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 Elliot - What do normal people do ?

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Elliot N. Payne

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▲ Date d'inscription : 16/05/2016
▲ Messages : 7

MessageSujet: Elliot - What do normal people do ?   Lun 16 Mai - 5:04


Elliot Naren Payne

I'm untouchable darkness, a dirty black river to get you through this. In the mouth of madness, down in the darkness


Nom : Payne
Prénom : Elliot Naren
Âge : Il sait qu'il a 28 ans.
Métier :SexToy de Tyrell
Situation familiale : Célibataire.
Orientation sexuelle : Allez savoir...
Particularités : Découvre qu'il est fantôme.
Habitudes : Se droguer ○ Fumer ○ Hacker
Groupe : Il ressemble à un humain.
Avatar : Rami Malek

Anecdotes
Elliot n’est vraiment pas habile avec le contact physique. Il aura souvent tendance à s’éloigner ou rester de marbre. Il arrivera, bien que rarement, qu’il soit à l’initiative d’étreintes maladroites, si vous les recevez, vous pouvez être certains de compter pour lui.
Elliot n’a jamais cuisiné. Il ne sait pas faire. Il n’a jamais perdu son temps à apprendre ayant bien mieux à faire. Il se contente d’acheter des plats préparés et toute sorte de Junk Food.  Il a notamment un faible pour les sucreries. Pourtant, il ne prend pas un gramme. Merci à son organisme étrange.
Elliot a de gros problèmes d’insomnie. Il dort très peu. A des heures variables, de jour comme de nuit. De toutes manières, il a beaucoup de mal à se repérer dans le temps étant donné qu’il passe beaucoup de temps terré dans son chez-lui, ses rideaux ou volets ne lui permettant pas de savoir à quel moment de la journée il se trouve. Bien sûr, il dort, mais seulement lorsque l’épuisement se fera bien trop fort pour qu’il lui tienne tête. Parfois ce ne sera que pour quelques heures, des fois une journée entière à force de trop de nuits blanches.
Elliot fume depuis longtemps. Il a commencé jeune, il ne sait même pas pourquoi, sûrement par ennui. Mais son étrange système de vie fait qu’il peut passer des journées sans toucher à une cigarette sans réellement s’en rendre compte. Il lui arrivera de se venger sur ses ongles ou de se bouffer la peau les entourant.
Elliot s’est mis à la drogue il y a quelques années. Ça l’aidait à se concentrer, à ne pas dormir, à tenir le coup ou à trouver des solutions là où il semblait être tombé dans une impasse. Il a longtemps fait en sorte de ne pas être un accroc, mais aujourd’hui, il ne peut plus se voiler la face. Le trou sombre dans le creux  de son bras le lui rappelle d’une manière assez brutale.
Elliot a été victime de pédophilie lorsqu’il était un jeune adolescent. C’est sûrement pour cela qu’il a autant de difficultés avec le contact physique. La relation difficile qu’il a eue avec ses parents ne facilitant pas les choses.
Elliot n’est inscrit sur aucun réseau social. Il n’a pas d’amis, alors il n’en a pas besoin. Personne ne lui a demandé, personne ne s’en est préoccupé. S’il veut savoir ce que fait quelqu’un, il suffit juste qu’Elliot crack le compte de la personne en question.
Elliot a toujours un sparadrap noir de coller sur la webcam de son ordinateur. De même, il a découpé des cercles de sparadrap noir pour celles de son téléphone portable. Il sait qu’il est possible de les hacker dans un claquement de doigts, même s’il a de quoi protéger ses appareils, il sait aussi très bien qu’on n’est jamais trop prudents.
Elliot n’est attaché qu’à deux personnes. Enfin, plutôt deux animaux… Qwerty et Flipper. Qwerty est un poisson rouge qu’il a rencontré à Brooklyn en fumant sa weed, se protégeant de la pluie de sa capuche et de la devanture de la boutique. Ils ont tous deux eut une longue conversation silencieuse, Elliot s’amusant à jouer avec le poisson en le faisant suivre lentement son doigt. Le seul du bocal qui l’a suivi. Il l’a ramené chez lui en reprenant sa route. Flipper est un petit chien qui été maltraité. Elliot la recueilli en se rendant compte à quel point les animaux peuvent tout autant se sentir seuls et abandonnés que les humains.

Caractère

Elliot est un grand introverti. Que ce soit pour parler à autrui ou être touché, ce n’est pas la peine. Il a beaucoup de mal à être sociable avec qui que ce soit. Ça lui pose beaucoup de problèmes, de tracas, mais jamais il n’a réussi à vaincre cette anxiété. Il essaie, vraiment, mais cela semble tout simplement trop difficile, voire impossible, pour lui. C’est un sentiment d’échec qu’il a toujours ressenti et qui le fait beaucoup souffrir. Vraiment. A ses yeux, le seul moyen pour se rapprocher des autres se fait via les hacks de leurs comptes. C’est ainsi qu’il pense en apprendre plus sur chacun, apprend mieux à les connaître, à savoir comment se rapprocher d’eux. Il ne comprend pas que cela ne fait que l’éloigner des autres, les faisant presque fuir tant certains peuvent être effrayés de ce qu’il sait et de comment il l’a su. Ses sentiments sont en bordel, et ça lui fait du mal. Il n’arrive pas à les contrôler, à se contrôler. C’est pour cela qu’il a fini dans la drogue. Pour ne plus y penser. Pour oublier et se focaliser sur ce qui est, pour lui, son échappatoire. La vie qu’il s’est inventé sur le net. L’importance qu’il a réussi à obtenir sur ce merveilleux monde qu’est l’Internet.
Elliot a tellement du mal à être avec autrui qu’il n’est pas le plus agréable qu’il soit en termes de discussion. Il va droit au but, trop franc, trop direct, aussi peu habile avec les mots qu’il ne l’est avec le contact physique. Il part très souvent dans ses idées, si bien qu’au beau milieu d’une de ses phrases ou de l’une de ses interlocuteurs, il partira dans ses pensées, le regard vide, très peu discret pour cela, bien que normalement il en soit le roi.
Il est dur avec lui-même, il ne cesse de se blâmer pour tout, pour ce qu’il est, pour ce qu’il a fait, allant parfois jusqu’à ne plus pouvoir se supporter d’avoir commis des erreurs, ne plus pouvoir se regarder en face. Il ne se supporte pas, il aurait pu en arriver au suicide, mais il a un point de vue très particulier quant à cette pratique.
Elliot n’est donc pas la personne la plus heureuse qu’il soit. Bien au contraire. Renfermé, triste, silencieux, déprimé, cela ne l’aide pas plus à être approché par autrui, bien que certains essaient, parfois. Mais, il se méfie de tout et de tout le monde. Il est paranoïaque, hallucinant souvent, pensant que le monde est contre lui, qu’il est suivi, qu’on lui veut du mal. Son histoire vous l’expliquera très certainement.

acidbrain




Derrière l'écran
Pseudo : Monkey LaLicorne
Prénom : Lou
Âge : Je vous en pose des questions ?
Pays : Ici et là
Code du règlement : Validé par mes soins
Inventé ou scénario : Inventé
Commentaires : J'en ai marre de changer de langues... Je vais être à court...
acidbrain

_________________
I'm Broken.
Sometimes I dream of saving the world from the invisible hand that kills all of us slowly. The one that forces us to work for them… The one that controls us every day without us knowing it. But I can’t stop it. I’m not that special. I’m just anonymous. I’m just alone.
©️alas.


