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 Freddie - But we joke and laugh otherwise we would start screaming.

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Freddie D. Sainclair

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▲ Date d'inscription : 16/05/2016
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MessageSujet: Freddie - But we joke and laugh otherwise we would start screaming.   Lun 16 Mai - 2:24


Freddie D'Artagnan Sainclair

Such a disappointment when you defend someone for so long thinking they are different and they turn out to be just like what everyone said.


Nom : Sainclair
Prénom : Frederick
Âge : 406 ans mort à 26 ans
Métier : SexToy d'Effy
Situation familiale : En couple
Orientation sexuelle : Hétéro
Particularités : Quelques tatouages
Habitudes : Fumer, joint plus qu’autre chose et autres drogues ○ faire la fête ○ Faire du skate ○ S’évader
Groupe : Vampire
Avatar : Luke Pasqualino

Anecdotes
λ Il n'a jamais connu sa mère, cette dernière étant morte en couche.

λ Son père est mort devant ses yeux alors qu’il n’était qu’adolescent. Cette scène restera à jamais gravée dans son crâne et il ne perdra jamais son désir de vengeance de vue.

λ Il a manigancé afin de rejoindre les Mousquetaires. Il n’a jamais imaginé qu’il se lierait autant à ce groupe bien que l’un d’entre eux reste sa cible.

λ Il ne maîtrisera jamais vraiment ses pouvoirs, refusant de les utiliser afin de mieux rejoindre les Mousquetaires.

λ D’Artagnan était très volage et très certainement le moins sérieux du groupe, ses trois compagnons le charriaient perpétuellement, justifiant tel manque de maturité pour cause de son jeune âge.

λ Les Mousquetaires arriveront presque à lui faire oublier son désir de vengeance, jusqu’à ce qu’il rencontre le Druide, Emrys.

λ Assouvir sa vengeance ne l’apaisera pas et finira de creuser un trou dans son cœur. La culpabilité le gagnera alors et il refusera de s’en débarrasser, se forçant à garder son humanité comme punition.

λ Sa rencontre avec le clan de Kaïn le sauvera en quelques sortes. C’est alors qu’il changera de prénom. Ne se présentant plus sous son prénom d’origine à cause de l’horrible histoire qui y était rattachée.

λ Il se montre être un jeune vampire très violent, ne maîtrisant pas plus cette nature qu’il ne maîtrisait ses pouvoirs de sorcier. Il ne parlait jamais et il faudra attendre quelques années avant d’entendre de nouveau le ton de sa voix.

λ Son caractère évoluera lentement au fil des siècles de son existence, si bien que ses anciennes connaissances pourraient le trouver méconnaissable si elles vivaient toujours.

λ Peu se doutent ou savent qu’il possède encore son humanité.

Caractère

Avant, Frederick, ou plutôt D’Artagnan de son prénom d’origine, était un garçon au caractère le plus simple et banal qu’il soit. Bien sûr, son caractère lui restait unique, il en est de tel pour chaque être en ce monde n’est-ce pas ? La Terre serait d’un ennui mortel si tous nous nous ressemblions… C’était un jeune homme souriant, quelque peu taquin, coureur de jupons, adepte des combats armés ou non, avide d’action et d’aventure comme tout jeune homme de son époque d’humain…
Il n’était pas le plus mature de sa génération sauf lorsqu’il s’agissait de rendre justice. Il faisait de ce principe son point d’honneur. C’est pourquoi la vengeance de la mort de son père restera encrée dans son crâne. Il avait les moyens de faire de grandes choses, doté de grandes facilités et capacités, il ne lui manquait qu’un peu de sérieux. Il n’était pas niais, il savait que le monde renferme aussi sa part de mal, il n’avait simplement jamais imaginé que ses proches et lui-même en subiraient ainsi les coups…  Il était humain, il lui semblait normal d’être là pour autrui, de tendre la main, d’aider, de soutenir, de sauver. Il ne se préoccupait que de très peu de choses, réfléchissant peu, se jetant dans l’action, faisant preuve d’une grande facilité à s’adapter à toutes situations quelque peu plus complexes. C’est d’ailleurs ce qui lui a permis de rallier les Mousquetaires, ce groupe si fermé… Non pas son désir de sauver les plus faibles et de rendre justice, mais plutôt d’assouvir sa vengeance, celle de la mort de son père, l’assassin se trouvant dans les rangs des preux fantassins. Il était quelque peu manipulateur, ou bien tout simplement très calculateur et stratège, à moins que ses talents d’acteur aient fait tout le travail… Quoiqu’il en soit il trompa bien des êtres pour parvenir à faire partie de ce groupe semblant si inaccessible…
Il a fait preuve de faiblesse une seule fois, il s’est laissé manipuler et c’est cette seule et unique fois qui a changé notre protagoniste… D’Artagnan est devenu Frederick. Frederick est devenu vampire. Il est devenu Freddie. Il n’a jamais été aussi pris au dépourvu de toute sa vie… Perdu, il ne savait plus quoi faire, quoi penser, quoi être. Rongé par la culpabilité il semblait plus proche d’une bête démoniaque qu’autre chose. Sombrant dans le mutisme et une certaine folie. Il s’est perdu pendant un temps. Soumis à ses émotions fortes. Il n’en pouvait plus. Plus d’une fois, il a failli perdre son humanité, choisir la solution de simplicité et oublier, ne plus ressentir, tout simplement. Mais il a été plus fort que cette envie persistante, ce dans le seul but de se punir. Il ne méritait pas d’être dispensé de sentiment. Il se devait d’assumer, de souffrir et de se rendre compte de ce qu’il avait commis. C’est pourquoi il a encore aujourd’hui son humanité, bien que certains semblent la penser disparue, il ne s’en est pas débarrassé. Elle a juste beaucoup évolué… Bien moins empreint de justice, il doute de son existence, certes, il préférera s’attaquer à de mauvais hommes ou femmes, mais il ne bronchera pas à voir des innocents attaqués. Il ne croit plus en la justice, ou du moins, de pouvoir la rendre et la défendre, fortement désillusionné par tout ce qui est arrivé à ses proches et lui-même.
Mature et intelligent, Freddie est un garçon responsable même si son attrait pour l’opium, les drogues, l’alcool et les soirées poussent à penser le contraire. Disons que cela est, à ses yeux, un moyen de se détendre, de s’échapper, de penser à autre chose, de feindre la vie. Mais il fera preuve d’une grande maturité et d’un sens des responsabilités, voire même se montrer important stratège lorsque le contexte sera enclin à tel comportement de sa part.
Il est bien plus silencieux qu’il n’a pu l’être, mais son regard profond et attachant transmet facilement ce qu’il veut faire comprendre.  Du moins, quand tel sera son choix, sinon il peut se montrer être quelqu’un de très difficile à comprendre. Le fait qu’il partage peu sur lui et son passé n’aidant en rien à faciliter le processus. Il faut l’avouer, Freddie ressent parfois lui-même des difficultés à se comprendre… Pourtant, il reste sociable, bien qu’il ait longtemps refusé de s’attacher de nouveau à quelqu’un, la présence de son humanité lui rappelant perpétuellement que s’il s’attachait, alors il risquait encore de perdre et de souffrir… Comme déjà dit, Freddie est silencieux, il aime se perdre dans ses souvenirs et ses pensées. Mais, depuis qu’il est vampire, il se mettra bien plus rapidement en colère, pouvant s’avérer révéler une facette complètement différente du Freddie qui garde son calme lorsqu’on le met réellement hors de lui. Quelque peu lunatique lorsqu’il sera ennuyé ou sensible, il sera beaucoup plus cru dans ses paroles, blessant bien plus facilement allant parfois le regretter après, s’en voulant de ne pas s’être simplement tu.

