement de sourcils, c’était lui qui avait le morceau le plus long, le vœu ne lui revenait donc pas alors pourquoi… ? « Voulais que c’était toi i’ gagne. T’as plus b’soin qu’moi du vœu. » Déclara-t-elle, la mine toujours renfrognée, arrachant un sourire triste à Milo. Jade fut celle qui gaffa la première, ce n’était pas sa faute. Elle avait toujours été comme ça, si impulsive que les paroles sortaient trop tôt pour qu’elle ne puisse réfléchir à ses mots. Il suffit donc d’un « Si seulement toutes ces conneries pouvaient être réglées en un vœu. » sarcastique, pour que Milo redevienne de marbre. Il savait qu’elle n’avait pas cherché à lui reprocher quoi que ce soit, bien qu’il sache également ce qu’elle pensait de toute la situation. Ce n’était qu’une vaine tentative pour minimiser le problème, qu’ils finissent par en rire, seulement, Milo n’en était pas encore capable. Alors il se redressa, un peu trop vite pour échapper aux vertiges qui lui secouèrent le crâne, mais il ne s’arrêta pas, et escaladait déjà les marches une à une malgré les balbutiements d’excuses de Jade.

C’est les deux genoux contre le carrelage de la salle de bain qu’il se retrouva. La tête dans la cuvette des toilettes, torturé par des douleurs qui lui brûlaient la poitrine, l’air refusant de remplir ses poumons à mesure qu’il s’efforçait à rendre le peu que contenait son estomac. Il ne saurait dire combien de temps il était resté ainsi, le visage baigné de larmes de douleur, de sueur et de bile qui coulait le long de son menton, tentant d’étouffer du mieux qu’il pouvait les sons rauques qui parcouraient sa gorge dans de nouveaux renvois. Son corps parcouru de multiples crampes douloureuses, ses muscles tendus lui donnant la sensation que celui-ci n’était rien d’autre qu’une éponge que l’on essorait un peu plus fort à chaque haut-le-cœur. Il l’entendait ricaner dans son crâne, lui répétait qu’il était pitoyable, mais il n’en avait pas vraiment grand-chose à faire, digne d’une crise d’angoisse qu’il avait l’habitude de côtoyer, il avait la sensation de mourir, et n’avait qu’une envie : que ce soit véritablement le cas. Et alors que ses soubresauts essoufflés commençaient à se calmer, une main vint frotter son dos avec une certaine douceur. Il la repoussa, plus par honte qu’on le voit dans cet état, que par réelle colère. Ses yeux vitreux lancèrent un regard désolé à sa meilleure amie qui lui rendit avant de lui tendre une serviette. Il s’essuya le visage avec maladresse, les mains encore tremblantes, avant de relever les yeux vers elle. Il se prit un gant de toilette humide en plein visage alors qu’elle s’appliquait à le débarbouiller. Le contact de l’eau fraîche contre sa peau lui fit un bien fou. Jade sembla le remarquer puisqu’elle le força à retirer son t-shirt pour continuer le processus, le long de sa nuque, puis de son dos, soulagée de voir ses muscles se détendre un peu sous son contact. Son regard s’était arrêté un moment sur les traits encore rouges qui apparaissaient sur son avant-bras gauche. Elle ne souleva pas, il n’était pas question de dire quelque chose de travers une fois de plus. « Tu peux te lever ? » Finit elle par lui demander en se redressant pour l’observer d’un œil critique, préférant finalement se faire sa propre opinion, connaissant déjà celle de Milo, qui, comme elle l’avait prédit, hochait déjà de la tête en tentant de se redresser. Elle l’aida avant de le faire asseoir sur le bord de la baignoire, les mains de Milo venant s’agripper au bord de celle-ci de peur de tomber à la renverse. Elle le laissa là le temps d’une minute, juste assez pour attraper le premier t-shirt qui vint se présenter à elle ainsi qu’un pantalon de survêtement avant de retourner dans la salle de bain pour l’aider à se changer. Milo détestait ça. Le simple fait de ne pas pouvoir se débrouiller tout seul le dégoûtait de lui-même, mais il n’avait pas vraiment le choix, il avait l’impression de pouvoir s’écrouler au sol d’une seconde à l’autre et Jade n’aurait jamais accepté de le laisser faire seul. Et c’est avec un certain soulagement qu’il vint s’écraser contre son matelas, soupirant de fatigue alors que Jade remontait ses couvertures sur lui avant de se caler par-dessus celles-ci et contre lui. Elle ne le laisserait pas s'endormir seul, peu importait le temps que cela lui prendrait de sombrer dans les bras de Morphée. Il ne tarda pas, se laissant porté par l'épuisement, encouragé par les caresses de Jade qu'elle se plaisait à faire du bout des doigts dans ses cheveux. Elle avait quand même attendu, une bonne heure, le regardant dormir, s'assurant qu'il ne se réveillerait pas une fois partie. Elle laissa la porte entrouverte derrière elle en sortant, lui jetant  un dernier coup d'oeil avant d'aller se coucher, Julian s'étant apparemment occupé de tout le reste.