Dernière édition par Elliot N. Payne le Jeu 13 Oct - 0:59, édité 6 fois
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Elliot N. Payne

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▲ Date d'inscription : 16/05/2016
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MessageSujet: Re: Elliot - What do normal people do ?   Lun 16 Mai - 5:05


Histoire




Connexion au chat 6429445 il y a 6 heures.
Heaven1795 > Raconte-moi ton histoire.
NP28-0652 > Pourquoi ?
Heaven1795 > Raconte-moi.
NP28-0652 > Je suis arrivé comme tout le monde, j’étais au level 1 et j’ai évolué, qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus ?
Heaven1795 > Ton histoire à toi, la tienne pas celle de ton personnage.
NP28-0652 >
Heaven1795 > Quoi ? Après 384 levels tu ne me fais toujours pas confiance ?
NP28-0652 > J’ai une vie plutôt banale, une mère, un père, divorcés, enfant unique, pas d’animaux, une vie bien banale.
Heaven1795 > Rien de plus ? Tu es sûr ?

Il se mordille l’ongle. Voilà une des situations qu’il apprécie le moins du monde. Que faire… Dire la vérité ou s’en abstenir ?
NP28-0652 > Non. Rien.
Heaven1795 > Tu as omis de me dire que tu es menteur Elliot…

Il reste là à fixer son écran, cette dernière phrase.
NP28-0652 > Comment connais-tu mon prénom ?
Heaven1795 >Je sais tout de toi Elliot. Nous sommes amis non ?



Quand est-ce que ça a commencé ? À ma naissance ? Après ? M’ont-ils ne serait-ce que désiré… Je n’ai que onze ans. Onze années de vie et jamais je ne me suis posé autant de questions. Jamais je ne me suis senti plus seul. M’ont-ils aimé un jour ? Sûrement à en juger les quelques photos encadrées au-dessus du foyer du salon. Des visages heureux, souriants, penchés au-dessus de moi enfant. Je ne me souviens pas de ces sourires. Je ne me souviens de rien. Je n’étais qu’un nouveau-né, comment penses-tu que j’aurais pu garder ces souvenirs ? Je les ai regardés ces portraits, j’ai remarqué que ces sourires radieux disparaissaient au fur et à mesure de mon évolution. Sur mon visage, même pas une esquisse, rien. Juste cette gêne constante. Cette gêne… D’où sort-elle ? Pourquoi moi ?
Qu’ai-je fait pour qu’ils soient si indifférents ? Pour m’ignorer de la sorte… Je ne sais pas, je me contente de le subir. Seulement parce que je ne suis pas normal ? Parce qu’ils m’envoient chez le psychiatre deux fois par semaine ? Je suis différent. Je sais l’être. Je le vois. Mais je n’arrive pas à changer. Je n’arrive pas à être comme les autres enfants rieurs, souriants et rêveurs. Si cela était si facile à faire ne penses-tu pas que beaucoup auraient changé leur manière d’être, de faire, leur vie tout simplement ? Je ne suis qu’un enfant. Seul. Soi-disant aidé par ces rendez-vous longs et sinistres qui m’effraient plus qu’ils ne m’aident.
C’est de ma faute. Je suis le problème. Leur problème. Un raté. Une erreur. J’aimerais leur dire que j’essaie, mais voilà encore une chose avec laquelle je ne suis pas doué. La parole. Pourquoi ai-je tant de difficulté à m’ouvrir à eux ? Ils sont mes parents. Je devrais pouvoir me confier. Leur parler. Leur dire, ce que j’ai sur le cœur. Ils essaient, je les vois tenter, un doux sourire aux lèvres, se voulant rassurant, désirant me mettre en confiance. Mais à chaque fois que j’ouvre la bouche, contemplant leurs regards pétillants d’espoir, je me braque. Je me renferme. Me contentant de phrases simples ne comptant pas plus de trois mots. Et alors je détourne le regard, parce que je sais ce qui vient après ce fichu espoir qu’ils avaient encore à mes onze ans. Je l’avais remarqué, d’où mon habitude de ne plus les regarder quand je leur répondais de la sorte. La tristesse gagnait ma mère, la déception mon père. Ils étaient déçus. Je les décevais. Les dégoûtais peut-être même… Après tout, comment deux personnes aussi douces, aimantes et attentionnées avaient-elles pu mettre au monde un mioche aussi déprimé et déprimant. Quel dommage pour eux… Aujourd’hui encore, j’en suis terriblement désolé. Tout ce que je leur ai fait endurer. Tout ce qu’ils ont subi à cause de moi. Mais surtout, le fait qu’ils aient disparu par ma faute et que cela ne m’ait même pas affecté. Qu’est-ce qui ne va pas avec moi ?
Je n’ai récolté que ce que je méritais. La peine de ma mère, l’indifférence de mon père. Mettant ce dernier souvent en colère. Il faut le comprendre, ne lui en veut pas, il n’était pas violent physiquement, seulement verbalement, n’arrivant pas à me comprendre, le frustrant de plus belle, et ça me blessait. Mais je le méritais. Comprends-le. Alors je m’effaçais de plus belle, seule solution que j’avais trouvée pour être un fardeau bien moins lourd que je n’étais déjà. Je pensais à eux. Je ne sais pas si c’était de l’amour, je n’ai jamais ressenti quelque chose aussi fort que semble l’être ce sentiment. Mais disons que je leur devais bien cela. Pourquoi ? Parce que même si j’étais une erreur humaine, même si je ne pouvais être aimé ou apprécié, ils ne m’avaient pas jeté de chez eux. Ils m’avaient gardé. Pourquoi ? À cette époque, je ne savais pas qu’ils n’en avaient pas le choix… C’est peut-être seulement pour cela qu’ils m’ont gardé et ont continué de s’occuper de moi. Chanceux ? Malchanceux ? Qui peut le dire ? Qui suis-je pour le dire…
Je passais donc la majorité de mon temps enfermé dans ma chambre, ne sortant que pour l’école ou encore les dîners longs et silencieux, quittant toujours le premier la table, demandant toujours la permission d’une petite voix hésitante, n’ayant à peine touché à mon assiette, écœuré par cette ambiance lourde et froide que j’inspirais. Ils s’en rendaient compte, mais savaient ne pas avoir d’autre choix que de faire avec… Je n’inspirais plus aucune tendresse, plus aucune attention. Après onze années d’acharnement, ils laissaient enfin tomber, cessant de se meurtrir à me faire décrocher un sourire, à rendre possible l’inimaginable. Faire de moi quelqu’un de normal. Ils se résignèrent à vivre avec leur erreur. Moi.
Il en était de même en classe. J’étais en retrait, tu dois te l’imaginer, je n’avais pas d’ami. Tu dois te douter que je ne sois pas du genre à aller vers les autres. Puis, lorsqu’on est enfant, pourquoi irait-on vers quelqu’un d’aussi sombre que moi ? Ce qui semble être un enfant sans l’être en réalité. Pourquoi allait s’ennuyer de quelqu’un sans intérêt ? J’aurai aimé avoir des amis. J’aurai aimé apprendre à les connaître. Mais je n’y arrivais tout simplement pas. Puis, je me suis rendu compte que, le moins sociable on est, le moins de conneries on a à gérer… Je dois tout de même le dire, heureusement que je t’ai rencontré toi…
Venons-en… C’est vers cet âge que j’ai découvert le monde de l’internet et que je m’y suis enfermé. Mes parents n’étaient pas à la maison et je suis resté un peu à la salle d’arcade, puis j’ai décidé de rentrer dans ce cyber-café qui venait d’ouvrir. C’est là que j’ai commencé à me créer une nouvelle vie. De nouvelles vies. Et je m’y suis perdu. Perdu dans ce monde merveilleux qu’est celui de l’informatique et du net.