acidbrain




Derrière l'écran
Pseudo : Единорог
Prénom : королева Единорог
Âge : 24 лет
Pays : Франция
Code du règlement : подтверждено по June
Inventé ou scénario : сценарий на па́нда
Commentaires : Мне нравится ко́шка
acidbrain


Dernière édition par Freddie D. Sainclair le Jeu 19 Mai - 2:38, édité 4 fois
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Freddie D. Sainclair

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MessageSujet: Re: Freddie - But we joke and laugh otherwise we would start screaming.   Lun 16 Mai - 2:26


Histoire




Je n’ai jamais été doué pour écrire, j’ai appris si tard, c’en était de même pour la lecture, tu dois t’en douter. A l’époque, à mon époque, de mon temps qui semble si loin désormais, les hommes tels que moi n’étaient pas jugés pour leurs écris, pour leurs mots, ni même leur manière de penser, mais plutôt ce qu’ils étaient aptes à faire, si ce n’est leur habilité à se battre, à défendre et à tuer. J’étais doué pour cela alors ne me juge pas pour mes écris, ne me juge pas pour mes mots et surtout, n’essaie pas de me juger pour mon histoire, je me suffis amplement pour cela, tu ne le sais peut-être pas, mais j’ai tant à regretter, je n’ai rien oublié et je n’oublierai jamais. Je n’ai pas besoin de ton aide, alors lis, en silence, garde tes commentaires, ton sarcasme, ton avis, tes solutions et ne cherche pas à assombrir notre relation, car le moindre de tes reproches ou commentaires pourraient en être néfastes. Il ne reste plus que le regret, jamais je ne pourrais revenir en arrière et pourtant, combien je rêverais de retourner en arrière de changer nombres de mes choix, de mes décisions... Mais le mal est fait, je l’ai fait et jamais je ne pourrais y revenir, jamais personne ne m’aidera à revenir, je suis le seul à blâmer, comprends-le, ne me cherche pas t’excuse, ne cherche pas à me réconforter car tu te dois de savoir que jamais cela ne fonctionnera. Je préfère que tu le saches avant de poursuivre, avant que je ne me dévoile un peu plus à toi, car, si tu ne t’en sens pas capables, alors brûle cette encre sombre, brûle mon passé et continue de me voir tel que tu m’as toujours vu. Comme le monstre que je suis désormais, celui qui a réussi à t’atteindre et qui sera toujours préférable à celui que j’ai été, qui pourrait t’effrayer même si je te sais bien plus forte que ça, bien que ce que je craigne le plus est qu’il te déçoive, je sais que je le remarquerai et je suis persuadé de ne pouvoir le supporter. Mais, à l’inverse, si tu te sens capable d’en apprendre plus sur moi sans que ton estime pour moi n’en soit affectée, si tu souhaites réellement me connaître un peu plus, en savoir plus sur l’ancien moi, alors lis et découvre. Je ne te promets pas tout te dévoiler, comprends que jamais je ne suis allée aussi loin avec qui que ce soit, jamais je ne me suis dévoilé de la sorte, pour la simple raison que je n’ai jamais eu confiance. Tu as ma confiance, rends-toi compte de ce que cela représente pour moi. Rends-toi compte, ne change pas, car je sens et je sais que tu es la seule qui réussiras à me détruire.


Combien de fois m’as-tu demandé pour mes parents ? Et combien de fois ai-je dévié la question, ai-je fait de mon mieux pour détourner ton attention et éviter de t’apporter une réponse ? Je te sais pas dupe, tu as deviné n’est-ce pas ? Mais tu es têtue, ce n’est pas un secret alors ne te braque pas… Tu as donc insisté et plus d’une fois, j’ai cru que j’allais perdre patience, mais ce que tu as peut-être aussi deviné, c’est qu’il est impossible pour moi de t’en vouloir bien longtemps... Profite, aujourd’hui, je vais enfin t’en dire plus sur eux. Aujourd’hui, tu vas enfin connaître leur prénom, car même dire si peu d’eux fait un mal de chien, Effy…
Elle s’appelait Anne, mon père n’a cessé de me conter sa beauté, sa douceur et sa gentillesse. J’aurai tant aimé la rencontrer… Je n’en ai jamais eu la chance, bien malheureusement. Comme tu dois t’en douter, à cette époque, en France, les conditions de vie de la populace étaient déplorables. Mes parents vivaient du peu de revenus que mon père produisait, et du peu d’argent soutirait des couvertures créées par ma mère. Pourtant, ils étaient heureux, et j’ai toujours pu lire ce bonheur dans les yeux nostalgiques de mon paternel. Il l’aimait tant… Elle était si jeune, brune aux cheveux perpétuellement emmêlés, aux yeux amande souriants, tout juste âgée de seize années quand elle a épousé mon père, de vingt ans son aîné. Mais bon sang, qu’est-ce qu’ils s’aimaient…
Lui, il s’appelait Alexandre, à la fois artisan et chasseur, il savait s’adapter pour survivre, c’était un homme empreint de justice, un peu bougre, timide bien que doté d’une certaine prestance, imposant de muscle, une trogne abîmée par les années et les conditions de vie s’aggravant toujours un peu plus. Je me souviens parfaitement… Il n’avait pas l’air sympathique et pourtant, il l’était, ce n’était pas un mauvais homme, loin de là, il était bon, il s’inquiétait des autres, il se battait pour le bien et c’est ce qui a valu sa mort… Mais elle est partie bien avant.
Tu as dû deviner que c’était à ma naissance… Bien trop jeune, donnant naissance dans des conditions terribles, et surtout bien trop tôt. J’ai vu le jour à trente semaines, seulement sept mois et demi dans le ventre de ma mère. J’aurai pu y rester plus longtemps, si seulement elle n’avait pas été bousculée au marché. Bien qu’elle ait été si jeune et semblait si frêle, elle a fait preuve d’une force incroyable, elle s’est battue pour me mettre au monde. Quand mon père m’a pris pour la première fois, j’étais si petit que je logeais entier dans le creux de sa main…
Ma mère n’a même pas eu la force de me serrer contre elle une dernière fois que déjà, elle nous quittait. Elle m’a manqué, elle me manque, j’aurais tant aimé la connaître, la remercier, la contempler, rencontrer cette femme qui a toujours su illuminer le regard de mon père lorsqu’il m’en parlait. Jamais il ne m’a blâmé, jamais il n’a accepté qu’autrui m’accuse de la mort de ma mère, car pour lui, j’étais tout simplement le fruit prouvant leur amour. Tous pensaient que j’allais la rejoindre en quelques heures, quelques jours tout au plus, que j’étais trop faible, trop petit, pour survivre à la rudesse de ce monde. Ce fut à mon père de se battre pour moi, c’est à mon père que je dois la vie. Sans lui, je ne serai pas là pour te conter tout ça. Sans lui, je ne serai pas devenu si fort. Et c’est le perdre qui m’a fait sombrer.  Je ne sais si tu peux vraiment te rendre compte à quel point il comptait à mes yeux… Je reste persuadé que jamais de simples mots pourront transmettre l’importance qu’un père tel que lui peut avoir à mes yeux.