Il avait fait la route jusqu'à Los Angeles de lui même, tout seul, c'était ce qu'il avait voulu, être seul. Il n'aurait peut être pas dû, retardant l'échéance pour aller le voir, retournant à ces lieux qui avaient la prétention d'êtres ses favoris sur Terre. La plage de Venice Beach notamment, et une multitude d'autres lieux où ils avaient pour habitude de passer leur temps, lui et Macéo. Il s'accorda une dernière visite alors que l'après midi touchait à sa fin, cette visite qui lui redonna un peu de courage, sans savoir qu'il serait réduit à néant l'heure d'après, la tombe de sa mère. Il avait donc repris son chemin, ne faisant plus de détours, jusqu'à ce qu'il arrive devant ce fameux petit pavillon dans lequel il avait lui même habité. Et s'il avait déménagé? Qu'il s'était trouvé quelqu'un d'autre? Qu'il était passé à autre chose? Qu'il avait lâché l'affaire? Il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça. Au moins aurait-il essayé et serait débarrassé de tout regret. Et toi qu'est ce que tu feras? Ça, il ne savait pas vraiment y répondre, il ne lui resterait aucune raison de continuer à exister, alors oui, que ferait-il?
La poignée tourna et il semblait que son coeur allait transpercer sa poitrine pour s'échapper de son corps tant il battait fort. Milles fois il avait pensé à tourner les talons avant que la porte ne s'ouvre, par peur, cette peur dévorante de constater qu'il avait bel et bien tout gâcher cette fois, et il ne fut pas déçu. Ses jambes semblaient être plantées dans le sol alors qu'il regardait le visage tiré par ce qui semblait une inquiétude et fatigue perpétuelle sur lequel la porte s'était ouverte. Ce visage que Milo avait pourtant connu si rayonnant, tout comme l'entière personnalité de la mère de Macéo, mais après tout, son fils s'était fait renversé par une voiture quelques semaines plus tôt, c'était la seule raison probable à ces traits, à moins que... « Qu'est ce que tu fais ici Milo ? » Ce dernier sursauta au ton sec et froid qu'il ne lui avait jamais connu et, déjà, il savait qu'il devrait réfléchir à cette fameuse question que cette ombre tapie dans son esprit lui avait perpétuellement répétée avant son arrivée ici.
A quoi tu t'attendais? A ce qu'elle t'accueille les bras grands ouverts, peut être, mon lapin? Un point pour lui, c'était évident que non, il avait déserté pendant des années et réapparaissait sur le seuil de leur porte soudainement, après tout ce temps. Il ne savait même pas s'il était pardonnable, ne sachant pas se pardonner à lui même. « J-je voudrais voir Macéo. » Marmonna-t-il finalement, peu sûr de l'accueil que pourrait lui réserver ce dernier maintenant que les traits de la mère de famille étaient passés de la fatigue à la colère, s'il était plus grand qu'elle, il se sentait, malgré ça, tout petit et préférait encore observer sas chaussures plutôt que d'affronter son regard. « S'il vous plaît. » Ajouta-t-il maladroitement dans le même temps qu'elle lui répondait d'un ton catégorique : « Il n'est pas là. » Elle n'en était même pas désolée, ça se sentait dans sa voix, se voyait sur son visage vers lequel les yeux de Milo n'avait osé qu'un coup d'oeil furtif, mais ses espoirs de le revoir n'étaient pas encore complètement vains, du moins c'est ce qu'il osait encore penser, puisque le monde autour de lui ne tarda pas à s'effondrer aux mots suivants. « Et je préférerais que tu ne sois plus là quand il reviendra. Il se portera mieux s'il n'a pas à te revoir encore une fois. Sors de sa vie, une bonne fois pour toute. » Sur ces mots, elle claqua la porte à son nez, sûrement pour ne pas avoir à supporter le teint devenu blafard du garçon qu'elle avait autrefois chéri comme son propre fils.