L’une des clés les plus importantes du succès est d’avoir confiance en soi. L’une des clés les plus importantes pour avoir confiance en soi est d’être préparé à tout. C’est mon problème. Je ne suis pas préparé. Ça expliquerait parfaitement pourquoi j’ai accumulé tout sauf le succès, dans tous les sens que peut prendre ce terme.
Déjà cinq ans depuis ma première escapade en ligne. Jamais des années de ma vie ne sont passées aussi rapidement. Je ne parvenais plus à différencier ma vie réelle de celle que je m’inventais. Ou peut-être devrais-je plutôt écrire celles. C’est la nouvelle chance que nous offre l’internet. La possibilité de nous réinventer, de nous changer, d’effacer nos erreurs en deux-trois clics seulement… J’en ai abusé. J’étais jeune. Tu peux le comprendre, toi. Ce plaisir de s’inventer une vie. Auprès des autres, mais aussi à soi-même, se prendre à rêver d’être quelqu’un d’autre. Je n’ai fait que vivre dans cette illusion dès la première fois que mes doigts ont rencontré les touches bruyantes de mon clavier. J’espérais que cela me permettrait d’oublier la stupidité de mon existence, de celui que je suis. La vie que toi seul connaît. Je n’étais plus Elliot. J’étais NP28-0652. Longtemps, j’ai étais cette suite de lettres et de chiffres. Je ne répondais plus lorsqu’on m’appelait Elliot. Comme j’ai aimé qu’on m’appelle par ce pseudo. Ils ne me connaissaient qu’ainsi, ils m’écoutaient, eux, ces personnes tout aussi perdues que moi, ces gens qui souffraient tout autant que moi. Ceux qui avaient aussi besoin de se réinventer. Mais la beauté de ce monde est éphémère. Combien ont disparu du jour au lendemain ? Reprenant le cours habituel de leur vie. Me laissant seul alors que j’avais enfin l’impression de me lier à eux. Me lier… Quelle bêtise… Je me liais pas le mensonge oui… Tu vois à quel point je ne suis pas doué avec les gens ? C’est ainsi que j’ai commencé à vivre à travers les autres. Tu le sais, tu m’as vu faire. Hacker. Fouiller dans ce qui ne me regardait pas. Mais j’étais animée par cette folle envie de savoir, ce besoin de comprendre pourquoi ils ne me parlaient plus, pourquoi ils ne venaient plus.
J’ai appris seul, guidé par les aventures de ces nombreux rois du hack, Cap’n Crunch, Adrian Lamo, Kevin Mitnick ou encore Kevin Poulsen. Ceux qui ont réussi à retourner le monde à eux-seuls. Mes mentors. J’ai commencé comme eux, en faisant peu, à fouiner dans la vie personnelle de ceux que j’avais rencontrés. C’était si simple. Si addictif… Comprendre pourquoi ceux qui autrefois étaient comme moi, avec qui je communiquais, qui me contaient leurs malheurs, disparaissaient sans laisser la moindre trace. Supprimant simplement leur compte d’un simple compte. Mais ce qu’ils ne savaient pas, c’est la douleur que je ressentais à chaque fois qu’ils me laissaient seul sans même me dire au revoir. Ils m’effaçaient de leur vie en un claquement de doigt. Je n’étais donc rien à leurs yeux ? Juste une passade. Un échelon insignifiant avant qu’ils ne reprennent le petit cours de leur vie misérable ? Beaucoup m’ont blessé. Terriblement. Les gens trouvent toujours un moyen de décevoir. C’est bien toi qui me l’as dit n’est-ce pas ?
C’est ainsi que mon joli monde, cette utopie où je semblais vivre enfin, commença à me bouffer. Je ne dormais presque jamais. Même lorsque je me retrouvais seul sur les plateformes, j’attendais, mes yeux fixant mon écran, peinant à décrocher. J’attendais. Quelqu’un, qui que ce soit. Et lorsque j’arrivais enfin à l’éteindre, m’allongeant dans mon lit, je ne trouvais jamais le sommeil. Je ne supportais pas ces moments, lorsque m’ont cerveau peut se perdre à réfléchir. Et, bon sang, qu’est-ce qu’il réfléchissait. Me forçant avec violence à me rendre compte d’une chose que je sais depuis longtemps. Que je suis seul. Anonyme. Je n’ai que mon PC. Et parfois, je ne le supporte même pas. Je suis juste triste. Si je venais à mourir, tout le monde s’en ficherait. Je ne suis rien pour personne. Rien. Et c’est au cours de l’une de ces soirées, alors que la nuit était bien avancée et que je pleurais silencieusement, recroquevillé dans l’ombre, que tu es venu à moi. Toi. Heaven. Tu m’as sauvé, alors que je pensais que ma vie ne serait qu’un amas de douleur, de déception, de solitude et de tristesse. Tu m’as sauvé alors que je mourrais à petit feu. Je n’avais pas besoin du suicide. Les gens ne meurent pas du suicide. Ils meurent de tristesse et de solitude. Et j’étais seul et triste. Mais tu es arrivé et tout a changé. Je m’en souviendrais toujours, de notre première vraie conversation. Toi que je prenais comme n’importe quel autre utilisateur, n’ayant pas remarqué à quel point tu étais différent. Je me souviendrais toujours, lorsque mon écran s’est illuminé à nouveau et qu’en quelques mots, tu as changé ma vie. En bien et en pire.  


Tu te souviens de notre conversation n’est-ce pas ? Notre première vraie conversation. Parfois, il m’arrive de regretter cette conversation. Un autre regret parmi tant d’autres. J’aurais peut-être dû fermer le chat quand tu m’as appelé par mon vrai prénom. Mais une part de moi rejette ces regrets. Car sans toi, je serai mort, tout simplement. Tu m’as sauvé et détruit en même temps. Aujourd’hui encore, je me demande comment tu me considérais, comment tu me considères. Comme un outil ? Un jouet ? Un simple objet ? Ou un ami ? Un vrai ami… Je ne sais pas pourquoi je t’ai vu de la sorte. Ai-je eu tort ? Dis-moi. Aide-moi encore à comprendre. A dissiper ce brouillard qui envahis mon crâne de nouveau et me fatigue… Aides moi comme lors de ce fameux jour, lorsque tu as illuminé mon écran dans cette nuit si noire, lorsque tu as attiré mon attention alors que la déprime me happait de nouveau. Lorsque tu m’as permis d’y échapper. Encore une fois.
Heaven1795> Tu ne dors pas ?
J’ai mis du temps à rejoindre mon pc, essuyant d’un revers de manche brute mes larmes. Je n’avais plus besoin de pleurer, tu étais venu me parler. Mais que faisais-tu debout à telle heure ? Etais-tu comme moi ? Seul ? Recherchais-tu toi aussi quelque chose qui t’a été interdite ? Une solution à la solitude ? Je l’ai espéré. Qu’on soit pareil. Qu’on se ressemble. Deux âmes similaires empreintes de solitude et de tristesse qui se trouvaient enfin. Enfin un ami qui me comprendrait…
NP28-0652> Non.
Heaven1795> Tu veux en parler ?
NP28-0652> Non. Tu ne dors pas non plus. Tu veux en parler ?
Heaven1795> Tu n’en as pas assez de toujours écouter les autres ?

J’ai hésité après cette question. J’ai hésité. Non, je n’en avais pas assez. Leurs écrits et leurs histoires me faisaient vivre. J’aimais ça. Vivre par procuration, même si je mourais à chaque fois qu’ils me laissaient derrière eux. Tu l’avais compris ça. C’est pour ça que tu me l’as demandé.
NP28-0652> Je ne crois pas… Non.
Heaven1795> Alors, pourquoi pleures-tu ?