« Tu grandis si vite… » Il n’avait cesse de me le dire, de me le répéter tout en ébouriffant ma tignasse de cheveux sombres indomptables, et, à chaque fois,  il finissait en me disant que j’avais le regard de ma mère, lâchant mes cheveux pour attraper inconsciemment du bout de ses doigts sales, la croix d’argent appartenant autrefois à son épouse, le seul trésor qu’il avait pu lui offrir.
Tant de bons moments, tant de beaux jours passés à ses côtés. Il m’a tout appris. Bon, comme tu le sais, il ne m’a pas appris à lire ou encore écrire, il n’en savait rien, il n’en avait pas le luxe, seuls les membres de l’aristocratie pouvaient se le permettre, mais il m’a transmis tout ce qui était pratique et nécessaire pour survivre lorsque l’on vit dans une pauvreté aussi intense que celle dans laquelle la petite gent française était plongée à l’époque. La chasse, comment cultiver les terres, construire, mais surtout, comment se battre, se défendre et aussi protéger les autres. Il m’a transmis son attrait pour la justice et l’équité et j’adhérais pleinement à son point de vue. J’apprenais rapidement, bien décidé à l’aider du mieux possible, à être là pour lui comme il l’était pour moi.
Mais je ne l’ai pas été, et c’est à partir de ce moment de mon histoire que je te prierai de ne pas me juger et surtout de ne pas essayer de me convaincre que je ne suis pas coupable ou quoi que ce soit. Entends bien cela s’il te plaît avant d’aller plus loin…
J’avais neuf ans, un petit garçon souriant et attentionné, vivace et curieux, déjà avide d’aventures, buvant tel un assoiffé les histoires que me contait mon paternel sur les chevaliers du roi, ceux qu’on appelait les Mousquetaires et qui, à mes yeux d’enfants, semblaient la personnification même de la justice et de l’équité. Je rêvais d’en être, j’apprenais de plus belle auprès de mon père à manier le fleuret et l’épée, à défaut de pouvoir apprendre à user d’un mousquet, mon père ayant vendu le sien peu de temps après ma naissance le sous manquant alors sérieusement.  
Ils étaient ma passion, je connaissais sur le bout de ma langue toutes leurs aventures, dès que l’ennui me prenait, je me faisais alors passer pour l’un des Mousquetaires du Roi, de loin mes favoris contrairement à ceux du Cardinal ou encore les simples Mousquetaires de la garde, je pouvais y passer des heures, armé de mon bâton, attaquant nos vaches, trop habituées à ma folie d’enfant pour ciller, ou encore à notre chat qui finissait par prendre la fuite à mon plus grand bonheur. Mon père était conscient de mon rêve d’enfant de les voir, de les rencontrer tout simplement. Sachant, malgré mon jeune âge, que jamais je ne pourrais vraiment faire partie de la garde rapprochée du Roi. Un simple paysan n’y aurait jamais sa place, n’est-ce pas ?
Un matin, mon père avait chargé nos deux cheveux et une carriole, il vint me réveiller de sa main bourrine : « Allons feignant, si tu n’es pas debout dans la seconde, Paris ne sera que pour moi. » Il n’en fallut pas plus pour que je saute de mon lit, enfile ma chemise blanc cassé et fonce l’aider aux derniers préparatifs. Un grand voyage s’annonçait, nous allions au marché de Paris… Deux jours de voyage qui se firent sous des sourires, des boutades et d’autant plus d’histoires des chevaliers du Roi. Mon père, lui-même semblait être retombé en enfance… Mais ce monde n’est en rien fait pour les enfants…
La nuit tombait, Paris était si proche que j’espérais que l’on y arrive en galopant, mais du haut de mes neuf ans, la fatigue se faisait sentir et bientôt, je ne tarderai pas à tomber du haut de mon cheval… Une auberge s’est dessinée au loin et nous nous y sommes arrêtés. Si seulement je n’avais pas été pris de fatigue. Si seulement je n’avais pas retardé notre départ en préparant mes affaires la veille. Si seulement…
J’étais dans les écuries, ôtant les selles en vieux cuir de nos chevaux, quand ils sont arrivés au galop. Je n’ai pas fait attention, qui se serait douté. J’ai su ce qu’il s’est réellement passé qu’après, les spectateurs me l’ont conté. Ils sont rentrés, ces Mousquetaires que j’admirais tant, ils ont ordonné à tous de donner l’argent qu’ils avaient sur eux. Ils m’ont dit avoir tous été étonnés, surpris, pris de court, mais le sérieux des chevaliers, arme au poing ne laissait pas place à l’hésitation. Tous se sont exécutés. Tous sauf lui. Bien sûr. Il fallait que son amour pour la justice le pousse à refuser. Mon père, tu dois t’en douter.
Je suis arrivé juste à temps pour voir la lame transpercer le cœur. J’étais sans voix, n’y croyant pas mes yeux. Regardant le visage de mon père marqué sous les coups qu’ils avaient dû lui donner en mon absence. Le bruit du fer finit de me glacer alors que le Mousquetaire retirait son épée du corps mourant de mon père. L’assassin me fit face, le visage à moitié caché sous une étoffe foncée, pourtant, je vis sur ses jeunes traits un sourire se dessiner. Son regard ne semblait pas humain. Voilà ce que j’ai vu alors qu’ils me passaient devant sans même m’accorder un regard, partant avec leur butin, ne prêtant aucune attention à l’homme qu’ils venaient de tuer…
C’est alors que mes pouvoirs se sont manifestés. Lorsque mon père est mort dans mes bras, le seul parent qui me restait. Incontrôlables, personne n’a réellement compris qu’ils venaient de moi, sauf certains, une rumeur suffit et j’étais fui comme la peste. De plus, qui voudrait prendre sous son toit une bouche à nourrir de plus en ces temps si difficiles. Ils m’évitaient, mais rien ne m’empêchait de les entendre. Combien ont dit qu’il avait eu une belle et longue vie. Pour cette époque peut-être, pour moi, non. Je me suis retrouvé seul.
Ceux que j’admirais sont devenus ceux que je haïssais de toute mon âme. Ils avaient détruit cette image si parfaite que mon esprit d’enfant avait d’eux. Ils avaient détruit la seule famille qui me restait. Et ainsi, ils allaient me tuer. J’aurais pu mourir. Jusqu’à ce qu’il vienne à moi. Jusqu’à ce qu’il me propose de l’aider. Tu le connais. Emrys.
« Je sais ce que tu cherches. Ce que tu veux. Te venger. Et je peux t’y aider. »