Alors, qu'est ce que tu vas faire, maintenant ? Qu'est ce que tu vas faire, mon Lapin ?
Chantonnait-il dans son crâne en boucle alors qu'il se réveillait en sursaut, ses larmes baignant déjà ses joues. Tu le sais, n'est ce pas? Ils ne veulent plus de toi. Il n'y a qu'une chose simple à faire, peut être qu'avec un peu de chance, tout s'arrêtera. Tu n'as plus rien qui te retient, tu ne sentiras rien, tu as perdu ta dernière excuse. Il ne saurait plus dire comment il s'était traîné jusqu'à la petit salle de bain accolée à sa chambre, mais toujours était-il qu'il était bien là, appuyé sur le lavabo, son corps tremblant se reflétant dans la glace au dessus de celui ci. Il chercha d'une main tremblante l'outil qui l'avait accompagné si souvent ces dernières semaines, s'adonnant à ce qu'il lui demandait, bêtement, pour le satisfaire, pour qu'il le laisse tranquille, pour que sa tête tourne suffisamment vite pour que ses pensées deviennent floues, que tout devienne flou, ce qui lui apportait l'illusion temporaire d'une certaine paisibilité. Il jeta un coup d'oeil à ses poignets, remontant un de ses avants bras du bout des doigts pour en parcourir les marques plus ou moins fraîches, plus ou moins profondes. Il retira son t-shirt, trempé par les conséquences de ses cauchemars. Tu as plus de cran que je ne l'aurais cru...

Une ligne. Un sanglot. Un liquide chaud. Ridicule. Appuie. Une deuxième. Un gémissement. Le carrelage passant du blanc au rouge. Mieux. Encore un effort. Une troisième. Une dernière. Un toussotement. Un goût de rouille en bouche. Un bruit sourd d'un corps qui chute. La douce sensation des ténèbres. Enfin, le Néant.



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Milo J. McGuire

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MessageSujet: Re: Now I'm insecure and I care what people think. {Milo   Ven 2 Juin - 20:50