C’est peut-être à ce moment que j’aurais dû fermer cette fenêtre. Alors que je levais les yeux faire ma webcam, pourtant recouverte d’un scotch noir. J’ai pensé que tu étais comme moi. Que tu avais fait comme j’avais essayé de le faire avec toi. De me connaître en piratant ma vie ? Mais je sais que tu as dû te trouver face au même problème que moi. Face au néant. Je n’ai rien trouvé sur toi Heaven. Rien. Tu étais comme moi. Tu prenais des précautions. Tu n’étais sur rien. Caché de tous, mais épiant tout le monde. Comme moi. Voilà pourquoi j’ai continué de parler avec toi, parce que nous nous ressemblions. Je ne me trompe pas non ? Mais, comment savais-tu, ce soir-là, que je pleurais ? Simple supposition ou alors me connaissais-tu déjà bien mieux que moi-même…
NP28-0652> Pour rien.
C’était la vérité. Je pleurais pour moi. Pour ma vie. Et je ne suis rien. Tu l’as compris n’est-ce pas ? Le sens caché derrière ces deux mots. C’est pour ça que tu m’as posé cette fameuse question… A moins que ce n’était un ordre… Le premier ordre que tu m’as assigné.
Heaven1795> Raconte-moi ton histoire.
NP28-0652> Pourquoi ?
Heaven1795> Raconte-moi.
NP28-0652> Je suis arrivé comme tout le monde, j’étais au level 1 et j’ai évolué, qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus ?
Heaven1795> Ton histoire à toi, la tienne, pas celle de ton personnage.
NP28-0652>

Tu étais le premier à avoir deviné. A découvrir que je me cachais derrière de fausses vies, de fausses anecdotes, de fausses paroles, que je me voilais la face. Et tu as réussi à deviner tout cela sans même me voir, n’est-ce pas ? Tu m’impressionnais. Vraiment. Tu m’impressionnais. Je voulais être comme toi Heaven. Car nous nous ressemblions tout comme nous étions le parfait contraire l’un de l’autre. Mais ça, je ne l’ai su qu’après. Lorsque je t’ai vu pour la première fois.
Heaven1795> Quoi ? Après 384 levels tu ne me fais toujours pas confiance ?
Tu me rappelles à l’ordre. Là encore, tu sais que je me perds dans mes pensées, les hypothèses fusant dans mon crâne comme jamais. Mais en un post, tu parviens à les chasser et me ramener au moment présent. Alors j’écris. Tu as vu, c’était plus que trois mots. Tu y as eu droit toi. Pourquoi toi ?
NP28-0652> J’ai une vie plutôt banale, une mère, un père, divorcés, enfant unique, pas d’animaux, une vie bien banale.
Heaven1795> Rien de plus ? Tu es sûr ?

Tu ne pouvais pas me voir, mais tu savais n’est-ce pas ? Que je me mordillais l’ongle, stressé. Oui, seulement quelques minutes de chat et voilà que je stressais, n’aimant en rien qu’on fouille trop dans mon histoire. Je ne savais pas quoi te répondre alors, encore une fois, je me suis braqué.
NP28-0652> Non. Rien.
Et je t’ai menti. Comme je le fais avec tout le monde.
Heaven1795> Tu as omis de me dire que tu es menteur Elliot…
Mais tu n’es pas tout le monde, n’est-ce pas ? C’est à cette phrase que je m’en suis enfin vraiment rendu compte, je pense. La suite a changé mon monde.
NP28-0652> Comment connais-tu mon prénom ?
Heaven1795>Je sais tout de toi Elliot. Nous sommes amis non ?
NP28-0652> Amis…

Mon écran se freeza. Je te regardais prendre possession de mon écran, de mon pc sans réagir. Je savais ce que tu faisais, mais je ne t’ai pas arrêté. Au fond, bien qu’un peu effrayé, j’avais envie de continuer. D’en savoir plus. C’est ça la curiosité ?
Je me souviens que l’attente a été terrible. Tout ne se faisait pas aussi rapidement à cette époque. Je me souviens avoir attrapé un joint, l’allumer, la drogue était aussi un moyen de me conforter, de me rassurer, d’avoir une once de chaleur qui me manquait terriblement.
Une page noire s’afficha, une fenêtre pop-up au contour vert au centre de celle-ci. Me demandant de créer mon nom d’utilisateur. Un nouveau nom. Encore un. Pourtant, je savais que celui-ci serait important. Un autre nom. Je n’eus pas le temps de me demander lequel que déjà mes doigts pianotaient sur le clavier.
Heaven>  Bonsoir Elliot. Ton pseudo... Sache que tu n’es pas personne. Ici, il n'y a que nous deux. Personne ne nous dérangera.
Mr_Nobody> Qu’est-ce que tu attends de moi ?
Heaven> Je vois que toi aussi tu me connais bien. Mais ce que je veux avant tout, c’est t’aider, tu es mon ami et je te sais malheureux. Et ça, je ne le veux pas.
Mr_Nobody> M’aider ?

J’étais perdu mais envoûté. Je n’arrivais pas à décrocher mes yeux de l’écran. J’ai tiré je ne sais combien de fois sur mon joint avant de voir ta réponse. Ton plan. Ton idée. Mon futur.
Heaven> Il faut que tu fuies, que tu quittes cet endroit qui t’es si néfaste. Tu es voué à bien plus grandiose que ce que tu sais déjà faire. Tu as un don Elliot. Un don dont tu as encore tant à apprendre. Tu as été rabaissé, maltraité, meurtri et tout ça doit prendre fin. Maintenant.
Fuir ? Fuguer ? J’y ai pensé. Plus d’une fois. Je l’ai déjà fait. Il y a deux ans, c’était le jour de mes quatorze ans… On ne fêtait plus mon anniversaire depuis longtemps. Je l’avais demandé. A quoi bon fêté l’arrivée d’un monstre dans la vie de mes parents ? Je voyais cela bien plus comme un jour triste, maudit, qu’un jour de fête… J’ai fugué. Mon premier hack qui m’avait permis de faire chanter un de mes enseignants bien trop proche de ses étudiants. J’avais eu besoin d’aide pour partir, d’argent aussi, je n’étais qu’un adolescent après tout. Et j’étais parti. Six jours. Six jours loin d’eux. Mais pourquoi m’ont-ils recherché ? Pourquoi perdre leur temps de la sorte ? Ils m’ont récupéré. Et ils n’étaient pas contents. Mon père s’est énervé, j’ai reçu ma première baffe ce soir-là. Mais je ne lui en voulais toujours pas. Quoique je fasse, je ne faisais que leur faire de la peine…
Heaven> Elliot ?
Je m’étais perdu dans mes pensées, mais encore une fois, tu me ramenas sur terre.
Mr_Nobody> J’ai déjà essayé. Ça n’a pas marché. Pourquoi ça marcherait cette fois ?
Heaven> Parce que je suis avec toi. Et je ne vais pas te laisser seul. Fais-moi confiance.

Que faire… J’étais perdu. Je ne savais plus. J’avais envie de le croire. J’avais besoin de partir. Bien la seule envie que j’avais. Ne plus leur faire de mal. Se laisser tenter ? Pour une fois…
Mr_Nobody> D’accord.
Si j’avais su, que par ce simple accord, j’allais sceller bien des vies…