Je te passe rapidement ces années passées aux côtés de ce vil Emrys. Sache juste que, ce qui m’a fait le suivre fut le fait qu’il sache le nom de l’assassin de mon père. Athos. Le plus valeureux des Mousquetaires… Emrys m’a dit assister à la scène, les détails trompeurs qu’ils proliféraient ont fini de convaincre mon esprit si jeune alors. Je l’ai cru. Tout coordonnait. Après tout, il n’y a que trois Mousquetaires au service du Roi… Si Athos était celui qui avait osé m’arracher mon père alors je serais celui qui lui arracherait la vie.
Emrys m’a trompé et comprends qu’il s’agit là d’un de mes plus grands regrets. Le croire et n’avoir su tuer celui qui a réellement pris la vie de mon père. J’ai grandi avec lui. Il n’avait rien d’une personne agréable et gentille. Loin de là. Il faut dire que je n’étais pas avec lui pour cela. Seulement pour apprendre, évoluer, m’endurcir et survivre pour prendre la vie. Je n’ai jamais été assez bon élève à son goût, il ne manquait pas de reproches à mon égard. Je ne parvenais pas à contrôler mes pouvoirs, tout simplement. Peut-être qu’au fond, je n’en avais tout simplement pas l’envie. Tu me connais suffisamment pour deviner que, malgré ma haine, mon impatience et ma colère, je restais égal à moi-même, à ce que mon père m’avait transmis et à ce que j’ai longtemps pensé ne jamais oublier. Empreint de justice, ne trouvant pas qu’il soit équitable que j’use de ma magie sur ce lâche qui n’était, au fond, qu’un être humain armé d’une épée. Très peu pour moi l’idée de tricher, de tromper pour mieux gagner. Si je voulais tuer Athos, alors ce serait sur pied d’égalité et rien d’autre. Sinon, n’aurais-je pas été, moi-même un lâche ? Tant de bels paroles me faisaient résonner, si seulement j’avais su que j’allais être encore pire que cela.
Emrys me laissait souvent seul, j’avais des tâches à accomplir, des buts à atteindre, tous concernant évidemment ma magie, mais je préférais m’entraîner à l’épée et au mousquet que j’avais dérobé plutôt que de me concentrer sur mes pouvoirs. Si je devais obtenir vengeance, ce serait à la loyale, voilà ce que je pensais et que n’acceptait en rien mon mentor. J’aurais dû partir à force de tant de désaccord, mais tu le connais, jamais il ne m’aurait laissé lui échapper aussi facilement. J’ai essayé, une fois, bien des années plus tard, et je l’ai tant regretté…
C’est à mes dix-neuf ans que j’ai réussi à rejoindre les Mousquetaires. Sept ans avant ma mort… J’étais l’un des plus jeunes à intégrer les Mousquetaires du Roi, mais ma détermination et mon entraînement avaient fini par payer.  On m’appelait D’Artagnan à cette époque, c’est si étrange d’écrire à nouveau ce prénom, si tu savais… C’est suite à de l’aide apportée aux trois escrimeurs, Aramis, Porthos et bien sûr Athos, par deux reprises que j’ai attisé leur attention et intérêt. Première petite victoire… J’en étais fier bien que plus d’une fois mon désir de vengeance ait tenté de me pousser à passer à l’acte. Mais je n’étais pas assez fort, Athos était bien plus doué que moi et je n’avais pas prévu d’être celui qui rendrait son dernier souffle au terme de notre duel.
J’ai alors bien moins côtoyé Emrys, celui-ci déçu et mécontent que je n’use pas assez de mes pouvoirs. Ils étaient son obsession, j’aurais dû le savoir, deviner qu’il cachait quelque chose, mais, aveuglé par mon propre dessein pour m’intéresser au sien, j’ai été stupide, tout simplement. Il me convoquait par moment, me demandait des rapports, m’évaluait… Traité comme un chien et je me laissais faire. Pathétique, voilà ce que j’étais.