ONZIÈME ACTE





| The air begins to feel a little thin. /

Je n'aurais jamais pensé me réveiller, je pensais en avoir fini, je pensais avoir la paix. La méritais-je au moins? Ou survivre était là ma punition pour n'avoir jamais essayé d'exister?
Ses yeux s'étaient ouvert sur un visage pâle encadré par de longs cheveux mal coiffés et roses. Jade. Il sentit quelques gouttes tomber sur son visage alors qu'il essayait d'éclaircir sa vision avant de finalement les refermer brutalement dans une grimace en sentant Jade tomber contre lui pour le prendre dans ses bras. « J'ai cru que tu te réveillerais jamais. » Hoqueta-t-elle entre deux sanglots. Il l'entoura maladroitement de ses bras pour lui rendre faiblement l'étreinte. « Je suis désolé. » Murmura-t-il. Jade secoua la tête de gauche à droite, reniflant dans son cou. « C'est moi qui le suis, je n'aurais jamais dû te laisser tout seul... » Marmonna-t-elle, la voix pâle, faisant grimacer Milo de plus belle, il avait encore fait plus de mal que de bien, le perdant un peu plus et, même s'il avait sut quoi lui répondre, il n'aurait pas put, la porte de sa chambre s'ouvrant, faisant se redresser Jade aussi sec alors qu'elle jetait un regard noir aux nouveaux venus. Milo se redressa un peu pour les apercevoir, sans vraiment savoir si sa grimace était la cause de la douleur qui lui avait parcouru l'abdomen ou la simple vue de son père, encadré par Kate et Mercy. Il opta pour la seconde option après les douces paroles qui s'était frayées un chemin parmi ses pensées. Si ce n'était pas déjà fait, tu vas regretter de ne pas y être rester mon lapin. « Et voilà notre miraculé ! » S'exclama-t-il avec une pointe de sarcasme, Milo pouvait sentir de l'agacement dans sa voix, et il ne saurait dire s'il devait s'en réjouir ou non, mais pour le moment, il préférait le faire, tout ce qui pouvait, un tant soit peu, agacé son père et lui rendre la monnaie de sa pièce devait être pour lui une réjouissance. Jade continuait à les dévisager tour à tour sans prononcer le moindre mot, n'ayant pas bouger de sa place près de Milo, celui ci tout aussi muet qu'elle, alors le père de ce dernier reprit la parole sur le même ton agacé : « Ils ne peuvent pas te transférer pour l'instant, mais je peux t'assurer qu'aussitôt que tu auras passer la sortie de cette chambre, je serais là pour te ramener, et on aura une discussion. Toi et moi. » Milo retint un soupir de soulagement en se voyant obtenir un peu de répit et opina silencieusement à ses dires, à présent pressé qu'il fasse demi tour, lui et les deux femmes qui l'avaient accompagné. Ce ne fut pas complètement le cas, puisque Mercy, elle, était resté, les pieds apparemment plantés dans le sol, et pas décidée à partir. Elle soutint le regard de Jade un long moment alors que Milo fixait timidement ses mains, triturant ses doigts tout en détestant être coincé dans ce foutu lit. Un lâche jusqu'au bout. « Tu permets ? » lâcha finalement Mercy à l'adresse de Jade, ayant apparemment perdu patience. Jade s'apprêta à répliquer, certainement pour nier mais Milo l'en empêcha, se redressant un peu mieux tout en tentant un sourire qui se voulait rassurant. « Ça ira. » Lui chuchota-t-il alors que Jade le jaugeait déjà du regard pour se faire sa propre opinion sur la question. Elle opina finalement de la tête avant de lui accorder un sourire en se levant. « Je vais me chercher un café en vous attendant alors. » Soupira-t-elle, paressant un peu déçue que son meilleur ami ait décidé d'accorder un peu de son temps à la blonde. Elle ne se gêna d'ailleurs pas pour adresser un regard noir à cette dernière avant de sortir de la pièce, regard que Mercy ne prit même pas la peine de relever, ses yeux toujours posés sur Milo, ce qui le rendait un peu mal à l'aise. Elle n'avait rien fait, rien demandé, elle n'y était pour rien dans tout ça, Milo en était persuadé, il en était certain, il ne pouvait pas s'empêcher de la voir plus innocente qu'elle n'était. A sa décharge, il était difficile de voir clairement dans le jeu de la blonde, celle ci jouant sur tous les plans où elle souhaitait se trouver et sa mine angélique l'aidait dans toutes ses entreprises. Elle brisa le silence qui s'était instauré entre eux, devinant que Milo ne lui ferait pas cette fleur, et c'était son droit, c'était elle qui avait voulu se retrouver seule avec lui. Il ne savait même pas qu'elle lui voulait exactement. Des explications certainement. Ou peut-être a-t-elle découvert ton petit secret ? Sa réflexion ne l'affecta qu'à peine. Tout ça était terminé maintenant, pas vrai? Il n'y avait plus de secret avoir, Macéo était parti pour de bon, enfin, il n'était pas vraiment parti, tout ça était de sa faute, il avait été celui qui était parti, Macéo en avait simplement eu assez de l'attendre. « Qu'est ce qu'il t'es passé par la tête pour en arriver là? » Elle était arrivée à sa hauteur, passant une main dans les cheveux de son fiancé tout en le contemplant. L'intéressé avait fermé les yeux au passage de ses doigts, mais ces doigts étaient longs, fins et possessifs, rien avoir avec cette sensation protectrice que lui apportaient ceux de celui qu'il avait perdu. Il ne mentit qu'à moitié dans sa réponse, réponse qu'il répéta aux médecins par la suite, excuse qui fut plus crédible auprès de certains que d'autres.