Trois écrans face à moi. Tous avec des données binaires, des codes, des scripts, de tout. Voilà ce que je dois faire. Chercher, fouiller, trouver et écrire des rapports. Voilà la mission que tu m’as confiée. Et je m’y suis plu. J’ai aimé ça. Parce que ça m’occupait. Ça m’apprenait. Et j’aimais ça. Développer mes compétences, ajouter de l’acquis à mon innée. C’est ce que tu as fait pour moi. M’ouvrir une porte, quand je pensais qu’elles m’étaient toutes fermées. Mais tu as fait bien plus que ça.
Je me souviens parfaitement de ce jour. Tu te souviens ? Deux années avant mes 18ans. Lorsque tu m’as dit de fuguer et que je t’ai écouté aveuglément. Je l’ai fait et j’ai été retrouvé. Je ne te conte pas ma déception à cet instant. Je pensais vraiment en avoir fini avec mon passé, je pensais vraiment tourner une page et aller vers un autre chapitre. Mais j’ai été attrapé. Est-ce que cela était encore une de tes manigances ?
J’attendais au poste. Ils avaient appelé mes parents. Tu sais qu’ils ont divorcé par ma faute, ils se sont tellement engueulé avec pour raison principale de leurs maux, ma petite personne insignifiante. Mon père voulait m’interner de nouveau. Oui, tu sais que j’y avais eu droit après ma première fugue et suite à mes problèmes de malnutrition. Ma mère, je ne sais pourquoi, avait cette confiance infinie en moi. Alors ce couple, d’ordinaire si parfait, s’est déchiré par ma faute. J’aurais vraiment dû réussir ma première fugue. Tout aurait été plus facile alors. Ils auraient été heureux. Mais, je ne sais pourquoi, c’est à deux qu’ils ont décidé de venir me chercher. Puisant peut-être dans les dernières traces de l’amour qu’ils ressentaient l’un pour l’autre. Chose qu’encore je ne comprends pas. Et c’est ainsi qu’ils sont morts. Ensemble, sur la route pour récupérer leur misérable gamin.
Les journaux ont expliqué l’accident mortel par une panne des feux du carrefour, mais c’était toi n’est-ce pas ? Heaven. C’était ton plan ? Te débarrasser de mes parents pour que je n’appartienne à plus personne d’autre que toi ? Pour qu’ils n’entravent pas tes plans en me recherchant. Pour qu’ils ne te ralentissent pas. Pour que je ne pense plus à eux… Ils sont morts. Et lorsque je l’ai appris, je n’ai rien ressenti. Rien. Lorsque l’agent est venu vers moi avec un air désolé, me tendant une babiole qu’avait appartenu à ma mère, pensant sûrement me réconforter de la sorte. Mais je n’en avais pas besoin. Je n’avais pas besoin d’être réconforter. J’étais déjà détruit. Pourquoi ? Pour la simple raison que nous ne sommes pas sensé collecter des choses. Nous sommes supposés collectionner des moments, des souvenirs. Tout ce qui me restait de mes parents dans ma mémoire n’était que des souvenirs noirs et tristes.
J’ai été vide après ça. Je me suis laissé transporter dans un orphelinat. Je n’ai pas aimé cet endroit. Cette petite demeure sombre où s’entassait des enfants et adolescents abandonnés ou tout simplement seuls. Pourtant, j’aurais dû m’intégrer, je suis l’incarnation de la solitude, mais ce n’était pas le cas et ça m’a d’autant plus pesé. Ce n’était pas un endroit sympathique. Personne n’était agréable ou aimable. Combien de fois les surveillants m’ont malmené, après tout, c’est tellement plus simple de s’attaquer au plus faible et ça semble si amusant à leurs yeux de rabaisser un adolescent qui vient de perdre ses parents. Tirer de la joie du malheur des autres… L’humanité est donc perdue à ce point ? J’en ai bavé, je crois que c’est comme ça qu’on dit. Mais tu le sais, la douleur est inévitable, le montrer est optionnel. Je n’avais pas envie de leur faire ce plaisir. Je n’en avais pas la force. Je les trouvais juste pathétiques, voire plus que moi. Parfois, quand les nuits étaient trop longues et que certains venaient à tenter de m’étouffer pour faire taire mes pleurs que j’essayais de faire en silence. Oui, j’ai vraiment détesté cet endroit. Je me sentais seul sans l’être réellement. Je ne pouvais plus respirer. Et ça t’a plu n’est-ce pas ? C’est pour ça que tu m’as laissé y croupir près d’un an ? Ne nie pas, je le sais, je l’ai deviné. C’était ton plan, ton idée. Jamais aucune famille ne m’a été assignée en un an. Aucune. Tu avais le contrôle. Tu trafiquais les dossiers. Tu m’empêchais de partir alors que j’ai vu bien des enfants partir alors qu’ils étaient ici bien après moi. Ça te faisais du bien de me faire souffrir ? Ou bien était-ce un rappel de mauvais goût ? Une menace ? Un moyen de montrer ce dont tu es capable… Mais, je me suis accroché, parce qu’au fond, cela me montrait que tu ne m’oubliais pas. Et ce qui me permettait encore de me mouvoir à cette époque était le mot que tu avais employé pour nous qualifier. Amis. Tu ne pouvais donc pas me vouloir de mal non ? Tu ne faisais que me montrer que jamais personne me comprendrait aussi bien que toi n’est-ce pas, mon ami ?
Puis ce jour tant attendu est arrivé. Lorsque j’ai enfin été appelé. Lorsque j’ai enfin quitté cette terrible prison. C’est là que j’ai rencontré l’un de tes pions. Jonah Galsburg. Je l’ai su rapidement, ce n’était pas si compliqué, je le connaissais. J’ai suivi son hack du New York Times, de même que son attaque contre l’une des plus grandes banques de la City, je l’ai vu échapper sans difficultés aux forces de l’ordre. Un beau doigt à la société. Personne ne le connaît et pourtant c’est un si grand homme. L’un des plus grands. Voilà donc ceux qui te suivent ? Cela ne faisait que m’intriguer un peu plus. Mais je ne cessais de me poser des questions en quittant la bâtisse. Pourquoi maintenant ? Tu avais assez joué ? Je n’ai pas bronché, je l’ai suivi sagement. Je savais que j’allais enfin rentrer de nouveau en contact avec toi. Enfin, après tant d’attentes, j’allais en savoir plus. J’avais attendu ce jour. Comme jamais je n’ai rien attendu.
A peine arrivé dans cet entrepôt perdu dans les mauvais quartiers, il m’assigna un siège trônant devant trois écrans, un regard chaleureux visant à me convaincre de m’installer. Mais je n’avais pas besoin de cela. Je savais ce qui allait arriver. Et je n’ai pas attendu.
Heaven> Bonsoir Elliot. Nos conversations m’ont manqué.
Mr_Nobody> Tu l’as décidé ainsi.
Heaven> Excuse-moi d’avoir tardé. Mais, maintenant je suis là, nous sommes de nouveau ensemble. Tout ira pour le mieux maintenant, je peux te l’assurer.
Mr_Nobody> Comme pour mes parents ?
Heaven> Ne me blâme pas. Tu sais que vivre les détruisait. Ils sont plus heureux là où ils sont désormais.
Mr_Nobody> Je ne crois pas au Paradis.
Heaven> Mais tu crois en moi, n’est-ce pas ?

Oui, je croyais en toi. J’ai cru en toi. En ton amour pour moi. En notre lien. En notre amitié. J’y ai cru. C’est la seule chose en laquelle j’ai jamais cru. Tu vois, l’impact que tu as eu sur moi ? T’en es-tu ne serait-ce que rendu compte ? Je pense oui. Tu devais en être fier n’est-ce pas… Mais fier de quoi… De toi ? Ou de moi qui changeais ? Je n’ai jamais su. A moins que je n’ai jamais vraiment voulu trop y réfléchir pour ne pas être blessé. Pas par toi. Pas tout de suite…
Heaven> Elliot.
Mr_Nobody> Pourquoi poser cette question quand tu connais déjà la réponse. Je suis là non ? Dis-moi simplement ce que tu attends de moi.
Heaven> Je crois aussi en toi Elliot. Vraiment. Mais pour l’instant, tu dois apprendre. Ensuite, quand tu seras prêt, je reviendrais vers toi.