Comme je te l’ai dit plus haut dans cette lettre qui devient trop longue à mon goût, je ne suis pas doué pour raconter les histoires. Probablement pas clair, m’attardant sur des détails inutiles pour passer trop rapidement sur certains qui pourraient t’intéresser, j’en suis désolé. Il faudra t’en contenter, car si je m’arrête maintenant pour me relire, je sens que je n’aurais plus l’envie de poursuivre et jetterais ces quelques feuilles griffonnées maladroitement au feu. J’espère simplement que l’ennui ne te prendra pas. Je vais essayer de faire vite, accroche-toi encore un peu. Après tout, c’est la première fois que je me confie de la sorte, autant aller jusqu’au bout maintenant…
J’ai passé cinq années avec les Mousquetaires. Bon acteur, jamais mes trois compagnons ne se sont doutés que je cachais mon jeu, que j’avais quelque chose derrière la tête, que ce n’était pas l’ambition qui brûlait en moi, mais plutôt l’ardeur de la vengeance. Pourtant, je ne sais pourquoi, je ne sais comment, ce sentiment, autrefois si fort et intenable, s’est amoindri. J’étais pleinement intégré aux trois Mousquetaires et cela n’aidait en rien à attiser mon envie d’atteindre mon but, sans que je comprenne pourquoi.
Ils me traitaient tel leur frère. Voilà ce qui m’a perturbé, perdu. Je retrouvais ce sentiment chaleureux qui m’avait été interdit à mes neuf ans. Avare et très certainement heureux de retrouver ce sentiment si apaisant autrefois arraché, je me suis laissé aller et au fil des années, je me suis habitué à telle situation. Tiraillé, je m’en voulais atrocement, n’osant plus me regarder, voyant en moi cet enfant qui trahissait son père, qui trompait ces hommes qui semblaient si bons. A croire que je n’étais toujours pas assez mature pour prendre la bonne décision. A croire que j’étais resté ce gamin faible et inutile qui n’a su sauver celui qui comptait pour lui. Voilà ce que j’étais.
Pourtant, je poursuivais ma vie en tant que Mousquetaire, me plaisant à voir mes capacités s’améliorer, à remarquer que j’apprenais tant à leurs côtés et que je passais tant de bons temps. Que ce soit en mission, lors de ces discussions nocturnes sans fins que nous passions tous les quatre dans ces tavernes miteuses où le vin coulait à flot, fumant ce qui aujourd’hui est si complexe à trouver, enfumant nos poumons de ces narguilés aux saveurs épicées, découvrant la France et ces alentours comme jamais je n’aurais imaginé pouvoir le faire. Je me sentais vivre tout en culpabilisant lorsque je me retrouvais seul et revivais la mort de mon père. Terrible piqûre de rappel qui me réveillait toujours en sursaut.
Emrys… Nos rencontres se faisaient plus rares. J’en étais la raison principale et il n’appréciait en rien cela. Combien de fois nos discussions se sont terminées en affrontement, me reprochant d’oublier ce que j’étais, d’exploiter la force que j’avais en moi, me crachant être indigne de ces pouvoirs qu’il décrivait avec tant d’ardeur. Il me fatiguait, sa colère m’ennuyait et pourtant, il ne me lâchait pas. Ce n’est que plus tard que j’ai compris pourquoi il n’était pas allé à la recherche d’un élève bien plus obéissant. Je n’étais tout simplement pas son élève, mais plutôt son rat de laboratoire, son jouet et il n’en avait pas encore fini avec moi.


Il m’a fallu une année supplémentaire avant de réellement oser m’opposer à Emrys. Comment est-ce arrivé ? Suite à ma dernière entrevue avec l’homme en question, je n’avais pas pris garde que mes compagnons de route avaient entrepris de me suivre. La raison était simple, ils avaient remarqué mes absences répétées et mon énervement à chacun de mes retours, de temps à autres complété par l’épuisement de ces entraînements nocturnes. Au départ, ils n’avaient cesse de me charrier, me soupçonnant d’avoir une amante qui s’avérait être régulière vu que j’étais celui qui répondait à ses rendez-vous. Mais qui reviendrait énervé d’une visite chez son amante ? Ce fut la première chose qui leur indiqua  que je cachais quelque chose, intuition renforcée par le fait que je me braque d’une certaine manière lorsqu’ils me questionnaient à ce sujet. Ils m’ont donc épié, jusqu’à ce qu’ils comprennent que ce n’était pas une demoiselle que j’allais voir, mais un homme dont le nom parvint à leurs oreilles. Emrys. Aucun d’eux ne le connaissait, ce qui ne leur présageait rien de bon.
C’est le lendemain au petit matin, alors que je rentrais le plus silencieusement possible dans mes appartements que j’eus la surprise de les voir tous trois, sans gêne aucune, installés à m’attendre patiemment. C’est alors que j’eus droit à leur discours, empreint de doute face à cet homme qui n’avait rien de rassurant. Vint alors les rumeurs à son sujet, diverses et variées. Un charlatan, un homme dangereux, un homme qui aurait enlevé bon nombre d’enfants comme d’adolescents, un tueur.
Ce ne sont pas tant ces paroles et ces histoires qui m’ont fait hésiter de plus belle, sachant parfaitement qu’Emrys n’avait rien d’une bonne personne, mais plutôt l’inquiétude sincère qui se lisait dans leur regard. Je les connaissais désormais suffisamment pour déceler lorsqu’ils étaient sincères ou non, et tous l’étaient, même Athos sur lequel je m’attardais plus longtemps. Ce qu’ils ne voyaient pas, c’est qu’ils intensifiaient de plus belle les doutes que j’avais à l’égard d’Emrys, mais surtout ceux que j’avais quant à l’implication de ces trois hommes et notamment d’Athos dans la mort de mon père. Je n’avais plus qu’à enfin me décider et choisir. Qui croire. Que penser. Quoi faire.
C’est suite à cela que je n’ai plus revu Emrys, ne répondant jamais à ses mots ordonnant ma présence, les brûlant sans même les lire. Je savais parfaitement que cela n’attiserait en rien son humeur. Mais je m’en moquais. Il me mentait, je le savais depuis que j’étais enfant. Il me cachait bien des choses. Pourquoi le croire lui plutôt que ceux qui semblaient réellement être sincères avec moi… Pourtant, il n’allait pas me laisser lui échapper si facilement. Il n’en avait pas fini et ma rébellion n’allait en rien arranger ce qu’il avait prévu pour moi…