« Tu pensais que j'allais avaler ça, vraiment ? Je t'ai fait une fleur en te permettant de passer l'été avec tes amis, et tu nous fais ce caprice, je passe pour quoi, moi ? Tu pourras dire autant que tu veux que c'était l'épuisement, un mauvais rêve de plus, ça ne marchera pas avec moi, mon garçon... » Il s'est avancé vers lui en continuant de parler, sa voix se faisant de plus en plus menaçante, Milo reculant sous chacun de ses pas jusqu'à se retrouver coincé contre le mur. Son père, face à lui, le surplombait de toute sa taille, tonnant de plus belle des mots que le plus jeune n'écoutait plus, sachant que la discussion ne se clôturerait que d'une seule façon, pensant savoir. Ses plaies à peine cicatrisées le faisaient encore souffrir et, quand l'avant bras de son géniteur vint le bloquer contre le mur, il ne pu réprimer une grimace. « Je suis désolé, je ferais ce qu'il faut... » Murmura-t-il d'un ton qui se faisait presque suppliant. Comme s'il t'avait déjà épargné. « Tu ne me berneras pas. Tu n'es pas foutu de passer à autre chose que ce gosse, pas vrai ? Peut être qui va falloir passer à des moyens plus radicaux pour te faire comprendre... » Milo se pressa un peu plus contre le mur alors qu'il continuait à déblatérer ses menaces, ses yeux s'écarquillant un peu plus de crainte en le voyant déboucler sa ceinture. Il les ferma finalement avec violence en comprenant lentement ce qu'il se passait, son esprit se floutait petit à petit, ses supplications se bousculaient au bord de ses lèvres, ses oreilles sifflaient et d'un seul coup, ce fut comme s'il avait quitté son corps et que les flammes l'avait recouvert dans une enveloppe protectrice. Il ne pensait pas que cette sensation était si réelle, puisqu'une fois ses yeux de nouveau ouverts, les flammes, qui lui avaient semblé si rassurante lorsqu'il se les étaient illustrées dans son esprit, étaient bien là, et paraissaient bien plus agressives. Il s'était retrouvé par terre sans avoir le moindre souvenirs des dernières minutes qui s'étaient écoulées, bien que sachant parfaitement ce qui avait été fait. Il pouvait sentir le goût de ses larmes dans sa bouche, cette sensation d'être sale sur sur chaque parcelle de son corps, le goût de rouille dans sa bouche et enfin, cette odeur de brûlé qui parvenait jusqu'à ses narines. Tout autour de lui brûlait, tout sauf lui, le ramenant à de sombres souvenirs, mais cette fois, son père ne s'était pas fait la malle, il pouvait le voir au travers de la fumée que crachaient les flammes qui se nourrissait lentement de la maison et de son corps. Cette fois là, ce fut lui qui prit ses jambes à son cou, courant pour mettre le plus de distance entre lui et cette image pourtant imprimée dans son esprit, les larmes continuant de couler le long de ses joues, rien ne semblait pouvoir l'arrêter. A l'exception peut être de ce type en uniforme qui l'avait attrapé au vol. Les secours étaient déjà là, les sirènes l'assourdissaient, les lumières rouges et bleues dansantes et contrastant avec l'orangé des flammes l'aveuglaient et on l'avait traîné sans ménagement jusqu'à l'arrière de l'ambulance.