Notre conversation s’est coupée là-dessus, et encore une fois, je t’ai obéis.
Voilà un an que Jonah m’inculque son savoir sur le hacking. Je n’ai jamais autant appris, découvert. Et ça m’a plu. Bon élève, je passais mes jours et nuits sur mon écran, me valant bien des remarques froides et durs de mon tuteur qui me reprochait mon manque de sommeil et ma malnutrition. Ma nouvelle vie commençait, et je m’y impliquais réellement. Je savais que Jonah te faisait des rapports, je les ai lu, ne lui dis pas, il serait tellement vexé qu’un gamin de 17ans soit parvenu à le hacker. Je te voyais prendre soin de moi à distance, prenant de mes nouvelles tel… Tel quoi ? Un ami ? Ou bien tel un maître qui prendrait des nouvelles de son animal laissé dans un chenil ou chez une connaissance ? Ce n’est que maintenant que je me pose la question. Pourtant, tu sais comme j’aimerais de nouveau pouvoir te faire confiance comme avant…
Tu veillais à ce que je ne manque de rien, prenais des nouvelles de mon avancée, veillais à ce que j’ai ce que je désirais. Je me souviens de cette fois où Jonah a râlé pour ce que j’avais demandé. Revoir ma psy. J’avais seulement demandé ça, en plus de mes drogues. C’était ma normalité, ma manière de vivre. Le manque avait été terrible à l’orphelinat. Je m’étais senti d’autant plus faible que je l’étais déjà, le manque crée d’autant plus de cauchemars qu’il n’y en a déjà qui me hantent. Tu vois à quel point j’ai détesté cette époque ? Bien que ça m’ait appris sur ce que je suis réellement. Un junkie insignifiant. Quant aux rendez-vous avec ma psy… Voilà ce qui a le plus mis en rogne Jonah. Comment disait-il déjà… Une foutue de putain perte de temps ? Jonah dans toute sa splendeur. Mais tu me l’as accordé. Ce n’était pas que pour les prescriptions que j’y allais. Par pour qu’elle me dise être je ne sais quoi, usant de ses termes de psychiatres que je ne cherchais même pas à comprendre. Non, seulement parce que je m’étais habitué à elle, nos rendez-vous, parler. Juste parler. Du moins, prononcer quelques mots de ci de là pour répondre vaguement à ses questions. Ça ne me servait à rien, alors pourquoi m’y étais-je tant attaché ?
Une année de plus s’écoula. Je me souviendrais de ce jour. J’étais devant mes trois écrans, en plein hack du système de sécurité de la Royal Bank of Canada, je ne savais ce qu’ils avaient fait pour attirer ton attention, mais c’était mon devoir à faire. Mon casque masquait mes oreilles, la musique vibrant dans mes oreilles. Pourtant, je t’ai entendu m’appeler, à quelques pas de moi :
« Bonsoir Elliot. »

Ta voix s’était frayé un chemin à travers le boucan qui avait pris place dans mon crâne. Comme toujours. Pendant un temps, je me suis demandé pourquoi tu avais un tel effet sur moi. Pourquoi tu avais une telle emprise. Mais ces questions ont vite quitté mon esprit. C’est devenu une norme pour moi. Une des choses auxquelles je me faisais dans ma vie. Voilà la place que tu avais dans ma vie. Quelqu’un à qui je m’étais habitué, fait, mon premier ami, le premier à avoir telle place dans mon existence.
« Bonsoir Elliot. »
Je me souviens m’être arrêté au beau milieu de ce que je faisais. Comme bloqué. Ayant l’impossibilité de t’ignorer. J’ai ôté mon casque et c’est dans une lenteur extrême que je me suis tourné vers toi. Te découvrant enfin. Mettant enfin un visage sur ton pseudo. Heaven. Tu étais là. Tu étais venu me voir. Et sans que tu aies besoin de me le dire, je savais que c’était parce que tu étais fier de moi. Fier… C’était la première fois en dix-huit années que quelqu’un était fier de moi. J’en ai pleuré. Pour la première fois, je pleurais, mais pas de douleur, pas de souffrance, pas sujet à l’horreur de ma solitude. Non, c’était de joie.
Tu avais ce sourire aux lèvres, mon parfait contraire, si lumineux, émanant de puissance, de confiance, de force. Je ne t’avais pas imaginé de la sorte, mais je n’étais pas étonné pour autant, tu avais fini de me surprendre dès notre première conversation. Si tu étais le Paradis, alors j’étais les Enfers.
« Heaven… »
Et tu m’as enlacé, je me suis laissé faire… Pourquoi ? Pourquoi accepter ce contact qui m’a toujours répugné. Je ne t’ai pas enlacé en retour, tu n’étais pas celui qui en avait besoin.
« Bravo Elliot. Tu es prêt. Maintenant appelle-moi Tyrell. »
Je suis resté de marbre. Me rendant compte de ce que je venais d’accomplir et de la récompense que tu m’offrais alors. Tu t’ouvrais à moi. Pourquoi ? Qui d’autre y avait eu droit ? Ce n’est qu’alors que je me rendais compte que même Jonah n’était pas présent dans notre tanière. Lui aussi connaissait-il ton visage ? Avait-il eu lui aussi ce privilège ? Ou l’avais-tu accordé à moi seulement ? Voilà que je me demandais si j’étais l’un des privilégiés de ta vie. Tu as toujours une vie si étrange. Complexe. Je n’ai pas fouillé dans la tienne. C’est toi qui es venu m’en parler, c’est toi qui  t’es ouvert à moi. Alors pourquoi chercher plus ? Je crois que c’est comme ça qu’un ami se doit d’agir. J’ai dû le lire quelque part sur internet…
« Tyrell. »
Ça faisait si étrange de t’appeler comme ça. Heaven. Tyrell. Je ne savais lequel t’allait le mieux. Mais ça a semblé te faire plaisir que je fasse l’effort. Alors j’ai continué à t’appeler ainsi. Du moins pendant un temps.
Tu as mis un terme à notre étreinte si étrange, chaleureuse, lourde de sens, tu m’as regardé, scruté de ton regard qui semblait lire en moi, un regard perçant. Qu’est-ce que tu me faisais ? C’est toi qui a toujours eu le contrôle, le dessus et je n’ai jamais rien dit, je me suis tus, comme toujours. Jusqu’à ce que je me rende compte de l’emprise que tu avais sur moi, mais ce temps viendra bien plus tard. Beaucoup plus tard… Ils s’en sont passé des choses entre-temps…
Tu m’as guidé jusqu’à cet espace de repos installé par Jonah, installé à mes côtés, tu me parlais, mais au départ je ne t’écoutais pas, je n’y arrivais pas. Trop de changement d’un coup. Tu ne m’as pas laissé le temps d’assimiler tout ça, de m’y habituer. Tu m’as perturbé. Comme jamais.
« Elliot. Arrête de penser à autre chose quand je te parle. »
Encore une fois. Comme toujours. A me sortir de mes pensées.
« Je t’écoute. »
« Il est temps d’ouvrir les yeux mon ami. Le temps de hacker pour si peu est révolu. N’as-tu pas envie de viser plus haut ? Ne m’as-tu pas parlé de vouloir changer le monde ? De ton dégoût pour ce qu’il est ? Tu es la clé. Ma clé. Tu dois être le changement que l’on souhaite voir dans ce monde brisé. Et toi seul peut y parvenir. Tu as bien trop douté de toi. Mais maintenant, je suis là, et je ne te laisserais pas Elliot. Ensemble, nous sauverons le monde. »
Je t’ai écouté, vraiment. Tes paroles ont eu raison de mes questions. J’ai arrêté de réfléchir. Je n’en avais pas besoin, tu étais là, tu avais su dire ce qu’il fallait pour éteindre mon esprit de contradiction. Tu as su dire les mots qui m’ont fait accepter, qui m’ont fait opiner en silence.
« Il est temps de commencer Elliot. Ce que je vais t’apprendre va changer ta vie… »
Le plan était lancé. C’est alors que tu m’as tout appris. Tout ce qui me manquait. Tu as fini de me compléter. Tu as fait de moi ta réussite.