Tout a une fin. La mienne vint à mes 26 ans. Mais pas seulement. Cette année marqua aussi la fin des Mousquetaires, de mes trois amis. Porthos, Aramis et Athos. Et tout cela fut de ma faute, dû à ma bêtise.
Pendant cette année, j’entreprenais de réellement en savoir plus sur l’assassin de mon père. Au fond, je cherchais à me convaincre qu’Athos n’en était pas l’auteur. Ils me considéraient comme un frère, mais pour ma part, je ne pourrais pas y parvenir tant que la suspicion persistait. Mais à chaque fois que j’avais l’impression d’avancer, ce n’était qu’illusion et je me retrouvais violemment ramené à la case départ. Ce qui avait l’art de m’énerver. Mais jamais je ne me suis découragé. Je trouverais, peu importe le temps que j’y passerais. J’ai trouvé réponse à mes questions, après m’être fait tromper une nouvelle fois par Emrys. Une dernière fois. Fatale.
J’avais 26 ans et cela faisait deux jours que nous n’avions eus de nouvelles d’Athos. Celui-ci était parti en mission solo, nous autres nous devant de régler une affaire du Roi. Mais son absence prolongée eut lieu d’inquiéter. Mais ma préoccupation fut étouffée par un mot étrange d’Emrys. « Tu veux savoir la vérité ? Viens l’entendre de toi-même. Ce soir. Même lieu que d’ordinaire. »
Je faussais donc compagnie à Aramis et Porthos pour aller à la rencontre du Druide. Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris à ses côtés Athos. Je gardais mes distances, sans comprendre, le sourire très peu rassurant d’Emrys ne présageant rien de bon. « Il semblerait que tu ne me fasses pas confiance, j’ai trouvé donc bon que tu apprennes la vérité du concerné… » Je restais sur mes gardes, mais à cet instant, mon cœur était serré, apeuré. Ma crainte atteint son paroxysme lorsque le Mousquetaire me fit enfin face, un sourire aux lèvres. Ce fut son regard qui me marqua, réveillant ce vieux souvenir toujours aussi intact dans mon crâne. Le même regard souriant, inhumain qu’avait eu le meurtrier de mon père. Regard que je n’avais jamais vu sur Athos jusqu’à ce soir. « Et bien D’Artagnan ? Surpris ? Je me dois avouer être quelque peu déçu, je m’attendais à plus de hargne et de belles paroles, telles que celles qu’avait ton paternel avant que je le transperce de ma lame… Je me suis tant amusé à te tromper… Te voir t’accrocher à moi de la sorte… Tu es si facilement manipulable… » Je ne reconnaissais en rien le Athos qui avait été à mes côtés ces dernières années. Ça avait l’art de me mettre hors de moi. Voilà que je comprenais qu’il s’était moqué de moi sept années durant et que j’avais été suffisamment sot pour me laisser manipuler. Je le regardais déblatérer sur l’atroce scène dont je n’avais vu que l’horrible dénouement, sentant la colère et la haine que j’avais connue cette nuit-là m’envahir de nouveau. Je ne contrôlais plus rien et mes pouvoirs prirent le dessus, un champ de force sembla émaner de moi pour le frapper de pleins fouets et l’envoyer s’écraser contre un mur. Je dégainais et fonçais sans trop réfléchir, guidé par ma haine et mon dégoût face à son sourire beaucoup trop fier. Nous nous sommes affrontés sous le regard amusé et impatient d’Emrys. Si j’avais su qu’ainsi, je ne lui donnais que ce dont il avait envie. Car, en cet instant, je laissais la justice de côté, bien trop aveuglé par l’envie de mettre fin aux jours d’Athos pour me préoccuper de contrôler ma magie.
Je ne retenais pas mes coups, ne prêtant aucune attention aux coups que me portait Athos en retour, l’adrénaline éteignant ces douleurs, celle de la trahison étant déjà bien trop amère et dure à endurer. J’allais porter le coup final lorsque quelqu’un m’arrêta dans mon élan. Une femme que j’avais vue déjà plusieurs fois aux côtés d’Emrys, toujours en retrait, silencieuse et je n’avais jamais eu le droit de questionner sur son identité si mystérieuse. J’allais découvrir pourquoi ce soir, alors qu’elle appuyait son poignet ensanglanté contre mes lèvres, me forçant à boire de son sang. « Tue-le. » Dit-elle d’une voix glaciale en détournant son regard vers Athos. Celui-ci se redressa bien qu’il se vidait de son sang avant de venir vers moi, toujours maintenu par la femme et sa force incroyable, plongeant la même lame qui avait déchiré mon père dans mon cœur. Je tombais au sol, sentant la vie me quitter, voyant Athos tomber à terre alors qu’Emrys marmonnait des paroles incompréhensibles. Je fermais les yeux. Quittant ce monde, avec d’autant plus de questions et de haine que j’en avais avant ce coup fatal. Voilà que c’était au tour d’Emrys de me trahir et j’allais mourir sans le lui faire payer. C’était ce que je pensais.
Tu dois t’en douter, j’ouvris bien rapidement les yeux. Emrys s’était bien abstenu de me parler des vampires… Je ne savais pas que j’étais en train de me transformer, me redressant, l’incompréhension s’affichant sur mon visage suite à ce réveil d’entre les morts. Incompréhension renforcée lorsqu’une odeur alléchante s’empara de mes sens, brûlant ma gorge tels les feux des enfers. Je regardais autour de moi, cherchant avide la source de telle odeur, jusqu’à ce que mon regard se dépose sur Athos, haletant, mourant lentement. Je n’eus pas le temps de me rendre compte que je rampais vers lui, peinant à me contrôler. Comme hypnotisé, entendant les battements de son cœur alors que l’horreur prenait place dans son regard « D’-D’Artagnan… No-… » Je ne lui laissais pas le temps de finir que, déjà, je m’emparais de son cou, une partie de moi horrifiée par ce que je faisais sans pouvoir me l’interdire. Les battements ralentissaient… Jusqu’à ce que deux personnes se jettent sur moi pour m’en éloigner. « Arrête ! Tu vas le tuer ! » « Réveille-toi ! » Je reconnus les voix d’Aramis et Porthos. Ils avaient dû me suivre, mais lorsque je leur fis face et qu’ils découvrirent mes crocs acérés et ensanglantés, ils partagèrent le même regard qu’Athos. « Vous étiez avec lui… » Eus-je le temps de cracher avant de me jeter sur eux. Je les sentis se débattre, tenter de m’éloigner, retenant, malgré tout, leurs coups, mais c’était inutile. Je n’ai pas retenu les miens. Arrachant la gorge de Porthos avant d’attraper le crâne d’Aramis et de l’en priver.
Je me retournais vers Athos, croyant tuer ceux qui avaient tué mon père, je ne pouvais tout simplement plus m’arrêter. Ce fut de nouveau cette femme qui m’empêcha de mettre un terme à la vie d’Athos. « Utilise tes pouvoirs. » Je ne comprenais pas, tentant vainement d’échapper à sa poigne incroyable, jusqu’à ce qu’Emrys me fasse face : « Utilise-les Frederick. » J’essayais alors, plus pour me débarrasser d’eux que de leur prouver quelque chose, tentant de les envoyer tous deux dans les airs comme précédemment. En vain. « UTILISE-LES ! » Emrys hurla, hors de lui, mais il sembla comprendre ce qu’il se passait. Je n’avais plus mes pouvoirs. Il pesta, s’énerva, criant je ne sais quoi dans une langue de nouveau inconnue à mon oreille. Jusqu’à ce qu’il se calme et il fut alors pris d’un rire froid et déraisonné. « Un nouvel échec… Encore un échec… Si seulement tu m’avais écouté… » Dit-il en me riant au visage alors que je me débattais toujours. « Fiche-moi la paix et laisse-moi finir ce que j’ai toujours désiré faire ! » Lui crachais-je à mon tour, très peu impressionné et surtout désintéressé de connaître la raison de son délire. Mais il riait de plus belle et ce qu’il dit par la suite me coupa net dans mon élan meurtrier. « Parce que tu penses vraiment que ces imbéciles ont tué ton père ? Pauvre ignare ! Ils n’étaient que les pantins de cette adorable demoiselle ! » Je regardais la vampire, un sourire fier et écœurant sabrant son visage porcelaine. « J’avais besoin de toi ! De ta colère ! De ta fichue magie que tu as osé dédaigner ! Et tu as voulu jouer les héros, les justes comme ton imbécile de père… Regarde où ça t’a mené. Te voilà assassin. Il serait se fier de toi… » Je niais d’un signe de tête, persuadé qu’il se moquait de nouveau de moi, jusqu’à ce que la femme me lâche, s’approchant d’Athos, le fixant de nouveau. Ce n’est qu’alors que je remarquais le changement de son iris. Ce n’est qu’alors que je découvris pour l’hypnose. « Souviens-toi pantin. » Athos eut un moment d’absence avant que son cœur ne s’emballe de plus belle. Il se retourna vers moi et je reconnus alors ce regard que je connaissais si bien. Ce regard humain, horrifié par ce qu’il avait été forcé de faire, horrifié par la manipulation dont il avait été l’objet.
Ma colère revint alors que tout s’éclairait. Emrys et la vampire étaient les coupables. Je regardais un à un les corps de mes trois compagnons d’arme, me rendant compte de l’horreur que j’avais commise. Me rendant compte de mon erreur. J’allais pour me jeter sur eux, mais elle m’arrêta d’un geste. « Tu es pathétique… » Cracha Emrys avant de disparaître avec la femme.
Ce n’est qu’après avoir hurlé ma haine à leur égard, frustré de les avoir laissé s’échapper si facilement, que j’accourais auprès d’Athos. Son regard se voilait lentement alors qu’il se confondait en excuses, s’en voulant d’avoir ainsi été utilisé afin de me nuire. « J-Je suis t-tellement désolé, mon frère. » Ce furent ses derniers mots. Je suis resté là, Athos serré contre moi, n’arrivant pas à prononcer le moindre mot. Tu le sais, lorsque l’on devient vampire, nos sentiments décuplent. Je n’ai pas échappé à cette vague horrible qui m’a fait souffrir comme jamais. Me figeant la nuit durant sur place, regardant le carnage que j’avais fait. Ces amis, cette famille que j’avais détruite. Moi et ma stupidité.
J’ai pleuré ce soir-là, je n’ai pas supporté, happé par tous ces sentiments qui me déchiraient encore et encore, sans s’apaiser, et je savais qu’ils ne cesseraient jamais. Je le sentais et je n’avais pas envie qu’ils s’arrêtent. Oui, tu le sais maintenant, bien que beaucoup en doute, j’ai toujours mon humanité. Tu dois deviner pourquoi après tout cela, non ? Je ne méritais tout simplement pas le calme, je devais de ressentir tout cela, c’était ma punition. C’est pour la même raison que je ne me suis pas laissé brûler au lever du soleil. Mourir et avoir droit à la paix ? C’était, bien sûr, hors de question.  