| The ghost of you, is close to me. /

« Mi’yo ! » Une petite tête blonde percuta sa jambe et s'y accrocha avant qu'il ne la prenne dans ses bras. La petite lui déposa un bisou sur la joue, accrochant ses petits bras autour de son cou. Deux semaines s'étaient écoulées depuis les événements qui avaient été qualifiés d'accident. Si l'aura menaçante de son père n'était désormais plus là, son état ne s'était pas pour autant amélioré, murer dans le silence, il s'était pour une fois appliquer à ce qu'avait dit le pseudo psychiatre qu'on l'avait forcé à consulter en échange d'être épargné de tutorat, son père n'étant plus là pour l'assumer et qui n'en avait, de toute façon, plus eu le profil depuis sa tentative, vaine et désespérée, de se donner la mort alors qu'il était supposé être sous sa responsabilité. Voilà d'où était venu cet air agacé de son père, voilà ce qui l'avait rendu à ces pratiques désespérés de recadrer son fils, de tenter une dernière fois de le dégoûter de ce qui faisait pourtant ce qu'il était. Il avait peut être réussi après tout, puisque, bien qu'il soit libre, Milo n'en était pas moins plus perdu, sur ce qu'il était, ce qu'il devait être, ce qu'il était supposé faire de sa vie. Cette ombre tapis dans le coin de son crâne prenait plaisir à en jouer, à le tourmenter de plus belle, à le pousser pour qu'il retente sa chance dans un ultime acte. Il ne gagnait pourtant pas, sans pour autant perdre, leur bataille continuait simplement, la dernière raison d'exister de Milo étant ce combat qu'il avait engendrer contre lui même, essayant de se convaincre que, malgré ses fines chances de vaincre, peut être serait-il heureux une fois débarrasser de son alter ego. Tu t’ennuierais de moi, mon Lapin. Sûrement, mais il n'avait rien d'autres à faire, rien d'autre qu'il pouvait combattre. Il s'était construit sa propre cage. « T'es pas en cours ? » Milo sortit de ses pensées, adressant un sourire désolé à Anna qui venait de remarquer que ce dernier n'avait rien écouter à ses babillages. Il répondit par un haussement d'épaules. Il les séchait la plupart du temps, appréciant les moments de solitude et d'errance dans l'appartement que lui procurait le travail prenant de Mercy, il attendait à chaque fois avec impatience les représentations et inaugurations qui la poussaient à partir pour plusieurs jours, là était l'unique raison pour laquelle il avait continué les cours, ceux ci l'excusant de ne pas l'accompagner. Elle avait malgré tout été d'une extrême douceur avec lui ces dernières semaines avec lui, ne cherchant qu'à le faire sentir mieux, de toutes les manières possibles, prenant sur elle lorsqu'il avait finit par passer ses nuits sur le canapé, s'efforçant de supporter son mutisme constant, s'appliquant à lui préparer les plats qui avaient pour réputation d'être ses préférés pour l'encourager à s'alimenter. Elle s'était donné du mal, et Milo savait qu'elle ne méritait pas ce qu'il lui faisait subir en retour à tous ces efforts, il savait qu'il lui devait beaucoup, et qu'il n'aurait peut être pas tenu le choc si elle ne s'était pas acharnée à garder tout en ordre autour de lui. Tout ne lui revenait pas, évidemment, il devait beaucoup également à Julian, qui passait le tiers de son temps à se soucier de lui quand il ne devait pas travailler ou être en cours, tout comme Jade qui lui portait compagnie dès qu'elle en avait la possibilité, ainsi que le reste de leur petite bande. Ils avaient tous fait l'effort de se rapprocher géographiquement de lui pour mieux le soutenir et souvent, il se disait qu'il ne les méritait vraiment pas.