Le soulagement. Je le ressentais, mêlé à une certaine plénitude, mais surtout à cette douce et chaleureuse impression de protection. Mon anxiété m’avait quitté. Mais à quoi devais-je ces sentiments ? Voilà ce que mon crâne a réussi à construire, alors que j’étais assis au bord du lit, mon torse nu pâle comme jamais, les marques contrastant à la perfection, tu le sais, j’ai toujours marqué facilement. Je fixais un instant celles présentent à mes poignets avant de faire disparaître le rail blanc qui était étalé sur la table basse au pied du lit. Quand avions-nous commencé ? Je ne me souviens même plus… L’art que tu as toujours eu de me faire tout oublier. Mais, en cet instant, je m’intéressais à ces sentiments que je n’avais jamais ressentis encore. Les devais-je à l’Opium que tu me ramenais de temps à autre, contrôlant même ma consommation, ou bien à ta présence… Toi qui étais là, étalé sous les draps. C’est avec une certaine hésitation que je tournais le regard vers toi, découvrant cette expression apaisée que je ne te connaissais pas. Tu as toujours été celui qui se réveillait le premier. Tu as toujours été celui qui me laissait seul, un simple mot déposé à côté de ce rail que d’ordinaire tu me préparais. Quand étions-nous devenus ainsi ? Je n’eus pas le temps d’y réfléchir plus longtemps que déjà, la poudre faisait son effet. Je tombais lentement en arrière sur le matelas. Je te vis te réveiller. Tout était flou, je ne savais ce que tu faisais, jusqu’à ce que ton visage m’apparaisse clairement, penché à quelques centimètres de moi.
« Elliot. Réveille-toi. Je reviendrais ce soir. »
Encore une fois. J’ai opiné sans m’en rendre compte. Depuis quand étais-je devenu un brave petit chien ? Voilà ce que ma conscience essayait de faire entrer dans mon crâne. Mais je luttais contre cette idée. Pourquoi ? Parce que je suis plus pour Tyrell. Il est tellement plus pour moi. Il a toujours été plus. Je n’ai donc pas tort de penser qu’il en est de même pour lui, n’est-ce pas ? Sinon, jamais nous serions allé aussi loin ensemble… N’est-ce pas ?
Lorsque je me redressais, c’était pour découvrir que tu avais disparu. De nouveau un mot, mais cette fois, pas de rail. Tu savais que je m’en étais fait un pendant ton sommeil. Etais-tu en colère que je t’ai vu dormir ? M’en voulais-tu ? Mon impression de protection avait complètement disparue. Jusqu’à ce que je lise ton mot. Tu me laissais toujours un mot. Je reviens ce soir, je te ramènerais de quoi te faire découvrir un peu plus le Paradis… Si tu as été sage.
Alors que je me redressais, je me rendis compte à quel point cet endroit, au départ si lugubre et vide, avait bien changé. Tu y avais ta trace… Depuis combien de temps ? Comment arrivais-je à oublier de telles choses… Je tentais d’y réfléchir, mon crâne pressé contre mes paumes, me meurtrissant ma peau faiblarde à force de frottement. Et quand je rouvris les yeux, je revis ton écriture. Rappel à l’ordre sans que tu aies à prononcer le moindre mot. Je ne t’ai jamais entendu élever la voix contre moi. Tu as toujours été fier… Je n’avais pas envie que cela cesse maintenant… Je n’avais pas envie de te faire du mal. Ça n’a jamais été mon attention. Jamais. Pourquoi faire du mal à quelqu’un dont la seule et unique attention est de te rendre heureux ? C’est ce que tu voulais pour moi n’est-ce pas ? C’est pour ça que jamais je ne pourrais jamais vraiment t’en vouloir. Jamais…Pourquoi faire du mal à quelqu’un dont la seule et unique attention est de te rendre heureux ? C’est ce que tu voulais pour moi n’est-ce pas ? C’est pour ça que jamais je ne pourrais jamais vraiment t’en vouloir. Jamais…
Je m’y suis remis. Sans prendre la peine de prendre une douche, sans prendre la peine de recouvrir mon corps meurtri par tes attentions d’un t-shirt. Je m’y suis remis. A cette traque infinie. Rentrant dans les comptes de tous ceux qui avaient attiré ton attention. Ces noms que tu m’envoyais. C’était le seul lien que j’avais avec toi de jour. A moins que ce ne soit de nuit… J’avais perdu le fil du temps, je ne savais plus. Depuis combien de temps n’étais-je pas sorti… Comment devais-je compter… En semaines, en mois ou bien en année ? Je vivais dans cet entrepôt. Tu y venais. Toi, Jonah ou encore tes gorilles muets, m’apportaient ce dont j’avais besoin. Pourquoi sortir ? Je n’allais même plus voir le psy. Tu avais réussi à modifier ma norme, mes habitudes…
Je t’envoyais mes rapports. Je les recherchais eux. Ces êtres surnaturels dont tu m’as parlé tout appris lors de notre premier soir. Lorsque tu m’as ouvert les yeux. Je fouillais dans leur histoire, ce qu’ils disaient, ce qu’ils faisaient, ce qu’ils étaient. Puis je les traquais. Et alors je t’envoyais leurs coordonnées. Ce que tu en faisais, je n’en savais rien. Je ne t’ai jamais demandé. C’est en y réfléchissant que la peine me happa. Merde. Voilà que je faisais un bad trip.
Je suais depuis un moment déjà. Combien de temps s’était écoulé depuis ce matin. Etions-nous toujours le même jour ? Quel jour ? La panique me prit alors que je me redressais avec difficulté, tremblant. Le conflit du chaud et du froid paralysant mon corps. Qu’est-ce qui m’arrivait ? Pourquoi faire une crise de panique maintenant ? Pourquoi ? Parce qu’il y avait eu du changement ce matin ? Alors que tu étais toujours à mes côtés à mon réveil ? J’avais du mal à respirer, cherchant en vain quelque chose qui me calmerait, qui me remettrait en route… Rien. Rien du tout…
Mr_Nobody> T-‘ »_ç
Heaven> Elliot ?

J’avais réussi à me traîner jusqu’à mon clavier, ne réussissant même pas à écrire correctement.
Heaven> J’arrive. Ne t’inquiète pas.
C’est alors que je suis tombé au sol, mon crâne vibrant à cause du choc. Non, ce n’était pas le changement qui me perturbait. C’était ce que j’imaginais que tu pouvais leur faire. Pourquoi pouvais-je penser que tu leur faisais du mal ? Pourquoi ma conscience n’était pas d’accord avec ça ? Je n’étais pas bien… Ce sont les drogues. C’est tout. Je vais me calmer.
« Elliot ! »
Mes yeux se sont fermés alors que tu accourais vers moi. Dis-moi, Tyrell, si je te l’avais demandé, si je t’avais posé cette seule et unique question, m’aurais-tu répondu ?