Pendant plusieurs années, j’ai vécu à l’écart de la civilisation, me cachant de jour, avançant de nuit, n’arrivant tout bonnement pas à me contrôler et craignant de commettre encore plus de morts d’innocents. Ce n’est qu’après dix années que je changeais. Errant en Europe mon chemin croisa celui de cette famille au coucher du soleil. Ils n’avaient rien de particuliers. Juste une famille tout ce qu’il y a de plus banal. Si ce n’est qu’elle était attaquée, pillée. J’aurais pu passer ma route, tout simplement, mais, rappelle-toi, j’ai gardé mon humanité et dans celle-ci était renfermée les principes enseignés par mon père. C’est d’entendre la croix de mes parents cliqueter au bout de ma chaîne qui me rappela à l’ordre.
J’ai attaqué leurs assaillants. Je les ai tués. Je ne me contrôlais toujours pas. Mais ils étaient sauvés. C’était le principal à mes yeux. Ces pilleurs n’allaient très certainement pas partir sans briser cette famille. C’est à partir de cette nuit que j’ai commencé à m’en prendre à ce genre de personnes. Quiconque croisant mon chemin faisant quelque chose qui ne me plaisait guère. Que ce soit un crime comme quelque chose de bénin. Je tuais. Je me nourrissais. Passant ma colère continuelle contre Emrys sur ce qui me servait de repas. Je n’étais pas réellement fier de cela, après tout, il m’arrivait de m’en prendre à de simples passants qui ne faisaient qu’un simple pas de travers. Mais c’est ce que j’étais désormais.
Dix autres années sont passées de la sorte, plongé dans le mutisme depuis ma transformation, buvant plus souvent du sang humain, j’apprenais à découvrir mes capacités ce qui m’aida beaucoup à retrouver Emrys. Celui-ci avait quitté l’Europe pour le continent américain. Je ne tardais pas à quitter mon continent natal sans regards en arrière. Partant à sa recherche à lui. Celui qui avait une part de responsabilité dans tout cela. Dans tout ce que je faisais. Tout ce que j’avais fait. Comprends bien, je dis seulement une part, car je sais pertinemment que le principal coupable dans cette histoire n’est autre que moi. Moi et ces foutus pouvoirs que j’avais. Oui, tu l’as bien lu. J’ai toujours détesté mes capacités de sorciers. Mes pouvoirs ne m’ont jamais manqué, pas une seule seconde. Si je n’avais pas été de la sorte, alors jamais il ne se serait intéressé à moi, jamais il n’aurait monté ce plan machiavélique, jamais mon père ne serait mort de la sorte, ni même Athos, Porthos et Aramis. Jamais.
Tu dois te demander comment j’ai rejoint le camp de Kaïn… Ce fut peut-être cinq ou six années après mon arrivée en Amérique. Toujours sur les faibles traces laissées par Emrys et son acolyte, ils n’ont pas été dupes. Kaïn est venu à moi, il m’a conté son histoire de même que celle de ceux qui l’accompagnait. Ce qui m’a poussé à les rejoindre ? Le fait qu’il me donne le choix. Me joindre à eux et avoir plus de chances de trouver et vaincre Emrys ou bien rester en solitaire. Je repris alors la parole pour la première fois. Acceptant, bien sûr.
Je n’ai jamais jugé les membres de ce clan pour leur violence et leur point de vue, à vrai dire, ça ne m’a jamais importé. J’avais beaucoup plus important en tête que de me préoccuper de ce qu’ils faisaient ou avaient en tête. C’est sûrement pour cette raison que certains doutaient de mon humanité. Il faut dire qu’elle était si bien cachée. Mais tu le sais, je me fous tout autant de ce que pensent les autres de moi. Puis pourquoi les juger alors que, je me dois de l’avouer, ils m’ont aidé à me protéger des rayons mortels du soleil ainsi qu’à maîtriser mes capacités vampiriques. Il n’aurait pas été juste de prendre tout ça et de les juger en plus. Juste… Laisse-moi rire… A croire que j’arriverais jamais à ne pas être pathétique. J’espère juste que je ne te fais pas pitié, car ça, c’est bien l’une des rares choses qui m’importe à ce jour.