Ce ne fut pas Julian mais Anna qui le sortit de ses pensées cette fois ci, descendant de ses bras pour accourir jusqu'au salon. « Tu peux rester pour la fin de la semaine si tu veux, ça t'éviterait de rester tout seul. » Milo nia de la tête, fuyant la conversation en rejoignant Anna dans le salon, s'asseyant sur le canapé. Julian, persévérant, l'avait suivi de près et s'installa à coté de lui en haussant des épaules. « Pourtant j'en connais une à qui ça ferait plaisir que tu restes. Pas vrai Anna? » La petite opina vivement de la tête en sautant sur les genoux de Milo avec un grand sourire. « Il se sert de toi pour que je reste. » Lui chuchota-t-il sur le ton de la confidence, et il échappa un petit sourire en voyant la plus jeune hausser des épaules avant de lui répondre d'un air catégorique. « M'en fiche du moment que tu restes. » Sur ces mots elle se laissa tomber contre son torse et il l'entoura délicatement de ses bras. « D'accord, vous gagnez, je reste. » Souffla-t-il, déclarant forfait sous le sourire victorieux de Julian, mais ce dernier le perdit en regardant l'écran de la télévision, râlant avant de chercher la télécommande. « Sérieux les journalistes n'ont aucune pitié, et puis y a des gosses qui regardent la télé merde... » Milo lui jeta un coup d'oeil, prenant un moment pour réaliser à quel point il avait mûrit depuis tout ce temps qu'il le connaissait, lui n'avait pas changer, la même loque qu'il était auparavant, si ce n'était pas pire... Son regard s'attarda une seconde sur l'écran et il crut à une hallucination en se rendant compte des images, l'écran devint noir la seconde suivante, Julian ayant coupé la télé. Milo lui arracha presque la télécommande des mains pour la rallumer, sans s'expliquer, les yeux rivés sur l'écran. « Je connais cette voiture... » Julian se redressa un peu pour regarder l'image, sentant Milo se tendre à chaque mot de la journaliste. « Une preuve supplémentaire des dangers du téléphone au volant, l'accident a eut lieu un peu plus tôt dans la soirée près d'Ocean Drive. La conductrice est apparemment décédée peu avant que les secours n'arrivent. » « Non, non, non... » Chuchotait Milo en se penchant un peu plus vers l'écran, Anna étant descendue de ses genoux. « Milo, y a plein de voiture comme celle-ci à Los Angeles je suis sûr... » Tenta Julian, mais celui ci était déjà debout, les yeux toujours rivés sur l'écran, ne prenant même pas la peine de le regarder lorsqu'il lui répondit. « Il n'y avait que celle de sa mère pour avoir autant d'autocollants multicolores dessus... » Souffla-t-il, partagé entre la mélancolie des souvenirs que cela lui ramenait et l'horreur de la situation qui se présentait à lui. Il n'avait pas fait attention à Julian qui s'était levé pour allez dans le couloir de l'entrée, ou encore à Anna qui réclamait de l'attention en demandant ce qu'il se passait. Ce ne fut seulement quand le journal passa aux nouvelles suivantes que Milo commença à émerger. Ses pensées ne pouvant se détourner pour autant de Macéo, ses larmes remplissant progressivement dans ses yeux. Un bras vint entourer ses épaules. « Je suis en congé pour la semaine, si t'as besoin d'y aller, on y va, d'accord ? » Il jeta un coup d'oeil à Julian avant d'opiner.