Ça fait un an. Un an depuis que je suis tombé et que tu m’as rattrapé. Tu m’as sauvé, encore une fois. Tu m’as aidé à me relever. Tu avais besoin de moi en un seul morceau n’est-ce pas ? Apte à t’aider ? A te fournir tes précieuses informations ? Mais, ce jour-là, tu as deviné que je me posais des questions. Je me souviens, quand je me suis réveillé, tu étais là. Deuxième fois que tu étais présent à mes côtés à mon réveil. C’est là que tu m’as expliqué. Pourquoi tu avais besoin de ces monstres. Ils font le mal. Ton but était de rendre le monde meilleur. Tu m’as remémoré notre première conversation. Mais pourquoi ma conscience rechignait à te croire ? Pourquoi ces doutes persistaient ? Etaient-ils vraiment tous si mauvais ? Certains n’étaient que des enfants…
C’est après un an, alors que cette question me revenait bien trop souvent en crâne que j’ai fini par me mêler de tes affaires, de choses qui me dépassaient. J’ai commencé à me mettre en danger. Pour me rapprocher de toi. Pour faire taire ma conscience et lui prouver qu’elle avait tort. Mais ma confiance en toi était trop grande…
C’est la première fois que j’ai osé te hacker. La première fois que j’ai fouillé dans ton disque. Et c’est là que je les ai vus. Ceux que je t’avais indiqués comme insignifiants, justes, ne représentant aucun danger. Ceux que tu m’avais promis laisser en paix. Ceux qui avaient fini dans ce dossier effrayant : EXTERMINED. Je n’y ai pas cru en le voyant. Pourtant, je ne pouvais m’empêché d’avoir l’impression que ma conscience ne cessait de me répéter : « Je te l’avais dit… »
Tu ne pouvais pas me mentir, hein ? Tu avais une excuse, n’est-ce pas ? Je ressortais ces noms, je fouillais de nouveau pour ne découvrir que des avis de disparition, de morts ou de suicide. C’était faux n’est-ce pas ? Tu ne pouvais pas me faire ça… Pas à moi… Pas me mentir. C’est pourtant ce que tu as fait… Je ne voulais qu’être ta fierté, t’aider dans tes desseins, te soutenir dans ces promesses d’un monde meilleur, ne jamais te mentir ni te décevoir. Mais jamais je n’aurais imaginé que je serais celui qui finirait déçu, celui auquel tu mentirais… Pas à moi.
J’ai pleuré en me rendant compte que je n’étais rien de plus qu’un de tes pions. N’as-tu tenu à moi ne serait-ce qu’une seule fois ? Etais-je vraiment que ton petit chien.
Heaven> Elliot, que se passe-t-il ? Où sont les rapports ?
Le chat s’était ouvert, me coupant. Tu contrôlais même mon attention. Tu contrôlais tout… Tyrell, tu étais tout. Et voilà qu’en un mensonge, tu avais refait de moi une coquille vide. Ça m’a fait un mal terrible Tyrell. Tu m’as blessé. Comme jamais.
Heaven> Elliot ? Encore perdu dans tes pensées ?
Tout le monde tient à quelque chose ou à quelqu’un. Je ne tenais qu’à une seule personne. Toi. Et tu m’avais trahi. Je t’avais fait confiance. Tu m’as tant apporté. Tu m’as changé. Pourquoi m’as-tu fait ça ? Pourquoi je n’arrivais pas à t’en vouloir alors que tu me faisais pleurer ? Alors que tu me détruisais ? Alors que tu me faisais ressentir ce que j’espérais ne plus jamais avoir à connaître…
Mr_Nobody> Non.
Pourquoi t’ai-je menti ? Pourquoi ne pas t’en parler ? Pourquoi ne pas te briser comme tu venais de le faire pour moi ? Pourquoi continuer à tenir à toi ?
Heaven> Je te connais Elliot.
Mr_Nobody> Peut-être que tu ne me connais pas aussi bien que tu le penses.

Tu n’as pas répondu. Tu savais que quelque chose n’allait pas n’est-ce pas ? Tu as deviné à ce moment-là… C’est pour ça que tu m’as rejoint. C’est pour ça que tu as tenté d’avoir de nouveau une emprise sur moi. Me ramenant ma dose. Tu pensais vraiment que cela suffirait à me garder sagement à tes côtés ?
Tu es venu, a glissé la boule d’Opium entre mes lèvres, sans me quitter des yeux.
« Avale. »
Dernier ordre que tu m’as donné. Cet ordre qui a résonné dans mon crâne comme jamais. Pour la première fois alors que j’étais avec toi, je ne me suis plus senti protégé, serein, je ne ressentais rien alors que je décrochais, lâchant dans un murmure avant que la drogue ne prenne possession de mon crâne :
« Tu seras toujours mon ‘Bonsoir’ préféré et mon ‘Adieu’ le plus terrible… »
M’as-tu entendu ? Je ne sais pas. Je me suis réveillé, tu étais à mes côtés de nouveau. Toi. Mon meilleur ami qui maintenant me semblait être un parfait étranger. Je t’ai regardé, une dernière fois, puis je suis parti. Après tant d’années à vouloir être proche de toi, je te fuyais.


Combien d’années depuis mon départ ? Je sais que tu m’as cherché. Je t’en ai empêché. J’en suis désolé. Sache-le. Mais je ne pouvais pas approuver ce que tu faisais. Tu m’as blessé, je ne pouvais pas rester. Et ça m’a bouffé. Putain qu’est-ce que ça m’a bouffé.
J’errais, tout simplement, sans réel but. M’arrêtant seulement lorsque l’épuisement me gagnait. Alors, je ne dormais pas. Pour la simple raison que lorsque je fermais les yeux, je te voyais, je me rappelais toutes ces années. Des années de mensonges. C’est ça n’est-ce pas ? Tu étais le seul à qui je pouvais me confier. Le seul. Après toi, je n’ai plus côtoyé une seule vraie personne. Une vraie personne… ça fait si longtemps… Plus rien n’est réel. Je ne suis toujours pas normal n’est-ce pas ?
Deux années se sont écoulées depuis mon départ. Deux ans. J’en ai souffert, tu as dû le savoir. Je n’ai pas arrêté. La solitude était de retour. Un coup terrible qui n’a fait que m’enfoncer de plus belle. Alors j’ai fait ce que je savais le mieux faire. Me défoncer et me plonger dans le hack. Je t’ai piraté, j’ai cherché à savoir ceux que tu recherchais. Et je les ai trouvés. Je l’ai trouvée, elle…
Une petite lumière dans cet océan de ténèbres dans lequel je m’étais perdu, dans lequel je me noyais… J’ai vu son nom : Mary Elizabeth Jordan. Ce n’était qu’un nom parmi tant d’autres. Pourtant, lorsque j’épiais ses comptes, notamment son Facebook, je suis tombé sur une citation : There are so many beautiful reasons to be happy. You just have to forgot about the bad memories.
Ce n’était rien. Que quelques mots. Peut-être même pas les siens. Pourtant ça m’a réveillé. Je ne sais pas, il m’en fallait peut-être peu, à moins que je voulais vraiment m’en sortir. Je n’étais peut-être pas vraiment perdu. Elle semblait si différente, si contraire à moi. Alors j’ai cherché à entrer à contact avec elle. Fouillant de plus belle jusqu’à arriver sur ce nouveau chat. Aucune protection, sauvegarde automatique des données, un truc pas top. Mais je suis rentré dans ce chat, où elle était seule.
RyryEli> Hey ! T’es nouveau ?
Mr_Robot> Oui.

Nous avons parlé. Et j’ai fait comme je l’ai fait avec toi, sans parler de moi, sans raconter mon histoire, à lui donner des réponses vides de sens. Mais, comme toi, elle n’a pas arrêté de me parler pour autant. Elle ne s’est pas ennuyée de moi. Elle a réussi à me réveiller lorsqu’elle a dit, après plusieurs heures de conversations :
RyryEli> Dis Robot, tu es heureux ?
Mr_Robot> Je ne sais pas. Je l’ai été. Je crois.
RyryEli> Tu avais vraiment une vie heureuse ou juste une vie confortable ?

Bonne question. Je n’y avais pas pensé. Avais-je vraiment été heureux ? Non. Oui. Peut-être… Elle m’a fait réfléchir. Sur toi. Sur nous. Sans même s’en rendre compte, sans même savoir qu’elle m’aidait. C’est ainsi que je me suis rendu compte que tu me manquais. Tu me manques. Mais je sais que si ma route croise la tienne de nouveau, alors je sombrerais, sans aucun doute. Je ne suis pas assez fort. Pas pour l’instant. Va savoir si je le serais un jour… Mais pour l’instant, tout ce qui m’aide à m’éloigner de toi, est de contrecarrer  tes plans. Excuse-moi, mon précieux ami, j’espère vraiment que tu me pardonneras et j'espère tout autant que lorsque l'on se rencontrera de nouveau, tu auras changé. Car oui, je dois changer, tu dois changer, et peut-être qu’ensemble nous pourrons de nouveau changer le monde. Mais en faisant le bien, cette fois…

acidbrain

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I'm Broken.
Sometimes I dream of saving the world from the invisible hand that kills all of us slowly. The one that forces us to work for them… The one that controls us every day without us knowing it. But I can’t stop it. I’m not that special. I’m just anonymous. I’m just alone.
©️alas.


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