Ce ne sont plus des années, mais des siècles qui sont passés. Je ne les ai pas quittés, ça, tu le sais. Je n’ai jamais autant voyagé, autant découvert, autant appris sur le monde. Je n’ai pas changé pour autant, parlant très peu,  ne souriant jamais, du moins jamais sincèrement, l’un des plus discrets de ce clan, mais je devais être un minimum utile. Vu le caractère de chacun, j’imagine parfaitement comment j’aurais été viré, ou plutôt exterminé, si je ne servais à rien. Il faut dire que jamais, depuis que je les ai rejoints, je n’ai perdu de vue mon but. Trouver Emrys.
Je n’ai cessé de le traquer, de faire des recherches, m’employant moi-même à ces pratiques si appréciées par ton antiquité d’ancêtre lorsque l’impatience me gagnait. Que veux-tu, lorsque l’on décide de garder son humanité, ce sont des choses qui arrivent. Les sentiments refont le dessus. A la vampire qui plus est. Nous avons peiné à trouver ce foutu Emrys. Combien de fois nous étions si près de mettre la main sur lui avant qu’il ne nous échappe, fuyant certainement comme le lâche pourri qu’il est…
Puis est venue l’année 1995. Cette année où tu es venue au monde et Bastian t’a ramené. Je n’étais pas là, je n’en savais rien. J’étais parti quelque temps, suivant une nouvelle piste, et ce n’est qu’une semaine après ton arrivée que je te découvris. Arrivant aux alentours de l’endroit où nous logions à ce moment, je t’ai entendu. Tu n’étais encore qu’un nouveau-né à cette époque et quand j’ai entendu tes cris d’enfants, j’ai pensé que c’était encore l’un des sadiques qui avait une idée des plus tordus. Je suis rentré et je n’ai pas tardé à te rencontrer, dans les bras d’une humaine hypnotisée apparemment sensée s’occuper de toi. Vivante. « Freddie, le monstre. L’horreur, Freddie. » Hurla Killian pour couvrir tes cris, son expression en disant long sur la joie de ta présence dans ces murs. Je ne compris pas pour autant et c’est alors que Bastian intervient sans te quitter des yeux : « Effie. Ma descendance. » J’arquais un sourcil, pas plus aidé je dois te l’avouer, mais apparemment j’allais devoir me contenter de cela. C’est ainsi que tu as rejoint notre clan. Notre sorcière. Ma jolie sorcière…
C’est si étrange de me dire que je t’ai vu grandir. Au départ, je dois te l’avouer, je faisais en sorte de ne pas te prêter trop grande attention. La raison était simple, ne t’énerve pas mais j’avais un rôle à tenir, celui du vampire sans humanité. Je ne passais donc jamais de temps avec toi, hormis les fois où tu étais dans les parties communes.
Puis vint ce jour. Tu pleurais de nouveau, l’humaine ne parvenant pas à te calmer. Déjà à cette époque tu arrivais à me déconcentrer et me faire perdre mes moyens, bien que ce soit d’une toute autre manière qu’aujourd’hui. J’ai donc dû me résoudre à venir en aide à la malheureuse dépassée. Comment lui en vouloir… Il faut dire que Bastian, Killian, Aaliyah et autres joyeusetés ne nous ramenaient jamais de nourrice hypnotisée, mais plutôt ceux qu’ils trouvaient à leur goût. Je t’ai donc prise dans mes bras pour la première fois, te berçant pour te calmer.
Je ne sais pas combien de temps j’ai passé à te garder contre moi. Tu t’es enfin apaisée, tu as même eu une petite esquisse avant de t’endormir. C’est alors qu’un sourire s’est dessiné sur mes lèvres. Un sourire sincère, apaisé et attendri. Quand je te dis qu’il ne faut pas que tu écoutes Killian lorsqu’il parle de toi enfant. Tu as réussi ce que je pensais impossible. A me faire sourire. Comme si tu étais la seule à pouvoir réchauffer mon humanité cachée sous tant de noirceur.


Je sais que tu garderas ces feuilles pour toi, mon histoire pour toi, je te fais confiance, ça a toujours été le cas. Je sais aussi, que si le regard que tu poses sur moi n’a pas changé alors cela signifiera que tu m’acceptes tel que je suis, avec mon passé, avec mes erreurs, mes horreurs et mes regrets.
Je ne peux pas finir sans te parler d’aujourd’hui. Oui, je ne vois pas grand intérêt à te raconter ces vingt et une dernières années, tu les as vécu, tu sais ce qu’il s’est passé. Enfin, presque tout. Du moins, pas de mon point de vue. Mais tout ce que tu as à savoir c’est que jamais je n’aurais pensé te regarder tel que je te regarde aujourd’hui.
Nous sommes toujours tous ensemble. Le clan de Kaïn. Malgré toutes ces années, nous n’avons toujours pas mis la main sur Emrys et je dois te l’avouer, je peux te l’avouer, mon impatience est quelque peu revenue. Ces dernières années, j’y pensais de moins en moins, je te l’ai dit et tu le sais étant donné que je passais la plupart de mon temps avec toi. Mais maintenant que je me rends compte d’une chose, de ce que je ressens, je suis d’autant plus déterminé à en finir avec cette histoire et d’enfin passer à autre chose. Car oui, je veux passer à autre chose. Avant, je ne désirais qu’obtenir vengeance et finir ma vie de la sorte. Maintenant, je veux me venger pour avancer. Accepter ce que je suis, avoir une vraie vie, ici ou ailleurs, mais enfin ma vie, faire mes choix, rencontrer des gens sans me demander continuellement s’ils sauraient quelque chose sur Emrys, juste l’oublier et penser à autre chose. Et surtout, à quelqu’un d’autre.




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Dernière édition par Freddie D. Sainclair le Mer 1 Juin - 22:39, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Freddie - But we joke and laugh otherwise we would start screaming.   Lun 16 Mai - 16:32


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MessageSujet: Re: Freddie - But we joke and laugh otherwise we would start screaming.   Jeu 2 Juin - 9:44


Parce que tu as très ben utilisé ton temps pour faire cette histoire parfaite pour Freddie

Parce que le Freffy c'est la vie

Parce que faut pas dire qu'hier soir on avait oublié de le compter

Parce qu'on doit toujours se faire le marathon Skins !!!!

Parce que t'es ma licorne et que je te nem !!


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Freddie - But we joke and laugh otherwise we would start screaming.
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