Ils avaient fini par y aller, Julian l'avait conduit juqu'à Los Angeles après avoir surveillé dès le lendemain les annonces d'obsèques sur les journaux de la ville. Milo avait préféré venir à la cérémonie seul, il ne voulait pas se faire remarquer, il voulait juste y aller pour elle, cette femme chez qui il avait trouvé une seconde mère malgré leur dernière entrevue. Il s'était justement fait la promesse de suivre ce qu'elle lui avait demandé après ça. De tourner la page. Alors il s'était assis dans un coin de l'église, au fond, se mêlant volontairement à la petite foule pour mieux y disparaître, son regard s'arrêtant malgré lui sur les épaules voûtées et les cheveux sombres de Macéo, assis près de son père. Si son coeur semblait déjà en miettes en constatant à quel point cette perte l'avait détruit, ce fut d'autant plus dur pour lui de se résoudre à ne pas traverser les rangées qui les séparées pour venir le prendre dans ses bras pour essayer de le réconforter. Il ne veut plus de toi de toute façon, et il à l'air de t'avoir trouvé une remplaçante, elle sera toujours plus à la hauteur que toi. Son regard se posa sur la voisine de Macéo. Sam. Il avait toujours été un peu jaloux d'elle. Pas à tort apparemment. Milo se renfrogna, se tassant un peu plus sur le banc de l'église avant de joindre ses mains ensembles, fermant les yeux après un dernier regard en direction du cercueil. Il n'avait peut être pas été le meilleur des fils, et ses croyances avaient été souvent mises à rudes épreuves, seulement il n'en savait pas moins prier, maladroitement, certes, mais c'est à la mère de Macéo qu'il s'adressa à travers elle cette fois là, et les mots vinrent tout seuls. Il sursauta un peu en percevant du mouvement autour de lui, l'interrompant, le faisant revenir brutalement à l'instant présent. La petite foule se tassait vers la sortie pour assister à l'immersion du cercueil, Milo s'y mélangea encore une fois, bien que pas à son aise parmi eux, après avoir essuyer une larme traîtresse sur sa joue. Il aperçu Sam qui tenait fermement la main d'un Macéo dont la pâleur contrastait avec ses vêtements aussi noirs que ses cheveux. Il détestait le voir comme ça, si seulement il pouvait. On se charge déjà très bien de lui. Et rappelle toi ce que l'on t'as dit...
« Sors de sa vie, une bonne fois pour toute. »
Cela suffit à le résigner. Il ne pouvait que respecter sa dernière demande. Il se détacha du petit attroupement, prenant la direction du parking pour rejoindre l'hôtel où Julian l'avait attendu tout du long. Non, il ne méritait vraiment pas de pareils amis. Il se pressa pour échapper à l'orage qui arrivait rapidement, son visage pourtant déjà trempé de larmes, il resta ainsi, jusqu'au lendemain où ils étaient rentrés.

Des jours s'écoulèrent alors qu'il avait essayé de se faire violence pour tenir cette promesse faite ce jour là. Puis des semaines où il s'était efforcé à ne plus rien laisser transparaître, à se faire à cette vie qui était sienne, à se faire à l'idée qu'il était sur le point de fonder une famille. Deux mois à se plier aux demandes étrangement de plus en plus exigeantes de Mercy à mesure que leur union approchait. Il avait la trouille. Il ne voulait pas de ça sans pourtant savoir ce qu'il pourrait bien avoir d'autre. La peur l'avait dévoré tout entier, l'incitant à simplement se laisser faire, subir et attendre. Il prenait sagement ses cachets, il ne se battait même plus pour ne pas les prendre, au moins l'aidaient-ils à dormir, des sommeils sans rêves et qui ne le reposaient pourtant pas, à ne plus penser, des yeux brumeux et rouges se chargeant de le faire pour lui. Au moins remplaçaient-ils ce trou béant qu'avaient laissé ces années à espérer qu'un jour, peut être, il le retrouverait, qu'il passerait cette porte, qu'il lui laisserait une chance de retourner dans ces bras où il se sentait si bien. Tout ça était pourtant bel et bien terminé, pourquoi cela changerait-il maintenant. Toutes les bonnes choses ont une fin, il n'en méritait pas d'autres. Il en était persuadé.

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